Datsun 200sx

Datsun 200sx

La Datsun 200SX apparaît en Amérique du Nord en 1977 comme la déclinaison destinée à ce marché de la Nissan Silvia de génération S10. Ce petit coupé à moteur avant et propulsion occupe une place particulière dans l’histoire de Nissan : bien avant que le nom 200SX ne devienne associé aux sportives japonaises des années 1980 et 1990, il désigne déjà un coupé compact à quatre cylindres vendu sous la marque Datsun.

Cette première 200SX ne doit donc pas être confondue avec les Nissan 200SX S12, S13 ou S14 plus récentes. Elle appartient à une génération née au Japon au milieu des années 1970 et adaptée aux exigences du marché américain. Sa mécanique atmosphérique, son essieu arrière rigide et son style très marqué par son époque en font une automobile sensiblement différente de ses descendantes.

De la Nissan Silvia S10 à la Datsun 200SX

Le nom Silvia avait déjà été employé par Nissan dans les années 1960 sur la rare CSP311, construite en très petite série. Il revient en 1975 avec la S10, un coupé beaucoup plus industriel destiné à rendre cette famille accessible à une clientèle plus large. Cette génération inaugure réellement la longue lignée de coupés Silvia qui se prolongera pendant plusieurs décennies.

Le développement s’inscrit dans un contexte moins favorable aux sportives coûteuses et gourmandes. Un moteur rotatif fut envisagé pendant la gestation du projet, mais Nissan retint finalement ses quatre cylindres conventionnels. La Silvia japonaise reçoit notamment un moteur de 1,8 litre, tandis que l’adaptation nord-américaine est équipée du L20B de 2 litres et prend le nom de Datsun 200SX.

Les liens industriels avec les modèles compacts de Nissan expliquent une partie de cette conception relativement simple. La S10 reprend une philosophie mécanique proche de celle de la Datsun Sunny, avec un moteur longitudinal, une propulsion et des solutions éprouvées plutôt qu’une architecture particulièrement sophistiquée.

La date de naissance de la 200SX peut prêter à confusion. La génération S10 existe au Japon depuis 1975 et certaines chronologies placent le début de son exportation vers l’Amérique du Nord en 1976. En revanche, la présence commerciale de la Datsun 200SX dans la gamme américaine est clairement documentée en 1977. C’est donc 1977 qui constitue la référence la plus pertinente pour cette version précise.

Un coupé américain au style très personnel

La Datsun 200SX S10 adopte une silhouette à deux portes caractéristique du milieu des années 1970. Ses surfaces tendues, son pavillon fuyant, ses grandes custodes et son arrière inhabituel lui donnent une personnalité immédiatement reconnaissable. Malgré son profil, il ne s’agit pas d’un hatchback moderne : le coffre reste séparé de l’habitacle.

La version américaine se distingue nettement de la Silvia japonaise. Les normes fédérales imposent notamment de volumineux pare-chocs capables de résister aux petits chocs, ce qui allonge la carrosserie et modifie son équilibre visuel. La 200SX nord-américaine atteint ainsi environ 4,32 m de longueur, contre une carrosserie sensiblement plus courte sur la Silvia japonaise. La face avant, certains équipements et la conduite à gauche participent également à son identité propre.

Le résultat n’a pas la finesse d’une sportive européenne contemporaine, mais cette présentation permet de distinguer immédiatement la première 200SX des générations suivantes. Elle se rapproche davantage, dans son esprit, des coupés Datsun compacts contemporains comme la Datsun Sunny Coupe que des futures 200SX turbocompressées auxquelles son nom sera ensuite associé.

Le quatre cylindres L20B et une propulsion classique

Sous le capot se trouve le Nissan L20B, un quatre cylindres en ligne atmosphérique de 1 952 cm3. Installé longitudinalement, ce moteur à simple arbre à cames en tête et deux soupapes par cylindre est alimenté par carburateur. Il entraîne exclusivement les roues arrière. Une boîte manuelle à cinq rapports est proposée, aux côtés d’une transmission automatique à trois rapports.

La puissance varie suivant le millésime et les réglages antipollution. Pour les modèles 1977 et 1978, les données disponibles indiquent 97 hp SAE net, soit environ 98 ch selon la conversion métrique, avec un couple voisin de 138 Nm. Pour 1979, la puissance annoncée descend à 92 hp SAE net, tandis que le couple atteint environ 145 Nm à 3 200 tr/min. Présenter une seule puissance pour toute la génération masquerait donc une évolution réelle de la mécanique américaine.

La partie cycle reste volontairement conventionnelle. L’avant repose sur des jambes de force de type MacPherson, tandis que l’arrière emploie un essieu rigide associé à des ressorts à lames. Cette solution permet notamment de différencier la 200SX de la Datsun 510, célèbre pour sa suspension arrière indépendante sur certaines versions. Le freinage associe des disques à l’avant et des tambours à l’arrière.

Avec un poids à vide documenté autour de 1 073 kg pour une 200SX manuelle de 1977, le coupé demeure relativement léger. Sa vocation n’est cependant pas celle d’une sportive pure. Les estimations de performances parfois publiées, notamment pour le 0 à 100 km/h, ne correspondent pas à des mesures constructeur suffisamment établies pour constituer des chiffres de référence.

Fiche technique de la Datsun 200SX

CaractéristiqueDatsun 200SX S10
Commercialisation nord-américaine1977 à 1979
CarrosserieCoupé 2 portes, 4 places
ArchitectureMoteur avant longitudinal, propulsion
MoteurNissan L20B, 4 cylindres en ligne atmosphérique
Cylindrée1 952 cm3
DistributionSimple arbre à cames en tête, 2 soupapes par cylindre
AlimentationCarburateur double corps
Puissance 1977-197897 hp SAE net, environ 98 ch métriques
Couple 1977-1978Environ 138 Nm
Puissance 197992 hp SAE net à 5 600 tr/min, environ 93 ch métriques
Couple 1979145 Nm à 3 200 tr/min
Boîtes de vitessesManuelle 5 rapports ou automatique 3 rapports
Suspension avantJambes de force de type MacPherson
Suspension arrièreEssieu rigide, ressorts à lames
FreinsDisques avant, tambours arrière
Pneus documentés175/70 R13
Longueur4 318 mm en 1977, 4 323 mm en 1979
Largeur1 600 mm
Hauteur1 300 mm
Empattement2 337 mm
Poids à vide1 073 kg pour la version manuelle 1977
Réservoir60 litres

Une place particulière dans la gamme Datsun

La 200SX n’a pas vocation à remplacer la famille Z. Dans la gamme nord-américaine, elle constitue une proposition plus compacte et moins ambitieuse que la Datsun 280Z, dont le six cylindres, les performances et le positionnement sont nettement supérieurs. La 200SX mise plutôt sur une carrosserie distinctive, quatre vraies places d’appoint et une mécanique économique issue des grandes séries Nissan.

Cette hiérarchie explique aussi pourquoi il serait trompeur de considérer la 200SX comme une petite Z. Elle appartient à la lignée Silvia et inaugure en Amérique du Nord une appellation appelée à durer. Le badge 200SX sera repris sur la génération S110 à partir du millésime 1980, puis sur d’autres coupés Nissan profondément différents.

La fin des années 1970 correspond plus largement à un renouvellement de l’offre sportive de Datsun. Pendant que la S10 laisse la place à la S110, la famille Z évolue elle aussi avec la Datsun 280ZX. Les deux lignées restent toutefois distinctes : la 200SX conserve son rôle de coupé compact à quatre cylindres tandis que la Z demeure le modèle sportif à six cylindres de la marque.

Les chiffres de production demandent également une distinction entre Silvia et 200SX. Un total supérieur à 145 000 exemplaires est parfois associé à cette génération, mais il concerne la famille Silvia S10/S11 dans son ensemble et ne constitue pas un volume vérifié de la seule Datsun 200SX nord-américaine. Le nombre exact de S10 vendues sous l’appellation Datsun 200SX n’est pas établi de manière suffisamment fiable pour lui attribuer ce total.

La Datsun 200SX en compétition avec Paul Newman

La carrière de la S10 comporte un chapitre inattendu aux États-Unis grâce à Paul Newman. L’acteur, devenu un pilote de compétition accompli, entretient alors des liens étroits avec Bob Sharp Racing et Datsun. Une 200SX de 1977 préparée pour la course fait partie des voitures avec lesquelles son nom est associé, donnant au coupé une exposition sportive sans commune mesure avec ses performances de série.

Les bilans chiffrés attribués à cette 200SX sont toutefois souvent mélangés avec ceux d’autres Datsun engagées par Bob Sharp Racing. Des récits lui attribuent un nombre spectaculaire de victoires en IMSA ou SCCA, mais les chiffres publiés ne concordent pas suffisamment pour retenir un total unique. L’association entre Newman, Bob Sharp Racing et la Datsun 200SX est bien documentée ; le palmarès exact doit être distingué des résultats globaux obtenus par l’équipe avec plusieurs modèles.

Pourquoi la première 200SX est souvent confondue avec les suivantes

Le nom 200SX est devenu beaucoup plus célèbre après la disparition de la S10. La génération S110 qui lui succède adopte une carrosserie entièrement renouvelée et, en Amérique du Nord, un moteur 2 litres de conception plus récente. Les S12 des années 1980 puis les Silvia S13 et S14 accentuent encore la rupture technique et stylistique.

Cette généalogie explique les confusions fréquentes dans les recherches consacrées à la Datsun 200SX. Une S13 ou une S14, notamment, n’est pas une évolution directe de la voiture de 1977 au sens où ses caractéristiques pourraient être transposées à celle-ci. Les moteurs turbocompressés, les trains roulants plus élaborés et l’image liée au drift appartiennent à une époque ultérieure de la famille Silvia.

La S10 se reconnaît au contraire à sa silhouette très seventies, à ses imposants pare-chocs américains et à son quatre cylindres L20B à carburateur. Sa simplicité technique rappelle que la première 200SX fut conçue avant tout comme un coupé compact de grande série. C’est précisément ce modèle de 1977 à 1979 qui introduisit le nom 200SX dans la gamme Datsun nord-américaine, plusieurs années avant qu’il ne devienne l’une des appellations internationales les plus connues de la famille Silvia.