Commercialisée à partir de 1997, la Nissan Stagea 260RS est la déclinaison la plus radicale de la première génération du grand break japonais. Développée par Autech Japan sur la base de la Nissan Stagea WC34, elle associe une carrosserie cinq portes et cinq places à un ensemble mécanique inhabituellement ambitieux pour un break de cette époque. Son six cylindres RB26DETT, sa boîte manuelle, sa transmission intégrale et ses équipements de châssis expliquent pourquoi elle est devenue l’une des Stagea les plus recherchées.
La 260RS est souvent présentée comme une GT-R transformée en break. Le raccourci permet de comprendre son positionnement, mais il est techniquement et historiquement préférable de parler d’une Stagea préparée par Autech avec des composants étroitement apparentés à ceux de la Nissan Skyline GT-R R33. Nissan n’a jamais commercialisé cette voiture comme une Skyline GT-R à carrosserie break.
Une Stagea transformée par Autech
La Stagea WC34 apparaît au Japon en 1996 avec une vocation de grand break rapide et confortable. Elle occupe une place particulière dans une gamme où la Nissan Avenir répond à une approche plus conventionnelle du break. Autech Japan pousse dès l’année suivante le concept beaucoup plus loin avec l’Autech Version 260RS, pensée comme le sommet sportif de la famille Stagea.
La transformation ne consiste pas simplement à augmenter la puissance d’une Stagea existante. Autech installe le RB26DETT de 2 568 cm3, adapte la transmission, renforce la caisse et associe l’ensemble à des freins Brembo, à une suspension spécifique et au système de roues arrière directrices SUPER HICAS. La voiture reçoit également une présentation extérieure et intérieure qui la distingue immédiatement des versions ordinaires.
Le choix du RB26DETT place la 260RS dans un cercle très particulier de Nissan performantes des années 1990. Ce six cylindres en ligne biturbo est surtout associé à la Skyline GT-R. Dans la Stagea, il conserve sa cylindrée de 2,6 litres et sa puissance officielle japonaise de 280 PS, soit 206 kW, délivrée à 6 800 tr/min. Le couple atteint 368 Nm à 4 400 tr/min.
RB26DETT, boîte manuelle et transmission intégrale
Le moteur est implanté longitudinalement à l’avant et associé exclusivement à une boîte manuelle à cinq rapports. Cette caractéristique est fondamentale pour identifier la philosophie de la 260RS face aux nombreuses Stagea automatiques. La puissance est transmise aux quatre roues par le système ATTESA E-TS, capable de faire varier la répartition du couple en fonction des conditions d’adhérence et du comportement de la voiture.
Cette architecture rapproche directement la 260RS de l’univers de la GT-R contemporaine. Elle s’inscrit dans la même période que la Nissan Skyline R33, mais les contraintes sont différentes. Avec une carrosserie de break, cinq places, un grand coffre et une masse d’environ 1 720 kg, Autech devait préserver la polyvalence de la Stagea tout en donnant au châssis les moyens d’exploiter les performances du RB26DETT.
Les quatre roues directrices SUPER HICAS complètent l’ATTESA E-TS, tandis que le freinage repose sur quatre disques ventilés et des étriers Brembo. Les suspensions indépendantes multibras à l’avant comme à l’arrière participent à cette transformation profonde. La 260RS n’est donc pas seulement une Stagea équipée d’un moteur prestigieux: moteur, transmission, direction, freinage et châssis forment un ensemble cohérent conçu pour un niveau de performances nettement supérieur à celui d’un break familial classique.
Aucune valeur constructeur suffisamment solide de vitesse maximale ou de 0 à 100 km/h ne permet d’attribuer ici un chrono précis à la voiture. Les nombreuses valeurs publiées ultérieurement proviennent principalement d’estimations, d’essais ou de véhicules dont l’état et les modifications peuvent varier. La donnée de référence reste la puissance officielle de 280 PS, valeur conforme à la convention alors appliquée aux voitures japonaises les plus performantes.
Fiche technique de la Nissan Stagea 260rs
| Caractéristique | Nissan Stagea 260RS |
|---|---|
| Période | 1997 à 2001 |
| Carrosserie | Break 5 portes, 5 places |
| Type | E-WGNC34 puis GF-WGNC34 |
| Moteur | RB26DETT, 6 cylindres en ligne biturbo |
| Cylindrée | 2 568 cm3 |
| Distribution | DOHC, 24 soupapes |
| Alésage x course | 86,0 x 73,7 mm |
| Rapport volumétrique | 8,5:1 |
| Alimentation | Injection électronique, double turbocompresseur, intercooler |
| Puissance | 280 PS, 206 kW à 6 800 tr/min |
| Couple | 368 Nm à 4 400 tr/min |
| Implantation | Moteur longitudinal avant |
| Boîte de vitesses | Manuelle à 5 rapports |
| Transmission | Intégrale ATTESA E-TS |
| Direction arrière | SUPER HICAS |
| Suspension avant | Indépendante multibras |
| Suspension arrière | Indépendante multibras |
| Freins | Disques ventilés avant et arrière, système Brembo |
| Longueur | 4 885 mm à l’origine, 4 880 mm après restylage |
| Largeur | 1 755 mm |
| Hauteur | 1 510 mm |
| Empattement | 2 720 mm |
| Voie avant | 1 480 mm |
| Voie arrière | 1 510 mm |
| Poids | Environ 1 720 kg |
| Réservoir | 68 litres |
Deux phases entre 1997 et 2001
La première 260RS arrive à la fin de 1997 sous le type E-WGNC34. Elle reprend les traits de la première Stagea WC34 tout en recevant les éléments spécifiques développés par Autech. Le bouclier avant, les bas de caisse, les jantes de 17 pouces, les badges et le grand spoiler arrière contribuent à donner au break une apparence beaucoup plus agressive sans masquer ses proportions de familiale.
La gamme Stagea est restylée en 1998 et la 260RS évolue à son tour. Cette seconde mouture, référencée GF-WGNC34, adopte les modifications esthétiques du modèle remanié tout en conservant la recette essentielle: RB26DETT, boîte manuelle cinq rapports et transmission intégrale. La longueur passe légèrement de 4 885 à 4 880 mm. Les amateurs parlent couramment de Series 1.5 pour les premières voitures et de Series 2 pour les exemplaires restylés.
La carrière de la 260RS se poursuit jusqu’en 2001, alors que l’univers sportif de Nissan est déjà passé à la génération Nissan Skyline R34. La génération suivante de Stagea, M35, change profondément d’architecture et de motorisations. Aucune nouvelle 260RS n’est développée, ce qui laisse la WGNC34 sans véritable descendante directe.
Comment reconnaître une véritable 260RS
L’identification est devenue un sujet important car la Stagea constitue depuis longtemps une base appréciée pour les transformations. Certaines WC34 ont reçu un RB26DETT après leur sortie d’usine, tandis que d’autres ont été équipées d’éléments de carrosserie évoquant une Skyline. Une Stagea dotée d’une face avant de GT-R R34, par exemple, n’est pas pour autant une 260RS authentique.
Une vraie 260RS combine dès l’origine les spécificités Autech et le type WGNC34 correspondant. Le RB26DETT et la boîte manuelle sont des indices essentiels, mais ils ne suffisent pas seuls puisque ces éléments peuvent être transplantés. Le freinage Brembo, l’ATTESA E-TS, le SUPER HICAS, les éléments de carrosserie Autech, les équipements intérieurs et surtout les références du véhicule permettent d’établir une identification plus sérieuse.
Visuellement, la 260RS reste plus discrète que certaines Nissan sportives contemporaines comme la Nissan Nismo 400R. Son intérêt vient précisément de ce contraste: les proportions demeurent celles d’un grand break, mais les prises d’air, les appendices Autech, les roues spécifiques et le spoiler signalent une version conçue autour d’une mécanique de très haut niveau.
Une production limitée et recherchée
Le chiffre de 1 734 exemplaires est aujourd’hui le total le plus solidement reconstitué pour la Stagea 260RS. Il provient d’un recensement réalisé à partir des données Nissan FAST/EPC plutôt que d’un chiffre de production officiellement publié dans les archives historiques Nissan. Ce décompte répartit 986 voitures dans la première série dite Series 1.5 et 748 dans la Series 2, ce qui permet de mesurer la rareté réelle du modèle sans lui attribuer artificiellement le statut de série numérotée.
Au Japon, le tarif de lancement est documenté autour de 4,4 millions de yens en 1997. Le prix évolue ensuite avec le restylage et les configurations. La 260RS était donc positionnée très au-dessus d’une Stagea conventionnelle, ce qui correspondait à l’ampleur des transformations réalisées par Autech et à l’utilisation d’organes issus du sommet de la gamme sportive Nissan.
Sa rareté actuelle tient aussi à la nature même du modèle. Le RB26DETT bénéficie depuis des décennies d’un important marché de préparation, et nombre de 260RS ont reçu des modifications mécaniques, des changements de suspension ou des transformations esthétiques. Pour un exemplaire de collection, la conformité des composants Autech, l’identité du châssis et l’état de la mécanique comptent donc autant que le kilométrage affiché.
Pourquoi elle est surnommée la GT-R break
Le surnom résume efficacement la personnalité de la voiture mais peut créer une confusion. La 260RS n’est ni une Skyline transformée officiellement en break, ni une variante de carrosserie de la GT-R. Sa base reste celle de la Stagea WC34 et sa version porte l’identité Autech. En revanche, l’emploi du RB26DETT, de l’ATTESA E-TS et d’autres solutions techniques associées aux Nissan sportives de la période rend le rapprochement parfaitement compréhensible.
Cette filiation distingue également la 260RS des Stagea 25t RS Four équipées d’un RB25DET. Ces dernières peuvent déjà offrir une puissance élevée et quatre roues motrices, mais elles ne disposent pas de la même combinaison mécanique et des transformations Autech propres à la 260RS. La distinction est essentielle lorsque l’on examine une voiture importée ou modifiée, car l’apparence extérieure seule ne permet pas toujours de déterminer sa version d’origine.
Autech avait ainsi créé un modèle dont la singularité ne reposait pas sur un simple exercice de style. La 260RS conservait les cinq places, les cinq portes et la capacité de chargement d’une Stagea tout en recevant un groupe motopropulseur et un châssis conçus pour exploiter les 280 PS du RB26DETT. Cette formule disparaît avec la fin de la WC34 en 2001 et ne sera pas reconduite sur la génération suivante.




