Nissan Micra K12

Nissan Micra K12

La Nissan Micra K12 constitue la troisième génération de la citadine japonaise. Lancée en 2002, elle succède à la K11 avec une rupture stylistique particulièrement marquée. Ses formes arrondies, ses projecteurs ovales et son habitacle modulable lui donnent une personnalité immédiatement reconnaissable, tandis que sa nouvelle plate-forme B inaugure une base technique appelée à être largement utilisée au sein de l’alliance Renault-Nissan. Commercialisée en Europe jusqu’en 2010, la K12 a également donné naissance à la Micra C+C à toit rigide escamotable et à la sportive 160 SR.

Une troisième génération au style radicalement nouveau

La K12 apparaît dans un contexte de transformation de Nissan après la formation de l’alliance Renault-Nissan en 1999. Le constructeur cherche à renouveler sa citadine sans reprendre les codes relativement classiques de la génération précédente. Le concept mm.e, présenté au salon de Francfort en 2001, annonce les grandes orientations stylistiques de la future Micra.

La version de série est dévoilée au Mondial de l’Automobile de Paris en 2002, après le lancement japonais de la March K12 au début de la même année. En Europe, la commercialisation débute progressivement à partir de 2002 et 2003 selon les marchés. La K12 conserve le nom Micra en Europe, tandis que la voiture correspondante est appelée Nissan March au Japon.

Par rapport à la Nissan Micra K11, la nouvelle génération adopte une carrosserie plus haute et plus arrondie, avec un capot court, un pare-brise avancé et des projecteurs proéminents. L’empattement progresse également, contribuant à améliorer l’espace intérieur. La K12 conserve des dimensions adaptées à la circulation urbaine tout en offrant une présentation plus expressive et davantage d’équipements.

La conception associe les compétences de Nissan au Japon et en Europe. La nouvelle plate-forme B est développée dans le cadre de l’alliance avec Renault et servira ensuite à d’autres modèles, notamment la Renault Clio de troisième génération. Cette architecture constitue l’une des principales évolutions techniques de la K12 par rapport à sa devancière.

Une gamme européenne progressivement élargie

Au lancement, la Micra K12 est proposée avec plusieurs motorisations essence, dont les quatre cylindres 1.0 CR10DE, 1.2 CR12DE et 1.4 CR14DE. Le 1.2 existe avec différents niveaux de puissance selon les années et les marchés. Le 1.4 développe environ 88 ch et constitue longtemps l’une des versions essence les plus performantes de la gamme courante.

Le diesel 1.5 dCi de 1 461 cm3 apparaît ensuite dans la gamme européenne. Issu de la famille K9K développée dans le contexte Renault-Nissan, il est proposé avec plusieurs niveaux de puissance au cours de la carrière de la K12. Cette diversité explique pourquoi les caractéristiques techniques d’une Micra K12 peuvent varier sensiblement d’une version à l’autre.

En 2005, le restylage de la gamme s’accompagne notamment de l’introduction du moteur 1.6 HR16DE de 110 ch dans la 160 SR. Cette version adopte une présentation plus sportive et reçoit des équipements et réglages spécifiques. Elle devient la déclinaison la plus dynamique de la gamme européenne régulière, sans pour autant transformer la Micra en véritable petite sportive radicale.

La gamme évolue encore au fil des millésimes avec différentes finitions et séries spéciales. Les niveaux d’équipement sont progressivement harmonisés autour des appellations Visia, Acenta et Tekna, auxquelles s’ajoutent notamment la 160 SR et des versions plus richement équipées. La Micra reçoit alors des équipements encore peu courants dans cette catégorie au début des années 2000.

Fiche technique de la Nissan Micra K12

CaractéristiqueDonnée
GénérationK12, troisième génération de Micra
Période de production2002 à 2010
CarrosseriesHatchback 3 portes et 5 portes, puis coupé-cabriolet C+C
SegmentCitadine polyvalente
ArchitectureMoteur transversal avant, traction avant sur les versions européennes
Plate-formeNissan B
Moteurs essence1.0 CR10DE, 1.2 CR12DE, 1.4 CR14DE, 1.6 HR16DE
Moteur diesel1.5 dCi K9K, 1 461 cm3
Cylindrée essence998 à 1 598 cm3 selon motorisation
PuissancesEnviron 65 à 110 ch selon moteur et version
Couple maximalEnviron 110 Nm pour le 1.2 80 ch, 128 Nm pour le 1.4 et 153 Nm pour le 1.6 160 SR
Boîtes de vitessesManuelle 5 rapports, automatique 4 rapports selon version
Suspension avantJambes de force de type McPherson
Suspension arrièreEssieu à barre de torsion
DirectionCrémaillère à assistance électrique
FreinsDisques ventilés à l’avant, tambours à l’arrière sur les versions courantes
LongueurEnviron 3,70 à 3,72 m selon version et marché
LargeurEnviron 1,66 m
HauteurEnviron 1,52 à 1,54 m selon version
EmpattementEnviron 2,43 m
PoidsEnviron 950 à 1 040 kg selon moteur, carrosserie et finition
Vitesse maximaleEnviron 166 km/h pour la 1.2 80 ch, jusqu’à environ 183 km/h pour la 160 SR
0 à 100 km/hEnviron 12,4 s pour la 1.2 80 ch et 9,8 s pour la 160 SR
Consommation mixteEnviron 4,5 à 6,8 l/100 km selon moteur et version
RéservoirEnviron 46 litres sur les versions européennes documentées
Empattement arrière et modularitéBanquette arrière coulissante permettant d’arbitrer entre espace aux jambes et volume de coffre

Une citadine pensée pour l’espace et les équipements

L’un des traits distinctifs de la K12 réside dans l’exploitation de son habitacle. Sa silhouette relativement haute et son empattement de 2,43 m permettent d’offrir un espace intérieur généreux pour une citadine de cette époque. La banquette arrière coulissante constitue une solution particulièrement intéressante, puisqu’elle permet de privilégier soit l’espace disponible pour les passagers arrière, soit le volume de chargement.

Nissan soigne également l’ergonomie et la présentation intérieure. Le dessin du tableau de bord reprend le caractère arrondi de la carrosserie et certaines versions disposent d’un combiné d’instruments central. La K12 se distingue aussi par la multiplication des espaces de rangement et par une dotation qui peut inclure des équipements alors peu répandus dans le segment.

L’Intelligent Key fait partie des technologies mises en avant lors du lancement. Ce système permet notamment de déverrouiller et de démarrer la voiture sans utiliser directement la clé traditionnelle. La K12 participe ainsi à la diffusion d’équipements électroniques sophistiqués sur une citadine généraliste.

À l’extérieur, les principaux éléments permettant de reconnaître la génération sont ses optiques avant ovales, son capot court et bombé, ses ailes arrondies, sa ligne de toit relativement haute et son arrière compact. Le dessin est volontairement éloigné de celui de la K11, tout en conservant les proportions générales d’une petite voiture destinée à la ville.

La Micra C+C et la 160 SR

La K12 ne se limite pas aux versions hatchback. Nissan développe une déclinaison coupé-cabriolet baptisée Micra C+C, dévoilée sous forme de concept avant sa commercialisation en 2005. Son toit rigide escamotable est développé avec l’équipementier allemand Karmann. La transformation impose une carrosserie spécifique et une silhouette plus basse, tandis que la voiture conserve la base technique de la K12.

La C+C reçoit notamment le 1.6 essence de 110 ch. Avec sa carrosserie 2+2 et son toit rétractable, elle constitue une dérivée nettement plus spécifique que les simples variations de finition de la berline. Sa production reste cependant limitée par rapport à celle de la Micra classique et s’arrête avant la fin de carrière de la K12.

La 160 SR représente quant à elle l’interprétation sportive de la citadine. Son quatre cylindres 1.6 HR16DE développe 110 ch et 153 Nm. Elle bénéficie d’une présentation spécifique, de roues plus grandes et d’un comportement adapté à son positionnement dans la gamme. Elle reste extérieurement proche de la K12 ordinaire, ce qui permet de la distinguer surtout par ses éléments de carrosserie, ses roues et sa finition.

Production et fin de carrière

La production européenne de la Micra K12 est notamment assurée à Sunderland, au Royaume-Uni. Nissan y produit environ un million d’exemplaires de la K12 entre 2002 et 2010, auxquels s’ajoutent les autres unités assemblées sur les différents marchés. Plus de 31 000 exemplaires de la C+C sont également produits à Sunderland.

La carrière européenne évolue au fil des restylages et des séries spéciales. En 2008, Nissan célèbre notamment les 25 ans de présence de la Micra en Europe avec une série anniversaire. La K12 conserve ainsi une place importante dans la gamme jusqu’à l’arrivée de sa remplaçante.

La production européenne de la K12 s’achève à Sunderland le 16 juillet 2010. Elle laisse alors la place à la Nissan Micra K13, quatrième génération qui adopte une nouvelle présentation et une architecture différente. La K12 reste donc clairement identifiable comme la génération produite durant les années 2000, entre la K11 et la K13.

Une génération à distinguer de la March japonaise et des prototypes sportifs

Le terme K12 recouvre une famille mondiale plus large que la seule Micra vendue en France. Au Japon, la March correspondante peut recevoir des motorisations, des transmissions et des équipements différents, notamment certaines versions à quatre roues motrices. Ces caractéristiques ne doivent donc pas être transposées automatiquement aux Micra européennes.

La K12 a également servi de base à plusieurs projets sportifs ou démonstrateurs de Nissan. La Micra R et le prototype 350SR sont particulièrement spectaculaires, mais ils ne constituent pas des versions de série de la Micra K12. Le 350SR reçoit notamment un moteur V6 de 3,5 litres dans le cadre d’un projet unique, très éloigné des motorisations proposées sur les Micra commercialisées en Europe.

La K12 doit enfin être replacée dans la succession complète de la gamme. Après la Nissan Micra K10 lancée au début des années 1980 et la K11 apparue en 1992, elle représente la troisième génération du modèle. La K13 lui succède en 2010, puis la Nissan Micra K14 prend le relais en 2016 avec une orientation stylistique et technique encore différente.