Présentée en octobre 2011, la Ginetta G60 est une sportive britannique à moteur central arrière, développée pour offrir une expérience de conduite directe et dépouillée. Avec son V6 atmosphérique de 3,7 litres, sa boîte manuelle à six rapports et sa masse annoncée de seulement 1 080 kg, ce coupé deux places privilégie la légèreté plutôt que la puissance extrême. Sa particularité tient également à l’absence de direction assistée, d’ABS et de contrôle de traction, des choix devenus inhabituels sur une voiture de route de cette catégorie au début des années 2010.
Issue de la lignée Farbio GTS puis Ginetta F400, la G60 représente une évolution technique importante plutôt qu’un modèle entièrement conçu à partir d’une feuille blanche. Assemblée en petite série au Royaume-Uni, elle devait permettre à Ginetta de développer son activité routière parallèlement à ses programmes de compétition. Son tarif de lancement de 68 000 livres sterling la plaçait face à des sportives établies, tout en proposant une conception sensiblement différente.
Fiche technique de la Ginetta G60
| Caractéristique | Ginetta G60 (2011) |
|---|---|
| Constructeur | Ginetta Cars |
| Pays d’origine | Royaume-Uni |
| Présentation | Octobre 2011 |
| Carrosserie | Coupé 2 portes, 2 places |
| Architecture | Moteur central arrière transversal, propulsion |
| Moteur | Ford Cyclone V6 atmosphérique |
| Cylindrée | 3 721 cm³ |
| Distribution | 24 soupapes |
| Alimentation | Injection électronique d’essence |
| Puissance maximale | 310 bhp à 6 500 tr/min, environ 314 ch DIN |
| Couple maximal | 288 lb-ft à 4 500 tr/min, environ 390 Nm |
| Boîte de vitesses | Manuelle à 6 rapports |
| Différentiel | Type ATB à répartition automatique du couple |
| Structure | Éléments en fibre de carbone et châssis tubulaire en acier |
| Suspension avant | Doubles triangles, ressorts hélicoïdaux |
| Suspension arrière | Doubles triangles, ressorts hélicoïdaux |
| Direction | À crémaillère, sans assistance |
| Freins avant | Disques ventilés de 365 × 32 mm, étriers à 4 pistons |
| Freins arrière | Disques ventilés de 355 × 28 mm, étriers à 4 pistons |
| ABS | Non |
| Contrôle de traction | Non |
| Jantes | 19 pouces |
| Pneus avant | 235/35 ZR19 |
| Pneus arrière | 285/35 ZR19 |
| Longueur | Environ 4 215 mm, donnée secondaire |
| Largeur | Environ 1 940 mm, donnée secondaire |
| Hauteur | Environ 1 170 à 1 180 mm selon les fiches |
| Voie avant | 1 870 mm |
| Voie arrière | 1 885 mm |
| Masse annoncée | 1 080 kg |
| Rapport puissance/masse annoncé | 305,6 bhp par tonne |
| 0 à 60 mph (96,6 km/h) | 4,9 secondes |
| Vitesse maximale | 165 mph, environ 266 km/h |
| Consommation annoncée | 31 mpg impériaux, environ 9,1 L/100 km |
| Réservoir | 80 litres, valeur estimative d’époque |
| Autonomie annoncée | Environ 772 km, estimation d’époque |
| Prix de lancement britannique | 68 000 £ |
Origines et histoire de la Ginetta G60
L’histoire de la G60 commence bien avant sa présentation officielle. Au début des années 2000, le projet Farboud GT donne naissance à une sportive britannique à moteur central, dont le développement conduit ensuite à la Farbio GTS. Cette dernière adopte une carrosserie composite, une architecture à deux places et une implantation mécanique destinée à favoriser l’équilibre dynamique.
Après la reprise des activités de Farbio par Ginetta, cette base technique est commercialisée sous l’appellation F400. Le constructeur entreprend ensuite une refonte plus importante pour créer la G60. L’objectif consiste à réduire la complexité mécanique, améliorer certains composants du châssis et proposer une voiture de route conforme à la philosophie de légèreté défendue par la marque.
Cette approche possède des racines anciennes chez Ginetta. Dès les années 1960, la Ginetta G12 avait démontré l’intérêt d’une architecture à moteur central dans une sportive légère. La G60 reprend cette logique générale, mais avec une structure composite, un moteur moderne et des équipements adaptés à un usage routier.
Le développement s’inscrit également dans une période de croissance des activités sportives de Ginetta, notamment grâce à la Ginetta G50, conçue pour la compétition. Contrairement à cette dernière, la G60 n’est pas destinée à un championnat monomarque. Elle doit être immatriculable et utilisable sur route, tout en conservant certaines caractéristiques habituellement associées aux voitures de course.
La présentation publique intervient en octobre 2011, notamment à Silverstone. Le lancement est porté par Lawrence Tomlinson, propriétaire et dirigeant de Ginetta. Les premières livraisons sont alors annoncées pour février 2012. La commercialisation se poursuit durant la première moitié des années 2010, avant de prendre fin autour de 2015.
Un V6 Ford atmosphérique et une transmission manuelle
La G60 abandonne les configurations mécaniques précédemment utilisées sur certaines Farbio au profit d’un V6 Ford Cyclone atmosphérique de 3,7 litres. Ce moteur, apparenté à celui de la Ford Mustang contemporaine, développe 310 bhp à 6 500 tr/min, soit environ 314 ch selon la norme métrique, et un couple de 390 Nm à 4 500 tr/min.
L’absence de turbocompresseur ou de compresseur mécanique distingue cette configuration de certaines versions antérieures de la lignée Farbio. La puissance dépend directement du régime moteur, sans dispositif de suralimentation destiné à augmenter le couple à bas régime. Cette architecture permet également de limiter le nombre d’organes mécaniques associés à la suralimentation.
Le moteur est installé transversalement derrière les occupants, en position centrale arrière. Il entraîne exclusivement les roues arrière par l’intermédiaire d’une boîte manuelle à six rapports. Un différentiel à répartition automatique du couple de type ATB complète la transmission afin de mieux exploiter la motricité disponible entre les deux roues motrices.
La puissance absolue reste relativement modérée pour une sportive de ce niveau de prix. En revanche, la masse annoncée de 1 080 kg permet d’obtenir un rapport puissance/poids favorable. Cette combinaison explique l’intérêt d’un moteur atmosphérique de cylindrée raisonnable dans une voiture conçue autour de la réduction du poids.
La vitesse maximale annoncée atteint 165 mph, soit environ 266 km/h. Le constructeur communique également une accélération de 0 à 60 mph en 4,9 secondes. Cette dernière mesure correspond à un départ arrêté jusqu’à environ 96,6 km/h, et non exactement jusqu’à 100 km/h. Les valeurs inférieures à quatre secondes parfois associées à la G60 ne correspondent pas à cette donnée constructeur et ne doivent pas être présentées comme des performances officiellement établies.
Châssis, comportement et choix techniques
La structure de la G60 associe des éléments en fibre de carbone à un châssis tubulaire en acier. Cette construction reprend les principes de la Farbio tout en intégrant des modifications destinées à améliorer la rigidité et l’implantation des composants. La carrosserie composite participe à la maîtrise du poids, sans que la voiture puisse être décrite comme une monocoque entièrement réalisée en carbone.
Les quatre roues sont suspendues par des doubles triangles superposés associés à des ressorts hélicoïdaux. Ginetta a retravaillé la géométrie des trains roulants et utilisé des porte-moyeux en aluminium usiné. Cette architecture permet de contrôler précisément les mouvements des roues et les variations de géométrie lorsque la suspension travaille.
La direction à crémaillère ne possède aucune assistance. Sur une voiture équipée de pneus avant de 235 mm de largeur, cela implique notamment un effort plus important lors des manœuvres à faible vitesse. En contrepartie, les réactions transmises au volant ne sont pas filtrées par un système d’assistance hydraulique ou électrique.
Le système de freinage suit la même philosophie. Les disques ventilés sont associés à des étriers à quatre pistons, mais le constructeur a supprimé le servofrein. Le conducteur doit donc exercer lui-même une pression plus importante sur la pédale pour obtenir une décélération élevée. L’absence d’ABS signifie également que le blocage des roues n’est pas corrigé automatiquement lors d’un freinage excessif.
La G60 ne dispose pas non plus de contrôle de traction. Le différentiel ATB peut améliorer la répartition du couple entre les roues arrière, mais il ne remplace pas un dispositif électronique capable de réduire la puissance lorsqu’une perte d’adhérence apparaît. Sur chaussée humide ou irrégulière, cette distinction devient particulièrement importante.
Les pneumatiques illustrent l’équilibre recherché : 235/35 ZR19 à l’avant et 285/35 ZR19 à l’arrière. Les roues motrices bénéficient ainsi d’une largeur nominale supérieure de 50 mm. Cette monte différenciée favorise la capacité du train arrière à transmettre le couple, mais elle ne garantit pas à elle seule la stabilité du véhicule dans toutes les conditions.
Ces choix font de la G60 une sportive qui demande une implication importante du conducteur. Ils ne signifient pas nécessairement qu’elle offre de meilleures performances qu’une voiture équipée d’assistances modernes. Ils privilégient avant tout une relation mécanique directe entre les commandes, les pneumatiques et la route.
Design extérieur et habitacle
La silhouette de la G60 conserve les proportions caractéristiques de la Farbio GTS : une partie avant plongeante, un habitacle avancé et des ailes arrière particulièrement développées. Les surfaces de carrosserie sont arrondies, tandis que les prises d’air latérales soulignent l’implantation centrale du moteur.
La face avant présente des projecteurs effilés et de larges ouvertures destinées à alimenter les circuits de refroidissement. Le profil se distingue par une ligne de toit basse, des portes allongées et des entrées d’air sculptées derrière l’habitacle. À l’arrière, les volumes sont plus massifs, avec des feux circulaires et des sorties d’échappement centrales basses.
La G60 conserve ainsi une parenté visuelle évidente avec ses devancières, mais les modifications apportées aux ouvertures et aux éléments de carrosserie accompagnent les évolutions mécaniques. Il ne s’agit pas uniquement d’un changement de badges.
L’habitacle accueille deux occupants dans une position basse, proche de celle d’une voiture de compétition. La planche de bord privilégie une organisation simple des commandes et une instrumentation directement lisible. L’environnement intérieur reste néanmoins plus équipé que ne le laisserait supposer l’absence d’assistances de conduite.
Le programme commercial prévoyait notamment la climatisation, un pare-brise chauffant, une navigation intégrée, une connectivité Bluetooth et un écran tactile central de sept pouces. Des personnalisations de peinture et de garnitures étaient également proposées. L’équipement précis pouvait varier selon la configuration commandée.
Cette distinction entre confort et assistance constitue un aspect important de la G60. Le constructeur n’a pas cherché à supprimer systématiquement tous les équipements, mais principalement ceux qui modifient l’intervention du conducteur sur la direction, le freinage et la motricité.
Prix, production et rareté
Lors de son lancement, la Ginetta G60 est annoncée à 68 000 livres sterling sur le marché britannique. Les publications françaises de 2011 évoquent un équivalent proche de 79 000 euros, mais ce montant ne constitue pas un tarif français officiel incluant nécessairement toutes les taxes et les éventuels frais d’importation.
Ce positionnement plaçait la G60 dans une catégorie occupée par des sportives de marques beaucoup plus diffusées. Face à une Porsche Cayman contemporaine, elle proposait une conception moins conventionnelle, un moteur central associé à une structure composite et une absence presque totale d’assistances dynamiques. Elle se rapprochait davantage, par sa philosophie de légèreté, de certaines Lotus, tout en conservant sa propre architecture et son V6 de 3,7 litres.
La production devait rester très limitée. La documentation commerciale évoquait une capacité de 50 voitures par an, tandis que plusieurs annonces de lancement ont présenté le projet comme une série de 50 exemplaires. Ces chiffres décrivent des intentions industrielles ou commerciales et ne permettent pas, à eux seuls, d’établir le nombre de voitures effectivement construites.
La G60 a bien connu une carrière commerciale, mais aucun décompte primaire exhaustif des châssis achevés n’est disponible dans les informations historiques vérifiées. Sa rareté est donc incontestable à l’échelle des sportives de grande série, sans qu’un total de production précis puisse être affirmé avec le même niveau de certitude.
Pour identifier un exemplaire, la vérification du numéro de châssis et de son historique est particulièrement importante. La proximité technique avec les Farbio GTS et Ginetta F400 rend nécessaire l’examen de l’identité d’origine du véhicule, de sa motorisation et de ses éventuelles transformations. Une carrosserie ressemblante ne suffit pas à établir qu’il s’agit d’une G60 sortie d’usine.
Le suivi mécanique mérite également une attention particulière. Si le V6 Ford appartient à une famille de moteurs largement diffusée, son implantation centrale, ses périphériques spécifiques et les éléments de carrosserie propres à Ginetta peuvent compliquer certaines interventions. La disponibilité d’une pièce moteur courante ne garantit donc pas celle d’un composant de refroidissement, de transmission ou de carrosserie adapté à cette petite série.
La place de la G60 dans l’évolution de Ginetta
La G60 représente une tentative de développer une sportive routière relativement sophistiquée sans abandonner les principes historiques de Ginetta. Son architecture centrale, son châssis composite et son moteur atmosphérique lui donnent une identité différente de celle des voitures de compétition qui assurent alors une grande partie de la visibilité du constructeur.
Elle ne doit pas être confondue avec la Ginetta G60-LT-P1, apparue en 2018. Cette dernière est un prototype conçu pour l’endurance dans la catégorie LMP1. Malgré leur dénomination commune, les deux voitures possèdent des architectures, des carrosseries et des finalités entièrement différentes. Les engagements de la G60-LT-P1 au Mans ne font donc pas partie du palmarès du coupé routier de 2011.
Plusieurs années après la G60, la marque présente la Ginetta Akula, une supercar routière développée autour d’une nouvelle conception. Cette dernière illustre la poursuite des ambitions de Ginetta dans les voitures de route à hautes performances, mais ne constitue pas une deuxième génération de G60 ni une remplaçante directe officiellement désignée.
La G60 demeure ainsi une réalisation spécifique dans le catalogue historique de Ginetta : un coupé routier produit artisanalement, issu d’une plateforme acquise puis profondément modifiée, dont la carrière s’est déroulée parallèlement aux programmes de compétition de la marque.
