Lamborghini Gallardo Balboni

Lamborghini Gallardo Balboni

Présentée en 2009, la Lamborghini Gallardo LP 550-2 Valentino Balboni est une série limitée conçue en hommage au pilote d’essai historique de la marque. Sa particularité dépasse largement sa bande décorative et sa plaque numérotée : Lamborghini transforme sa sportive V10 en propulsion, alors que la transmission intégrale caractérise la majorité des modèles de la gamme à cette époque. Produite à 250 exemplaires, la Balboni devient ainsi l’une des déclinaisons les plus singulières de la Lamborghini Gallardo.

Une Gallardo créée pour Valentino Balboni

Valentino Balboni occupe une place particulière dans l’histoire de Lamborghini. Recruté par Ferruccio Lamborghini à la fin des années 1960, il devient progressivement l’un des principaux pilotes d’essai du constructeur de Sant’Agata Bolognese. Son travail consiste notamment à participer à la mise au point des voitures avant leur commercialisation, au contact des ingénieurs et des prototypes de la marque.

Lorsque Balboni prend officiellement sa retraite, Lamborghini choisit de lui rendre hommage avec une Gallardo portant son nom. La LP 550-2 Valentino Balboni est dévoilée le 30 juin 2009. Elle n’est pas conçue comme une simple série spéciale enrichie de quelques éléments décoratifs : son architecture mécanique est modifiée afin de proposer un comportement différent de celui des Gallardo contemporaines.

Le choix essentiel concerne la transmission. La Gallardo LP 560-4 transmet la puissance de son V10 aux quatre roues, tandis que la Balboni entraîne uniquement les roues arrière. Sa désignation résume cette évolution : « 550 » correspond à sa puissance en chevaux et « 2 » au nombre de roues motrices.

Un V10 de 550 ch associé à la propulsion

La Gallardo Balboni conserve le V10 atmosphérique de 5 204 cm³ à injection directe de la génération LP 560-4, mais sa puissance est fixée à 550 ch à 8 000 tr/min. Son couple maximal atteint 540 Nm à 6 500 tr/min. Le moteur reste implanté longitudinalement en position centrale arrière.

La suppression de la transmission aux roues avant ne se résume pas à retirer quelques composants. Lamborghini adapte la voiture à sa nouvelle architecture : le différentiel arrière autobloquant, les ressorts, les amortisseurs, les barres stabilisatrices, les pneumatiques et les réglages électroniques sont revus. La répartition des masses annoncée est de 43 % à l’avant et 57 % à l’arrière.

Un différentiel arrière autobloquant à 45 % participe à la motricité. Le contrôle de stabilité reçoit lui aussi une calibration spécifique. Son mode Corsa autorise davantage de mouvement du train arrière avant l’intervention de l’électronique. L’objectif est de rendre les réactions de la voiture plus progressives et directement perceptibles par le conducteur.

Cette orientation distingue la Balboni d’une autre interprétation sportive de la Gallardo, la Gallardo Superleggera. Là où la Superleggera recherche notamment l’allègement et les performances en conservant quatre roues motrices, la LP 550-2 construit son identité autour de la propulsion et de son équilibre dynamique spécifique.

Boîte manuelle ou transmission e-gear

La Gallardo LP 550-2 Valentino Balboni pouvait recevoir une boîte mécanique à six rapports. Cette caractéristique prend une importance particulière dans l’identité du modèle : le V10 atmosphérique, la propulsion et la transmission manuelle forment une combinaison relativement rare dans la production Lamborghini moderne.

La boîte robotisée e-gear à six rapports était également proposée. Commandée par des palettes derrière le volant, elle bénéficie d’une calibration adaptée à la Balboni. Les deux transmissions ne doivent donc pas être confondues lorsqu’il est question de consommation ou de configuration d’origine.

Malgré les dix chevaux abandonnés par rapport à la LP 560-4, les performances restent celles d’une supercar. Lamborghini annonçait 3,9 secondes pour passer de 0 à 100 km/h et 320 km/h en vitesse maximale. Le poids à sec communiqué par le constructeur était de 1 380 kg. Les valeurs supérieures parfois rencontrées dans les fiches techniques correspondent à d’autres définitions de masse et ne sont donc pas directement comparables à ce poids à sec.

Fiche technique de la Lamborghini Gallardo Balboni

CaractéristiqueLamborghini Gallardo LP 550-2 Valentino Balboni
Année de présentation2009
CarrosserieCoupé 2 portes, 2 places
MoteurV10 atmosphérique essence
Cylindrée5 204 cm³
Distribution40 soupapes
AlimentationInjection directe
Alésage x course82,5 x 92,8 mm
Puissance maximale550 ch à 8 000 tr/min
Couple maximal540 Nm à 6 500 tr/min
ImplantationMoteur longitudinal central arrière
TransmissionPropulsion
Boîte de vitessesManuelle 6 rapports ou e-gear robotisée 6 rapports
EmbrayageDouble disque de 215 mm
Différentiel arrièreAutobloquant à 45 %
StructureAluminium
SuspensionIndépendante à doubles triangles aux quatre roues
DirectionCrémaillère à assistance hydraulique
FreinageDisques ventilés, ABS
JantesScorpius 19 pouces
Pneus avant235/35 ZR19
Pneus arrière295/30 ZR19
Longueur4 345 mm
Largeur1 900 mm
Hauteur1 165 mm
Empattement2 560 mm
Voie avant1 632 mm
Voie arrière1 597 mm
Poids à sec1 380 kg
Répartition des masses43 % avant, 57 % arrière
0 à 100 km/h3,9 s
Vitesse maximale320 km/h
Réservoir90 litres
Consommation mixte, boîte manuelle14,4 l/100 km
Émissions de CO2, boîte manuelle341 g/km
Consommation mixte, e-gear13,3 l/100 km
Émissions de CO2, e-gear315 g/km
Production annoncée250 exemplaires

Une série limitée immédiatement reconnaissable

L’identité visuelle de la Valentino Balboni repose notamment sur une bande longitudinale blanche et or traversant la carrosserie. Cette décoration, inspirée de Lamborghini de compétition des années 1970, court sur la voiture et permet de distinguer rapidement cette édition. Lors de son lancement, huit teintes de carrosserie étaient annoncées.

Les jantes Scorpius de 19 pouces reçoivent une finition gris foncé. L’habitacle poursuit la personnalisation avec une sellerie principalement noire et des éléments contrastants. Surtout, une plaque portant la signature de Valentino Balboni et le numéro individuel de la voiture matérialise son appartenance à la série limitée.

Ces signes distinctifs sont importants car toutes les Gallardo LP 550-2 ne sont pas des Valentino Balboni. Lamborghini a développé d’autres Gallardo à propulsion après cette édition. Une puissance de 550 ch ou la seule désignation LP 550-2 ne suffit donc pas à identifier une authentique Balboni : son origine, sa configuration et les éléments propres à la série doivent être cohérents.

250 exemplaires et une place à part dans la gamme Gallardo

Lamborghini annonce dès le lancement une production limitée à 250 exemplaires. Cette quantité restreinte, associée à la propulsion et à l’hommage personnel rendu à Balboni, distingue la voiture des principales variantes de grande série. Chaque exemplaire numéroté appartient ainsi à une édition précisément définie plutôt qu’à une simple finition commerciale.

En France, les tarifs d’époque recensés atteignent environ 194 350 euros TTC pour une version à boîte manuelle au début de 2010, tandis que la configuration e-gear dépasse 203 000 euros. Ces montants dépendent de la transmission et du contexte fiscal retenu. Ils expliquent aussi pourquoi le prix européen hors taxes parfois cité dans les documents contemporains ne peut pas être comparé directement au tarif français TTC.

La Balboni s’inscrit dans une gamme Gallardo devenue particulièrement étendue. Le coupé initial avait été rejoint par la Gallardo Spyder, puis par plusieurs évolutions et séries à vocation plus sportive. La LP 550-2 Valentino Balboni se singularise néanmoins par une modification fondamentale de l’architecture de transmission, et non seulement par un niveau de puissance ou une présentation particulière.

De la Gallardo à la génération Huracán

La carrière de la Gallardo s’achève en 2013 après une décennie de production et 14 022 voitures fabriquées toutes versions confondues. Sa remplaçante, la Lamborghini Huracán, reprend le rôle de sportive V10 située sous le modèle V12 de la gamme. La première Huracán de série revient toutefois à une architecture à quatre roues motrices.

La propulsion continuera pourtant d’occuper une place dans la famille des Lamborghini V10. Cette orientation réapparaîtra sur certaines Huracán, jusqu’à des modèles développés autour d’une expérience de conduite particulièrement directe comme la Huracán Tecnica. La Gallardo Valentino Balboni reste antérieure à ces développements : dès 2009, elle avait associé le V10 atmosphérique à deux roues motrices, un différentiel spécifique et une mise au point entièrement adaptée à cette architecture.