La Datsun Stanza apparaît à la fin des années 1970 comme une berline compacte à la généalogie plus complexe que son nom ne le laisse penser. La Stanza naît au Japon en 1977 sous la marque Nissan, au sein de la famille A10, tandis que l’appellation Datsun Stanza est notamment employée en Australie à partir de 1978. Dans cette première définition, il s’agit encore d’une automobile à moteur longitudinal et propulsion, très différente de la Stanza T11 à traction avant qui arrivera au début des années 1980.
Une Stanza issue de la famille A10
La famille A10 constitue la clé pour comprendre le modèle. Nissan développe une base commune déclinée sous plusieurs identités suivant les réseaux commerciaux et les pays. La Stanza côtoie ainsi l’Auster et la Datsun Violet, cette dernière étant la parente la plus évidente lorsqu’on cherche à replacer l’auto dans la généalogie des berlines japonaises de la période.
Au Japon, le nom Stanza apparaît dès 1977 sous la marque Nissan. Le modèle y occupe un positionnement relativement valorisant dans la gamme et est distribué par le réseau Nissan Satio Store. L’utilisation du badge Datsun intervient sur certains marchés d’exportation. En Australie, la Datsun Stanza est lancée en octobre 1978 et vient prendre place entre les petites berlines de la marque et les modèles familiaux de catégorie supérieure.
Cette stratégie explique la diversité des appellations rencontrées aujourd’hui. Des automobiles techniquement très proches peuvent être désignées comme Violet, Stanza, 160J ou 510 suivant leur destination. La Datsun 160j appartient ainsi au même univers technique, sans pour autant rendre les deux noms strictement interchangeables sur tous les marchés.
La situation est encore différente en Amérique du Nord, où l’A10 est commercialisée sous l’appellation Datsun 510. Cette 510 de la fin des années 1970 ne doit pas être confondue avec la célèbre génération précédente de type 510 apparue une décennie plus tôt. L’identification par le code de famille A10 est donc souvent plus fiable que le seul nom commercial.
Une berline classique dans sa conception
La Stanza A10 conserve une architecture traditionnelle. Son quatre cylindres est installé longitudinalement à l’avant et entraîne les roues arrière. Cette disposition la rattache clairement aux Datsun des années 1970, avant la généralisation progressive de la traction sur les berlines compactes japonaises. La caisse est autoporteuse et l’empattement atteint 2 400 mm.
La version australienne de lancement reçoit principalement le quatre cylindres Nissan L16S de 1 595 cm3. Ce moteur atmosphérique à arbre à cames en tête et carburateur développe environ 59,5 kW, soit 81 ch, dans la spécification documentée pour la famille A10, avec un couple d’environ 121 Nm. Les réglages pouvant différer suivant les normes antipollution et les marchés, ces valeurs ne doivent pas être étendues à toutes les Stanza vendues dans le monde.
Une boîte manuelle à quatre rapports est proposée, ainsi qu’une transmission automatique à trois rapports. Les premières voitures australiennes automatiques utilisent notamment une boîte Nissan 3N71B. À partir de 1979, certains composants des modèles assemblés localement évoluent avec l’emploi d’éléments Borg-Warner.
Le train avant indépendant repose sur des jambes de force de type McPherson, tandis que l’arrière conserve un essieu rigide guidé et des ressorts hélicoïdaux. Les freins associent des disques à l’avant à des tambours à l’arrière. L’ensemble privilégie une conception éprouvée et relativement simple plutôt qu’une rupture technologique.
Fiche technique de la Datsun Stanza
| Caractéristique | Datsun Stanza A10 1.6, spécification australienne de lancement |
|---|---|
| Lancement | Octobre 1978 en Australie |
| Famille | A10 |
| Carrosserie principale | Berline 4 portes, 5 places |
| Structure | Caisse autoporteuse |
| Moteur | 4 cylindres en ligne Nissan L16S |
| Cylindrée | 1 595 cm3 |
| Distribution | Arbre à cames en tête |
| Alimentation | Carburateur |
| Puissance documentée pour la famille A10 | Environ 59,5 kW, soit 81 ch à 6 000 tr/min |
| Couple | Environ 121 Nm à 3 600 tr/min |
| Implantation | Moteur avant longitudinal |
| Transmission | Propulsion |
| Boîte manuelle | 4 rapports |
| Boîte automatique | 3 rapports |
| Suspension avant | Indépendante, jambes McPherson, ressorts hélicoïdaux |
| Suspension arrière | Essieu rigide guidé, ressorts hélicoïdaux |
| Freins | Disques avant, tambours arrière |
| Empattement | 2 400 mm |
| Largeur | Environ 1 600 mm selon version |
| Hauteur | Environ 1 390 mm selon version |
Un style typique de la fin des années 1970
La Stanza A10 adopte une silhouette tricorps aux volumes clairement séparés. Les surfaces tendues, le capot presque horizontal, les montants relativement fins et les lignes anguleuses correspondent aux tendances japonaises de la seconde moitié des années 1970. Il ne s’agit pas d’une voiture conçue pour attirer par l’exubérance, mais d’une berline familiale rationnelle dont le dessin facilite aussi l’identification de chaque volume.
Les premières voitures australiennes se reconnaissent notamment à leurs projecteurs ronds. Des évolutions de style interviennent ensuite, avec l’apparition de phares rectangulaires sur les versions plus tardives de la famille. Les équipements et détails extérieurs dépendent également du niveau de finition. Les appellations GL et GX sont présentes dès le lancement australien, auxquelles s’ajoute notamment une déclinaison SSS.
La berline quatre portes représente la configuration essentielle de la Stanza australienne. Une série beaucoup plus confidentielle de coupés deux portes est également associée à l’année 1979, mais les chiffres disponibles sur sa production ne sont pas suffisamment établis pour caractériser l’ensemble de la gamme à partir de cette variante.
Dans la hiérarchie Datsun, la Stanza offre davantage d’espace et de présence qu’une Datsun Sunny, tout en restant plus compacte que les grandes berlines de la marque. Ce positionnement intermédiaire explique en partie pourquoi Nissan a pu adapter son identité commerciale aux besoins de chaque réseau national.
La Stanza en rallye
L’A10 acquiert rapidement une réputation sportive grâce au rallye. En Australie, cette carrière revêt une importance particulière puisque les voitures engagées sous l’identité Stanza participent au Southern Cross International Rally, l’une des grandes épreuves de la région à cette époque. Les machines de compétition sont évidemment profondément préparées et ne doivent pas être assimilées mécaniquement aux berlines de série.
En 1978, George Fury et son copilote Monty Suffern remportent le Southern Cross Rally au volant de l’A10 engagée sous l’appellation Datsun Stanza. Une autre voiture pilotée par Ross Dunkerton termine quatrième. Fury et Suffern récidivent en 1979, donnant à la Stanza deux victoires consécutives dans l’épreuve.
Cette identité sportive illustre à nouveau la complexité des noms. Dans la documentation historique de Nissan, l’A10 de compétition peut être décrite comme une Violet ou une Datsun 160J tout en portant des emblèmes Stanza lorsqu’elle court en Australie. Il s’agit moins de modèles indépendants que de différentes identités commerciales et sportives construites autour de la même famille technique.
De la Stanza A10 à la génération T11
La première Stanza est profondément ancrée dans la conception automobile des années 1970, mais sa remplaçante change radicalement de philosophie. La génération T11, apparue au début des années 1980, adopte un moteur transversal et la traction avant. La rupture est suffisamment importante pour qu’une fiche technique de T11 ne puisse pas servir à décrire la Stanza A10 de 1978.
Cette transition coïncide également avec une période de transformation de l’identité internationale du constructeur. Le nom Datsun est encore largement utilisé au début des années 1980 avant que Nissan ne généralise progressivement sa propre marque sur les marchés d’exportation. Certaines Stanza T11 seront ainsi rencontrées sous les deux identités selon le pays et l’année.
Pour la Datsun Stanza de 1978, le repère essentiel reste donc l’A10 : une berline compacte à propulsion, étroitement apparentée aux Violet et aux 160J, animée en Australie par le 1,6 litre L16 et immédiatement associée à une carrière remarquée en rallye. Cette définition permet de la distinguer sans ambiguïté des Stanza à traction avant qui porteront le même nom quelques années plus tard.




