Lotus Evora S

Lotus Evora S

Présentée en 2010, la Lotus Evora S apporte à l’Evora la puissance qui lui permet de mieux assumer son statut de grande sportive à moteur central. Son V6 Toyota de 3,5 litres reçoit un compresseur et passe à 350 ch pour 400 Nm, tandis que Lotus adapte le châssis sans sacrifier la polyvalence inhabituelle du modèle. Plus performante que la Lotus Evora atmosphérique, la S conserve ainsi la formule qui distingue cette famille dans la gamme britannique : une structure légère en aluminium, un moteur central transversal et, selon la configuration, deux petites places arrière.

Une Evora suralimentée présentée en 2010

L’Evora originelle avait été conçue pour étendre la philosophie Lotus au-delà des sportives minimalistes. Elle offrait davantage d’espace, de confort et de possibilités d’utilisation quotidienne que la Lotus Elise, tout en conservant une architecture légère et une priorité donnée au comportement routier. Son V6 atmosphérique de 3 456 cm3 développait environ 280 ch, une puissance respectable mais qui laissait de la marge au châssis.

Lotus choisit donc la suralimentation plutôt qu’une augmentation de cylindrée. Le développement du dispositif est mené avec Harrop Engineering autour d’un compresseur HTV1320 exploitant la technologie Eaton TVS. Le constructeur annonce l’Evora S en août 2010 avant sa présentation publique au Mondial de l’Automobile de Paris, le 30 septembre. Les références à une Evora S « 2011 » que l’on rencontre fréquemment correspondent essentiellement à l’année-modèle et à son arrivée commerciale sur certains marchés, et non à sa première apparition.

La S n’est pas une nouvelle génération d’Evora. Elle reprend le Type 122 et l’essentiel de sa carrosserie, mais transforme nettement son caractère mécanique. Avec 350 ch et 400 Nm, elle devient la version routière performante de la gamme tout en conservant la possibilité d’une configuration 2+0 ou 2+2. Cette association entre moteur central et places arrière reste particulièrement inhabituelle dans cette catégorie.

Le V6 Toyota 3,5 litres passe à 350 ch

Le moteur reste le Toyota 2GR-FE, un V6 à 60 degrés de 3 456 cm3 doté de quatre arbres à cames en tête, de 24 soupapes et du calage variable VVT-i. Lotus lui associe le compresseur volumétrique Harrop HTV1320. La puissance atteint 350 PS à 7 000 tr/min, soit environ 345 hp ou 258 kW, et le couple 400 Nm à 4 500 tr/min. La différence d’unités explique pourquoi certaines documentations mentionnent 345 tandis que la désignation européenne retient 350 ch.

Le moteur est installé transversalement derrière l’habitacle et entraîne les roues arrière. La transmission de référence est une boîte manuelle à six rapports, avec un étagement court destiné à exploiter le supplément de couple. Une boîte automatique IPS à six rapports et palettes au volant devient également disponible. La transmission ne repose pas sur un différentiel autobloquant mécanique classique : l’EDL Bosch utilise les freins pour limiter électroniquement le patinage d’une roue motrice.

Cette mécanique aura une importance qui dépasse l’Evora S. Le principe du V6 Toyota compressé devient l’un des moteurs emblématiques des Lotus de la décennie suivante et se retrouve notamment dans la Lotus Exige S3, sous une forme adaptée à une sportive plus radicale et plus légère.

Un châssis d’Evora adapté aux performances

L’Evora S conserve l’élément fondamental de l’Evora : une structure constituée d’extrusions d’aluminium assemblées par collage. Des panneaux en matériaux composites forment la carrosserie. Cette technique permet à Lotus d’obtenir une coque légère et rigide sans recourir à une monocoque traditionnelle en acier. La marque annonçait pour l’architecture Evora une rigidité torsionnelle d’environ 27 000 Nm par degré.

Les quatre roues disposent de doubles triangles en aluminium forgé. Les ressorts Eibach travaillent avec des amortisseurs à gaz Bilstein, tandis que des barres stabilisatrices complètent l’ensemble. La direction à crémaillère conserve une assistance hydraulique, choix important pour le retour d’informations recherché par Lotus. Le Sport Pack fait partie de la définition de l’Evora S et agit notamment sur la réponse de l’accélérateur, la gestion dynamique et l’échappement actif.

Le freinage AP Racing fait appel à des étriers fixes à quatre pistons aux quatre roues, associés à des disques ventilés de 350 mm à l’avant et 332 mm à l’arrière. ABS, répartition électronique du freinage et Lotus DPM complètent le dispositif. La monte standard associe des jantes de 18 pouces à l’avant et 19 pouces à l’arrière, avec des pneus 225/40 ZR18 et 255/35 ZR19. Des roues forgées de 19 et 20 pouces et des pneumatiques plus larges figurent également parmi les configurations proposées.

Fiche technique de la Lotus Evora S

CaractéristiqueLotus Evora S
Première présentation2010
TypeType 122, coupé sportif à moteur central
Configuration2+0 ou 2+2
MoteurV6 Toyota 2GR-FE à 60 degrés, essence, compresseur Harrop HTV1320
Cylindrée3 456 cm3
DistributionDOHC, 24 soupapes, VVT-i
Alésage x course94 x 83 mm
AlimentationInjection séquentielle multipoint, suralimentation par compresseur
Puissance350 PS, environ 345 hp, 258 kW à 7 000 tr/min
Couple400 Nm à 4 500 tr/min
ImplantationMoteur central arrière transversal
TransmissionPropulsion
BoîteManuelle 6 rapports ou automatique IPS 6 rapports selon version
StructureExtrusions d’aluminium collées, panneaux de carrosserie composites
Suspension avantDoubles triangles, ressorts Eibach, amortisseurs Bilstein
Suspension arrièreDoubles triangles, ressorts Eibach, amortisseurs Bilstein
DirectionCrémaillère à assistance hydraulique
Freins avantAP Racing, étriers 4 pistons, disques ventilés 350 mm
Freins arrièreAP Racing, étriers 4 pistons, disques ventilés 332 mm
Roues standard18 pouces avant, 19 pouces arrière
Pneus standard225/40 ZR18 avant, 255/35 ZR19 arrière
Longueur4 361 mm
Largeur avec rétroviseurs2 047 mm
Hauteur1 229 mm
Empattement2 575 mm
Masse1 437 kg en boîte manuelle, 1 442 kg en IPS selon spécification Lotus 2014
0 à 100 km/h4,6 s en boîte manuelle, 4,7 s en IPS selon spécification Lotus 2014
Vitesse maximale286 km/h en boîte manuelle, 269 km/h en IPS selon spécification Lotus 2014
Consommation mixte NEDC9,9 l/100 km en boîte manuelle, 9,7 l/100 km en IPS selon spécification Lotus 2014
Émissions de CO2 NEDC229 g/km en boîte manuelle, 224 g/km en IPS selon spécification Lotus 2014
Réservoir60 litres
Coefficient aérodynamiqueCx 0,33
ProductionHethel, Norfolk, Royaume-Uni

Performances et différences selon les millésimes

Les chiffres de performances publiés pour l’Evora S ne sont pas parfaitement uniformes sur l’ensemble de sa carrière. Lors du lancement, les premières spécifications communiquées font état d’environ 4,8 s pour passer de 0 à 100 km/h et d’une vitesse maximale proche de 277 km/h. La documentation Lotus de 2014 donne ensuite 4,6 s et 286 km/h pour la version manuelle. Il ne s’agit donc pas de choisir arbitrairement l’un de ces chiffres : ils correspondent à des spécifications et homologations publiées à des moments différents.

L’IPS entraîne également des performances distinctes. Dans la documentation tardive, l’automatique atteint 100 km/h en 4,7 s mais plafonne à 269 km/h. Son homologation NEDC affiche paradoxalement une consommation mixte légèrement inférieure à celle de la manuelle, avec 9,7 contre 9,9 l/100 km. Ces chiffres appartiennent à l’ancien cycle NEDC et ne sont donc pas directement comparables aux mesures WLTP utilisées sur les voitures récentes.

Le poids est une autre source d’écarts dans les fiches historiques. Lotus indique 1 437 kg pour la manuelle et 1 442 kg pour l’IPS dans sa documentation 2014, alors que certaines bases administratives françaises publient des valeurs supérieures en utilisant une autre définition de la masse. Les valeurs constructeur sont les plus cohérentes pour comparer directement les deux transmissions.

Comment reconnaître une Evora S

Visuellement, l’Evora S reste proche de l’Evora atmosphérique et évite la transformation spectaculaire que connaîtra plus tard la famille. Plusieurs détails permettent néanmoins de l’identifier : Lotus lui attribue notamment un diffuseur arrière spécifique, des coques de rétroviseurs noires et des entourages de feux arrière noirs. L’échappement actif fait également partie de sa personnalité, mais le changement déterminant demeure invisible de l’extérieur : le compresseur installé sur le V6.

Il faut surtout éviter de la confondre avec les Evora plus puissantes apparues ensuite. La Lotus Evora 400, présentée en 2015, conserve le principe du V6 3,5 litres suralimenté mais reçoit d’importantes évolutions mécaniques, structurelles et aérodynamiques ainsi qu’une carrosserie profondément remaniée aux deux extrémités. Sa puissance atteint environ 400 bhp, soit 406 PS, et Lotus annonce un tour du circuit d’essais d’Hethel six secondes plus rapide que celui de l’Evora S.

De l’Evora S aux dernières Evora V6

L’arrivée de l’Evora 400 en 2015 marque la fin progressive de la première formule Evora/Evora S. La date exacte de fin attribuée à la S varie selon les marchés et les méthodes de classement, mais sa carrière commerciale s’étend essentiellement du lancement de 2010 jusqu’au renouvellement de la gamme en 2015. Le volume produit pour la seule Evora S n’est pas établi de manière suffisamment précise pour isoler un chiffre fiable des différentes versions de l’Evora.

La famille poursuit ensuite sa montée en puissance. La Lotus Evora GT430 pousse le concept vers une interprétation beaucoup plus radicale, tandis que l’Evora GT prolonge tardivement la carrière du modèle sur le marché nord-américain. Cette évolution montre le potentiel que Lotus avait entrevu dès l’Evora S : le châssis initial pouvait supporter sensiblement plus de puissance que les 280 ch de la première Evora.

Après l’arrêt de la famille Evora, la Lotus Emira V6 reprend à son tour l’association d’une sportive Lotus à moteur central et du V6 Toyota 3,5 litres compressé. L’architecture et la génération changent, mais cette continuité mécanique trouve l’une de ses étapes déterminantes dans l’Evora S de 2010, première Evora de série à exploiter le V6 avec un compresseur.