>>
Lancée en 1972, l’Opel Commodore B est une grande routière allemande qui associe une carrosserie classique à trois volumes à des moteurs six-cylindres en ligne. Produite jusqu’en 1977, elle occupe une place intermédiaire dans la gamme Opel, entre la Rekord et les modèles haut de gamme Admiral et Diplomat. Elle se décline principalement en berline quatre portes et en coupé deux portes, avec plusieurs motorisations essence, dont la sportive GS/E à injection électronique.
Deuxième génération de la famille Opel Commodore, elle succède à la Commodore A et précède la Commodore C. Son intérêt réside notamment dans l’association d’une base technique éprouvée, d’un six-cylindres confortable et d’une version GS/E qui a également marqué l’histoire sportive de la marque.
Histoire et développement de l’Opel Commodore B
La Commodore B est développée à partir de l’Opel Rekord D, présentée au début des années 1970. Opel reprend la structure générale et la carrosserie de cette grande berline, mais réserve la Commodore aux motorisations six-cylindres et à une présentation plus valorisante. Cette stratégie permet de proposer une voiture plus puissante et plus raffinée sans développer une architecture entièrement distincte.
La Commodore B prend ainsi la relève de l’Opel Commodore A en 1972. La nouvelle génération adopte une silhouette plus anguleuse et conventionnelle, en accord avec le style automobile du début de la décennie. Elle est proposée en berline quatre portes et en coupé deux portes, tandis que la berline deux portes de la génération précédente disparaît.
La commercialisation débute en mars 1972. La gamme initiale comprend notamment la 2.5 S de 115 ch et la 2.5 GS de 130 ch. En septembre de la même année, Opel introduit la GS/E, équipée d’un six-cylindres de 2,8 litres à injection électronique. Avec ses 160 ch, cette version devient le sommet sportif de la famille.
En 1973, la gamme évolue avec l’arrivée des moteurs de 2,8 litres. Le 2.5 GS cède sa place au 2.8 GS, tandis que le 2.8 S complète l’offre. Les évolutions de 1974 et 1975 modifient ensuite les puissances et certains équipements, notamment dans le contexte des nouvelles exigences antipollution et des changements de carburant.
La finition Berlina enrichit la gamme en 1974. En mars 1976, la Commodore B bénéficie d’évolutions de présentation et d’équipement. Sa carrière s’achève en 1977, lorsque la Commodore C prend le relais.
Une grande routière dérivée de la Rekord D
La parenté avec l’Opel Rekord D est fondamentale pour comprendre la Commodore B. Les deux modèles partagent leur base de carrosserie et une architecture mécanique similaire, mais la Commodore se distingue par ses six-cylindres, son positionnement plus haut de gamme et des détails de finition spécifiques.
Dans la gamme Opel, elle se situe au-dessus de la Rekord, tout en restant en dessous des grandes berlines de prestige comme l’Opel Diplomat. Elle répond aux besoins des automobilistes recherchant une voiture spacieuse et confortable, dotée de meilleures performances que les versions quatre-cylindres de la Rekord.
La Commodore B s’inscrit dans une période où Opel propose plusieurs catégories de voitures familiales et routières. Elle ne doit pas être confondue avec l’Ascona B, plus compacte, ni avec la Manta B, un coupé de catégorie inférieure. Malgré certaines similitudes stylistiques entre les modèles Opel de cette époque, leurs dimensions, leurs plateformes et leurs motorisations les différencient nettement.
Fiche technique de l’Opel Commodore B
| Caractéristique | Données |
|---|---|
| Années de production | 1972-1977 pour la carrière commerciale ; certaines productions sont recensées dès la fin de 1971 |
| Carrosseries | Berline 4 portes, coupé 2 portes |
| Architecture | Carrosserie autoporteuse en acier |
| Moteurs | Six-cylindres en ligne, essence, atmosphériques |
| Cylindrées | 2 490 cm³ et 2 784 cm³ |
| Alimentation | Carburateur simple ou double selon version ; injection électronique Bosch D-Jetronic sur GS/E |
| Puissance | 115 à 160 ch selon version et millésime ; puissances réduites sur certaines versions à partir de 1975 |
| Couple | Environ 177 Nm pour la 2.5 S ; jusqu’à environ 228 Nm pour la première GS/E 2.8 |
| Implantation | Moteur longitudinal avant |
| Transmission | Propulsion arrière |
| Boîte de vitesses | Manuelle à 4 rapports ; boîte automatique à 3 rapports disponible selon version et marché |
| Suspension avant | Indépendante, à doubles triangles, ressorts hélicoïdaux et barre stabilisatrice |
| Suspension arrière | Essieu rigide, bras longitudinaux, barre Panhard et ressorts hélicoïdaux |
| Direction | À recirculation de billes ; assistance hydraulique disponible puis généralisée au cours de la carrière |
| Freins | Disques avant et tambours arrière sur les versions courantes ; disques arrière sur certaines GS/GS-E 2.8 à partir de 1974 |
| Roues et pneus | 175 HR14 sur certaines versions ; dimensions sportives différentes selon équipement, notamment 195/70 HR14 |
| Empattement | 2 668 mm |
| Longueur | Environ 4 567 à 4 607 mm selon la fiche et la carrosserie |
| Largeur | Environ 1 728 mm |
| Hauteur | Environ 1 415 mm pour la berline ; environ 1 380 mm pour le coupé selon la documentation spécialisée |
| Poids | Environ 1 065 à 1 285 kg selon version et méthode de mesure |
| Vitesse maximale | Environ 175 km/h pour la 2.5 S ; jusqu’à 200 km/h annoncés pour le coupé GS/E initial |
| Consommation | Pas de valeur moyenne homogène suffisamment établie pour l’ensemble de la gamme |
| Réservoir | Environ 70 litres |
Les motorisations et les versions de la Commodore B
La gamme repose sur deux six-cylindres en ligne de la famille Opel CIH, de 2,5 et 2,8 litres. Tous sont montés longitudinalement à l’avant et entraînent les roues arrière. Cette configuration privilégie le confort de roulage et les qualités routières, tout en permettant de proposer plusieurs niveaux de performances.
La 2.5 S constitue la version d’accès. Son moteur de 2 490 cm³ développe 115 ch et reçoit une alimentation par carburateur. Elle offre des performances adaptées à une grande routière de l’époque, avec une vitesse maximale d’environ 175 km/h selon les données disponibles.
La 2.5 GS adopte une alimentation par deux carburateurs et développe 130 ch. Elle se distingue par un caractère plus sportif, mais sa carrière est relativement courte : elle est remplacée en 1973 par la 2.8 GS, dont le moteur de 2 784 cm³ développe initialement environ 142 ch selon les fiches techniques consultées.
La 2.8 S propose une autre configuration du six-cylindres de 2,8 litres, avec carburateur et une puissance annoncée autour de 130 ch, puis réduite à environ 129 ch à partir de 1975. La 2.8 GS, plus puissante, reçoit deux carburateurs et développe ensuite 140 ch dans sa configuration révisée.
La GS/E représente la version la plus performante de la Commodore B. Son moteur de 2 784 cm³ utilise l’injection électronique Bosch D-Jetronic et développe initialement 160 ch à 5 400 tr/min, avec un couple d’environ 228 Nm. À partir de 1975, sa puissance est ramenée à 155 ch. Les chiffres de performances doivent donc être rattachés au millésime et à la carrosserie : Opel annonce jusqu’à 200 km/h pour le coupé GS/E initial, contre environ 195 km/h pour la berline.
Châssis, confort et comportement routier
La Commodore B utilise une structure autoporteuse en acier et une suspension avant indépendante à doubles triangles. À l’arrière, elle conserve un essieu rigide guidé par des bras longitudinaux et une barre Panhard. Les ressorts hélicoïdaux aux deux essieux contribuent au confort, tandis que la configuration mécanique reste relativement classique pour une grande routière de cette période.
Le freinage repose généralement sur des disques à l’avant et des tambours à l’arrière. À partir d’août 1974, certaines versions GS et GS/E équipées du moteur 2,8 litres reçoivent des freins arrière à disque. La direction assistée, d’abord proposée selon les versions, se généralise ensuite au cours de la carrière, avec une diffusion étendue à partir de 1975 selon les sources spécialisées.
Les dimensions et les masses varient selon la carrosserie, la motorisation et l’équipement. Il est donc préférable de ne pas attribuer un poids unique à toute la gamme. De même, les valeurs de consommation disponibles ne permettent pas d’établir une moyenne fiable commune à toutes les versions.
Production, prix et rareté
Opel a produit environ 140 827 exemplaires de la Commodore B. Une répartition spécialisée distingue 98 548 berlines et 42 279 coupés. Ces volumes concernent la Commodore B et ne doivent pas être additionnés sans distinction à ceux des modèles apparentés assemblés localement sous d’autres appellations.
La production principale est réalisée à Rüsselsheim, en Allemagne. Des véhicules apparentés ont également été assemblés sous forme de kits dans d’autres pays, notamment en Belgique et en Suisse, où ils sont associés à la famille Ranger. Ces variantes ne sont pas strictement identiques à toutes les Opel Commodore B européennes et doivent être distinguées dans les statistiques.
Les prix neufs d’époque dépendent de la version, de la carrosserie, du marché et des équipements. Les données spécialisées disponibles situent certaines versions dans une fourchette d’environ 12 890 à 22 950 marks allemands, sans qu’un tarif unique puisse représenter toute la gamme. Aujourd’hui, l’état, l’authenticité, la motorisation et la carrosserie influencent fortement la valeur de collection. Une cote moyenne fiable applicable à toutes les Commodore B n’est pas établie ici.
La Commodore B en compétition et ses particularités
La Commodore B GS/E a également été utilisée en rallye. En 1973, Walter Röhrl et son copilote Jochen Berger prennent le départ du Rallye Monte-Carlo avec une GS/E préparée par Irmscher. La voiture n’étant pas encore homologuée comme modèle de série dans la catégorie visée, l’équipage est engagé dans une catégorie de voitures de tourisme spéciales.
Les récits de cet engagement ne décrivent pas tous le résultat de la même manière. Certaines sources évoquent un succès de classe, tandis que la communication Opel met surtout l’accent sur la participation et la situation d’homologation. Il convient donc de préciser la catégorie avant de qualifier ce résultat de victoire.
Il faut également distinguer les voitures de compétition fortement modifiées des modèles de série. Certaines préparations, comme la Commodore surnommée « Jumbo », ont reçu des transformations importantes, notamment un moteur Chevrolet V8. Leurs caractéristiques ne peuvent pas être attribuées à la Commodore B de production.
Design et éléments d’identification
La Commodore B reprend la silhouette de la Rekord D, avec une carrosserie à trois volumes, des lignes relativement tendues et une surface vitrée importante. Le style de la base Rekord D est associé à Charles « Chuck » Jordan, au sein du département de design Opel, sous la direction de Herbert Killmer. Cette attribution concerne le projet de carrosserie de base et ne signifie pas que chaque détail propre à la Commodore a été dessiné individuellement par Jordan.
Les différences avec la Rekord D se remarquent notamment dans la présentation extérieure, les éléments de finition et les motorisations. La Commodore est exclusivement équipée de six-cylindres, tandis que la Rekord propose une gamme plus large. Les versions GS et GS/E se distinguent par des éléments de présentation sportive et leurs badges spécifiques.
La GS/E se reconnaît surtout à son appellation, à son équipement et à son moteur à injection électronique. Pour identifier précisément un exemplaire, il faut toutefois tenir compte de l’année de fabrication et des évolutions de gamme : les puissances, certains équipements de freinage et la direction assistée ont changé au cours de la carrière de la Commodore B.




