La MPM Erelis est une berline française à quatre portes commercialisée à partir de 2018 par MPM Motors, un petit constructeur installé à Trappes, dans les Yvelines. Avec sa silhouette de coupé sportif, son châssis tubulaire et sa carrosserie en matériaux composites, elle propose une architecture inhabituelle pour une automobile familiale. Son moteur essence 1.2 Turbo de 130 ch, fourni par le groupe PSA, constitue sa principale évolution par rapport à la MPM PS160 qu’elle remplace.
Affichée à partir de 16 490 € lors de son lancement en France, l’Erelis ambitionne de rendre accessible une voiture au dessin original sans adopter les tarifs d’une sportive traditionnelle. Sa carrière reste cependant courte : les difficultés industrielles et financières de MPM Motors conduisent à la disparition du constructeur fin 2020, puis à l’écoulement des derniers stocks en 2021.
Origines et histoire de la MPM Erelis
L’histoire de l’Erelis commence en Russie avec la TagAZ Aquila, une berline au style sportif développée par le constructeur TagAZ et apparue en 2013. Malgré une carrosserie évoquant une voiture de sport, l’Aquila repose sur une mécanique relativement conventionnelle. Son originalité réside principalement dans son architecture associant une structure métallique et des panneaux de carrosserie composites.
Après les difficultés rencontrées par TagAZ, le projet est repris en France sous l’impulsion d’Igor Paramonov. La nouvelle entreprise MPM Motors entreprend d’adapter cette automobile aux exigences du marché européen. Le développement porte notamment sur l’homologation, la fabrication, les équipements et l’organisation d’une production française à petite échelle.
La première version française prend le nom de MPM PS160. Elle conserve une silhouette très proche de celle de l’Aquila et reçoit un moteur Mitsubishi atmosphérique de 1,6 litre développant 100 ch. Cette motorisation simple présente néanmoins plusieurs limites commerciales, notamment en matière de performances et d’émissions de CO2.
MPM Motors prépare alors une évolution plus importante que ne le laisse supposer son apparence. Présentée en août 2018, la MPM Erelis adopte un moteur trois cylindres turbocompressé de conception PSA, associé à une boîte manuelle à six rapports. Le modèle est également montré au public lors des Grandes Heures Automobiles, organisées en septembre 2018.
Cette nouvelle motorisation doit rendre la voiture plus attractive face aux berlines compactes et familiales traditionnelles. MPM Motors conserve toutefois une stratégie particulière : proposer une carrosserie spectaculaire, une mécanique issue d’un grand groupe automobile et des équipements relativement simples afin de contenir le prix de vente.
L’industrialisation se révèle plus compliquée que prévu. Le constructeur doit gérer des contraintes d’homologation, de financement, de fourniture des moteurs et de montée en cadence. Pour une entreprise produisant de faibles volumes, ces difficultés pèsent directement sur les délais de livraison et la trésorerie.
À la fin de l’année 2020, MPM Motors annonce sa liquidation. La commercialisation de l’Erelis prend fin au début de 2021 et les véhicules restants sont proposés dans le cadre de ventes de stocks. Aucun successeur de série ne vient prolonger sa carrière.
Design, carrosserie et conception
La MPM Erelis se distingue immédiatement par ses proportions. Longue de près de 4,70 mètres et haute de moins de 1,40 mètre, elle adopte une silhouette particulièrement basse pour une voiture à quatre portes. Son capot plongeant, ses projecteurs étirés et son toit fuyant lui donnent une allure plus sportive que celle d’une berline familiale classique.
La face avant comporte une large ouverture inférieure et des prises d’air latérales. De profil, les passages de roues marqués et les surfaces vitrées relativement étroites accentuent l’impression de dynamisme. L’arrière se caractérise par une poupe assez haute et des feux horizontaux intégrés à une présentation visuelle contrastée.
Malgré cette apparence, l’Erelis n’est pas un coupé deux portes. Elle dispose de quatre ouvrants latéraux et d’un coffre séparé. Cette configuration lui permet de conserver une vocation polyvalente, même si sa faible hauteur et sa ligne de pavillon descendante imposent des compromis d’accès et d’habitabilité.
Sa construction constitue l’une de ses principales singularités. Contrairement à la majorité des voitures de grande série, qui utilisent une coque autoporteuse en acier, l’Erelis repose sur un châssis tubulaire métallique habillé de panneaux composites. Cette solution permet de réaliser une carrosserie spécifique sans recourir à l’ensemble des outillages d’emboutissage nécessaires à une production automobile conventionnelle.
Ce choix technique présente un intérêt industriel évident pour un constructeur indépendant. Les panneaux composites autorisent des formes complexes avec des investissements différents de ceux d’une carrosserie entièrement emboutie. En contrepartie, les méthodes de réparation, les ajustements et l’approvisionnement en éléments de carrosserie ne sont pas identiques à ceux d’un véhicule produit à plusieurs centaines de milliers d’exemplaires.
L’habitacle adopte une approche beaucoup plus sobre que l’extérieur. Les sièges avant présentent un dessin sportif, tandis que la planche de bord privilégie des commandes traditionnelles et des équipements fonctionnels. Climatisation, vitres électriques, verrouillage centralisé et système audio participent à une dotation pensée pour l’utilisation quotidienne plutôt que pour le luxe.
La personnalisation fait également partie de l’identité commerciale du modèle. MPM Motors propose différentes couleurs de carrosserie et plusieurs possibilités de présentation des roues et des éléments décoratifs. Certaines configurations associent des teintes particulièrement vives à des éléments contrastés.
Le moteur 1.2 Turbo et les différences avec la PS160
Le passage de la PS160 à l’Erelis marque une transformation mécanique importante. Le moteur Mitsubishi atmosphérique de 100 ch cède sa place à un trois cylindres essence PSA de 1 199 cm³, doté d’un turbocompresseur et développant 130 ch. La puissance progresse ainsi de 30 %, tandis que la suralimentation apporte un couple nettement supérieur.
Avec 230 Nm de couple maximal, le nouveau moteur offre des caractéristiques plus adaptées aux reprises qu’un petit moteur atmosphérique de puissance inférieure. La boîte manuelle à six rapports permet également de disposer d’un étagement plus étendu que la transmission à cinq vitesses de la PS160.
Cette évolution ne transforme pas l’Erelis en sportive de haute performance. La puissance est transmise aux roues avant et la vitesse maximale annoncée atteint 180 km/h. Son architecture mécanique reste donc proche de celle d’une voiture de tourisme classique, malgré une présentation extérieure nettement plus expressive.
Le changement de moteur répond aussi à un objectif fiscal. La PS160 souffrait d’émissions de CO2 élevées au regard de sa puissance, ce qui entraînait un malus important en France. L’Erelis affiche une valeur homologuée de 137 g/km, réduisant sensiblement cette pénalisation dans le contexte réglementaire de son lancement.
Le prix catalogue supérieur de l’Erelis ne signifie donc pas nécessairement une augmentation équivalente du coût total d’acquisition. Pour un acheteur français de 2018, il fallait comparer le prix du véhicule augmenté du malus applicable, et non simplement les tarifs affichés des deux motorisations.
Les deux modèles partagent une grande partie de leur carrosserie. Une photographie extérieure ne suffit donc pas toujours à distinguer formellement une PS160 d’une Erelis. L’année, la désignation commerciale et surtout la motorisation permettent une identification plus fiable.
Fiche technique de la MPM Erelis
| Caractéristique | MPM Erelis 1.2 Turbo 130 (2018) |
|---|---|
| Constructeur | MPM Motors |
| Origine | France |
| Site de production | Trappes, Yvelines |
| Carrosserie | Berline à silhouette de coupé, 4 portes |
| Structure | Châssis tubulaire métallique, panneaux composites |
| Motorisation | Essence, 3 cylindres en ligne, turbo |
| Fournisseur du moteur | Groupe PSA |
| Famille moteur | 1.2 PureTech, famille EB |
| Cylindrée | 1 199 cm³ |
| Alimentation | Injection essence et turbocompresseur |
| Puissance maximale | 130 ch, environ 96 kW |
| Couple maximal | 230 Nm |
| Implantation | Avant transversale |
| Transmission | Traction avant |
| Boîte de vitesses | Manuelle à 6 rapports |
| Direction | Roues avant directrices |
| Freinage | Circuit hydraulique avec ABS |
| Pneumatiques été | 225/45 R18 95W |
| Pneumatiques hiver | 225/45 R18 95V |
| Longueur | 4 684 mm |
| Largeur | 1 860 mm, rétroviseurs compris |
| Hauteur | 1 383 mm, sans antenne |
| Empattement | 2 750 mm |
| Poids à vide | 1 240 kg, version de base selon le manuel constructeur |
| Poids référencé dans certaines bases | 1 315 kg |
| Volume du coffre | 380 litres |
| Capacité du réservoir | 55 litres |
| Vitesse maximale annoncée | 180 km/h |
| Consommation mixte homologuée | 6,3 l/100 km |
| Émissions de CO2 | 137 g/km |
| Puissance fiscale française | 7 CV |
| Prix français de lancement | 16 490 € TTC |
Performances, consommation et utilisation quotidienne
Les caractéristiques de l’Erelis illustrent le décalage entre son style et sa vocation mécanique. Avec 130 ch pour un poids annoncé de 1 240 kg dans sa configuration de base, elle présente un rapport poids/puissance d’environ 9,5 kg/ch. Ce chiffre la situe davantage parmi les berlines essence correctement motorisées que parmi les véritables voitures de sport.
Les bases automobiles mentionnent également un poids de 1 315 kg. L’écart de 75 kg peut modifier les comparaisons de performances et de consommation. Le manuel constructeur précise que sa valeur correspond au véhicule de base sans équipement optionnel ; les conditions exactes associées au chiffre supérieur ne permettent pas de rapprocher définitivement les deux mesures.
La consommation mixte homologuée de 6,3 l/100 km, associée au réservoir de 55 litres, correspond mathématiquement à une autonomie théorique d’environ 870 km. Ce résultat constitue uniquement un calcul à partir des données publiées, et non une autonomie mesurée sur route. Les déplacements autoroutiers, la circulation urbaine et la charge embarquée peuvent sensiblement modifier la consommation.
Les dimensions méritent également une lecture attentive. L’empattement de 2,75 mètres est relativement généreux, mais il ne garantit pas à lui seul un espace arrière comparable à celui d’une berline traditionnelle de longueur équivalente. La hauteur limitée et le profil du pavillon influencent l’accès aux places et l’espace disponible pour les occupants.
La largeur officielle de 1,86 mètre inclut les rétroviseurs, contrairement à de nombreuses fiches automobiles qui indiquent la largeur de carrosserie hors rétroviseurs. Cette différence de méthode doit être prise en compte pour comparer les dimensions ou évaluer le passage dans un garage étroit.
Le coffre annoncé à 380 litres permet d’envisager les bagages d’un usage courant. Toutefois, sa configuration séparée de l’habitacle ne procure pas la même modularité qu’un hayon de berline compacte ou de SUV. L’Erelis privilégie donc une présentation originale plutôt qu’une recherche maximale de polyvalence.
Son moteur PSA représente un avantage potentiel pour l’identification de certaines références mécaniques et l’accès aux compétences d’entretien correspondantes. Il ne rend cependant pas l’ensemble du véhicule interchangeable avec une Peugeot ou une Citroën équipée d’un moteur apparenté. Les périphériques, supports, composants électriques et pièces spécifiques doivent être identifiés pour chaque intervention.
Prix, production et fin de commercialisation
Lors de sa présentation française en août 2018, la MPM Erelis est annoncée à 16 490 € TTC. Ce positionnement constitue l’un des arguments centraux du constructeur. À ce tarif, elle propose une carrosserie très différente des berlines conventionnelles, tout en utilisant une motorisation provenant d’un fabricant automobile de grande série.
Ce prix doit être replacé dans le contexte du marché de 2018. Il correspond au tarif de lancement, sans représenter nécessairement le montant payé pour chaque configuration ou sur tous les marchés. Les annonces étrangères et certaines bases de données affichent des prix différents, liés notamment aux pays, aux dates de référencement et aux versions retenues.
La production est restée confidentielle. Les informations disponibles ne permettent pas d’établir un total officiel incontestable des Erelis effectivement assemblées et livrées. Il faut notamment distinguer les chiffres concernant l’ensemble des voitures MPM, les PS160, les Erelis et les exemplaires recensés par des propriétaires.
Le faible volume de fabrication s’explique en partie par les difficultés rencontrées pour passer d’un projet automobile à une production régulière. L’entreprise devait financer ses installations, obtenir les homologations nécessaires, sécuriser les approvisionnements et constituer un réseau commercial tout en maintenant un prix de vente relativement bas.
La liquidation de MPM Motors en décembre 2020 met un terme à cette ambition. Les derniers véhicules et stocks sont ensuite proposés à la vente en 2021. Cette liquidation signifie que l’Erelis n’est plus commercialisée comme modèle neuf par son constructeur, même si des exemplaires non immatriculés ont pu subsister ponctuellement après l’arrêt de l’activité.
La rareté du modèle ne suffit pas à établir une cote de collection élevée. Le marché repose sur un nombre limité de transactions, ce qui rend les prix affichés dans les annonces peu représentatifs d’une valeur moyenne. L’état du véhicule, son historique et la disponibilité des pièces jouent un rôle particulièrement important.
Entretien, pièces et particularités de l’Erelis d’occasion
L’achat d’une MPM Erelis d’occasion demande une approche différente de celle d’une voiture produite en grande série. Le premier point consiste à identifier précisément la motorisation, car les besoins d’entretien de l’Erelis 1.2 Turbo ne sont pas ceux de la PS160 équipée du moteur Mitsubishi.
Le trois cylindres PSA appartient à la famille PureTech. Son entretien doit être réalisé en tenant compte de la référence exacte du moteur, des préconisations applicables et de son historique de maintenance. Les opérations concernant la distribution, la lubrification et les organes périphériques nécessitent une identification rigoureuse des composants montés sur le véhicule.
La carrosserie composite constitue un autre point essentiel. Une réparation de panneau, un remplacement de fixation ou la remise en état d’un élément endommagé peuvent nécessiter des méthodes et des pièces spécifiques. L’absence d’un réseau constructeur actif rend particulièrement utile la vérification préalable de la disponibilité des éléments nécessaires.
Le châssis tubulaire doit également faire l’objet d’une inspection attentive, notamment en présence de traces de choc, de corrosion ou de réparations anciennes. Contrairement à un simple élément esthétique, cette structure participe directement à l’intégrité du véhicule. Une intervention importante doit donc être confiée à un professionnel compétent dans ce type de construction.
La documentation d’origine permet de retrouver les informations pratiques relatives aux pneumatiques, aux pressions, aux commandes et à certaines opérations d’entretien. Le manuel indique notamment une pression à froid de 2,2 bar à l’avant et 2,1 bar à l’arrière pour les montes spécifiées, ainsi qu’un couple de serrage des roues de 150 Nm.
Enfin, la vérification de l’identité du véhicule est particulièrement importante sur une automobile aussi peu diffusée. Le numéro de série, la plaque constructeur, les documents d’immatriculation et les justificatifs d’entretien doivent être cohérents. La plaque d’identification est située sur l’encadrement de la porte avant gauche, conformément à la documentation MPM.
Les communautés de propriétaires et les associations consacrées à MPM peuvent faciliter l’identification des pièces, le partage de documentation et le suivi des exemplaires survivants. Leur recensement constitue une aide pour retracer l’histoire de certains véhicules, sans remplacer les documents administratifs et techniques propres à chaque Erelis.
