Le MAN Lion’S City est une famille d’autobus urbains développée par le constructeur allemand MAN Truck & Bus. Commercialisée sous cette appellation à partir de 2004, elle regroupe des véhicules à plancher bas destinés aux réseaux de transport public, depuis les autobus standards de 12 mètres jusqu’aux versions articulées de grande capacité. Sa gamme a progressivement intégré des motorisations diesel, au gaz naturel, hybrides et entièrement électriques.
Le Lion’S City occupe une place centrale dans l’offre d’autobus MAN. Conçu pour assurer des services urbains intensifs, il privilégie l’accessibilité, la capacité de transport et la facilité d’exploitation. Son histoire remonte aux autobus à plancher bas développés par MAN dans les années 1990, avant une profonde modernisation de la gamme en 2018.
Origines et histoire du MAN Lion’S City
L’histoire du MAN Lion’S City commence avant l’adoption officielle de son nom. Dans les années 1990, MAN développe plusieurs familles d’autobus à plancher bas pour répondre à l’évolution des transports collectifs européens. L’objectif est de faciliter les montées et descentes, notamment pour les personnes à mobilité réduite, tout en améliorant la circulation des voyageurs à bord.
Les autobus suburbains MAN NÜ de nouvelle génération apparaissent en 1996, suivis par les modèles urbains NL et les versions articulées NG. Ces véhicules constituent les principales bases techniques de la future famille Lion’S City. Ils adoptent une architecture adaptée aux arrêts fréquents, avec un accès abaissé et des aménagements intérieurs modulables selon les besoins des exploitants.
En 2004, MAN généralise l’appellation Lion’S City à sa gamme d’autobus urbains modernisée. Ce changement accompagne une harmonisation de l’identité des véhicules, désormais regroupés sous un nom commercial commun. Les versions standards, longues et articulées conservent néanmoins des architectures différentes et des désignations techniques propres.
Le modèle bénéficie rapidement d’une reconnaissance internationale. En 2005, le Lion’S City reçoit le titre d’International Bus of the Year, distinction attribuée par un jury de journalistes spécialisés dans les véhicules de transport collectif. Cette récompense souligne la place prise par MAN sur le marché européen des autobus urbains.
Au fil des années, le constructeur adapte ses véhicules aux normes antipollution successives et aux nouvelles exigences d’exploitation. Les motorisations diesel évoluent, tandis que les versions au gaz naturel prennent davantage d’importance dans les réseaux souhaitant diversifier leurs sources d’énergie.
Une étape supplémentaire intervient en 2010 avec la production en série du MAN Lion’S City Hybrid. Cette version associe un moteur thermique à une chaîne de traction électrique afin de récupérer une partie de l’énergie au freinage et de réduire la consommation dans les conditions favorables de circulation urbaine.
En 2018, MAN présente une nouvelle génération de Lion’S City. Il ne s’agit plus d’une simple évolution esthétique : la carrosserie, l’architecture technique, les équipements et les motorisations sont profondément renouvelés. Cette génération sert également de base au développement des versions entièrement électriques Lion’S City E.
Design, carrosserie et aménagement intérieur
Le MAN Lion’S City est avant tout conçu comme un outil de transport collectif. Sa silhouette privilégie un habitacle spacieux, une bonne visibilité pour le conducteur et une circulation fluide des passagers. La carrosserie présente des flancs largement vitrés, un pare-brise panoramique et de grandes portes latérales adaptées aux montées et descentes répétées.
Sur les véhicules commercialisés à partir de 2004, la face avant se caractérise par un dessin relativement vertical, des blocs optiques intégrés aux angles et un large affichage de destination placé au-dessus du pare-brise. Les proportions restent typiques des autobus urbains européens de cette période, avec une hauteur importante et des porte-à-faux déterminés par la position des essieux.
La génération introduite en 2018 adopte une présentation plus contemporaine. Les optiques sont redessinées, les surfaces de carrosserie deviennent plus travaillées et l’intégration des vitrages évolue. Ces modifications améliorent l’identification visuelle du véhicule tout en accompagnant les changements de structure et d’équipements.
À l’intérieur, l’organisation dépend de la longueur du véhicule et du cahier des charges de l’exploitant. Un Lion’S City standard peut recevoir plusieurs configurations de sièges, d’espaces debout et de portes. Les réseaux qui privilégient les déplacements courts choisissent généralement des aménagements favorisant la circulation et la capacité, tandis que certaines dessertes périurbaines accordent davantage de place aux voyageurs assis.
Le plancher bas constitue l’une des caractéristiques essentielles du Lion’S City. Il facilite l’accès depuis les quais et limite les différences de niveau à franchir. Selon les versions et les équipements, une rampe d’accès, des espaces réservés aux fauteuils roulants et une fonction d’abaissement de la suspension complètent les dispositifs d’accessibilité.
Le poste de conduite est séparé de l’espace voyageurs et rassemble les commandes nécessaires à une exploitation intensive. Les générations récentes intègrent des interfaces modernisées, des systèmes d’aide à la conduite et des équipements électroniques destinés à améliorer la sécurité et le suivi du véhicule.
Fiche technique du MAN Lion’S City
| Caractéristique | Données techniques |
|---|---|
| Constructeur | MAN Truck & Bus |
| Origine | Allemagne |
| Appellation Lion’S City | 2004 |
| Origines de la famille | 1996 |
| Nouvelle génération | 2018 |
| Catégorie | Autobus urbain et périurbain |
| Carrosseries | Midibus, standard, rigide long, articulé et certaines variantes à impériale historiques |
| Structure | Carrosserie intégrale, plancher bas ou entrée basse selon version |
| Motorisations | Diesel, gaz naturel, hybride diesel-électrique et électrique |
| Moteur diesel récent | MAN D1556 LOH, 6 cylindres en ligne |
| Cylindrée du D1556 | 9 037 cm³ |
| Alimentation diesel | Injection directe, turbocompresseur |
| Puissance du D1556 | 330 ou 360 ch selon configuration documentée |
| Couple du D1556 | 1 400 ou 1 600 Nm selon version |
| Moteur gaz récent | MAN E1856 LOH, selon version |
| Implantation thermique | Moteur principalement à l’arrière |
| Transmission thermique | Automatique, notamment Voith DIWA ou ZF EcoLife selon génération |
| Transmission électrique | Moteur central sur certaines versions, deux moteurs centraux sur le 18 E |
| Roues motrices | Arrière sur les standards thermiques ; configuration spécifique sur les articulés électriques |
| Suspensions | Pneumatiques |
| Direction | Assistée |
| Freinage | Pneumatique, avec systèmes électroniques selon génération |
| Longueur standard récente | Environ 12,2 m |
| Longueur articulée récente | Environ 18,1 m |
| Longueur du 19 G | Environ 18,7 m |
| Largeur du 18C | 2 550 mm |
| Hauteur du 18C | 3 055 mm avec climatisation, selon équipement |
| Empattements du 18C | 5 200 et 6 680 mm |
| Masse totale technique admissible du 18C | 28 000 kg |
| Capacité maximale annoncée du 18C | Jusqu’à 152 voyageurs selon configuration |
| Réservoir diesel du 18C | 245 à 350 litres selon équipement |
| Batteries électriques historiques du 12 E | 480 kWh, configuration annoncée en 2020 |
| Batteries électriques historiques du 18 E | 640 kWh, configuration annoncée en 2020 |
| Nombre de portes | Variable selon longueur et aménagement |
| Principaux sites industriels historiques | Notamment Starachowice et Sady, en Pologne |
Motorisations diesel, gaz, hybrides et électriques
La diversité des motorisations constitue l’une des principales évolutions du MAN Lion’S City. Initialement dominée par le diesel, la gamme s’est adaptée aux exigences environnementales et aux politiques de renouvellement des flottes de transport public.
Les versions diesel historiques utilisent plusieurs générations de moteurs MAN, dont les caractéristiques évoluent avec les normes Euro. Ces moteurs sont associés à des transmissions automatiques conçues pour supporter les accélérations répétées, les ralentissements et les arrêts fréquents. Leur implantation à l’arrière permet de dégager l’espace voyageurs et de limiter l’encombrement mécanique dans la partie avant.
Sur la nouvelle génération, le moteur MAN D15 apporte une architecture six cylindres de 9 litres adaptée aux autobus urbains de grande capacité. Les puissances disponibles dépendent de la configuration du véhicule, notamment pour les versions articulées. L’amélioration du rendement et le traitement des émissions deviennent des éléments majeurs de son développement.
Les Lion’S City fonctionnant au gaz naturel constituent une autre branche importante de la gamme. Ils utilisent un moteur spécifiquement adapté au carburant gazeux et des réservoirs installés en toiture. Cette disposition permet de conserver une organisation intérieure proche de celle d’un autobus diesel. L’utilisation de biométhane est également possible lorsque le véhicule et les conditions d’approvisionnement le permettent.
Le Lion’S City Hybrid historique repose sur une architecture diesel-électrique permettant de récupérer de l’énergie lors des décélérations. Cette énergie peut ensuite contribuer à la propulsion. Le système répond particulièrement aux contraintes des parcours urbains, où les phases de freinage et de redémarrage sont nombreuses.
Il faut distinguer cette architecture du système MAN EfficientHybrid proposé sur des autobus thermiques plus récents. Ce dernier apporte une assistance électrique et une récupération d’énergie, sans transformer le véhicule en autobus électrique capable d’assurer seul un service complet sur batterie.
Le MAN Lion’S City E représente le passage à une propulsion entièrement électrique. Développé à partir de la nouvelle génération, il utilise des batteries de traction et des moteurs électriques. L’absence de moteur thermique modifie les contraintes de maintenance, de refroidissement et d’exploitation, tout en réduisant les émissions locales à l’échappement à zéro.
Le Lion’S City 12 E correspond à la catégorie standard, tandis que le 18 E répond aux besoins des lignes très fréquentées. Sur l’articulé électrique, l’utilisation de deux moteurs centraux entraînant deux essieux permet d’adapter la motricité à la masse et à la longueur du véhicule.
L’autonomie réelle des versions électriques dépend de la capacité des batteries, de la température extérieure, du chauffage, de la climatisation, du relief et de la charge transportée. Le dimensionnement des lignes et des périodes de recharge constitue donc une partie essentielle de leur exploitation.
Les différentes versions du Lion’S City
Le MAN Lion’S City ne correspond pas à une seule longueur de carrosserie. La famille a été conçue pour répondre à des réseaux très différents, depuis les rues étroites des centres-villes jusqu’aux grands axes urbains nécessitant des autobus articulés.
Le Lion’S City standard, historiquement associé à des variantes comme l’A21, constitue la configuration de référence. Sa longueur proche de 12 mètres permet de concilier capacité, accessibilité et maniabilité. Il est adapté à la majorité des lignes urbaines classiques et peut recevoir différentes implantations de portes.
Le Lion’S City M et les versions compactes répondent aux contraintes des itinéraires plus difficiles, où un autobus standard serait moins maniable. À l’inverse, les Lion’S City L et C historiques proposent des carrosseries allongées afin d’augmenter la capacité sans nécessairement recourir à une articulation.
Les versions articulées, notamment le Lion’S City G, sont destinées aux lignes à forte fréquentation. Leur articulation centrale relie deux sections et permet d’augmenter sensiblement le nombre de voyageurs transportés. Le Lion’S City GL historique pousse cette logique plus loin avec une longueur de 18,75 mètres.
Les variantes LE, pour Low Entry, se distinguent des versions entièrement à plancher bas. Elles privilégient un accès abaissé dans une partie de l’habitacle, avec un plancher plus haut vers l’arrière. Cette architecture peut convenir à certaines dessertes suburbaines, où la proportion de voyageurs assis est plus importante.
La gamme a également comporté des configurations particulières, notamment le Lion’S City DD à deux niveaux. Ce type d’autobus répond à des besoins spécifiques de capacité et d’exploitation, mais ne constitue pas la carrosserie la plus représentative de la famille.
Dans la gamme actuelle, les déclinaisons électriques 10 E, 12 E et 18 E permettent d’adapter la longueur du véhicule aux besoins du réseau. Les versions diesel et gaz conservent parallèlement une place sur les marchés où elles répondent aux conditions d’exploitation et aux réglementations locales.
Le positionnement urbain du Lion’S City le distingue du MAN Lion’S Intercity, davantage destiné aux liaisons interurbaines et régionales. Le MAN Lion’S Coach appartient quant à lui à la catégorie des autocars de tourisme, conçus pour les voyages de longue distance avec un aménagement et une architecture différents.
Le MAN Lion’S City dans les réseaux de transport
Le MAN Lion’S City s’est imposé dans de nombreux réseaux européens grâce à la diversité de ses configurations et à son adaptation aux contraintes du transport collectif. Sa diffusion concerne aussi bien les grandes agglomérations que les villes moyennes, avec des équipements spécifiques à chaque exploitant.
En France, l’histoire des autobus MAN est particulièrement liée à la RATP. Dès le début des années 2000, l’opérateur parisien utilise des autobus MAN à plancher bas, notamment des NL223, qui précèdent l’adoption du nom Lion’S City. En 2002, la RATP commande 205 NL223, livrés progressivement au cours des années suivantes.
En juillet 2007, les premiers MAN Lion’S City G articulés entrent en service à la RATP. Leur longueur proche de 18 mètres permet de renforcer les capacités de transport sur les lignes fréquentées. Ces véhicules se distinguent des autobus standards par leur articulation et leur aménagement intérieur adapté aux flux importants.
En août 2009, des Lion’S City GL de 18,75 mètres sont également employés sur RoissyBus, service reliant Paris à l’aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle. Leur capacité supplémentaire répond aux besoins d’une liaison transportant de nombreux voyageurs et leurs bagages.
La RATP participe ensuite à l’évaluation des nouvelles motorisations. Un Lion’S City Hybrid est introduit pour des essais en 2011, dans un contexte de recherche de solutions permettant de diminuer la consommation et les émissions des autobus urbains. Les véhicules au gaz naturel font également partie des évolutions ultérieures du parc.
Le Lion’S City a aussi été exploité dans d’autres agglomérations françaises, notamment à Lyon, Bordeaux, Brest et Belfort. Les véhicules peuvent présenter des différences importantes d’une ville à l’autre : nombre de portes, sellerie, climatisation, motorisation, dispositifs d’information et capacité autorisée.
Au-delà du marché français, la famille Lion’S City a accompagné la modernisation de nombreux réseaux européens. La génération introduite en 2018 et les versions électriques prolongent cette présence en répondant à des appels d’offres intégrant désormais les émissions, l’accessibilité, la sécurité et les coûts d’exploitation sur l’ensemble de la durée de service.
La transition électrique s’accompagne enfin de changements dans l’organisation des dépôts. Les exploitants doivent prévoir les infrastructures de recharge, adapter les rotations et tenir compte de la disponibilité énergétique des véhicules. Le Lion’S City E s’inscrit dans cette évolution, avec des configurations de batteries et de recharge choisies en fonction des besoins de chaque réseau.
