Le Mitsubishi L200 3 correspond à la troisième génération mondiale du pick-up de Mitsubishi. Sa production débute en Thaïlande en novembre 1995 et son lancement commercial intervient principalement en 1996, notamment en Europe. Cette génération transforme sensiblement la philosophie du Mitsubishi L200 : toujours conçu pour le travail et le tout-terrain, le pick-up accorde désormais davantage d’importance au confort, à l’habitabilité et aux usages de loisirs.
Cette identification mérite d’être précisée car la numérotation des générations varie entre certaines bases automobiles françaises. Dans la chronologie officielle de Mitsubishi, le modèle apparu en 1995-1996 constitue bien la troisième génération du L200. Il succède au pick-up lancé en 1986 et reste commercialisé jusqu’au milieu des années 2000, avec des différences importantes de carrosserie, de moteur et d’équipement suivant les marchés.
Une troisième génération tournée vers un usage plus polyvalent
Le L200 3 remplace le Mitsubishi L200 2, dont la conception remontait au milieu des années 1980. Mitsubishi ne se contente pas d’une évolution esthétique : la carrosserie et l’habitacle sont redessinés avec l’objectif de rendre le pick-up plus adapté à un usage quotidien. La cabine devient moins austère et les versions à plusieurs rangées de sièges prennent une importance croissante.
Cette évolution répond à la transformation progressive du marché des pick-up durant les années 1990. À côté des professionnels recherchant charge utile, robustesse et transmission 4×4 apparaît une clientèle utilisant ce type de véhicule pour les loisirs. Mitsubishi développe donc plusieurs configurations. Le Single Cab privilégie la longueur de benne, le Club Cab ajoute de l’espace derrière les sièges avant et le Double Cab propose une véritable seconde rangée destinée aux passagers.
La production de cette génération est étroitement associée à la Thaïlande, pays devenu stratégique pour Mitsubishi dans le domaine des pick-up. Les modèles exportés prennent différentes appellations suivant les marchés. Le nom L200 domine notamment en Europe, tandis que les désignations Strada et, dans la continuité de la famille, Mitsubishi Triton sont utilisées ailleurs. Les spécifications ne sont donc pas identiques d’un pays à l’autre.
Un pick-up classique dans sa conception, moderne dans son positionnement
Le L200 3 conserve une architecture traditionnelle particulièrement adaptée à sa mission. La carrosserie repose sur un châssis séparé de type échelle, avec moteur installé longitudinalement à l’avant. À l’arrière, l’essieu rigide associé à des ressorts à lames favorise la résistance à la charge et la simplicité mécanique. À l’avant, les principales versions 4×4 disposent d’une suspension indépendante.
Les variantes à quatre roues motrices peuvent utiliser la transmission Easy Select 4WD. Cette solution permet au conducteur d’adapter la transmission aux conditions rencontrées et conserve l’approche mécanique robuste attendue d’un pick-up de cette période. La garde au sol atteint notamment 215 mm sur certaines versions 4×4. Le L200 reste ainsi très différent d’un SUV routier malgré les efforts réalisés sur son confort.
Cette distinction est particulièrement visible face au Mitsubishi Pajero 2, autre 4×4 important de la gamme Mitsubishi durant les années 1990. Le Pajero est pensé en priorité comme véhicule tout-terrain fermé pour passagers, tandis que le L200 conserve une benne séparée, une capacité de charge importante et une architecture directement dictée par sa fonction de pick-up.
Le dessin traduit néanmoins le changement d’orientation par rapport à la génération précédente. Les lignes deviennent plus arrondies, notamment autour du capot, des ailes et de la cabine. Les versions Double Cab combinent quatre portes, cinq places selon les configurations et une benne arrière, créant cette silhouette qui contribuera fortement à populariser le pick-up de loisirs en Europe. Les modèles de fin de carrière adoptent des présentations plus valorisantes, avec des finitions comme Intense, XStorm ou Dakar selon les années et les marchés.
Le 2.5 TD 4D56 au coeur de la gamme européenne
La gamme internationale du L200 3 est particulièrement vaste. Selon les pays, elle comprend des moteurs essence et diesel de différentes cylindrées, ainsi que des versions deux ou quatre roues motrices. En Europe et notamment en France, le moteur qui caractérise le mieux cette génération est toutefois le quatre cylindres diesel 4D56 de 2 477 cm3.
Ce moteur longitudinal existe avec plusieurs niveaux de puissance et plusieurs configurations d’alimentation. Les variantes turbodiesel, dont certaines avec intercooler, occupent une place centrale. Les fiches françaises documentent environ 100 ch sur certaines versions de 1996, puis 115 et jusqu’à 133 ch sur des modèles tardifs. D’autres marchés et millésimes disposent de calibrations différentes, ce qui explique que les valeurs de puissance associées au 2.5 diesel ne puissent pas être ramenées à un seul chiffre.
La version TD133 illustre l’évolution du modèle en fin de carrière. Une déclinaison française Double Cab Dakar de 2005 développe 133 ch et 278 Nm. Elle bénéficie d’un équipement nettement plus complet que les premiers L200 à vocation essentiellement utilitaire, tout en conservant les fondamentaux techniques du pick-up.
Les capacités évoluent elles aussi suivant la configuration et l’homologation. Des documents techniques de 1996 mentionnent par exemple jusqu’à 2 200 kg de remorquage freiné pour certaines versions, tandis qu’un Double Cab TD133 français tardif peut atteindre 2 700 kg. Sur cette dernière configuration, la charge utile annoncée atteint 1 000 kg. Ces différences montrent combien la cabine, le millésime et la définition commerciale sont déterminants lorsqu’on compare deux L200 3.
Fiche technique de la Mitsubishi L200 3
| Caractéristique | Données |
|---|---|
| Type | Pick-up à châssis séparé |
| Début de production | Novembre 1995 |
| Lancement commercial de référence | 1996 |
| Carrosseries | Single Cab, Club Cab, Double Cab selon marché |
| Implantation moteur | Avant, longitudinale |
| Moteur diesel européen principal | 4 cylindres 4D56 |
| Cylindrée | 2 477 cm3 |
| Alimentation | Diesel, turbodiesel selon version, intercooler sur certaines variantes |
| Puissance du 2.5 diesel | Environ 87 à 133 ch selon marché, année et version |
| Couple | Jusqu’à 278 Nm sur le TD133 français documenté |
| Transmission | 2 roues motrices ou 4 roues motrices selon version |
| Système 4×4 | Easy Select 4WD sur versions concernées |
| Boîte | Manuelle à 5 rapports sur de nombreuses versions, automatique disponible sur certains marchés |
| Structure | Châssis séparé de type échelle |
| Suspension avant | Indépendante sur les principales versions 4×4 |
| Suspension arrière | Essieu rigide, ressorts à lames |
| Freins | Disques avant et tambours arrière sur de nombreuses versions, ABS disponible selon finition |
| Longueur | Environ 4 775 à 5 050 mm selon carrosserie et version |
| Largeur | Environ 1 695 mm sur plusieurs versions de lancement, jusqu’à environ 1 775 mm selon équipement et définition |
| Hauteur | Environ 1 585 à 1 800 mm selon configuration |
| Empattement | Environ 2 950 à 2 960 mm |
| Voie avant | Environ 1 420 à 1 450 mm selon configuration |
| Voie arrière | Environ 1 435 mm sur les configurations documentées de 1996 |
| Poids | Environ 1 500 à 1 780 kg selon carrosserie, transmission et équipement |
| Garde au sol | Jusqu’à 215 mm sur certaines versions 4×4 |
| Vitesse maximale | Environ 135 à 142 km/h pour plusieurs variantes 2.5 TD documentées |
| 0 à 100 km/h | 23,7 s pour une variante 87 ch documentée |
| Réservoir | 75 litres sur certaines versions Double Cab tardives |
| Remorquage freiné | 2 200 à 2 700 kg sur les configurations documentées |
| Charge utile | Jusqu’à 1 000 kg sur certaines versions françaises documentées |
Du véhicule professionnel au pick-up de loisirs
La multiplication des cabines permet au L200 3 de couvrir des besoins très différents. Les versions les plus simples restent des outils professionnels, alors que le Double Cab se rapproche davantage d’un véhicule familial par son habitacle. Mitsubishi ne transforme pourtant pas le L200 en automobile conventionnelle : le châssis séparé, la suspension arrière à lames et la benne maintiennent une orientation utilitaire très nette.
Cette base sert également de point de départ à des véhicules fermés apparentés. Le Mitsubishi Pajero Sport de première génération partage ainsi des liens techniques étroits avec la famille des pick-up Mitsubishi de cette époque. Sur certains marchés, ce SUV est commercialisé sous l’appellation Mitsubishi Montero Sport. Il ne s’agit cependant pas d’un L200 simplement doté d’un toit au-dessus de sa benne : sa carrosserie et son positionnement répondent à une utilisation différente.
Le L200 3 connaît parallèlement une montée en gamme sensible. Les finitions tardives ajoutent des équipements de confort et de présentation qui auraient été secondaires sur un pick-up professionnel quelques années auparavant. Cette évolution accompagne l’installation durable du Double Cab comme alternative aux 4×4 traditionnels pour les utilisateurs ayant besoin à la fois de places arrière, d’une benne et de capacités hors route.
Une carrière de près de dix ans avant le renouvellement
Après son lancement en 1996, le L200 3 évolue progressivement plutôt que par rupture. Les modifications esthétiques touchent notamment la calandre, les boucliers, les optiques et les éléments de finition. Les motorisations diesel gagnent en puissance, tandis que les versions hautes enrichissent leur dotation. En France, les 2.5 TD de 115 et 133 ch représentent bien cette dernière phase de carrière.
Les performances restent secondaires face aux qualités attendues d’un pick-up. Selon les variantes documentées, la vitesse maximale des 2.5 TD se situe autour de 135 à 142 km/h. Les écarts de masse, de rapports de transmission, de puissance et de carrosserie expliquent que deux L200 de cette génération puissent afficher des chiffres sensiblement différents malgré une base mécanique commune.
Au milieu des années 2000, Mitsubishi prépare un changement beaucoup plus profond. Le Mitsubishi L200 4 prend progressivement le relais avec une carrosserie immédiatement reconnaissable, un habitacle modernisé et une conception davantage adaptée au marché désormais établi des pick-up polyvalents. Le L200 3 avait précisément contribué à cette évolution en conciliant pendant près d’une décennie la robustesse d’un utilitaire à châssis séparé avec l’essor des versions Double Cab destinées au travail comme aux loisirs.




