La Hommell Barquette est une sportive française artisanale apparue en 1995, conçue pour les amateurs de conduite directe et de sensations mécaniques. Développée à partir de la Berlinette Échappement, elle reprend la philosophie de cette petite voiture de sport tout en adoptant une carrosserie ouverte, dépourvue de toit et de pare-brise conventionnel. Produite en petite série à Lohéac, en Bretagne, elle associe un moteur Peugeot à quatre cylindres, une transmission manuelle à six rapports et un châssis tubulaire. Sa rareté et son engagement dans la Coupe Hommell en font aujourd’hui un modèle recherché par les passionnés de sportives françaises atypiques.
La naissance d’une sportive artisanale à Lohéac
L’histoire de la Hommell Barquette commence avec le projet automobile de Michel Hommell, éditeur du magazine Échappement et passionné de compétition. En 1991, une consultation des lecteurs contribue à définir une nouvelle sportive française inspirée de l’esprit des berlinettes légères. Le projet prend forme avec la Berlinette Échappement, présentée au Salon de Paris en 1992. La fabrication débute à Lohéac en 1994, dans un atelier aménagé dans une ancienne laiterie.
La Barquette apparaît ensuite comme une déclinaison plus radicale de cette première voiture. Commercialisée à partir de 1995, elle s’adresse à ceux qui recherchent une automobile encore plus dépouillée, adaptée aux sorties sur route comme aux journées sur circuit. Le développement de la famille Hommell repose notamment sur le travail de Gilles Dupré et des équipes techniques chargées de concevoir une structure rigide, d’intégrer la mécanique Peugeot et de maintenir une fabrication à taille humaine.
Cette approche distingue la Barquette des sportives produites en grande série. Plutôt que de multiplier les équipements de confort ou les systèmes électroniques, Hommell privilégie une architecture mécanique relativement simple et une carrosserie dont la forme répond directement à l’usage recherché. La voiture demeure néanmoins conçue pour circuler sur route ouverte, ce qui la différencie d’un prototype de compétition exclusivement destiné aux circuits.
Une carrosserie ouverte pensée pour la conduite
La silhouette de la Hommell Barquette se reconnaît à son avant arrondi, à ses projecteurs horizontaux et à son habitacle entièrement découvert. Un petit saute-vent remplace le pare-brise conventionnel, tandis qu’un arceau de sécurité se détache derrière les deux sièges. Les flancs présentent des ouvertures destinées au passage de l’air, et la partie arrière reste courte et ramassée. L’ensemble privilégie une présentation fonctionnelle plutôt qu’un dessin chargé d’ornements.
La suppression du toit et du pare-brise ne consiste pas simplement à découper la carrosserie d’une Berlinette existante. La structure tubulaire assure la rigidité de l’ensemble, indépendamment des panneaux extérieurs en matériau composite à base de polyester. Selon les explications données par Gilles Dupré, cette transformation permet d’économiser environ 40 kg par rapport à la Berlinette Échappement. Cet allègement contribue à l’intérêt de la Barquette sans qu’il soit nécessaire de lui attribuer une masse exacte qui ne serait pas établie pour chaque exemplaire.
Cette conception entraîne aussi des contraintes pratiques. L’absence de pare-brise classique expose davantage les occupants au vent, aux projections et aux intempéries. Les trajets rapides exigent donc un équipement adapté, et l’utilisation quotidienne se révèle moins commode que dans un coupé fermé. En contrepartie, la carrosserie ouverte renforce la proximité avec la mécanique et l’environnement, une caractéristique importante pour une voiture conçue autant pour le plaisir de conduite que pour les sorties sportives.
Une mécanique Peugeot et une transmission spécifique
La Hommell Barquette utilise un quatre-cylindres Peugeot atmosphérique placé transversalement derrière l’habitacle. Cette implantation centrale arrière s’accompagne d’une propulsion : le moteur entraîne les roues arrière, tandis que les occupants prennent place en avant de l’ensemble mécanique. La disposition favorise une concentration des masses au centre de la voiture et participe à son caractère de sportive compacte.
Les fiches techniques disponibles indiquent généralement une puissance de 150 ch, tandis que certaines descriptions annoncent 155 ch. La cylindrée fait également l’objet de divergences : 1 998 cm³ dans plusieurs fiches consacrées à la Barquette, contre 1 905 cm³ dans une fiche commerciale associée à la famille Berlinette. Une homologation sportive mentionne pour sa part 1 992 cm³. Ces valeurs ne doivent pas être mélangées comme si elles décrivaient nécessairement une seule et même configuration. Pour caractériser la voiture de série, la puissance de 150 ch constitue le repère le plus fréquemment repris, sans permettre de garantir que tous les exemplaires possèdent exactement la même définition mécanique.
Le moteur est associé à une boîte manuelle à six rapports développée spécifiquement pour la famille Hommell à partir d’éléments issus de la mécanique PSA. Son implantation et son adaptation répondent aux contraintes du moteur central transversal. Ce choix est particulièrement important : la voiture ne se résume pas à un moteur de grande série installé dans une carrosserie artisanale, puisque la transmission a elle aussi nécessité un travail d’intégration propre au projet.
La fiche commerciale généralement associée au modèle annonce une vitesse maximale de 215 km/h. Cette valeur constitue un ordre de grandeur publié, plutôt qu’une performance mesurée sur tous les exemplaires. Les données d’accélération et le couple moteur ne sont pas établis avec suffisamment de cohérence pour être avancés comme des caractéristiques universelles. Le comportement dépend également de l’état mécanique, des réglages du châssis et de la configuration de chaque voiture.
Fiche technique de la Hommell Barquette
| Caractéristique | Donnée |
|---|---|
| Constructeur | Automobiles Michel Hommell |
| Année d’apparition commerciale | 1995 |
| Période de production généralement citée | 1994 à 1999 |
| Carrosserie | Barquette biplace ouverte |
| Architecture | Moteur central arrière transversal, propulsion |
| Moteur | Quatre cylindres Peugeot atmosphérique, famille XU |
| Cylindrée | 1 998 cm³ couramment indiqués ; variantes de données selon les fiches |
| Puissance | 150 ch couramment indiqués ; certaines sources mentionnent 155 ch |
| Couple maximal | Non établi avec certitude |
| Alimentation | Injection d’essence |
| Distribution | Double arbre à cames en tête, 16 soupapes selon les fiches spécialisées |
| Boîte de vitesses | Manuelle à six rapports |
| Châssis | Structure tubulaire métallique |
| Carrosserie | Panneaux en matériau composite à base de polyester |
| Suspension avant | Roues indépendantes, triangles superposés selon les fiches spécialisées |
| Suspension arrière | Roues indépendantes, architecture de type McPherson selon les fiches spécialisées |
| Freins | Quatre disques, ventilés selon les fiches spécialisées |
| Longueur | 4 120 mm, valeur publiée à confirmer pour la Barquette exacte |
| Largeur | 1 780 mm, valeur publiée à confirmer pour la Barquette exacte |
| Hauteur | 1 150 mm, valeur publiée à confirmer pour la Barquette exacte |
| Empattement | 2 450 mm, valeur publiée à confirmer pour la Barquette exacte |
| Poids | Allègement annoncé d’environ 40 kg par rapport à la Berlinette Échappement ; masse exacte non établie |
| Vitesse maximale | 215 km/h selon une fiche spécialisée |
| 0 à 100 km/h | Non établi avec certitude |
| Consommation | Non documentée avec suffisamment de fiabilité |
| Réservoir | 64 litres dans une fiche commerciale associée à la famille Berlinette, valeur non confirmée spécifiquement pour toutes les Barquettes |
| Production | 52 exemplaires selon les sources historiques les mieux recoupées |
| Prix neuf d’époque | Environ 30 000 € dans les fiches rétrospectives ; prix d’origine en francs non confirmé |
La Coupe Hommell et les engagements sportifs
La Barquette n’a pas été conçue uniquement comme une curiosité routière. Elle a également pris part à la Coupe Hommell, organisée pour permettre aux propriétaires de conduire leurs voitures dans un cadre compétitif. La formule correspond à la philosophie de la marque : une sportive légère, une mécanique relativement accessible et une expérience de pilotage centrée sur les qualités du châssis plutôt que sur la sophistication des équipements.
Une Barquette de 1996 portant le numéro de châssis VF9BERLHD6A519004 est notamment documentée comme le quatrième exemplaire de la série. Vendue initialement à un pilote en mars 1996, elle a participé à la première Coupe Hommell disputée à Nogaro, puis à plusieurs saisons de compétition jusqu’en 2003. Cet historique illustre la vocation sportive du modèle, mais il ne permet pas d’attribuer à toutes les Barquettes le même palmarès.
La Fédération française du sport automobile a par ailleurs enregistré la Barquette sous une homologation GT datée du 1er mai 1997. Cette reconnaissance confirme son inscription dans un cadre sportif officiel. Les cylindrées et puissances figurant dans les règlements de compétition doivent toutefois être distinguées des spécifications routières : les voitures préparées ou classées selon un règlement particulier ne sont pas nécessairement identiques aux exemplaires livrés neufs.
Une production limitée et une place particulière dans la gamme
La production de la Hommell Barquette est généralement estimée à 52 exemplaires. Ce total, repris dans plusieurs historiques et dans la documentation de voitures de collection, souligne le caractère confidentiel du modèle. Un tableau historique donne un total légèrement différent de 54 voitures ; faute de registre d’usine permettant de résoudre cet écart, le chiffre de 52 exemplaires reste le plus prudent à retenir.
La gamme Hommell évolue ensuite avec la Berlinette RS, apparue en 1997, puis la RS2. Ces versions fermées prolongent le développement des sportives de la marque, mais ne remplacent pas directement la Barquette : leur carrosserie répond à une approche différente. Pour comprendre cette évolution, la Hommell Berlinette RS constitue un point de comparaison utile, notamment pour distinguer l’évolution mécanique de la gamme de la vocation particulière de la carrosserie ouverte.
Une partie des Barquettes a également servi de base à la Vaillante Grand Défi, un modèle dérivé dont la présentation et les transformations spécifiques doivent être distinguées de la configuration d’origine. Il ne s’agit pas d’une simple finition de la Barquette, mais d’un programme distinct qui a contribué à prolonger l’histoire de certains châssis.
Pour les collectionneurs, la rareté ne suffit donc pas à déterminer l’intérêt d’un exemplaire. Le numéro de châssis, la conformité de la mécanique, l’historique sportif et les éventuelles transformations comptent dans l’identification de la voiture. Les annonces de véhicules d’occasion donnent une indication du marché, mais un prix affiché ne constitue pas une preuve de transaction réalisée ni une cote uniforme pour l’ensemble des exemplaires.
