Lancée en 1967, l’Opel Commodore est une grande routière allemande conçue pour combler l’écart entre la populaire Rekord et les modèles les plus luxueux de la marque comme les Kapitän, Admiral et Diplomat. Elle reprend une base technique éprouvée tout en adoptant des moteurs six cylindres en ligne et un positionnement plus sportif, faisant d’elle l’une des Opel les plus prestigieuses des années 1960 à 1980.
Produite pendant trois générations jusqu’en 1982, la Commodore a conservé une architecture classique avec moteur avant longitudinal et propulsion arrière. Elle a surtout marqué son époque grâce à ses versions sportives GS et GS/E, devenues aujourd’hui les variantes les plus recherchées par les amateurs d’Opel anciennes.
Les origines de l’Opel Commodore et son développement
À la fin des années 1960, Opel cherche à renforcer son offre dans le segment des berlines supérieures. La marque dispose déjà de la Rekord, mais celle-ci reste positionnée comme une familiale généraliste. La solution consiste à développer une version plus raffinée, équipée uniquement de moteurs six cylindres et bénéficiant d’une présentation plus luxueuse.
La première génération apparaît en 1967 sous le nom de Opel Commodore A. Elle dérive directement de l’Opel Rekord C, dont elle reprend la plateforme et une grande partie de la structure. La différence principale repose sur ses motorisations six cylindres en ligne, son équipement enrichi et son positionnement supérieur dans la gamme.
La Commodore A est proposée en berline deux ou quatre portes ainsi qu’en coupé fastback. Son style reprend les lignes tendues caractéristiques des Opel de la fin des années 1960, avec une carrosserie sobre mais plus élégante que celle de la Rekord. La version coupé contribue rapidement à donner au modèle une image plus dynamique.
En 1972, Opel renouvelle son modèle avec la Commodore B, développée sur la base de la nouvelle génération de Rekord. Cette évolution accompagne le changement de gamme initié par l’Opel Rekord D, tout en conservant le principe d’une grande berline à six cylindres destinée aux conducteurs recherchant davantage de performances et de confort.
La dernière génération, la Opel Commodore C, apparaît en 1978. Elle reprend la plateforme de la Rekord E mais adopte une orientation plus confortable que sportive. Sa carrière s’achève en 1982, alors qu’Opel réorganise son haut de gamme autour de modèles comme la Senator.
Une gamme de moteurs six cylindres et des versions sportives GS/E
L’une des particularités majeures de la Commodore est d’avoir été exclusivement proposée avec des moteurs six cylindres en ligne essence. Ces mécaniques appartiennent à la famille Opel CIH, dont l’arbre à cames est placé dans la culasse et qui équipe de nombreux modèles de la marque pendant plusieurs décennies.
Les premières versions reçoivent un moteur de 2,2 litres, rapidement complété par des six cylindres de 2,5 litres. La Commodore gagne ensuite en puissance avec l’arrivée de moteurs de 2,8 litres sur certaines générations. Les versions GS/E constituent le sommet de la gamme sportive grâce à l’adoption d’une injection électronique Bosch D-Jetronic sur certaines motorisations.
La Commodore GS/E devient l’une des Opel les plus performantes de son époque. Avec son moteur six cylindres injection, elle offre des performances proches de certaines sportives européennes tout en conservant une carrosserie de grande routière. Elle est également proposée avec une présentation spécifique comprenant des éléments sportifs et des équipements distinctifs.
Au début des années 1970, la Commodore participe également à l’image sportive d’Opel grâce aux préparations du spécialiste allemand Steinmetz. Ces versions renforcées contribuent à la réputation du modèle dans les compétitions de tourisme, même si la majorité des Commodore restent des voitures de route.
Fiche technique de l’Opel Commodore
| Caractéristique | Données |
|---|---|
| Période de production | 1967 – 1982 |
| Première génération | Opel Commodore A (1967) |
| Segment | Grande routière familiale supérieure |
| Carrosseries | Berline deux portes, berline quatre portes, coupé, break selon générations et marchés |
| Architecture moteur | Six cylindres en ligne essence CIH |
| Cylindrées principales | 2,2 litres, 2,5 litres et 2,8 litres selon versions |
| Alimentation | Carburateurs ou injection électronique Bosch D-Jetronic selon versions |
| Puissance | Environ 95 à 160 ch DIN selon génération et motorisation |
| Implantation | Moteur avant longitudinal |
| Transmission | Propulsion arrière |
| Boîtes de vitesses | Manuelle quatre rapports ou automatique trois rapports selon versions |
| Structure | Carrosserie autoporteuse dérivée des Opel Rekord |
| Suspension avant | Roues indépendantes avec ressorts hélicoïdaux |
| Suspension arrière | Essieu arrière rigide selon générations |
| Longueur | Environ 4,55 m à 4,70 m selon génération |
| Empattement | Environ 2,67 m |
| Poids | Environ 1 025 à 1 305 kg selon version |
| Vitesse maximale | Jusqu’à environ 200 km/h pour les versions les plus puissantes |
Production, évolutions et place dans la gamme Opel
La Commodore connaît une carrière relativement longue pour une grande routière Opel. La première génération atteint environ 156 000 exemplaires produits, tandis que les générations suivantes rencontrent également un certain succès malgré la concurrence croissante des berlines premium européennes.
Chaque génération conserve la même philosophie : proposer une Opel plus prestigieuse qu’une Rekord sans atteindre le positionnement des modèles les plus luxueux de la marque. Cette stratégie permet à Opel de proposer une alternative aux berlines six cylindres concurrentes tout en utilisant des éléments techniques déjà développés.
La Commodore B apporte une carrosserie modernisée et des motorisations plus puissantes. Elle reste disponible en versions sportives GS et GS/E, notamment avec le moteur six cylindres 2,8 litres. Son style plus anguleux correspond aux tendances automobiles des années 1970.
Avec la Commodore C, Opel modifie progressivement l’orientation du modèle. La voiture devient davantage une grande berline confortable qu’un coupé sportif. Cette génération partage son environnement technique avec la Rekord E et se rapproche davantage du nouveau haut de gamme Opel incarné par la Senator.
Design, identification et modèles proches
L’Opel Commodore se reconnaît principalement à ses proportions de grande berline classique, son capot long destiné aux moteurs six cylindres et sa silhouette proche des Opel Rekord contemporaines. Les versions sportives GS/E ajoutent des détails spécifiques comme des jantes particulières, une présentation plus agressive et des équipements orientés performance.
La distinction avec la Rekord est essentielle : même si les deux modèles partagent une base commune, la Commodore bénéficie d’un positionnement supérieur grâce à ses moteurs six cylindres, son niveau d’équipement et son caractère plus sportif.
Elle se rapproche également d’autres modèles Opel sportifs de la période. Le coupé Opel Monza, lancé au milieu des années 1970, reprend cette idée d’une automobile Opel à six cylindres orientée vers les performances, mais avec une carrosserie de coupé plus affirmée.
La fin de carrière de la Commodore intervient dans une période de transformation du haut de gamme Opel. La Opel Senator prend progressivement le rôle de grande berline technologique de la marque, tandis que la Commodore disparaît du catalogue européen en 1982.
La Commodore dans l’histoire automobile
L’Opel Commodore occupe une place particulière dans l’histoire de la marque allemande. Elle représente la période où Opel proposait encore des berlines classiques à propulsion avec moteurs six cylindres, avant l’évolution générale du marché vers des architectures plus modernes.
Ses versions GS/E restent les plus emblématiques grâce à leur association entre confort de grande routière et performances élevées. Aujourd’hui, les exemplaires bien conservés sont particulièrement appréciés des collectionneurs Opel, notamment les coupés et les modèles sportifs des premières générations.




