L’Infiniti QX50 est un SUV compact premium commercialisé sous cette appellation à partir de 2013. Développé par la marque de luxe de Nissan, il se distingue initialement par une architecture à moteur longitudinal, des motorisations V6 et un comportement routier proche de celui d’une berline sportive. Sa première génération, directement issue de l’Infiniti EX, laisse place en 2018 à un modèle entièrement renouvelé, doté notamment d’un moteur à compression variable. Ces deux générations illustrent une évolution importante de la philosophie du QX50, passé d’un crossover dynamique à un SUV davantage orienté vers l’habitabilité, le confort et l’efficacité énergétique.
Origines et lancement de l’Infiniti QX50 en 2013
L’histoire de l’Infiniti QX50 commence avant l’apparition de son nom commercial. En 2007, Infiniti présente l’EX, un crossover premium conçu pour associer les qualités routières d’une berline à une carrosserie légèrement surélevée. L’Infiniti Ex35, équipée d’un V6 essence de 3,5 litres, constitue la première déclinaison de cette famille. Elle repose sur la plateforme FM du groupe Nissan, caractérisée par un moteur avant longitudinal et une architecture privilégiant l’équilibre dynamique.
Cette conception distingue l’EX des SUV compacts plus conventionnels. Son long capot, son habitacle relativement reculé et sa hauteur contenue lui donnent des proportions proches de celles d’un break sportif. Le véhicule conserve néanmoins cinq portes, cinq places et une transmission intégrale sur certaines versions, répondant ainsi aux attentes d’une clientèle recherchant davantage de polyvalence.
En 2013, Infiniti réorganise les appellations de sa gamme. Les berlines et coupés adoptent le préfixe Q, tandis que les SUV et crossovers reçoivent le préfixe QX. Cette stratégie accompagne notamment le lancement de l’Infiniti Q50, nouvelle berline présentée au Salon de Detroit. Dans ce contexte, l’EX devient QX50 sans changement fondamental de génération.
Le QX50 arrive dans les catalogues français à l’automne 2013. Il conserve les principales caractéristiques techniques de son prédécesseur, notamment les moteurs V6, la boîte automatique à sept rapports et la transmission intégrale. Cette continuité explique pourquoi les premiers exemplaires commercialisés sous le nom QX50 ressemblent presque intégralement aux derniers EX.
Le modèle occupe une position particulière sur le marché européen. Face aux SUV compacts premium allemands, Infiniti privilégie une approche davantage tournée vers l’agrément mécanique et le comportement routier. Cette orientation contribue à donner au QX50 une identité originale, mais limite aussi son habitabilité par rapport à certains concurrents aux carrosseries plus verticales.
Première génération J50 : moteurs V6 et architecture sportive
La première génération du QX50, identifiée par le code J50, reprend directement les solutions techniques de l’Infiniti Ex37. Elle conserve la plateforme Nissan FM, le V6 atmosphérique VQ37VHR de 3,7 litres et la transmission automatique à sept rapports. Le changement d’appellation intervenu en 2013 constitue donc principalement une évolution commerciale, avant les modifications de carrosserie introduites ultérieurement sur certains marchés.
Sur le marché français, la gamme comprend deux motorisations principales. Le QX50 3.7 reçoit un V6 essence atmosphérique de 3 696 cm³ développant 320 ch. Ce moteur se caractérise par une puissance délivrée à haut régime et une réponse progressive à l’accélérateur. Il utilise une distribution variable et une architecture à 24 soupapes, avec une conception privilégiant la souplesse et la montée en régime.
Le QX50 3.0d adopte un V6 turbodiesel de 2 993 cm³ développant 238 ch et 550 Nm. Ce moteur V9X, issu des développements de l’alliance Renault-Nissan, répond davantage aux habitudes de conduite européennes. Son couple important à bas régime facilite les reprises et les déplacements sur autoroute, tout en réduisant la consommation homologuée par rapport à la version essence.
Les deux motorisations françaises sont associées à une boîte automatique à convertisseur de couple comportant sept rapports. La transmission intégrale répartit le couple entre les essieux en fonction des conditions d’adhérence. L’architecture conserve une orientation routière affirmée, sans rechercher les capacités de franchissement d’un véritable véhicule tout-terrain.
Le châssis repose sur des suspensions indépendantes à doubles triangles à l’avant et multibras à l’arrière. Cette disposition favorise le contrôle des mouvements de caisse et la précision de conduite. La direction assistée hydraulique participe également au caractère mécanique de cette génération, plus proche de certaines berlines sportives que des SUV familiaux traditionnels.
La silhouette du QX50 J50 reflète ces choix. Le capot allongé, les ailes sculptées et le pavillon relativement bas donnent au véhicule une allure dynamique. Cette philosophie rappelle celle de l’Infiniti Qx70, crossover plus grand issu de la famille FX. Les deux modèles partagent une orientation sportive et des architectures à moteur longitudinal, mais appartiennent à des catégories distinctes.
L’habitacle privilégie une présentation luxueuse, avec des matériaux valorisants, des sièges électriques et des équipements de confort variables selon les finitions. Le système Around View Monitor, proposé suivant les versions, utilise plusieurs caméras pour reconstituer une vue périphérique facilitant les manœuvres. Cette technologie figure parmi les équipements distinctifs développés par Infiniti durant cette période.
En contrepartie de ses proportions sportives, le QX50 présente une habitabilité arrière et un volume de coffre relativement modestes. Le coffre de la version européenne d’origine offre environ 340 litres, une capacité inférieure à celle de nombreux SUV compacts conçus autour d’une architecture plus favorable à l’espace intérieur.
Fiche technique de l’Infiniti QX50
| Caractéristique | QX50 J50 3.7 essence | QX50 J50 3.0d | QX50 J55 VC-Turbo |
|---|---|---|---|
| Première apparition sous cette génération | 2013 sous le nom QX50 | 2013 sous le nom QX50 | 2017, commercialisation à partir de 2018 |
| Type | SUV compact premium, 5 portes, 5 places | SUV compact premium, 5 portes, 5 places | SUV compact premium, 5 portes, 5 places |
| Architecture moteur | V6 atmosphérique | V6 turbodiesel | 4 cylindres en ligne turbocompressé |
| Code moteur | VQ37VHR | V9X | KR20DDET |
| Cylindrée | 3 696 cm³ | 2 993 cm³ | 1 970 à 1 997 cm³ selon le taux de compression |
| Alimentation | Injection essence, admission variable | Injection directe common rail, turbocompresseur | Injection directe et indirecte, turbocompresseur |
| Puissance maximale | 320 ch à 7 000 tr/min | 238 ch à 3 750 tr/min | 268 hp SAE, environ 272 ch DIN, à 5 600 tr/min |
| Couple maximal | 360 Nm à 5 200 tr/min | 550 Nm à 1 750 tr/min | 380 Nm de 1 600 à 4 800 tr/min |
| Implantation moteur | Avant longitudinal | Avant longitudinal | Avant transversal |
| Transmission | Intégrale AWD sur les versions françaises | Intégrale AWD sur les versions françaises | Traction ou intégrale AWD selon marché |
| Boîte de vitesses | Automatique à 7 rapports | Automatique à 7 rapports | Automatique CVT XTRONIC |
| Structure | Monocoque, plateforme Nissan FM | Monocoque, plateforme Nissan FM | Monocoque, architecture à moteur transversal |
| Suspension avant | Indépendante à doubles triangles | Indépendante à doubles triangles | Indépendante de type MacPherson |
| Suspension arrière | Indépendante multibras | Indépendante multibras | Indépendante multibras |
| Direction | À crémaillère, assistance hydraulique | À crémaillère, assistance hydraulique | Assistance électrique, systèmes évolués selon version |
| Freinage | Disques avant et arrière, ABS | Disques avant et arrière, ABS | Disques avant et arrière, ABS |
| Jantes | 18 ou 19 pouces selon finition | 18 ou 19 pouces selon finition | 19 ou 20 pouces selon finition |
| Longueur | Environ 4 630 à 4 645 mm | Environ 4 630 à 4 645 mm | 4 693 mm |
| Largeur hors rétroviseurs | Environ 1 800 mm | Environ 1 800 mm | 1 903 mm |
| Hauteur | Environ 1 570 à 1 580 mm | Environ 1 570 à 1 580 mm | 1 679 mm |
| Empattement | 2 800 mm | 2 800 mm | 2 800 mm |
| Voies avant / arrière | 1 540 / 1 545 mm | 1 540 / 1 545 mm | Variables selon configuration |
| Masse selon les fiches françaises | Environ 1 873 à 1 951 kg | Environ 1 955 à 2 060 kg | Variable selon transmission et finition |
| 0 à 100 km/h | Environ 6,4 s | 7,9 s | Non retenu : mesures disponibles principalement en 0 à 60 mph |
| Vitesse maximale | Environ 240 km/h | 221 km/h | 230 km/h annoncés |
| Consommation mixte | 11,3 l/100 km, ancien cycle européen | 8,5 l/100 km, ancien cycle européen | Environ 8,7 à 9,0 l/100 km, valeurs américaines converties |
| Émissions de CO2 | 265 g/km | 224 g/km | Selon homologation et marché |
| Réservoir | 80 litres | 80 litres | Selon marché |
| Volume de coffre | 340 litres | 340 litres | Selon configuration et méthode de mesure |
| Particularité technique | V6 atmosphérique à haut régime | V6 diesel à couple élevé | Taux de compression variable de 8:1 à 14:1 |
Restylage de 2015 et évolution de la première génération
En novembre 2014, Infiniti présente au Salon de Guangzhou une évolution du QX50 destinée au marché chinois. Cette version bénéficie notamment d’un empattement allongé afin d’améliorer l’espace disponible aux places arrière, un critère particulièrement important sur ce marché.
Une évolution comparable est ensuite dévoilée au Salon de New York en avril 2015, avant sa commercialisation nord-américaine pour le millésime 2016. L’empattement passe de 2 800 à environ 2 880 mm, soit un gain de 80 mm. Cette modification permet d’augmenter sensiblement l’espace aux jambes à l’arrière, l’une des principales limites du modèle d’origine.
Le restylage apporte également des changements esthétiques. La calandre adopte une présentation actualisée, les boucliers sont redessinés et les équipements lumineux évoluent, notamment avec l’intégration de feux diurnes à LED. De nouvelles jantes complètent les modifications extérieures.
Malgré ces évolutions, le QX50 conserve sa plateforme FM et ses caractéristiques mécaniques fondamentales. Sur le marché américain, le V6 essence 3,7 litres reste au cœur de l’offre. Les caractéristiques et la disponibilité des versions évoluent toutefois selon les pays, les spécifications européennes ne correspondant pas systématiquement à celles des véhicules nord-américains.
Cette phase de la carrière du QX50 montre les limites de sa conception initiale. Son architecture à moteur longitudinal favorise l’agrément de conduite, mais elle impose des contraintes d’encombrement qui compliquent l’optimisation de l’espace intérieur. Infiniti choisit donc une solution technique entièrement différente pour son remplacement.
Deuxième génération J55 : le tournant du moteur VC-Turbo
Présentée à la fin de l’année 2017 au Salon de Los Angeles, la deuxième génération de l’Infiniti QX50 constitue une rupture majeure. Commercialisée à partir de 2018, notamment comme millésime 2019 en Amérique du Nord, elle abandonne la plateforme à moteur longitudinal de son prédécesseur au profit d’une architecture à moteur transversal.
Ce changement permet d’optimiser l’espace intérieur et de proposer une carrosserie plus adaptée aux attentes du marché des SUV familiaux premium. Le nouveau QX50 mesure près de 4,70 mètres de long et adopte une silhouette plus haute, avec un habitacle moins reculé et des proportions davantage tournées vers la polyvalence.
Sa principale innovation réside dans le moteur VC-Turbo, un quatre cylindres essence de 2,0 litres à compression variable. Développée pendant environ vingt ans par Nissan et Infiniti, cette technologie permet de modifier continuellement le taux de compression du moteur entre 8:1 et 14:1. Le QX50 devient ainsi le premier véhicule de série commercialisé avec ce dispositif mécanique.
Le fonctionnement repose sur un mécanisme multibras qui modifie la position effective du piston et son point mort haut. Lorsque le conducteur sollicite fortement le moteur, le système privilégie un taux de compression plus faible, adapté aux performances et à la suralimentation. À charge réduite, un taux plus élevé favorise le rendement énergétique.
Cette technologie cherche à réunir deux qualités habituellement difficiles à concilier : la puissance d’un moteur essence turbocompressé et une consommation maîtrisée. Le quatre cylindres VC-Turbo développe 268 hp SAE sur le marché américain, soit environ 272 ch DIN, avec un couple maximal de 380 Nm.
Le moteur est associé à une transmission automatique à variation continue XTRONIC. Selon les marchés, le QX50 est proposé en traction avant ou avec une transmission intégrale. Cette configuration modifie profondément son comportement par rapport au J50, dont la conception reposait sur une architecture à dominante propulsion.
Le nouveau châssis adopte une suspension avant de type MacPherson et un train arrière multibras. Les réglages privilégient le confort et la stabilité, tandis que l’insonorisation et les équipements de conduite assistée prennent une importance croissante. Certaines versions reçoivent notamment les technologies ProPILOT Assist, destinées à faciliter la conduite sur autoroute dans des conditions appropriées.
L’habitacle bénéficie d’une présentation plus contemporaine, avec une planche de bord redessinée, des matériaux valorisants et une banquette arrière modulable. Les systèmes multimédias Infiniti InTouch et les équipements d’assistance évoluent au cours de la commercialisation, avec des différences importantes selon les finitions et les millésimes.
En 2021, Infiniti complète cette famille avec l’Infiniti Qx55, un crossover coupé dérivé du QX50 J55. Il reprend la même architecture générale et le moteur VC-Turbo, mais se distingue par son pavillon plus fuyant et une présentation extérieure plus sportive. Le QX55 constitue une variante de carrosserie apparentée, et non une troisième génération du QX50.
Design, habitabilité et positionnement dans la gamme Infiniti
Les deux générations du QX50 illustrent l’évolution du langage stylistique Infiniti. Le modèle J50 se caractérise par ses proportions allongées, ses surfaces galbées et son pavillon bas. Sa calandre chromée, ses projecteurs étirés et ses ailes marquées composent une silhouette immédiatement reconnaissable, héritée de l’Infiniti EX.
La génération J55 adopte une présentation plus affirmée. La calandre à double arche occupe une place centrale, tandis que les projecteurs affinés et les lignes sculptées renforcent la largeur visuelle du véhicule. Le montant arrière et la forme du vitrage latéral participent à l’identité stylistique de cette génération, sans sacrifier autant d’espace intérieur que sur le modèle précédent.
Le QX50 occupe une position intermédiaire dans la gamme des SUV Infiniti. Il se situe au-dessus de l’Infiniti Qx30, crossover plus compact apparu en 2016 et développé sur une architecture issue de la coopération entre Renault-Nissan et Mercedes-Benz. Malgré la proximité de leurs appellations, ces deux véhicules ne partagent pas la même conception technique.
Le QX50 reste également plus compact que l’Infiniti Qx60, SUV familial destiné à accueillir jusqu’à sept occupants selon les configurations. Alors que le QX60 privilégie la capacité d’accueil et les déplacements familiaux, le QX50 conserve une carrosserie à cinq places et un format plus adapté aux trajets quotidiens.
La carrière européenne du QX50 demeure relativement courte. Infiniti annonce en 2019 son retrait du marché d’Europe occidentale, où la marque rencontre des difficultés commerciales. La première génération reste ainsi la plus directement associée à la commercialisation française, tandis que le J55 poursuit principalement sa carrière sur d’autres marchés, notamment nord-américain.
Commercialisation, prix et fin de production
Lors de son lancement en France, l’Infiniti QX50 se positionne parmi les crossovers premium de milieu de gamme. Les tarifs relevés dans les catalogues de novembre 2013 débutent autour de 45 560 euros pour certaines versions 3.0d AWD. Le QX50 3.0d GT atteint environ 50 615 euros, tandis que le 3.7 GT AWD est proposé autour de 50 755 euros. Une version 3.7 GT Premium AWD figure également au catalogue à environ 54 700 euros.
Ces prix placent le modèle face à une concurrence européenne bien implantée. Infiniti cherche à se différencier par un équipement généreux, des motorisations V6 et une présentation intérieure soignée. La diffusion du QX50 demeure cependant limitée en France, notamment en raison de la faible implantation commerciale de la marque et de la préférence du marché pour les SUV premium allemands.
Sur le marché de l’occasion, les exemplaires de première génération présentent des profils assez différents. Les versions diesel répondent davantage à une utilisation routière régulière, tandis que le V6 essence atmosphérique attire les conducteurs intéressés par son caractère mécanique. L’entretien doit tenir compte de la complexité de la transmission intégrale, des équipements électroniques et des spécificités propres à chaque motorisation.
La deuxième génération poursuit sa carrière principalement sur les marchés où Infiniti conserve un réseau commercial important. Produite notamment dans l’usine COMPAS d’Aguascalientes, au Mexique, elle bénéficie de plusieurs évolutions d’équipement et de finition. Le moteur VC-Turbo reste l’élément central de son identité technique durant cette période.
La production du QX50 prend fin en 2025. Infiniti retire alors le modèle de son offre, sans annoncer de successeur direct reprenant immédiatement la même appellation et le même positionnement. Cette fin de commercialisation intervient dans un contexte de réorganisation de la gamme de SUV de la marque, davantage concentrée sur d’autres segments et sur le renouvellement de ses modèles les plus importants.




