Rosengart LR2

Rosengart LR2

La Rosengart LR2 est la première automobile commercialisée par le constructeur français fondé par Lucien Rosengart. Apparue en 1928, cette petite voiture économique repose sur une base technique d’Austin Seven, produite en France sous licence. Avec son moteur quatre cylindres de 747 cm³, sa carrosserie compacte et sa mécanique simple, elle s’adresse à une clientèle recherchant une automobile accessible, peu coûteuse à entretenir et adaptée aux déplacements quotidiens.

La LR2 marque le début de l’aventure automobile de Rosengart, qui cherche alors à occuper une place sur le marché des petites voitures populaires. Disponible sous plusieurs carrosseries, de la conduite intérieure au torpédo, elle conserve l’architecture traditionnelle des automobiles de la fin des années 1920 : moteur avant, propulsion, châssis séparé et roues à rayons. Sa conception éprouvée et sa faible consommation constituent ses principaux arguments commerciaux.

Fiche technique de la Rosengart LR2

CaractéristiqueRosengart LR2
MarqueRosengart
ModèleLR2
Année de lancement1928
Période de production généralement retenue1928 à 1931
Pays de fabricationFrance
Site de production principalNeuilly-sur-Seine
SegmentPetite automobile économique
CarrosseriesLimousine, conduite intérieure, torpédo, cabriolet, faux cabriolet et variantes commerciales
Architecture moteur4 cylindres en ligne
Cylindrée747 cm³
Alésage x course55,9 x 76,2 mm
DistributionSoupapes latérales, 2 par cylindre
AlimentationCarburateur
CarburantEssence
RefroidissementLiquide
Puissance de la version standardEnviron 12 ch à 2 500 tr/min
Puissance de certaines variantes sportives15 ch annoncés
Taux de compression5,5:1 selon les fiches techniques historiques
Implantation moteurLongitudinale avant
TransmissionPropulsion
Boîte de vitessesManuelle à 3 rapports non synchronisés
ChâssisChâssis séparé avec carrosserie rapportée
Suspension avantEssieu rigide, ressort à lames transversal
Suspension arrièreEssieu rigide, ressorts à lames longitudinaux
DirectionMécanique
FreinsTambours à commande mécanique sur les quatre roues
RouesÀ rayons métalliques
LongueurEnviron 2 800 mm selon les carrosseries référencées
LargeurEnviron 1 170 mm
HauteurEnviron 1 500 mm
Empattement1 900 mm
Voies avant et arrièreEnviron 1 015 mm
Poids à videEnviron 550 kg pour certains exemplaires fermés
Vitesse maximale standardEnviron 70 km/h
Vitesse annoncée pour la Torpédo Sport LuxeJusqu’à 90 km/h
Consommation indicative d’époqueEnviron 5 à 6 l/100 km

Les origines de la Rosengart LR2 : une Austin Seven française

L’histoire de la Rosengart LR2 commence avec Lucien Rosengart, industriel français déjà actif dans différents secteurs mécaniques avant de se lancer dans la construction automobile. À la fin des années 1920, il souhaite proposer une petite voiture susceptible de séduire les automobilistes disposant d’un budget limité. Le marché français présente alors une opportunité, notamment depuis l’arrêt de la Citroën Type C, dont la production avait pris fin en 1926.

Plutôt que de développer une automobile entièrement nouvelle, Lucien Rosengart choisit de s’appuyer sur une mécanique existante. Son attention se porte sur l’Austin Seven, une petite voiture britannique lancée en 1922 et conçue pour rendre l’automobile plus accessible. Sa légèreté, sa simplicité mécanique et son encombrement réduit correspondent aux ambitions du futur constructeur français.

En 1927, Rosengart obtient une licence permettant de fabriquer une version française de l’Austin Seven. Il prépare son implantation industrielle dans l’ancienne usine Bellanger de Neuilly-sur-Seine, en région parisienne. L’ingénieur Jules Salomon, précédemment associé aux automobiles Le Zèbre et à la Citroën Type C, participe à cette nouvelle aventure industrielle. Son expérience des petites voitures économiques représente un atout pour la jeune marque.

La Rosengart LR2 apparaît en 1928. Des catalogues commerciaux datés de cette année, notamment de septembre 1928, témoignent de la préparation de sa commercialisation. La voiture est présentée comme une petite automobile française de conception éprouvée, destinée à offrir une solution de transport pratique sans les dépenses associées aux véhicules de cylindrée supérieure.

La filiation avec l’Austin Seven reste évidente. Rosengart ne cherche pas à masquer l’origine britannique de l’architecture mécanique, mais à proposer un produit fabriqué et commercialisé en France. Cette stratégie permet de limiter les coûts de développement tout en bénéficiant d’une base déjà utilisée sur les routes européennes.

Un design compact et plusieurs carrosseries

La Rosengart LR2 possède les proportions caractéristiques des petites automobiles de la fin des années 1920. Son capot court et étroit précède un habitacle relativement haut, tandis que ses ailes indépendantes soulignent la position des roues. Le radiateur vertical, les deux phares circulaires séparés et les marchepieds latéraux composent une silhouette immédiatement reconnaissable.

La voiture se distingue surtout par ses dimensions réduites. Son empattement de 1,90 m, relevé dans les fiches consacrées à certaines carrosseries, favorise la maniabilité et facilite le stationnement dans les rues étroites. Sa largeur limitée impose toutefois un habitacle modeste, avec un espace intérieur bien inférieur à celui des berlines familiales de l’époque.

La LR2 n’existe pas sous une carrosserie unique. Rosengart propose plusieurs configurations destinées à différents usages. La limousine, ou conduite intérieure, possède un habitacle fermé qui protège ses occupants des intempéries. Généralement équipée de deux portes, elle privilégie une utilisation quotidienne et convient aux automobilistes souhaitant davantage de confort qu’avec une voiture ouverte.

Les versions torpédo adoptent une carrosserie découverte, avec une capote permettant de protéger les occupants lorsque les conditions météorologiques l’exigent. Le torpédo commercial répond à des besoins plus utilitaires, tandis que certaines déclinaisons Sport Luxe cherchent à donner à la petite Rosengart une présentation plus dynamique. Des cabriolets et faux cabriolets figurent également parmi les carrosseries répertoriées.

Les roues à rayons métalliques participent à l’apparence légère de la voiture. Sur les premiers exemplaires, la position de conduite à droite rappelle directement l’origine britannique de la conception. La disposition exacte des commandes et certains détails de carrosserie peuvent varier suivant le millésime et la configuration.

La LR2 doit être distinguée des Rosengart plus récentes, notamment de la LR4 et des Supercinq. Ces dernières bénéficient progressivement de modifications mécaniques et stylistiques. Une Rosengart à carrosserie plus longue, aux ailes davantage enveloppantes ou à la calandre modernisée ne correspond donc pas nécessairement à la LR2 originale de 1928.

Une mécanique simple conçue pour l’économie

Le moteur de la Rosengart LR2 reprend les principes techniques de l’Austin Seven. Son quatre cylindres à soupapes latérales ne recherche pas des performances élevées, mais une fabrication relativement économique et un entretien accessible. Cette conception, courante sur les petites automobiles de l’époque, limite la complexité de la distribution et facilite les interventions mécaniques.

La puissance disponible suffit à déplacer une voiture particulièrement légère. Sur route, les performances restent naturellement modestes, surtout dans les côtes ou lorsque plusieurs passagers prennent place à bord. La LR2 appartient à une génération d’automobiles dont la conduite privilégie l’anticipation, la régularité et la préservation de la mécanique plutôt que les accélérations rapides.

La boîte manuelle à trois rapports impose une technique de conduite aujourd’hui inhabituelle. L’absence de synchroniseurs nécessite de bien adapter le régime moteur à la vitesse du véhicule lors des changements de rapport. Le double débrayage peut notamment faciliter les rétrogradages et limiter les contraintes sur les engrenages.

Les suspensions reposent sur des essieux rigides et des ressorts à lames. Cette solution robuste convient aux vitesses et aux conditions routières de l’entre-deux-guerres, mais n’offre ni la précision ni le confort d’une suspension indépendante moderne. Le faible empattement accentue également les mouvements de caisse sur les chaussées dégradées.

Le freinage mécanique à tambours demande une attention particulière. Contrairement à un circuit hydraulique moderne, son efficacité dépend directement du bon état des commandes, de l’équilibrage des mécanismes et du réglage des garnitures. Les distances d’arrêt doivent être anticipées, particulièrement dans la circulation actuelle.

La simplicité générale constitue néanmoins l’un des grands avantages de la LR2. Les organes mécaniques restent relativement accessibles, et la parenté avec l’Austin Seven offre des pistes pour la recherche de documentation ou de certaines pièces. Cette proximité ne signifie pas que tous les composants soient interchangeables : les modifications introduites par Rosengart et les évolutions ultérieures de la marque peuvent entraîner des différences importantes.

Production, diffusion et exploits d’endurance

La Rosengart LR2 est assemblée en France à partir de 1928, dans un contexte où plusieurs constructeurs cherchent à développer une automobile réellement populaire. Son prix d’achat et son coût d’utilisation constituent des arguments essentiels. La marque met également en avant des solutions commerciales destinées à faciliter l’accès à la propriété automobile.

La diffusion du modèle s’étend sur plusieurs années, avec une transition progressive vers les évolutions de la famille LR4 autour de 1930 et 1931. Les nomenclatures historiques ne séparent pas toujours clairement les différentes séries, ce qui complique l’établissement d’un volume de fabrication propre à la seule LR2. Les chiffres globaux attribués aux petites Rosengart ne peuvent donc pas être considérés comme ceux de cette première version.

La robustesse constitue un thème important dans la publicité des petites voitures de l’époque. Rosengart cherche à démontrer qu’une automobile de faible cylindrée peut parcourir de longues distances sans nécessiter une mécanique puissante ou complexe. Les épreuves d’endurance offrent alors un moyen de convaincre les automobilistes hésitant à adopter ces véhicules économiques.

La LR2 est notamment associée à François Lecot, conducteur français connu pour ses exploits de longue distance. En 1932, il réalise avec une Rosengart identifiée comme une LR2 un parcours d’environ 100 000 kilomètres entre le 7 mars et le 20 juin. Cette performance contribue à la réputation de fiabilité de la marque et illustre les capacités d’une mécanique de petite cylindrée utilisée intensivement.

L’intérêt de cette démonstration ne réside pas dans la vitesse pure. Il s’agit avant tout de prouver qu’une voiture économique peut supporter un kilométrage considérable, à condition de bénéficier d’un entretien adapté. Dans une période où la fiabilité reste une préoccupation majeure des acheteurs, ce type d’exploit possède une véritable portée commerciale.

La Rosengart LR2 apparaît également dans l’histoire du patrimoine automobile français. Des exemplaires ont été conservés par des collectionneurs, tandis qu’un torpédo commercial est notamment documenté dans les collections du Musée Automobile Reims-Champagne. Ces véhicules permettent aujourd’hui d’observer les différentes carrosseries proposées au lancement de la marque.

La Rosengart LR2 sur le marché des voitures de collection

La Rosengart LR2 intéresse les amateurs d’automobiles populaires de l’entre-deux-guerres, particulièrement ceux qui recherchent un véhicule représentatif des débuts de la motorisation individuelle. Sa rareté sur le marché actuel s’explique par son ancienneté, la disparition de nombreux exemplaires et les transformations subies par certaines voitures au fil des décennies.

L’identification précise d’une LR2 demande davantage qu’un simple examen de la calandre ou de l’emblème. Les carrosseries ont pu être restaurées, modifiées ou remplacées, tandis que certaines pièces mécaniques proviennent parfois de générations ultérieures. Les numéros de châssis et de moteur, les documents d’époque et les caractéristiques de construction constituent donc des éléments importants pour établir l’authenticité d’un exemplaire.

Les voitures proposées à la vente présentent des états de conservation très différents. Une LR2 complète et roulante n’implique pas nécessairement une restauration conforme à l’origine. L’état de la structure, des boiseries éventuelles, des freins, de la transmission et du circuit de refroidissement mérite une vérification attentive. La disponibilité des éléments de carrosserie spécifiques peut également peser sur le coût d’une remise en état.

La parenté avec l’Austin Seven facilite certaines recherches techniques, mais les propriétaires doivent identifier les références correspondant réellement à leur version. Les clubs spécialisés, les catalogues de pièces et les archives commerciales restent particulièrement utiles pour retrouver les montages d’origine et éviter les adaptations inappropriées.

Après la LR2, Rosengart poursuit le développement de petites automobiles pendant plusieurs décennies. La Rosengart Ariette, commercialisée après la Seconde Guerre mondiale, illustre l’évolution de la marque vers des carrosseries plus modernes, dans un marché français devenu beaucoup plus concurrentiel.

Au cours de ses dernières années d’activité, le constructeur tente encore de renouveler son offre avec des projets comme la Rosengart Sagaie. Cette tentative tardive intervient dans un contexte industriel très différent de celui de 1928, alors que les grands constructeurs dominent désormais le marché des petites voitures françaises.

Pour les collectionneurs souhaitant conserver une LR2 dans une configuration fidèle à sa période de fabrication, les brochures commerciales de 1928 et 1929 offrent des repères précieux sur les carrosseries, les équipements et les finitions proposés à l’origine.

Marque Rosengart

Année de sortie 1928

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