Erad Capucine

Erad Capucine

L’Erad Capucine est une microvoiture française apparue en 1978, conçue par le constructeur ERAD, fondé par Daniel Renard dans le département du Nord. Avec sa carrosserie fermée, ses quatre roues et ses dimensions particulièrement réduites, elle appartient à la première génération de voiturettes françaises développées pour les déplacements quotidiens sans permis automobile traditionnel. Sa longueur d’environ 1,69 mètre et son moteur deux temps de petite cylindrée illustrent une conception privilégiant la simplicité, l’économie d’utilisation et la facilité de stationnement.

La Capucine occupe une place centrale dans les débuts industriels d’ERAD. Initialement proposée avec une motorisation Sachs de 47 cm³, elle connaît plusieurs évolutions au début des années 1980, notamment des versions à traction avant et des déclinaisons diesel. Son histoire reflète les transformations techniques d’un marché français de la voiture sans permis encore largement dominé par de petits constructeurs spécialisés.

Origines et histoire de l’Erad Capucine

L’histoire de la Capucine est étroitement liée à celle de Daniel Renard. Installé dans la région de Douai, celui-ci développe son activité automobile à partir de la fin des années 1960. Son intérêt pour les véhicules légers le conduit à expérimenter des solutions mécaniques simples, adaptées à une clientèle recherchant un moyen de transport individuel peu encombrant. Parmi ses premières réalisations figure une petite voiture artisanale à trois roues, antérieure à la Capucine de série.

La création d’ERAD, acronyme d’Études et Réalisations du Douaisis, intervient au milieu des années 1970. L’entreprise s’inscrit dans un contexte favorable aux voiturettes, dont la construction peut être assurée en petites séries avec des moyens industriels plus modestes que ceux des grands constructeurs automobiles. La carrosserie en matière synthétique et l’utilisation de moteurs provenant de fournisseurs spécialisés permettent notamment de limiter les investissements nécessaires.

La Capucine entre en production en 1978, date généralement retenue pour le lancement du modèle. Certaines chronologies évoquent des réalisations dès 1977, sans établir clairement leur commercialisation régulière. La version initiale se distingue par une carrosserie extrêmement compacte, un habitacle fermé et une mécanique de faible cylindrée. Elle constitue l’une des premières réalisations produites en série sous la marque ERAD.

La fabrication se développe dans le Nord, notamment à Aniche, où ERAD participe à la diversification industrielle d’un territoire historiquement marqué par les activités minières. Les chiffres rapportés pour l’entreprise témoignent d’une croissance rapide : environ 2 400 véhicules auraient été fabriqués en 1979 et 2 640 en 1980. Ces volumes concernent l’ensemble de la production ERAD et ne peuvent pas être attribués exclusivement à la Capucine.

Le constructeur poursuit ensuite le développement de sa gamme avec d’autres véhicules légers. L’Erad Midget, inspirée des roadsters britanniques classiques, illustre une orientation très différente de celle de la Capucine. Là où cette dernière privilégie une carrosserie utilitaire fermée et un encombrement minimal, la Midget recherche davantage l’apparence d’une petite automobile de collection.

Une microvoiture au design particulièrement compact

L’Erad Capucine se reconnaît immédiatement à ses proportions inhabituelles. Sa carrosserie est presque aussi haute que longue, ce qui lui donne une silhouette très différente de celle d’une automobile conventionnelle. Cette architecture permet de réserver une part importante du volume disponible à l’habitacle malgré une emprise au sol extrêmement réduite.

La première version mesure approximativement 1,69 mètre de long, 1,25 mètre de large et 1,60 mètre de haut. Elle est ainsi beaucoup plus courte qu’une citadine classique, même selon les standards des années 1970. Sa hauteur relativement importante facilite l’aménagement d’un espace intérieur utilisable sans allonger la carrosserie.

Le dessin privilégie la fonction plutôt que les effets stylistiques. La face avant courte, les petites roues et les surfaces vitrées adaptées à l’étroitesse de l’habitacle composent une silhouette typique des voiturettes artisanales de cette époque. Les éléments de carrosserie en plastique contribuent à limiter le poids et permettent de réaliser des formes spécifiques sans recourir aux lourds outillages d’emboutissage de l’industrie automobile traditionnelle.

La Capucine initiale est généralement décrite comme une monoplace. Cette configuration correspond à sa vocation première : assurer les déplacements individuels sur de courtes distances, avec la possibilité d’emporter quelques effets personnels ou de petites courses. Les versions ultérieures adoptent différentes dispositions de carrosserie et d’habitacle, ce qui explique les différences visibles entre les exemplaires conservés.

Son poids d’environ 170 kg, couramment indiqué pour le modèle original, constitue une autre caractéristique importante. Une masse aussi contenue permet d’utiliser une motorisation de très faible cylindrée, tout en conservant une architecture à quatre roues et une carrosserie fermée. La Capucine se situe ainsi à la frontière technique entre le cyclomoteur carrossé et la petite automobile.

Motorisations et évolution mécanique

La première Erad Capucine reçoit un moteur monocylindre essence deux temps Sachs de 47 cm³. Cette mécanique correspond à la philosophie des premières voiturettes françaises, qui exploitent des moteurs de petite cylindrée issus de l’univers des cyclomoteurs et des véhicules légers. Leur intérêt réside notamment dans leur encombrement réduit et leur relative simplicité de construction.

Sur la configuration initiale, la transmission entraîne les roues arrière. Cette disposition évolue avec l’apparition d’une Capucine à traction avant équipée d’un moteur Motobécane d’environ 50 cm³, mentionnée autour de 1980. Le changement ne concerne donc pas seulement le fournisseur du moteur, mais également l’architecture de transmission.

La mécanique Motobécane associée à certaines Capucine présente un intérêt technique particulier. Des descriptions évoquent un moteur deux temps à contre-piston utilisé pour améliorer le remplissage et le fonctionnement à bas régime. La référence Motobécane 99Z apparaît également dans des témoignages de propriétaires. Cette motorisation ne doit toutefois pas être confondue avec le Sachs monté sur la première Capucine.

Au début des années 1980, ERAD cherche à dépasser les limites des petites mécaniques deux temps. Une motorisation essence BCB de 123 cm³ est ainsi mentionnée dans les historiques du constructeur. L’évolution des moteurs répond à la nécessité d’améliorer l’agrément d’utilisation des voiturettes, notamment lorsque leur poids, leur équipement ou leur capacité de transport augmentent.

L’une des évolutions les plus intéressantes concerne l’adoption du diesel. En 1982, une Capucine CE 2/50 D est identifiée avec un moteur monocylindre Farymann de 290 cm³. Cette configuration appartient aux premières applications du diesel dans le domaine français des voitures sans permis. Elle témoigne de la recherche de solutions alternatives aux petits moteurs essence deux temps.

Le recours au diesel s’inscrit également dans un contexte réglementaire et technique particulier. Les règles applicables aux voiturettes distinguent alors différentes catégories de motorisations, notamment les moteurs à allumage commandé et ceux à allumage par compression. Les constructeurs peuvent ainsi explorer des cylindrées et des caractéristiques différentes selon les catégories réglementaires concernées.

D’autres mécaniques diesel, dont un Petter AC1 de 360 cm³, sont mentionnées dans l’histoire des véhicules ERAD. Leur affectation précise doit cependant être distinguée de celle de la Capucine de 1978. Les évolutions mécaniques de la gamme ne correspondent pas toutes à une même génération de carrosserie.

Fiche technique de l’Erad Capucine

CaractéristiqueErad Capucine initiale et évolutions documentées
MarqueERAD (Études et Réalisations du Douaisis)
ModèleCapucine
Année de lancement1978
ConstructeurERAD, entreprise fondée par Daniel Renard
Pays de fabricationFrance
Implantation industrielleRégion de Douai, notamment Aniche, dans le Nord
CatégorieMicrovoiture, voiturette légère à quatre roues
CarrosserieFermée, en matériau synthétique
StructureÉléments métalliques associés à une carrosserie plastique
Nombre de placesUne sur la version initiale ; configurations différentes sur certaines évolutions
Moteur initialSachs monocylindre essence deux temps
Cylindrée initiale47 cm³
Autre motorisation essenceMotobécane deux temps, environ 50 cm³, sur une variante à traction avant
Motorisation essence ultérieureBCB 123 cm³, mentionnée dans les historiques ERAD
Motorisation diesel documentéeFarymann monocylindre 290 cm³, Capucine CE 2/50 D de 1982
Transmission initialeRoues arrière motrices
Autre architectureTraction avant sur une variante Motobécane
LongueurEnviron 1 690 mm pour la première version
LargeurEnviron 1 250 mm pour la première version
HauteurEnviron 1 600 mm pour la première version
PoidsEnviron 170 kg pour la première version
CarburantEssence sur les versions deux temps ; gazole sur les déclinaisons diesel

Les différentes versions de la Capucine

La Capucine ne correspond pas à un modèle demeuré strictement identique pendant toute sa carrière. ERAD développe plusieurs variantes au fil des années, avec des évolutions de carrosserie, de motorisation et de transmission. Les catalogues commerciaux conservés permettent notamment d’identifier des Capucine 2, Capucine H, Capucine 3 et Capucine 4 Diesel.

Un prospectus daté d’août 1980 atteste l’existence de la Capucine 2, tandis qu’une documentation de la même période mentionne la Capucine H. Ces appellations montrent que le constructeur commence rapidement à différencier ses propositions commerciales. Elles ne suffisent cependant pas à établir une correspondance systématique entre chaque désignation, un moteur et une carrosserie.

La Capucine 3 apparaît dans les documents commerciaux de 1982. Une déclinaison diesel est ensuite identifiée dans un prospectus de 1983. L’arrivée du diesel marque une diversification importante de la gamme, puisqu’elle permet de proposer une mécanique sensiblement différente des petits monocylindres essence utilisés au lancement.

En 1984, les archives mentionnent notamment une Capucine 4 Diesel. Les historiques de la marque évoquent également des transformations plus importantes de la carrosserie, avec des versions ouvertes et des configurations pouvant accueillir davantage de passagers. Ces évolutions doivent être replacées dans leur période propre : elles ne décrivent pas la petite Capucine monoplace de 1978.

ERAD s’intéresse aussi à des utilisations spécifiques. Une adaptation destinée aux personnes en fauteuil roulant est rapportée, avec un accès arrière élargi et une petite rampe. Cette réalisation illustre les possibilités offertes par la fabrication en petites séries, qui permet d’envisager des aménagements particuliers sans développer une automobile entièrement nouvelle.

La diversité des versions explique pourquoi deux véhicules portant le nom Capucine peuvent présenter des différences importantes. Pour identifier un exemplaire, la date de fabrication, le type de moteur, la disposition de la transmission, les ouvrants de carrosserie et les documents d’origine sont plus utiles que la seule appellation commerciale.

Production, rareté et collection

La Capucine appartient aujourd’hui à une catégorie particulière de véhicules historiques : les microvoitures françaises produites par des constructeurs spécialisés, souvent en petites séries et avec de nombreuses évolutions techniques. Sa rareté sur le marché de collection tient autant à son ancienneté qu’à la disparition progressive de nombreux exemplaires utilisés quotidiennement.

Le nombre total de Capucine fabriquées n’est pas établi de manière fiable. Les estimations de production globale d’ERAD, parfois situées autour de 30 000 véhicules sur l’ensemble de son activité, comprennent plusieurs modèles distincts. Elles ne permettent donc pas de calculer directement la production de la Capucine ou de chacune de ses variantes.

Les exemplaires conservés peuvent présenter des configurations mécaniques très différentes. Une Capucine équipée d’un Sachs de 47 cm³ n’a pas les mêmes caractéristiques ni les mêmes besoins de restauration qu’une version Motobécane à traction avant ou qu’une Capucine diesel. L’identification du moteur et des composants de transmission constitue donc une étape essentielle avant toute recherche de pièces.

La carrosserie synthétique présente également des particularités en matière de restauration. Son état doit être examiné indépendamment de celui des éléments métalliques de structure. Les réparations anciennes, les modifications d’ouvrants et les adaptations mécaniques peuvent compliquer l’identification d’une configuration conforme à l’origine.

Les catalogues ERAD des années 1980 représentent une documentation précieuse pour les collectionneurs. Ils permettent de comparer les versions, de retrouver certaines appellations commerciales et de replacer un véhicule dans la chronologie du constructeur. Les documents d’immatriculation, plaques constructeur et numéros de châssis complètent ce travail, particulièrement lorsqu’un exemplaire a reçu un moteur de remplacement.

Les rares annonces de vente ne permettent pas d’établir une cote stable. Une Capucine non roulante proposée aux enchères en 2022 faisait notamment l’objet d’une estimation de 500 à 800 euros, sans que cette estimation constitue une valeur de marché représentative. L’état mécanique, la complétude, l’authenticité et la présence de documents administratifs peuvent entraîner des différences importantes entre les véhicules.

Pour une restauration fidèle, la priorité consiste à déterminer précisément la génération concernée avant de rechercher des pièces ou de reproduire des éléments de carrosserie. Les prospectus de 1980, 1982 et 1984 sont particulièrement utiles pour éviter de mélanger des composants appartenant à plusieurs étapes de l’évolution de la Capucine.

Marque Erad

Année de sortie 1978

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