Nissan Primera P12

Nissan Primera P12

La Nissan Primera P12 est la troisième et dernière génération de la Nissan Primera. Lancée au Japon en 2001 puis commercialisée en Europe à partir de 2002, elle rompt nettement avec les deux générations précédentes. Sa carrosserie haute aux formes fluides, son instrumentation centrale et son interface électronique N-FORM traduisent la volonté de Nissan de renouveler profondément sa familiale du segment D.

La P12 désigne toutefois une famille plus large que la seule Primera vendue en France. Les modèles japonais apparaissent dès 2001 avec des moteurs, transmissions et versions à quatre roues motrices spécifiques, tandis que la gamme européenne est produite à Sunderland au Royaume-Uni et reçoit notamment une carrosserie cinq portes adaptée aux attentes locales. Cette distinction explique une partie des différences de caractéristiques rencontrées d’un marché à l’autre.

Une rupture complète avec la Primera P11

La P12 prend la relève de la Nissan Primera P11, dont elle s’éloigne autant par son style que par son aménagement intérieur. Alors que les P10 et P11 conservaient les proportions relativement classiques d’une familiale des années 1990, la troisième génération adopte une silhouette plus haute et une ligne presque continue entre le capot, le pare-brise, le pavillon et l’arrière.

Cette transformation s’inscrit dans le renouvellement de Nissan au début des années 2000. Le constructeur avait donné un aperçu de cette orientation avec la Primera Concept présentée au Mondial de Paris en 2000. La version de série est lancée au Japon en janvier 2001, puis la gamme européenne est dévoilée au salon de Francfort en septembre de la même année. La production européenne des berlines et breaks commence à Sunderland en décembre 2001 avant la commercialisation au printemps 2002.

Nissan Design Europe joue un rôle important dans le projet, avec notamment Stéphane Schwarz à la tête du studio de design européen. Le dessin recherche davantage qu’une simple modernisation de la Nissan Primera P10 originelle : la P12 doit immédiatement se distinguer dans un segment où les berlines traditionnelles restent alors très nombreuses.

Un design extérieur et un habitacle inhabituels

La Primera P12 se reconnaît à son profil très arrondi, à ses grandes surfaces vitrées et à ses projecteurs étirés vers les ailes. Avec un empattement de 2,68 m et une largeur de 1,76 m sur les principales versions documentées, elle privilégie une assise visuelle assez large tout en portant son pavillon plus haut que celui de la génération précédente.

La gamme européenne comprend trois silhouettes. La quatre portes conserve une malle séparée, la cinq portes reçoit un grand hayon et le break allonge la carrosserie à environ 4,68 m. La cinq portes revêt une importance particulière en Europe, où cette architecture permet à Nissan de proposer une familiale plus polyvalente sans adopter les proportions d’un break.

L’intérieur constitue l’un des signes distinctifs les plus évidents de la P12. L’instrumentation quitte son emplacement traditionnel derrière le volant pour rejoindre le centre de la planche de bord. L’écran central et les commandes regroupées autour du système N-FORM concentrent plusieurs fonctions, dont l’audio, la climatisation et, selon l’équipement, la navigation et la téléphonie.

Une caméra de recul peut également être associée à cet ensemble. Au début des années 2000, une telle dotation demeure particulièrement inhabituelle dans une familiale généraliste. Nissan met alors en avant la navigation sur DVD et la caméra comme des innovations importantes de la Primera européenne. Cette organisation très numérique de l’habitacle est l’une des différences les plus marquées avec les Nissan contemporaines plus conventionnelles, notamment l’Nissan Almera N16 placée dans le segment inférieur.

Motorisations européennes et spécificités japonaises

En Europe, la gamme essence repose principalement sur trois quatre cylindres. Le 1.6 développe environ 109 ch, le 1.8 atteint 116 ch et le 2.0 fournit environ 140 ch. Cette offre privilégie davantage l’usage familial que la recherche d’une déclinaison sportive comparable à la Nissan Primera GT de la génération précédente.

Le diesel occupe une place importante sur le marché européen. La P12 débute notamment avec un 2.2 Di de 126 ch, avant que l’offre n’évolue avec un 1.9 dCi de 120 ch et un 2.2 dCi développant environ 138 à 140 ch suivant la convention utilisée pour exprimer la puissance. Le 1.9 dCi illustre directement les synergies techniques développées dans le cadre de l’Alliance Renault-Nissan.

Il ne faut pas transposer cette gamme au Japon. La Primera P12 y est notamment proposée avec le 2.0 QR20DE de 150 PS, un 2.5 QR25DD à injection directe et, sur certaines variantes, le SR20VE. Des transmissions CVT, dont une version proposant un mode simulant six rapports, ainsi que certaines configurations à quatre roues motrices complètent cette offre. Les Primera P12 japonaises les plus puissantes ou équipées du 4×4 ne correspondent donc pas aux versions couramment commercialisées en France.

Châssis, comportement et conception technique

La transformation ne concerne pas seulement la présentation. Nissan développe pour la P12 une structure plus rigide faisant appel à des aciers à haute résistance. À son lancement, le constructeur compare même sa rigidité à celle de la Skyline R34, référence interne particulièrement exigeante, bien que les deux automobiles répondent évidemment à des usages très différents.

Le train avant utilise une architecture multibras conçue pour concilier précision de guidage, encombrement et confort. À l’arrière, Nissan retient un dispositif de type Multi-Link Beam dérivé de l’expérience acquise sur les Primera précédentes. La direction est à crémaillère assistée et le freinage repose sur quatre disques sur les configurations documentées, avec des caractéristiques précises qui varient selon les moteurs et les marchés.

La P12 reste essentiellement une traction à moteur transversal en Europe. Les boîtes manuelles comportent cinq ou six rapports selon la motorisation, tandis que certaines versions essence sont proposées avec une transmission automatique ou CVT. Au Japon, l’offre de transmissions est plus étendue et comprend notamment les systèmes Hyper CVT et des configurations spécifiques aux versions quatre roues motrices.

Fiche technique de la Nissan Primera P12

CaractéristiqueDonnées
PériodeÀ partir de 2001 au Japon, commercialisation européenne à partir de 2002
SegmentFamiliale, segment D
CarrosseriesBerline 4 portes, cinq portes à hayon, break
ArchitectureMoteur avant transversal, traction avant principalement ; certaines versions japonaises 4×4
Moteurs essence Europe1.6 QG16DE, 1.8 QG18DE, 2.0 QR20DE
Puissance essence EuropeEnviron 109 à 140 ch
Moteurs diesel Europe1.9 dCi F9Q, 2.2 Di et 2.2 dCi YD22
Puissance diesel Europe120 à environ 140 ch selon version
Motorisations japonaises notablesQR20DE 2.0, QR25DD 2.5 à injection directe, SR20VE selon version
BoîtesManuelles 5 ou 6 rapports, automatique et CVT selon moteur et marché
Suspension avantMultibras
Suspension arrièreMulti-Link Beam
FreinsQuatre disques sur les versions documentées, caractéristiques variables selon version
DirectionÀ crémaillère assistée
Longueur berlineEnviron 4 565 à 4 569 mm selon marché et version
Longueur breakEnviron 4 675 à 4 679 mm selon marché et version
Largeur1 760 mm sur les versions de référence documentées
HauteurEnviron 1 480 mm sur les versions de référence documentées
Empattement2 680 mm
Voies1 530 mm avant, 1 535 mm arrière sur la berline japonaise 20L de référence
PoidsVariable selon carrosserie, moteur et équipement ; environ 1 270 à 1 400 kg pour plusieurs versions européennes
Pneumatiques195/65 R15 sur certaines versions ; 205/60 R16 notamment sur des versions européennes
RéservoirEnviron 62 litres sur les versions européennes documentées
Vitesse maximaleEnviron 190 à 203 km/h pour plusieurs versions européennes courantes
0 à 100 km/hEnviron 9,8 à 12,8 s pour plusieurs versions européennes documentées
Consommation mixteEnviron 5,7 à 8,8 l/100 km selon moteur et homologation européenne
Production européenneSunderland, Royaume-Uni

La dernière Primera européenne

Dans la gamme Nissan du début des années 2000, la Primera occupe l’espace des familiales traditionnelles, au-dessus de l’Almera et face à une offre plus grande et plus haut de gamme incarnée en Europe par la Nissan Maxima Qx. Malgré cette place clairement définie, la P12 arrive au moment où le marché européen commence à évoluer au détriment des berlines généralistes classiques.

La carrière européenne s’achève au cours de la seconde moitié des années 2000 sans quatrième génération de Primera. Nissan choisit plutôt de développer de nouvelles catégories de véhicules. Le Nissan Qashqai, lancé dans cette période de transition, illustre ce déplacement vers les crossovers, mais il ne constitue pas pour autant un successeur technique direct de la P12.

Cette absence de remplacement conserve à la P12 une position particulière : elle clôt une lignée commencée en 1990 tout en étant la Primera qui s’est le plus éloignée de la formule initiale. Son instrumentation centrale, le système N-FORM, la caméra de recul disponible et son dessin monoforme témoignent surtout de la manière dont Nissan envisageait la familiale du début du XXIe siècle.