L’Alpine A450 est le prototype LMP2 avec lequel Alpine revient officiellement en compétition d’endurance en 2013, trente-cinq ans après son succès aux 24 Heures du Mans 1978. Exploitée par Signatech-Alpine, cette barquette à moteur V8 Nissan repose sur la base technique de l’Oreca 03. Sa première saison se solde par une victoire au Hungaroring et par les titres équipes et pilotes en European Le Mans Series.
Le retour d’Alpine en endurance en 2013
Le programme sportif de l’A450 accompagne la renaissance d’Alpine au début des années 2010. Plutôt que de développer immédiatement un prototype entièrement nouveau, la marque s’appuie sur Signatech, structure française dirigée par Philippe Sinault et déjà expérimentée en endurance. La voiture utilise ainsi l’Oreca 03-Nissan comme base technique, adaptée et engagée sous l’identité Alpine.
Le programme est annoncé en mars 2013 et le nom A450 est officialisé en avril, juste avant la première manche de l’European Le Mans Series à Silverstone. Cette appellation ne cherche pas à dissimuler la parenté technique avec Oreca. Elle inscrit surtout la nouvelle voiture dans une histoire sportive interrompue depuis plusieurs décennies.
La numérotation fait directement référence aux prototypes Alpine des années 1970. L’Alpine A441 ouvre cette séquence de modèles d’endurance, poursuivie par les A442 et A443. Le nombre 450 fait également écho au cinquantième anniversaire de la première participation officielle d’Alpine aux 24 Heures du Mans, en 1963.
La référence est particulièrement forte avec l’Alpine A442, puisque cette famille de prototypes conduit Alpine à la victoire au Mans en 1978. L’A450 n’est toutefois pas une descendante technique de ces voitures. Elle appartient à une autre époque, à une autre réglementation et repose sur une architecture LMP2 contemporaine.
Une Oreca 03-Nissan sous les couleurs d’Alpine
L’A450 est une barquette de compétition à cockpit ouvert construite autour d’une monocoque en fibre de carbone. Son moteur est installé longitudinalement en position centrale arrière et entraîne les roues arrière. La carrosserie très basse, les ailes enveloppantes, la dérive longitudinale derrière le cockpit et le grand aileron arrière répondent aux exigences aérodynamiques et réglementaires des prototypes LMP2 de cette génération.
Le moteur Nissan VK45DE est un V8 atmosphérique de 4 494 cm3. Associé à une boîte séquentielle Xtrac à six rapports, il constitue alors une mécanique largement éprouvée dans la catégorie. Les données de puissance publiées pour l’A450 varient, certaines présentations générales évoquant environ 500 ch. Pour la voiture engagée au Mans en 2013, la documentation technique fait état de 450 ch à 6 700 tr/min et de 580 Nm à 6 000 tr/min dans sa configuration réglementaire.
Cette mécanique relativement conventionnelle pour une LMP2 privilégie la fiabilité et l’efficacité en endurance. Avec environ 900 kg, des freins carbone et une aérodynamique conçue pour les vitesses élevées, l’A450 est très éloignée d’une Alpine routière simplement transformée pour la course. Elle est un véritable sport-prototype, sans version homologuée pour la route.
Fiche technique de l’Alpine A450
| Caractéristique | Alpine A450 |
|---|---|
| Année | 2013 |
| Catégorie | LMP2 |
| Type | Sport-prototype à cockpit ouvert |
| Base technique | Oreca 03 |
| Structure | Monocoque en fibre de carbone |
| Moteur | Nissan VK45DE, V8 atmosphérique à 90 degrés |
| Cylindrée | 4 494 cm3 |
| Distribution | Double arbre à cames en tête, 4 soupapes par cylindre |
| Alimentation | Injection électronique |
| Lubrification | Carter sec |
| Puissance, configuration Le Mans 2013 | 450 ch à 6 700 tr/min |
| Couple | 580 Nm à 6 000 tr/min |
| Régime maximal | 7 500 tr/min |
| Implantation | Moteur longitudinal central arrière |
| Transmission | Propulsion |
| Boîte de vitesses | Xtrac séquentielle transversale à 6 rapports |
| Embrayage | AP Racing carbone tridisque |
| Direction | Assistée |
| Freins | Brembo, disques carbone de 380 mm, étriers monobloc à 6 pistons |
| Amortisseurs | PKM |
| Jantes avant | 12,5 x 18 pouces |
| Jantes arrière | 13 x 18 pouces |
| Pneus avant, Le Mans 2013 | Michelin 30/65-18 |
| Pneus arrière, Le Mans 2013 | Michelin 31/71-18 |
| Longueur | 4 612 mm |
| Largeur | 1 992 mm |
| Hauteur | 1 025 mm |
| Empattement | 2 876 mm |
| Poids | 900 kg |
| Réservoir | 75 litres |
| Vitesse maximale annoncée | Environ 330 km/h |
Une première saison immédiatement couronnée en ELMS
L’A450 débute en compétition à Silverstone en avril 2013 avec Nelson Panciatici et Pierre Ragues. Elle termine quatrième, avant de monter sur la deuxième marche du podium à Imola. Une autre deuxième place suit au Red Bull Ring. Ces résultats placent rapidement Signatech-Alpine parmi les candidats au titre européen malgré la nouveauté du programme sous les couleurs d’Alpine.
La victoire arrive au Hungaroring en septembre. Panciatici et Ragues imposent la numéro 36 après 96 tours en tête, résultat décisif dans la lutte pour le championnat. Lors de la dernière manche au Paul Ricard, une quatrième place suffit à assurer le titre ELMS par équipes à Signatech-Alpine. Le tandem Panciatici-Ragues décroche également le titre pilotes.
Ce succès donne au retour d’Alpine une portée qui dépasse l’opération d’image. Dès sa première saison, la marque retrouve une victoire internationale et un championnat d’endurance, même si la voiture elle-même demeure étroitement dérivée d’un châssis Oreca déjà éprouvé.
L’Alpine A450 aux 24 Heures du Mans 2013
Le rendez-vous le plus symbolique de la saison intervient en juin. L’A450 numéro 36 est confiée à Nelson Panciatici, Pierre Ragues et Tristan Gommendy. Son engagement marque le retour officiel d’une Alpine aux 24 Heures du Mans trente-cinq ans après la victoire de 1978 et replace le nom de Dieppe dans une épreuve qui a joué un rôle majeur dans son histoire.
La voiture rejoint l’arrivée après 317 tours. Elle est classée 14e au général et 8e de la catégorie LMP2. Le résultat n’est pas une victoire de classe, mais atteindre l’arrivée constitue une étape importante pour un programme relancé quelques mois auparavant. L’assistance technique de l’équipe reçoit également le Prix ESCRA.
Le parallèle avec l’Alpine A443 permet de mesurer la rupture entre les deux périodes. L’A443 appartenait au programme usine qui avait culminé en 1978 avant le retrait d’Alpine de l’endurance au plus haut niveau. L’A450 revient trente-cinq ans plus tard dans une catégorie LMP2 encadrant davantage les coûts et s’appuie sur des partenaires techniques spécialisés.
De l’A450 à l’A450b puis à l’A460
Il faut distinguer l’A450 de 2013 de l’A450b qui lui succède en 2014. Cette dernière conserve les principes techniques de la voiture initiale mais bénéficie notamment d’un package aérodynamique revu. Les deux appellations sont parfois regroupées dans les historiques du programme, ce qui peut conduire à attribuer à l’A450 originelle des résultats obtenus par l’A450b.
L’évolution de 2014 poursuit avec succès la trajectoire amorcée un an plus tôt. L’équipage composé de Paul-Loup Chatin, Nelson Panciatici et Oliver Webb obtient notamment la troisième place de la catégorie LMP2 aux 24 Heures du Mans, tandis que Signatech-Alpine conserve son titre européen. Ces résultats appartiennent toutefois à l’A450b et non à la configuration 2013 traitée ici.
La famille A450 reste liée à la génération Oreca 03 et à son cockpit ouvert. Une rupture plus visible intervient avec l’Alpine A460 en 2016, prototype LMP2 à cockpit fermé qui prolonge l’engagement de Signatech-Alpine. Le programme se poursuit ensuite avec l’Alpine A470 à partir de 2017, inscrivant durablement le retour amorcé par l’A450 dans la stratégie sportive moderne d’Alpine.




