Nissan Roox

Nissan Roox

La Nissan Roox apparaît au Japon en décembre 2009 avec une mission très précise : offrir l’habitabilité d’un petit monospace tout en restant dans les dimensions réglementaires d’une kei car. Haute de plus de 1,70 m mais longue de seulement 3,395 m, elle exploite au maximum son encombrement réduit grâce à une carrosserie cubique, quatre vraies places et deux portes arrière coulissantes. Cette première Roox, identifiée par le code ML21S, est produite jusqu’en 2013.

Contrairement aux générations plus récentes portant ce nom, la Roox originelle n’est pas un développement propre à Nissan. Elle dérive directement de la Suzuki Palette dans le cadre d’un accord de fourniture OEM. Cette stratégie n’est alors pas inhabituelle chez Nissan : la marque complète son catalogue de petites voitures grâce à des partenariats, une logique également visible avec la Nissan Pixo.

Une kei car Nissan née chez Suzuki

À la fin des années 2000, les kei cars japonaises ne se limitent plus aux petites citadines traditionnelles. Les modèles à toit très haut connaissent un succès important parce qu’ils transforment le gabarit réglementaire extrêmement contraint de cette catégorie en un habitacle étonnamment spacieux. Nissan veut renforcer sa présence sur ce marché et choisit la Suzuki Palette comme base de sa nouvelle Roox.

Commercialisée au Japon à partir du 1er décembre 2009, la Roox conserve donc l’architecture fondamentale de la Palette : moteur de 658 cm3 installé à l’avant, transmission CVT, traction ou quatre roues motrices et carrosserie à cinq portes. Nissan adapte toutefois sa gamme, sa présentation et certains éléments stylistiques afin d’intégrer le modèle à son propre catalogue.

La voiture occupe une place particulière parmi les petits modèles Nissan. Ses dimensions extérieures sont celles d’une kei car, mais son organisation intérieure se rapproche davantage d’un monospace miniature. Cette recherche d’espace la distingue d’une citadine conventionnelle et rappelle, dans un registre différent, l’exploitation très verticale du volume proposée par le Nissan Cube.

La première Roox disparaît en mars 2013. Son remplacement marque une rupture technique importante : la génération suivante prend le nom Dayz Roox et appartient à la nouvelle famille de kei cars conçue dans le cadre de la coopération entre Nissan et Mitsubishi. Elle est ainsi apparentée à la Nissan Dayz, et non plus à une Suzuki Palette. Cette distinction est essentielle pour ne pas mélanger les différentes voitures ayant porté le nom Roox.

Un habitacle conçu autour des portes coulissantes

La silhouette de la Roox répond directement aux contraintes du marché japonais. Avec 1 475 mm de largeur et 3 395 mm de longueur, elle utilise pratiquement tout le gabarit autorisé aux kei cars de son époque. Son empattement de 2 400 mm et son toit très haut permettent en revanche de consacrer une part importante de cette petite empreinte au compartiment des passagers.

Nissan annonçait un habitacle long de 2 085 mm et large de 1 365 mm. Le résultat est une voiture extérieurement minuscule mais capable d’accueillir quatre adultes, avec une position d’assise verticale qui libère de l’espace aux jambes. L’accès constitue l’une de ses particularités les plus importantes : les deux portes arrière coulissent au lieu de s’ouvrir vers l’extérieur. Leur ouverture atteint 580 mm de large et 1 230 mm de haut, une solution particulièrement adaptée aux parkings étroits.

Le seuil arrière bas facilite également le chargement. Sur les versions à deux roues motrices, Nissan annonçait un seuil des portes coulissantes situé à 340 mm du sol, tandis que le plancher du coffre se trouvait à 535 mm. Ces chiffres expliquent mieux la philosophie de la Roox que des performances routières classiques : sa conception privilégie l’accès, le volume utile et la facilité d’utilisation quotidienne.

La carrosserie reste immédiatement identifiable par ses flancs presque verticaux, son pavillon élevé, ses grandes surfaces vitrées et ses roues rejetées vers les extrémités. Cette architecture permet de conserver un espace intérieur important sans dépasser les limites réglementaires de la catégorie.

Deux personnalités avec les versions Highway Star

La gamme initiale comprend notamment les finitions E et G, auxquelles s’ajoutent les Highway Star et Highway Star Turbo. Les premières adoptent une présentation relativement sobre. Les Highway Star affichent au contraire une face avant plus expressive, avec une calandre chromée plus imposante et des optiques plus effilées.

Ce traitement n’est pas fortuit. Nissan rapproche alors explicitement la Roox Highway Star de ses monospaces portant la même appellation. La Nissan Serena constitue l’une de ces références : la petite Roox reprend à son échelle l’idée d’une variante plus démonstrative, sans modifier le principe fondamental de sa carrosserie haute.

Le rapprochement existe également avec le Nissan Elgrand, situé pourtant à l’autre extrémité de la gamme en matière de dimensions et de standing. L’appellation Highway Star permet ainsi à Nissan d’établir une continuité visuelle entre plusieurs véhicules familiaux très différents.

La différence ne se limite pas à la décoration lorsque l’on passe à la Highway Star Turbo. Le trois cylindres K6A atmosphérique développe 54 PS, tandis que sa variante turbocompressée avec intercooler atteint la limite de 64 PS traditionnellement appliquée aux kei cars japonaises. Son couple supérieur rend surtout le moteur plus adapté à une voiture haute dont la masse approche la tonne selon les configurations.

Le moteur K6A et la transmission CVT

Le moteur K6A d’origine Suzuki est un trois cylindres essence de 658 cm3 à double arbre à cames en tête. Dans sa configuration atmosphérique, il délivre 40 kW, soit 54 PS, à 6 500 tr/min et 63 Nm à 3 500 tr/min. La déclinaison turbo porte la puissance à 47 kW, soit 64 PS, à 6 000 tr/min et le couple à 95 Nm à 3 000 tr/min.

La Roox utilise une transmission à variation continue CVT avec sous-transmission, une architecture destinée à élargir la plage de démultiplication. La gamme propose des versions à traction avant ainsi que des variantes à quatre roues motrices, importantes sur le marché japonais dans les régions soumises à des conditions hivernales difficiles.

Les chiffres de consommation évoluent avec les versions et les méthodes d’homologation japonaises. Au lancement, Nissan mettait en avant jusqu’à 21,5 km/l pour certaines versions atmosphériques à deux roues motrices. Les modèles ultérieurs homologués selon le cycle JC08 affichent notamment 22,2 km/l pour une X Idling Stop 2WD, tandis que les Highway Star et les variantes turbo obtiennent des valeurs inférieures. Ces données appartiennent à des cycles et configurations différents et ne constituent donc pas une comparaison directe entre tous les millésimes.

Fiche technique de la Nissan Roox

CaractéristiqueNissan Roox ML21S
CommercialisationDécembre 2009 à mars 2013
CatégorieKei car, tall wagon 5 portes, 4 places
Code modèleML21S
Architecture moteur3 cylindres en ligne essence, DOHC
MoteurSuzuki K6A
Cylindrée658 cm3
Puissance atmosphérique40 kW (54 PS) à 6 500 tr/min
Couple atmosphérique63 Nm à 3 500 tr/min
Puissance turbo47 kW (64 PS) à 6 000 tr/min
Couple turbo95 Nm à 3 000 tr/min
AlimentationInjection électronique, turbo avec intercooler selon version
ImplantationMoteur avant transversal
TransmissionTraction avant ou 4 roues motrices
BoîteCVT avec sous-transmission
Longueur3 395 mm
Largeur1 475 mm
Hauteur1 735 mm en 2WD, jusqu’à 1 745 mm selon version 4WD
Empattement2 400 mm
VoiesEnviron 1 285 à 1 290 mm à l’avant et 1 280 mm à l’arrière selon version documentée
Garde au sol150 mm
PoidsVariable selon finition et transmission, environ 930 à 980 kg pour plusieurs versions documentées
Roues et pneus155/65 R13 sur certaines versions E ; 165/55 R14 sur G et Highway Star documentées
Réservoir30 litres
Rayon de braquage minimalEnviron 4,5 m sur les versions documentées
ConsommationVariable selon version et cycle ; jusqu’à 21,5 km/l annoncé au lancement, jusqu’à 22,2 km/l JC08 sur X Idling Stop 2WD ultérieure

Une carrière japonaise courte mais plusieurs évolutions

Lors de son lancement, Nissan fixe un objectif commercial de 3 500 Roox par mois. Les tarifs s’étendent alors d’environ 1,24 à 1,71 million de yens selon la finition et le type de transmission. La gamme évolue pendant sa courte carrière, avec notamment l’arrivée de versions dotées du système Idling Stop ainsi que de déclinaisons Limited.

La Roox ne connaît ni programme sportif officiel notable ni dérivé de compétition majeur. Son intérêt historique se trouve ailleurs : elle illustre une période durant laquelle Nissan constitue une partie de son offre de kei cars grâce à des modèles provenant de constructeurs partenaires, avant de s’impliquer beaucoup plus directement dans leur développement.

Cette transition devient concrète après l’arrêt de la ML21S. La Dayz Roox lancée en 2014 repose sur une famille technique issue de la coopération Nissan-Mitsubishi. En 2020, Nissan simplifie de nouveau l’appellation en revenant à Roox. Le nom perdure ensuite sur une nouvelle génération présentée en 2025, ce qui explique pourquoi des voitures techniquement très différentes apparaissent aujourd’hui sous la même désignation.

Ce qui distingue la Roox de 2009 des générations suivantes

Pour identifier la Roox traitée ici, le code ML21S reste le repère le plus sûr. La parenté avec la Suzuki Palette se retrouve dans les proportions, la forme générale de la caisse et l’architecture mécanique. Une Roox Highway Star se rapproche plus particulièrement de la Palette SW, tout en conservant une présentation avant spécifique à Nissan.

La Dayz Roox qui lui succède ne constitue donc pas un simple restylage. Sa filiation industrielle change complètement, tout comme celle des Roox ultérieures. Cette rupture permet aussi de replacer le modèle de 2009 dans l’histoire des petites Nissan japonaises : il représente la phase des kei cars obtenues par coopération OEM, avant la génération développée avec Mitsubishi puis l’élargissement de cette famille à d’autres propositions.

Cette évolution mène notamment à des modèles très éloignés techniquement de la Roox ML21S. La Nissan Sakura, kei car électrique lancée plus d’une décennie plus tard, montre comment Nissan a conservé le principe d’une automobile extrêmement compacte pensée d’abord pour le Japon tout en passant à une chaîne de traction entièrement électrique.