Ford Ka 2

Ford Ka 2

Présentée en 2008, la Ford Ka 2 est la deuxième génération de la petite citadine européenne de Ford. Elle succède à la Ford Ka originelle de 1996, mais change profondément de conception. Ford abandonne l’ancienne base technique maison au profit d’une architecture développée dans le cadre de sa coopération avec Fiat. Produite en Pologne aux côtés de la Fiat 500, la nouvelle Ka conserve néanmoins une carrosserie, une mise au point et une personnalité visuelle propres à Ford.

Longue de seulement 3,62 m et proposée exclusivement avec trois portes et quatre places, elle reste fidèle au principe d’une voiture principalement destinée à la ville. Dans la gamme européenne, elle prend place sous la Ford Fiesta, avec deux motorisations au lancement : un quatre cylindres essence 1.2 de 69 ch et, fait inédit pour une Ka, un diesel 1.3 TDCi de 75 ch.

Une deuxième génération entièrement repensée

La première Ka avait bâti sa réputation sur un style très personnel et une architecture dérivée de la Fiesta. Après douze années de carrière, son remplacement impose à Ford de renouveler une formule devenue techniquement ancienne sans faire disparaître l’identité du modèle. Le constructeur choisit une solution inhabituelle : partager une base industrielle avec Fiat tout en développant sa propre automobile autour de celle-ci.

L’accord entre Ford et Fiat est annoncé en 2005. La production doit être regroupée dans l’usine polonaise de Tychy, où Fiat fabrique notamment la 500. La Ka de deuxième génération bénéficie ainsi de l’architecture et de nombreux organes mécaniques du groupe italien. Ce partenariat permet à Ford de disposer d’une petite voiture moderne sans développer seul une nouvelle plateforme de segment A.

La rupture concerne aussi les dérivés. La première famille avait notamment donné naissance au Ford Streetka, un roadster spécifique. La Ka 2 reste au contraire centrée sur une unique carrosserie trois portes à hayon et ne reçoit ni cabriolet ni version sportive équivalente au cours de sa carrière.

La production de série commence à Tychy le 25 septembre 2008. La voiture effectue sa première mondiale au Mondial de l’Automobile de Paris en octobre de la même année, avant son déploiement commercial européen entre la fin de 2008 et le début de 2009 selon les marchés. Cette chronologie explique pourquoi le modèle est parfois présenté comme une nouveauté 2009 alors que son lancement et le début de sa fabrication remontent bien à 2008.

Une cousine de la Fiat 500 au caractère Ford

La parenté avec la Fiat 500 est importante, mais la Ka 2 ne se résume pas à une Fiat rebadgée. Les deux voitures partagent leur architecture, leur site de fabrication et plusieurs composants mécaniques. Ford développe toutefois ses propres panneaux de carrosserie, son habitacle et une mise au point dynamique spécifique. Les équipes chargées du châssis travaillent notamment sur les suspensions, la direction et la maîtrise du roulis afin de retrouver le comportement recherché par Ford Europe.

Le train avant repose sur des jambes MacPherson tandis que l’arrière utilise un essieu de torsion. La direction assistée électrique et le gabarit très réduit favorisent naturellement l’usage urbain. Avec un empattement de 2,30 m, la Ka reste compacte, mais l’implantation mécanique moderne permet d’aménager quatre places dans une carrosserie nettement plus courte qu’une citadine polyvalente traditionnelle.

Les moteurs illustrent également cette coopération. Le 1.2 essence commercialisé par Ford sous l’appellation Duratec appartient à la famille Fiat FIRE. D’une cylindrée de 1 242 cm³, il développe 69 ch et 102 Nm. Le 1.3 Duratorq TDCi est pour sa part apparenté au 1.3 Multijet italien : ses 1 248 cm³, son injection directe Common Rail et son turbocompresseur lui permettent de fournir 75 ch et 145 Nm. Les deux versions entraînent les roues avant par l’intermédiaire d’une boîte manuelle à cinq rapports.

Un design Kinetic Design plutôt que rétro

Ford choisit délibérément de ne pas suivre l’approche néo-rétro de la Fiat 500. La Ka 2 adopte le langage Kinetic Design alors utilisé sur les modèles européens de la marque. Son développement stylistique est mené par l’équipe de Ford Europe sous la direction de Martin Smith. Le résultat conserve le format très ramassé de la Ka tout en rompant avec les surfaces et les grands éléments de carrosserie caractéristiques de la génération de 1996.

La face avant constitue le signe d’identification le plus évident. Une grande prise d’air inférieure trapézoïdale occupe le bouclier tandis que les projecteurs remontent vers les ailes. Le profil associe passages de roues marqués, ligne de caisse ascendante et vitrage arrière fortement découpé. À l’arrière, les feux sont installés assez haut de part et d’autre d’un hayon compact. L’ensemble donne une silhouette plus anguleuse et tendue que celle de la première Ka.

L’habitacle suit la même logique. Ford utilise une planche de bord spécifique avec une console centrale verticale, des formes arrondies et trapézoïdales ainsi que des décors contrastés selon les finitions. La personnalisation occupe une place importante lors du lancement. Ford présente notamment des thèmes esthétiques Digital, Tattoo et Grand Prix, destinés à modifier l’ambiance extérieure et intérieure sans constituer pour autant des variantes mécaniques distinctes.

Deux moteurs et une gamme volontairement simple

Au lancement, le 1.2 essence constitue le choix principal. Ses 69 ch ne donnent pas à la Ka une vocation sportive, mais correspondent au faible poids et à l’usage urbain du modèle. Ford annonce une consommation mixte NEDC de 5,1 l/100 km et des émissions de CO2 de 119 g/km dans sa configuration initiale. Sa vitesse maximale se situe autour de 159 à 160 km/h suivant les rapports de transmission documentés.

Le diesel 1.3 TDCi vise davantage les conducteurs parcourant de longues distances. Son couple maximal de 145 Nm est disponible dès 1 500 tr/min et sa consommation mixte homologuée atteint 4,2 l/100 km, pour 112 g/km de CO2. Il marque surtout une première dans l’histoire du modèle : aucune Ka de première génération n’avait été proposée avec un moteur diesel. Son intérêt commercial diminue cependant au fil de la carrière du modèle et il disparaît de certaines gammes nationales avant l’essence.

Les niveaux de finition initiaux comprennent notamment Ambiente, Trend et Titanium, avec des différences d’équipement et de présentation suivant les pays. Des séries spéciales et packs de personnalisation viennent ensuite animer la gamme. Les dimensions fondamentales et l’architecture restent cependant stables : la Ka 2 ne connaît pas de transformation structurelle comparable à un changement de génération durant sa carrière.

Fiche technique de la Ford Ka 2

Caractéristique1.2 essence1.3 TDCi diesel
Période du modèle2008-2016
TypeCitadine 3 portes, 4 places
Code de générationRU8
ArchitectureMoteur transversal avant, traction
Moteur4 cylindres atmosphérique4 cylindres turbodiesel, injection directe Common Rail
Cylindrée1 242 cm³1 248 cm³
Puissance69 ch à 5 500 tr/min75 ch à 4 000 tr/min
Couple102 Nm à 3 000 tr/min145 Nm à 1 500 tr/min
Boîte de vitessesManuelle à 5 rapports
Suspension avantType MacPherson
Suspension arrièreEssieu de torsion
DirectionÀ crémaillère, assistance électrique
FreinsDisques avant, tambours arrière
Pneumatiques documentés165/65 R14, 175/65 R14, 195/50 R15 ou 195/45 R16 selon version
Longueur3 620 mm
Largeur hors rétroviseurs1 658 mm
Hauteur1 506 mm
Empattement2 300 mm
Voie avantEnviron 1 399 à 1 409 mm selon roues
Voie arrièreEnviron 1 387 à 1 397 mm selon roues
Masse à vide documentée par Ford865 kg980 kg
Vitesse maximale159 à 160 km/h selon transmissionEnviron 161 à 162 km/h
Consommation mixte NEDC initiale5,1 l/100 km4,2 l/100 km
Émissions de CO2 initiales119 g/km112 g/km
RéservoirEnviron 35 litres
Site de productionTychy, Pologne

Une fabrication commune mais une identité distincte

La fabrication à Tychy constitue l’une des particularités majeures de cette génération. Ford ne produit pas la Ka 2 dans l’une de ses propres usines européennes : elle sort des installations de Fiat Auto Poland, sur le même complexe industriel que la Fiat 500. Au lancement, la capacité envisagée pour la Ford atteint jusqu’à 120 000 voitures par an. La production dépasse effectivement 110 000 unités en 2009, lorsque le modèle est encore dans sa phase de lancement.

Les chiffres de masse rencontrés dans les catalogues illustrent l’importance des conventions de mesure. La documentation technique Ford initiale indique 865 kg pour la 1.2 et 980 kg pour la 1.3 diesel avec les fluides et le réservoir rempli à 90 %, hors options. Certaines fiches commerciales donnent des valeurs supérieures parce qu’elles appliquent d’autres normes, notamment avec une masse forfaitaire correspondant au conducteur. Les valeurs ne décrivent donc pas nécessairement des voitures physiquement différentes.

Cette deuxième génération demeure sur le marché européen jusqu’en 2016, même si des véhicules en stock peuvent encore apparaître dans certaines grilles commerciales après cette date. Elle est alors remplacée par la Ka+, qui ne constitue pas une Ka 2 restylée. Plus longue, dotée de cinq portes et capable d’accueillir cinq personnes, cette dernière appartient à un autre programme automobile.

La Ka 2 dans la culture automobile de son époque

Ford accompagne le lancement par une campagne de communication qui dépasse le cadre habituel d’une petite citadine. Avant même sa diffusion à grande échelle, la Ka apparaît en 2008 dans Quantum of Solace, le film de la série James Bond. Le personnage de Camille, interprété par Olga Kurylenko, conduit une Ka spécialement mise en avant dans le cadre du partenariat promotionnel entourant le film.

La Ka 2 ne développe en revanche pas de véritable carrière sportive officielle comparable à celle de certaines Fiesta. Son intérêt historique tient davantage à sa conception industrielle : elle représente une période durant laquelle deux constructeurs concurrents ont mutualisé une architecture et une usine tout en conservant des produits visuellement différenciés. Ford a utilisé cette base commune pour proposer une petite voiture conforme à son langage stylistique européen et dotée de réglages de châssis spécifiques, plutôt que de simplement rebadger la Fiat 500.

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