Lancée en 1986, la Renault 21 est la familiale avec laquelle Renault renouvelle son offre de milieu de gamme. Connue en interne sous le code X48, elle succède à la Renault 18 et prend place sous la Renault 25. Sa carrière couvre plusieurs carrosseries, de nombreuses motorisations essence et diesel, ainsi que des versions sportives et à transmission intégrale.
Sa particularité technique la plus remarquable tient à la coexistence de deux implantations moteur. Pour réutiliser plusieurs familles mécaniques existantes, Renault conçoit une même voiture capable de recevoir certains moteurs transversalement et d’autres longitudinalement. Cette contrainte entraîne des différences de trains roulants et même d’empattement entre des versions pourtant très proches visuellement.
Conception et lancement de la Renault 21
Le programme est développé au début des années 1980 alors que Renault cherche à moderniser sa gamme sans multiplier les investissements. La future 21 doit remplacer la Renault 18 avec une carrosserie plus aérodynamique, davantage d’espace et un comportement routier plus moderne, tout en conservant plusieurs moteurs déjà disponibles.
Le dessin extérieur est associé à Giorgetto Giugiaro et Italdesign. Renault adapte ensuite la proposition aux contraintes techniques et industrielles du projet sous la supervision de son département de style dirigé par Robert Opron. La voiture adopte une silhouette tricorps très rectiligne, de grandes surfaces vitrées et des portes enveloppantes qui participent à son aspect particulièrement lisse pour l’époque.
La Renault 21 est présentée au public au Salon de Genève en mars 1986. La berline quatre portes arrive d’abord, suivie rapidement par les versions diesel et par le break Renault 21 Nevada. Dans la gamme française, elle se situe sous la Renault 25, plus grande et plus prestigieuse.
Le Nevada se distingue davantage qu’un simple dérivé break. Son empattement est allongé à environ 2,75 m et certaines versions peuvent accueillir sept personnes. Cette déclinaison poursuivra sa carrière après le retrait de la berline et sera finalement commercialisée sous le seul nom Nevada.
Une architecture mécanique inhabituelle
Renault utilise sur la 21 plusieurs familles de moteurs. Le 1,7 litre essence de famille F est monté transversalement, tandis que plusieurs blocs J, dont le 2,0 litres essence J7R et le diesel J8S, sont installés longitudinalement. La caisse et le train avant sont donc adaptés à ces deux configurations.
Cette solution explique l’existence de deux empattements sur la berline. Plusieurs versions à moteur longitudinal disposent d’environ 2 600 mm entre les essieux, contre environ 2 659 mm pour certaines versions à moteur transversal. La différence est difficilement perceptible extérieurement, mais elle montre à quel point Renault a dû adapter la plateforme à des groupes motopropulseurs différents.
La Renault 21 repose sur une structure monocoque en acier. Le train avant utilise des jambes de force de type MacPherson, tandis que l’arrière associe des bras tirés à des barres de torsion. La majorité de la gamme est à traction avant, mais des déclinaisons à quatre roues motrices apparaissent ensuite.
L’aérodynamique fait également partie des axes de développement. Italdesign annonce un coefficient de traînée de 0,29 pour le projet, tandis que les valeurs généralement attribuées aux versions de série se situent plutôt autour de 0,31 à 0,32 selon la carrosserie et l’équipement.
Fiche technique de la Renault 21
| Caractéristique | Données |
|---|---|
| Période de production | 1986 à 1994 environ pour les berlines européennes, Nevada jusqu’en 1995 ou 1996 selon marché |
| Carrosseries | Berline tricorps 4 portes, berline 5 portes à partir de 1989, break Nevada 5 portes |
| Places | 5, jusqu’à 7 sur certaines Nevada |
| Structure | Monocoque en acier |
| Moteurs essence principaux | 4 cylindres, notamment 1 721 cm3, 1 995 cm3 et 2 165 cm3 selon version |
| Moteurs diesel principaux | 4 cylindres, notamment 2 068 cm3 J8S atmosphérique ou turbocompressé, puis 1 870 cm3 sur certaines versions |
| Puissance | Environ 67 ch sur certaines diesel atmosphériques jusqu’à 175 ch sur la 2L Turbo non catalysée |
| Couple | Jusqu’à 270 Nm à 3 000 tr/min sur la 2L Turbo |
| Alimentation | Carburateur ou injection selon moteur, injection électronique multipoint sur plusieurs 2,0 litres |
| Implantation | Moteur avant transversal ou longitudinal selon motorisation |
| Transmission | Traction avant, transmission intégrale sur certaines Nevada, TXI Quadra et 2L Turbo Quadra |
| Boîtes | Manuelles 4 ou surtout 5 rapports, automatiques 3 puis 4 rapports selon version |
| Suspension avant | Type MacPherson avec ressorts hélicoïdaux |
| Suspension arrière | Bras tirés et barres de torsion |
| Direction | À crémaillère, assistance hydraulique selon version |
| Freins | Disques avant et tambours arrière sur de nombreuses versions, quatre disques sur certaines variantes puissantes, ABS selon version |
| Pneus | 13 ou 14 pouces sur de nombreuses versions, 195/55 ZR15 sur la 2L Turbo |
| Longueur berline | Environ 4,46 m en Phase 1, autour de 4,49 m pour la 2L Turbo |
| Largeur | Environ 1,71 m |
| Hauteur | Environ 1,39 à 1,42 m selon version |
| Empattement berline | Environ 2 600 à 2 659 mm selon implantation moteur |
| Dimensions Nevada | Environ 4,64 m de long, empattement proche de 2,75 m |
| Poids | Environ 1 085 kg sur certaines versions courantes, 1 215 kg pour la 2L Turbo, environ 1 345 kg pour la Turbo Quadra |
| Vitesse maximale | Environ 164 km/h sur certaines diesel, près de 198 km/h sur une 2,0 litres 120 ch, 227 à 228 km/h sur la 2L Turbo |
| 0 à 100 km/h | Environ 15,6 s sur certaines diesel atmosphériques, environ 7,4 à 7,5 s sur la 2L Turbo |
| Réservoir | Environ 66 litres sur de nombreuses versions |
| Coefficient aérodynamique | Projet annoncé à 0,29, versions de série généralement autour de 0,31 à 0,32 |
Phase 2, nouvelles carrosseries et montée en gamme
La première Renault 21 est principalement proposée en berline tricorps et en break Nevada. Sa gamme mécanique comprend des moteurs essence à carburateur ou injection, ainsi que des diesels atmosphériques et turbocompressés. Les finitions s’étendent de versions simples à des modèles plus richement équipés comme les TSE et TXE.
Le restylage de 1989 marque une évolution importante. Renault modifie la face avant, les feux, les boucliers et l’habitacle, tout en introduisant une carrosserie cinq portes à hayon. Celle-ci donne à la 21 une modularité plus adaptée aux habitudes du marché français et élargit nettement son offre.
La Phase 2 accueille également la TXI équipée d’un 2,0 litres à douze soupapes développant environ 140 ch dans sa configuration non catalysée. Les versions catalysées affichent une puissance inférieure selon les marchés. La finition Baccara renforce de son côté l’offre haut de gamme, tandis que plusieurs séries spéciales accompagnent la fin de carrière.
À la fin des années 1980, la Renault 21 forme une gamme complémentaire avec la Renault 19, plus compacte. La 21 conserve un positionnement plus routier, avec davantage d’espace et des motorisations plus puissantes.
Renault 21 2L Turbo et transmission Quadra
Apparue en 1987, la Renault 21 2L Turbo devient la version la plus sportive de la famille. Son quatre cylindres J7R de 1 995 cm3 reçoit un turbocompresseur et développe 175 ch dans sa configuration non catalysée. Les versions catalysées ultérieures sont moins puissantes.
La 2L Turbo se distingue par ses boucliers spécifiques, ses bas de caisse, ses jantes de 15 pouces et son aileron arrière. Contrairement aux berlines ordinaires, elle reste associée à la carrosserie tricorps. Renault en produit environ 14 000 exemplaires entre 1987 et 1992.
Des versions à transmission intégrale complètent ensuite la gamme. Le Nevada reçoit dès 1988 une solution à quatre roues motrices, puis Renault commercialise des TXI Quadra et 2L Turbo Quadra dotées d’une transmission intégrale permanente. La Turbo Quadra gagne en motricité mais son poids supérieur réduit légèrement ses performances par rapport à la traction.
La Renault 21 connaît aussi une carrière en compétition. En Championnat de France de Superproduction 1988, Renault engage des 21 Turbo 4×4 préparées à environ 430 ch. Jean Ragnotti remporte le titre et Renault gagne six des dix courses de la saison avec ses deux voitures. La même année, Jean-Pierre Malcher établit sur le lac gelé d’Hornavan, en Suède, des records de vitesse sur glace à 246,926 km/h avec des pneus hiver et 250,610 km/h avec des pneus cloutés.
La 2L Turbo est également utilisée par les brigades rapides d’intervention de la Gendarmerie française, renforçant l’image sportive de cette version au sein d’une gamme avant tout conçue comme familiale.
Production et fin de carrière
La Renault 21 est principalement assemblée à Sandouville en France et à Palencia en Espagne. Elle est aussi produite localement sur plusieurs marchés, notamment en Argentine, en Turquie et en Colombie. Sa production totale est généralement estimée à environ 2,096 millions d’exemplaires, dont près de 1,684 million de berlines et 412 000 Nevada.
La carrière internationale donne naissance à plusieurs adaptations. En Amérique du Nord, une dérivée est commercialisée sous les noms Renault Medallion puis Eagle Medallion. Elle reçoit notamment un moteur 2,2 litres et des modifications spécifiques aux normes locales, ce qui la distingue techniquement des Renault 21 européennes.
En France, la gamme est progressivement retirée à partir de 1994 avec l’arrivée de la Renault Laguna 1. Les versions essence disparaissent d’abord, puis les dernières berlines diesel. Le Nevada poursuit sa carrière jusqu’en 1995 ou 1996 selon les marchés avant d’être remplacé à son tour par le break Laguna.
