Lotus Elise 111r

Lotus Elise 111r

Lancée en janvier 2004, la Lotus Elise 111R marque un changement technique majeur dans l’histoire de la Lotus Elise. Toujours fidèle au principe d’une sportive compacte et légère à moteur central, elle abandonne le moteur Rover des versions précédentes au profit du quatre cylindres Toyota 2ZZ-GE. Avec 192 ch, une boîte manuelle à six rapports et seulement 860 kg annoncés sans options, elle devient alors l’Elise de série la plus puissante proposée par Lotus.

La 111R ne constitue pourtant pas une nouvelle génération. Elle appartient à la deuxième génération de l’Elise et conserve sa structure en aluminium collé ainsi que l’essentiel de sa carrosserie. Le changement mécanique impose néanmoins suffisamment de modifications au châssis, aux trains roulants et au freinage pour en faire une évolution importante de la gamme. Son appellation est également très précise : la 111R apparaît en 2004 et devient officiellement Elise R pour le millésime 2007.

Une Elise S2 profondément remaniée en 2004

Lorsque la Lotus Elise S1 apparaît dans les années 1990, Lotus remet la légèreté au centre de sa gamme routière. La deuxième génération poursuit cette philosophie à partir du début des années 2000 avec une carrosserie plus moderne, tout en utilisant encore les quatre cylindres Rover K-Series. La 111R fait entrer cette architecture dans une nouvelle phase.

Son développement s’inscrit en effet dans celui de la Lotus Elise S2, mais Lotus choisit cette fois le Toyota 2ZZ-GE de 1 796 cm³. Ce quatre cylindres atmosphérique à double arbre à cames et 16 soupapes dispose du système VVTL-i, qui agit sur le calage et la levée des soupapes. Il délivre 192 ch à 7 800 tr/min et 181 Nm à 6 800 tr/min. Son caractère à haut régime tranche nettement avec celui des Elise Rover.

L’installation du groupe Toyota ne consiste pas à remplacer simplement un moteur par un autre. Lotus adapte les extrémités arrière des longerons, le sous-châssis arrière, certains renforts et les éléments de suspension arrière. Le constructeur revoit également plusieurs équipements périphériques. La 111R inaugure notamment sur l’Elise un freinage assisté associé à un ABS quatre canaux spécialement calibré.

Cette évolution sert parallèlement de base à l’Lotus Exige S2 apparue en 2004. Les deux modèles partagent le Toyota 2ZZ-GE atmosphérique de 192 ch, mais l’Exige adopte une carrosserie fermée, une aérodynamique plus agressive et une configuration davantage orientée vers le circuit. La 111R reste pour sa part un roadster découvrable destiné à combiner performances et utilisation routière.

Le moteur Toyota 2ZZ-GE au coeur de la 111R

Le 2ZZ-GE transforme surtout la manière d’exploiter l’Elise. Sa puissance maximale est obtenue à un régime élevé et le fonctionnement du VVTL-i accentue son caractère dans la partie supérieure du compte-tours. Lotus l’associe à la boîte Toyota C64 à six rapports rapprochés, là où les Elise Rover précédentes utilisaient notamment des transmissions à cinq rapports.

Le résultat reste fidèle à la logique historique de Lotus : les performances proviennent autant du faible poids que de la puissance. Avec 860 kg annoncés à vide et sans options, le rapport poids-puissance atteint environ 223 ch par tonne. Lotus annonçait 5,2 secondes pour passer de 0 à 100 km/h et une vitesse maximale de 241 km/h. Ces chiffres plaçaient la 111R très au-dessus de ce que sa puissance seule pourrait laisser supposer face à des sportives nettement plus lourdes.

La disposition mécanique demeure celle qui caractérise l’Elise : moteur transversal installé derrière l’habitacle et propulsion. La répartition annoncée de 38 % du poids à l’avant et 62 % à l’arrière contribue à concentrer les masses autour du conducteur et du groupe motopropulseur. La direction à crémaillère reste dépourvue d’assistance, conformément à la recherche de simplicité et de retour d’information qui caractérise l’Elise.

Châssis en aluminium et trains roulants spécifiques

La structure repose sur des profilés d’aluminium extrudé assemblés par collage, principe fondamental de l’Elise depuis ses débuts. Cette technique permet d’obtenir une coque à la fois légère et rigide sans recourir à une monocoque traditionnelle en acier. Un sous-châssis arrière supporte le moteur et la transmission, tandis que la carrosserie en matériaux composites habille l’ensemble sans assurer la fonction structurelle principale.

Les quatre roues indépendantes utilisent des triangles superposés, des amortisseurs monotubes Bilstein et des ressorts Eibach. Lotus adapte les composants arrière à la nouvelle mécanique. La barre antiroulis est placée à l’avant et l’absence d’assistance de direction limite les dispositifs susceptibles de filtrer les réactions transmises au volant.

Le freinage est constitué de disques percés de 282 mm aux quatre roues. À l’avant, ils sont associés à des étriers Lotus/AP Racing en aluminium à deux pistons, tandis que des étriers flottants Brembo sont employés à l’arrière. L’arrivée de l’ABS et du servo constitue une différence technique notable par rapport aux premières Elise, sans transformer la 111R en sportive lourdement assistée.

Dans sa configuration standard européenne, elle reçoit des Bridgestone Potenza RE040 en 175/55 R16 à l’avant et 225/45 R17 à l’arrière. Certaines configurations sportives peuvent expliquer la présence d’autres dimensions dans les documentations consacrées aux Elise S2, notamment du 195 mm à l’avant. Cette monte ne doit pas être confondue avec celle de référence de la 111R standard de lancement.

Fiche technique de la Lotus Elise 111r

CaractéristiqueLotus Elise 111R
LancementJanvier 2004
CarrosserieRoadster 2 places, toit amovible
ProductionHethel, Norfolk, Royaume-Uni
MoteurToyota 2ZZ-GE, 4 cylindres en ligne atmosphérique
PositionCentrale arrière, transversale
Cylindrée1 796 cm³
DistributionDouble arbre à cames, 16 soupapes, VVTL-i
Alésage x course82 x 85 mm
Rapport volumétrique11,5:1
Puissance192 ch à 7 800 tr/min
Couple181 Nm à 6 800 tr/min
TransmissionPropulsion
Boîte de vitessesManuelle Toyota C64 à 6 rapports
StructureChâssis en profilés d’aluminium extrudé et collé
SuspensionTriangles superposés, amortisseurs Bilstein, ressorts Eibach
DirectionCrémaillère non assistée, 2,8 tours de butée à butée
FreinsDisques percés de 282 x 26 mm aux quatre roues, ABS 4 canaux
Étriers avantLotus/AP Racing aluminium, 2 pistons
Étriers arrièreBrembo flottants, 1 piston
Pneus avantBridgestone Potenza RE040 175/55 R16 80W
Pneus arrièreBridgestone Potenza RE040 225/45 R17 90W
Longueur3 785 mm
Largeur1 719 mm hors rétroviseurs
EmpattementEnviron 2 300 mm
Voie avant1 457 mm
Poids constructeur860 kg à vide, sans options
Répartition du poids38 % avant, 62 % arrière
Rapport poids-puissanceEnviron 223 ch/t
0 à 100 km/h5,2 s
Vitesse maximale241 km/h
Consommation combinée8,8 l/100 km
Émissions de CO2208 g/km
Réservoir40 litres
Coffre112 litres

Comment reconnaître une Elise 111R

Visuellement, la 111R reste immédiatement identifiable comme une Elise de deuxième génération. Elle conserve les proportions très compactes du roadster, les ailes fortement marquées, les projecteurs étirés et les grandes prises d’air latérales de la S2. Son dessin ne cherche donc pas à signaler la révolution mécanique par une carrosserie entièrement différente.

Parmi les indices propres à cette évolution figure notamment la double sortie d’échappement centrale traversant la partie arrière. Les jantes à huit branches de la configuration de lancement et plusieurs modifications de grilles et de panneaux complètent les évolutions. Les différences les plus importantes restent cependant invisibles : moteur 2ZZ-GE, boîte six rapports, adaptations du sous-châssis et des suspensions, servo de freinage et ABS.

La distinction avec la 111S est essentielle. Malgré la proximité des appellations, la 111S S2 utilise un moteur Rover K-Series VVC, alors que la 111R adopte le Toyota 2ZZ-GE. Il ne s’agit donc pas d’une simple différence de finition ou d’un niveau de puissance obtenu à partir du même moteur.

De la 111R à l’Elise R

L’appellation 111R a une durée plus courte que la carrière de sa mécanique. Pour le millésime 2007, présenté en 2006, Lotus simplifie la nomenclature : la 111R devient officiellement Elise R. Le principe mécanique demeure celui du 2ZZ-GE atmosphérique associé à la boîte six rapports, tandis que des évolutions d’équipement et de présentation accompagnent le changement de nom.

Cette transition explique pourquoi certaines bases de données utilisent le nom 111R pour des voitures postérieures à 2006. Pour retracer précisément l’histoire du modèle, il est préférable de réserver l’appellation 111R à la phase introduite en 2004 et de parler d’Elise R pour sa continuation à partir du millésime 2007. Les valeurs de poids publiées demandent la même distinction : le chiffre constructeur de lancement est de 860 kg à vide sans options, tandis que certaines bases administratives françaises affichent des valeurs supérieures calculées suivant d’autres définitions.

La mécanique Toyota inaugurée par cette phase prend ensuite une place centrale dans les sportives Lotus de cette époque. Le 2ZZ-GE sera notamment exploité sous une forme suralimentée sur des modèles plus radicaux tels que la Lotus 2-Eleven. L’Elise elle-même poursuivra son évolution pendant plusieurs années avant les transformations esthétiques et techniques associées à la Lotus Elise S3.

Prix neuf et production

En France, les tarifs contemporains placent la Lotus Elise 111R autour de 43 200 à 44 100 euros en 2004 selon la date et la source tarifaire considérées. Au Royaume-Uni, son prix de lancement était annoncé à 27 995 livres. Elle se positionnait ainsi comme une sportive relativement dépouillée dont le coût provenait moins d’une abondance d’équipements que de sa structure légère, de son châssis spécialisé et de son rapport performances-poids.

Le nombre exact d’exemplaires produits uniquement sous l’appellation 111R entre son introduction et son changement de nom n’est pas établi de manière suffisamment solide pour retenir un total unique. Les chiffres regroupant 111R et Elise R couvrent une période plus large et ne peuvent pas être utilisés comme volume de production de la seule 111R. La documentation technique Lotus permet en revanche de situer son introduction dans la séquence de production à partir du numéro de série 0970, une numérotation partagée avec les autres variantes de l’Elise et qui ne correspond donc pas au premier exemplaire d’une série autonome numérotée.