La Rosengart LR4 est une petite automobile française produite de 1931 à 1934, dans le prolongement de la LR2 dont elle reprend les principes mécaniques issus de l’Austin Seven britannique. Économique, compacte et relativement polyvalente pour son époque, elle illustre la volonté de Lucien Rosengart de proposer une voiture accessible sans renoncer à une carrosserie capable d’accueillir plusieurs occupants.
Avec son moteur quatre cylindres de moins de 750 cm³, sa transmission aux roues arrière et son empattement allongé, la LR4 conserve une architecture simple tout en offrant davantage d’espace que sa devancière. Elle existe sous plusieurs formes, notamment en conduite intérieure, en torpédo et en coupé, avec des caractéristiques qui peuvent varier suivant les carrosseries et les millésimes.
Fiche technique de la Rosengart LR4
| Caractéristique | Rosengart LR4 (1931-1934) |
|---|---|
| Constructeur | Automobiles L. Rosengart |
| Pays d’origine | France |
| Catégorie | Petite voiture économique |
| Période de production | 1931 à 1934 |
| Carrosseries | Conduite intérieure, torpédo, coupé |
| Architecture moteur | 4 cylindres en ligne |
| Position du moteur | Avant longitudinale |
| Carburant | Essence |
| Cylindrée | Environ 748 cm³, 747 cm³ sur certaines fiches |
| Alésage x course | 56 x 76 mm, valeurs nominales |
| Distribution | Soupapes latérales |
| Alimentation | Carburateur |
| Refroidissement | Par eau |
| Puissance annoncée | 11 ch à 2 400 tr/min pour la LR4 initiale |
| Autre puissance répertoriée | 15 ch à 3 200 tr/min pour un Coupé Grand Luxe de 1931 |
| Puissance fiscale | 5 CV |
| Transmission | Propulsion |
| Boîte de vitesses | Manuelle à 3 rapports, non synchronisée |
| Structure | Châssis séparé |
| Suspension avant | Essieu rigide, ressort à lames transversal |
| Suspension arrière | Essieu rigide, ressorts à lames longitudinaux |
| Direction | Mécanique |
| Freins | Tambours à commande mécanique |
| Roues | Roues à rayons sur plusieurs versions |
| Longueur | 3 400 mm pour le Coupé Grand Luxe de 1931 |
| Largeur | 1 260 mm pour le Coupé Grand Luxe de 1931 |
| Hauteur | 1 500 mm pour le Coupé Grand Luxe de 1931 |
| Empattement | 2 200 mm |
| Voies avant et arrière | 1 050 mm sur le Coupé Grand Luxe documenté |
| Poids | 650 kg pour le Coupé Grand Luxe documenté |
| Vitesse maximale | 70 à 80 km/h selon les versions et les fiches historiques |
Origines et histoire de la Rosengart LR4
L’histoire de la Rosengart LR4 commence avec Lucien Rosengart, industriel français qui décide, à la fin des années 1920, de se lancer dans la construction de petites automobiles. Plutôt que de développer immédiatement une mécanique entièrement nouvelle, il s’appuie sur une licence de fabrication de l’Austin Seven, voiture britannique présentée en 1922 et conçue pour rendre l’automobile plus abordable.
La première Rosengart de cette famille, la LR2, apparaît en 1928. Elle reprend les grandes lignes techniques de l’Austin Seven, avec un moteur de faible cylindrée, un châssis léger et une transmission classique. Cette formule permet à la jeune marque française de proposer une automobile dont la conception privilégie la simplicité, l’économie de fabrication et des dimensions adaptées aux déplacements quotidiens.
La LR4 marque une nouvelle étape dans cette évolution. Sa production est généralement située entre 1931 et 1934, même si certaines chronologies font remonter ses premières apparitions à 1930. L’année 1931 constitue le repère le plus pertinent pour identifier le modèle dans la gamme historique Rosengart.
Le changement le plus significatif concerne les proportions du véhicule. La LR4 adopte un empattement de 2,20 mètres, contre environ 1,90 mètre pour la LR2 initiale. Cette augmentation de 30 centimètres représente près de 16 % d’allongement entre les essieux. Elle permet d’envisager des carrosseries plus habitables sans abandonner le petit moteur qui caractérise cette famille d’automobiles.
Cette évolution répond à une logique commerciale précise. Au début des années 1930, une petite voiture ne doit plus seulement constituer une solution économique pour deux personnes. Elle doit également pouvoir assurer des déplacements familiaux, offrir une protection contre les intempéries et proposer une présentation suffisamment soignée pour séduire une clientèle plus large.
La LR4 s’inscrit ainsi dans une période où Rosengart enrichit progressivement son catalogue. Le constructeur développe différentes variantes de ses petites voitures tout en explorant d’autres catégories, notamment des modèles à six cylindres et, plus tard, des automobiles à traction avant. La LR4 demeure toutefois fidèle à la formule mécanique qui avait permis le lancement de la marque.
Design et différentes carrosseries
La Rosengart LR4 possède les proportions caractéristiques des petites automobiles du début des années 1930. Son capot relativement étroit précède un habitacle haut, tandis que les ailes avant et arrière restent nettement séparées de la carrosserie centrale. Les marchepieds latéraux, les phares circulaires indépendants et la calandre verticale participent à son apparence traditionnelle.
La face avant se distingue par une calandre étroite à encadrement métallique, encadrée de deux projecteurs ronds. Le capot comporte des ouvertures latérales destinées à la ventilation du compartiment moteur. Les roues à rayons, présentes sur plusieurs exemplaires d’époque, renforcent l’identité visuelle de cette petite Rosengart.
La conduite intérieure constitue l’une des carrosseries les plus représentatives de la LR4. Son habitacle fermé protège les occupants du vent et de la pluie, un avantage appréciable pour une automobile destinée à servir régulièrement. Ses portes latérales, son pavillon fixe et ses surfaces vitrées lui donnent l’apparence d’une véritable petite berline, malgré ses dimensions réduites.
Le torpédo propose une interprétation différente. Sa carrosserie ouverte, généralement équipée d’une capote, privilégie une construction plus légère et une conduite à l’air libre. Cette configuration reste courante au début des années 1930, alors que les carrosseries entièrement fermées ne se sont pas encore imposées dans toutes les catégories automobiles.
Le coupé, notamment dans certaines présentations Grand Luxe, met davantage l’accent sur la finition et la silhouette. Il conserve les dimensions compactes de la famille LR4 tout en adoptant une carrosserie fermée à vocation plus personnelle. Des équipements et détails de présentation peuvent différer de ceux des conduites intérieures ordinaires.
Ces variantes ne répondent pas exactement aux mêmes besoins. La conduite intérieure privilégie la protection et la polyvalence, le torpédo l’agrément d’une carrosserie ouverte, tandis que le coupé propose une présentation plus distinctive. Les différences de carrosserie influencent également la masse et peuvent expliquer une partie des écarts observés dans les caractéristiques publiées pour la LR4.
Moteur et comportement sur la route
La Rosengart LR4 conserve un moteur à essence de quatre cylindres en ligne, installé longitudinalement à l’avant. Sa distribution à soupapes latérales correspond à une solution mécanique répandue sur les petites voitures économiques de cette période. Elle privilégie une construction relativement simple plutôt que la recherche d’une puissance élevée.
La cylindrée est généralement indiquée autour de 748 cm³. La puissance de la LR4 initiale est donnée à 11 ch à 2 400 tr/min dans la documentation historique de référence. Certaines fiches consacrées à des carrosseries particulières, notamment un Coupé Grand Luxe de 1931, mentionnent cependant 15 ch à 3 200 tr/min. Ces deux indications ne doivent pas être confondues avec la puissance fiscale de 5 CV.
La transmission s’effectue aux roues arrière par l’intermédiaire d’une boîte manuelle à trois rapports. L’absence de synchronisation impose une utilisation plus attentive du levier de vitesses que sur une automobile moderne. Les changements de rapport, particulièrement lors des rétrogradages, demandent une bonne coordination entre l’embrayage, l’accélérateur et la boîte.
La suspension repose sur une conception traditionnelle avec essieux rigides et ressorts à lames. À l’avant, un ressort transversal assure la suspension, tandis que l’essieu arrière utilise des ressorts longitudinaux. Cette architecture contribue à la simplicité mécanique du véhicule, mais ne procure ni le guidage des roues ni le confort d’une suspension indépendante moderne.
Le freinage est assuré par des tambours à commande mécanique. Sur une voiture de cette génération, les performances de ralentissement dépendent notamment de l’état des garnitures, des réglages et de l’équilibrage du système. Les distances d’arrêt et l’effort nécessaire à la pédale ne peuvent pas être comparés directement à ceux d’une automobile contemporaine.
La vitesse maximale de la LR4 est généralement située entre 70 et 80 km/h suivant les descriptions. Une valeur de 75 km/h est notamment associée au Coupé Grand Luxe de 1931. Ces chiffres reflètent une automobile destinée avant tout aux routes ordinaires de son époque, plutôt qu’aux déplacements rapides sur de longues distances.
Son faible poids et sa mécanique de petite cylindrée permettent de limiter les besoins énergétiques, mais aucune consommation normalisée commune à toutes les LR4 n’est solidement établie. Les performances réelles peuvent également varier selon la carrosserie, le réglage du moteur, la charge transportée et l’état mécanique de chaque exemplaire.
Différences entre la LR4, la LR2 et les Rosengart ultérieures
La proximité mécanique et stylistique entre les premières Rosengart peut compliquer leur identification. La LR2 et la LR4 partagent une origine technique commune, mais elles ne correspondent pas au même stade de développement. L’allongement du châssis de la LR4 constitue l’une des différences essentielles pour comprendre leur évolution.
L’empattement supérieur de la LR4 permet de disposer d’une base plus favorable aux carrosseries fermées et aux configurations accueillant plusieurs passagers. Il ne signifie toutefois pas que le moteur a bénéficié d’une augmentation proportionnelle de puissance. La voiture conserve la vocation économique de la LR2, tout en cherchant à offrir davantage de possibilités d’utilisation.
À partir de 1933, la gamme comprend également plusieurs types désignés LR44, LR45, LR47 ou LR49. Ces appellations correspondent à des développements qu’il convient de distinguer de la LR4 initiale. Leur proximité de nom ne suffit pas à établir une identité de châssis, de motorisation ou d’équipement.
La LR4N2 Supercinq, apparue au milieu des années 1930, appartient à une étape ultérieure. Elle bénéficie d’évolutions mécaniques et de présentation qui ne doivent pas être attribuées rétrospectivement à la LR4 de 1931. Il en va de même pour certaines modifications de suspension introduites sur des Rosengart plus récentes.
La distinction est importante pour l’identification des véhicules anciens. Une calandre semblable, une carrosserie restaurée ou une appellation abrégée dans une annonce ne permettent pas toujours de déterminer précisément le type. Le numéro de châssis, les documents historiques et la conformité des principaux organes mécaniques restent les meilleurs éléments pour différencier les variantes.
La carrière de Rosengart se poursuit bien après l’arrêt de la LR4. Dans les années 1950, la marque commercialise notamment la Rosengart Ariette, une petite automobile d’une conception et d’une présentation beaucoup plus modernes. Elle témoigne des efforts du constructeur pour maintenir sa présence sur le marché populaire, sans constituer pour autant une remplaçante directe de la LR4.
Production et place de la LR4 dans la collection automobile
La Rosengart LR4 est aujourd’hui une automobile de collection représentative de la motorisation populaire française de l’entre-deux-guerres. Sa production s’étend sur une période relativement courte, mais le nombre exact d’exemplaires fabriqués pour cette seule désignation n’est pas établi de manière suffisamment précise pour être retenu comme chiffre de référence.
Les exemplaires conservés peuvent présenter des différences importantes de carrosserie, d’équipement et d’état de restauration. Certains possèdent encore une présentation proche de leur configuration d’origine, tandis que d’autres ont reçu des modifications mécaniques ou esthétiques au cours de leur existence.
Les ventes publiques historiques montrent que la LR4 peut rester relativement accessible dans l’univers des automobiles françaises d’avant-guerre. Des torpédos ont notamment été adjugés pour quelques milliers d’euros lors de ventes organisées dans les années 2010 et 2020. Ces transactions anciennes ne constituent cependant pas une cote actuelle applicable à toutes les carrosseries.
Pour évaluer un exemplaire, l’authenticité de sa configuration compte autant que son apparence extérieure. La correspondance entre le châssis et la carrosserie, la présence du moteur approprié, l’état de la transmission et la qualité des restaurations sont des points déterminants. Les pièces propres à certaines carrosseries peuvent également demander des recherches plus spécialisées que les éléments mécaniques communs à plusieurs petites Rosengart.
La conservation des documents anciens présente un intérêt particulier pour ce modèle. Une carte grise ancienne, une plaque constructeur lisible, des photographies d’époque ou des factures de restauration peuvent aider à retracer les transformations d’un véhicule. Ces éléments sont d’autant plus utiles que les désignations LR4 et celles de ses évolutions ont parfois été employées de manière imprécise dans les annonces et les catalogues de collection.
