Apparu en 2006, le Ford Galaxy 2 marque une rupture nette avec son prédécesseur. Alors que le premier Ford Galaxy provenait d’un programme commun avec Volkswagen, cette deuxième génération est développée sous la responsabilité de Ford. Plus grande, techniquement renouvelée et toujours conçue pour accueillir sept personnes, elle devient le grand monospace familial de la gamme européenne.
Le Galaxy 2, également référencé sous le type WA6, arrive à une époque où les grands monospaces doivent conjuguer modularité, comportement routier et niveau d’équipement proche de celui des berlines. Ford répond à cette évolution avec un véhicule de 4,82 m de long, doté de sept sièges escamotables et d’une gamme mécanique particulièrement étendue au cours de sa carrière. Un restylage important intervient en 2010 avant le remplacement du modèle en 2015.
Une deuxième génération entièrement développée par Ford
Le changement de génération est plus profond que ne le suggère la conservation du nom. Le Galaxy originel avait été développé avec Volkswagen et partageait une grande partie de sa conception avec les Volkswagen Sharan et SEAT Alhambra. Pour son successeur, Ford reprend la maîtrise du projet et déplace la fabrication dans son usine de Genk, en Belgique. La production en série y débute le 18 avril 2006.
Le nouveau Galaxy avait été préfiguré en 2005 par un concept très proche du véhicule définitif. Le modèle de série est présenté au Salon de Genève en 2006 puis commercialisé sur les principaux marchés européens au printemps. Avec 4 820 mm de longueur et 2 850 mm d’empattement, il adopte des dimensions généreuses qui permettent à Ford de privilégier réellement l’espace intérieur plutôt que de simplement ajouter deux places d’appoint à un monospace compact.
Son développement s’inscrit dans le renouvellement des grandes Ford européennes. Le Galaxy partage ainsi une partie de son environnement technique avec le Ford S-max, lancé simultanément, et avec la famille technique dont sera issue la Ford Mondeo 4. Ford différencie toutefois nettement ses deux monospaces : le S-Max reçoit une silhouette plus basse et une présentation plus dynamique, tandis que le Galaxy privilégie le volume disponible et le confort des sept occupants.
Un grand monospace conçu autour de sept places
L’architecture intérieure constitue l’un des principaux arguments du Galaxy 2. Les trois sièges du deuxième rang sont indépendants, tandis que deux places supplémentaires occupent la troisième rangée. Avec son système FoldFlatSystem, Ford permet de rabattre les sièges des deuxième et troisième rangées afin d’obtenir un plancher de chargement pratiquement plat, sans avoir à extraire de lourds sièges de l’habitacle. La marque annonçait 32 configurations possibles.
Cette modularité s’accompagne d’un habitacle sensiblement plus vaste que celui du Galaxy précédent. La carrosserie haute, le pavillon peu plongeant et le long empattement permettent notamment de conserver une troisième rangée plus exploitable que dans les monospaces compacts. À partir de 2010, le Ford Grand C-max propose lui aussi jusqu’à sept places, mais dans un format inférieur. Le Galaxy reste donc l’offre destinée aux familles recherchant avant tout de l’espace.
Le dessin extérieur traduit lui aussi cette vocation. La silhouette reste celle d’un grand monospace, avec un vaste pare-brise, une importante surface vitrée et une ligne de toit presque horizontale. Les petits vitrages placés à la base des montants avant améliorent la visibilité et participent à son identité. Les projecteurs effilés, les passages de roue marqués et la grande prise d’air trapézoïdale annoncent parallèlement le langage stylistique que Ford Europe développe alors sous l’appellation kinetic design.
À l’arrière, les grands feux verticaux remontant le long des montants permettent d’identifier facilement cette génération. L’ensemble est plus sculpté que celui du premier Galaxy, sans adopter le profil nettement plus sportif du S-Max. Cette distinction visuelle reflète directement le positionnement des deux modèles.
Fiche technique de la Ford Galaxy 2
| Caractéristique | Ford Galaxy 2 |
|---|---|
| Génération / type | Deuxième génération européenne, WA6 |
| Période | 2006-2015 |
| Carrosserie | Grand monospace 5 portes, 7 places |
| Architecture | Moteur avant transversal, traction avant |
| Structure | Monocoque en acier |
| Moteurs essence | 4 cylindres, notamment 2.0 Duratec 145 ch, 2.0 Flexifuel 145 ch, 2.3 environ 160 ch, puis 1.6 EcoBoost 160 ch et 2.0 EcoBoost 203 ch selon année et marché |
| Moteurs diesel | 4 cylindres turbodiesel, notamment 1.8 TDCi 100/125 ch, 2.0 TDCi jusqu’à 163 ch et 2.2 TDCi jusqu’à 200 ch selon année et marché |
| 2.0 Duratec de lancement | 1 999 cm3, 145 ch à 6 000 tr/min, 190 Nm à 4 500 tr/min |
| 1.8 TDCi 125 | 1 753 cm3, 125 ch à 3 700 tr/min, 320 Nm à 1 750 tr/min |
| 2.0 TDCi 140 | Environ 1 998 cm3, 140 ch à 4 000 tr/min, 320 Nm |
| Boîtes | Manuelles à 5 ou 6 rapports selon version, transmissions automatiques selon période, PowerShift à double embrayage sur certaines versions ultérieures |
| Suspension avant | Indépendante de type MacPherson avec barre antiroulis |
| Suspension arrière | Indépendante multibras de type Control Blade avec barre antiroulis |
| Direction | À crémaillère assistée |
| Freins | Disques ventilés à l’avant, disques à l’arrière, ABS, EBD et assistance au freinage |
| Pneumatiques | Notamment 215/60 R16 ou 225/50 R17 selon version et finition |
| Longueur | 4 820 mm |
| Largeur de carrosserie | Environ 1 884 mm |
| Hauteur | Environ 1 760 mm selon configuration |
| Empattement | 2 850 mm |
| Voie avant | Environ 1 578 mm |
| Voie arrière | Environ 1 595 à 1 600 mm selon configuration |
| Poids | Variable selon moteur et équipement, généralement autour de 1,7 à 1,8 tonne pour les principales versions |
| Vitesse maximale | Environ 187 km/h pour le 1.8 TDCi 125, 193 km/h pour le 2.0 TDCi 140 |
| 0 à 100 km/h | 11,8 s pour le 1.8 TDCi 125, 10,5 s pour le 2.0 TDCi 140 |
| Consommation mixte NEDC | Environ 6,3 l/100 km pour le 1.8 TDCi 125 et 6,0 l/100 km pour le 2.0 TDCi 140 de lancement |
| Réservoir | Environ 70 litres |
| Production principale | Genk, Belgique |
Des TDCi de lancement aux moteurs EcoBoost
La gamme initiale reflète le marché européen du milieu des années 2000, où le diesel occupe une place dominante parmi les grands véhicules familiaux. Le 1.8 TDCi est proposé en plusieurs niveaux de puissance tandis que le 2.0 TDCi 140 ch offre davantage de ressources pour déplacer un véhicule pouvant approcher 1,8 tonne. Un 2.0 Duratec atmosphérique de 145 ch constitue l’une des principales propositions essence.
La palette mécanique s’élargit et évolue progressivement. Ford commercialise notamment un 2.0 Flexifuel capable d’utiliser de l’E85, un 2.3 essence et un 2.2 TDCi. Les puissances et les associations moteur-boîte ne sont pas identiques sur tous les marchés, ce qui explique les différences entre les catalogues nationaux et les fiches techniques disponibles pour cette génération.
Le comportement routier bénéficie d’un train avant MacPherson et d’un essieu arrière indépendant multibras de type Control Blade. Cette architecture est importante dans la philosophie du modèle : malgré son volume et sa masse, le Galaxy n’est pas conçu comme un simple utilitaire transformé pour transporter des passagers. Son châssis appartient à la génération de grandes Ford européennes développées pour conserver un comportement proche de celui d’une voiture particulière.
Le restylage de 2010 modernise profondément la gamme
En 2010, Ford fait évoluer le Galaxy sans changer de génération. Cette version est parfois appelée Galaxy II phase 2 ou Galaxy II (2) dans les annonces et les bases automobiles françaises. Il ne faut donc pas la confondre avec un Galaxy de troisième génération : elle conserve la structure et les grandes proportions du modèle lancé en 2006.
Les modifications esthétiques portent notamment sur la face avant, les éléments de finition et certains équipements. L’évolution la plus significative concerne cependant les groupes motopropulseurs. La gamme accueille les moteurs essence EcoBoost, dont le 1.6 de 160 ch et le 2.0 de 203 ch selon les périodes, tandis que les diesels sont renouvelés. Le 2.0 TDCi est notamment proposé en plusieurs puissances jusqu’à 163 ch, et le 2.2 TDCi atteint 200 ch dans ses évolutions les plus puissantes.
La transmission PowerShift à six rapports apparaît également sur certaines versions. Cette boîte à double embrayage accompagne la modernisation du Galaxy et permet à Ford de proposer une alternative aux boîtes manuelles sur plusieurs motorisations. Le modèle poursuit ainsi sa carrière au moment où les grands monospaces commencent à subir la concurrence croissante des SUV.
Sécurité, confort et vocation familiale
Le Galaxy 2 reçoit une dotation de sécurité adaptée à son statut familial, avec notamment ABS, répartition électronique du freinage, assistance au freinage et contrôle électronique de stabilité selon les équipements prévus pour la gamme. Lors des essais Euro NCAP de 2006, le Galaxy Trend 2.0 diesel obtient cinq étoiles pour la protection des occupants adultes selon le protocole alors en vigueur, avec 35 points.
Ford travaille parallèlement sur le confort d’utilisation quotidien. Les nombreux rangements, les sièges rabattables dans le plancher et l’accès aux différentes rangées répondent directement aux contraintes d’un véhicule familial utilisé à sept. Face au Ford C-max, le Galaxy se distingue moins par une philosophie différente que par son changement d’échelle : son gabarit permet d’offrir davantage de place aux passagers et aux bagages lorsque toutes les rangées sont sollicitées.
De Genk au remplacement de 2015
La fabrication du Galaxy 2 est étroitement liée au site belge de Genk. Dès septembre 2006, Ford annonçait avoir assemblé 50 000 exemplaires cumulés de Galaxy et de S-Max depuis leur lancement, dont 15 000 Galaxy. Les deux modèles étaient alors exportés vers 29 pays, illustrant la vocation européenne du programme.
Cette deuxième génération reste commercialisée pendant près d’une décennie, une longévité rendue possible par le renouvellement mécanique et esthétique de 2010. Elle traverse ainsi une période de transformation du marché : encore centrale lors de son lancement, la catégorie des grands monospaces perd progressivement du terrain face aux SUV et crossovers.
En 2015, le Ford Galaxy 3 prend la relève. Ford conserve alors le principe d’un grand véhicule familial à sept places et poursuit la lignée malgré le recul général du segment, tandis que le Galaxy 2 quitte la scène après avoir incarné pendant près de neuf ans la génération entièrement développée par Ford qui avait rompu avec l’héritage technique Volkswagen de son prédécesseur.




