Présentée au Salon de l’automobile de Paris en 1932, la Salmson S4C est une automobile française de tourisme qui associe une mécanique sophistiquée à une carrosserie traditionnelle des années 1930. Équipée d’un moteur quatre cylindres de 1 465 cm³ à double arbre à cames en tête, elle développe environ 41 chevaux et appartient à la catégorie des 8 CV fiscaux.
Fabriquée à Boulogne-Billancourt jusqu’à la fin de l’année 1934, avec des exemplaires parfois rattachés à 1935, la S4C succède à la première S4 de 1929. Elle conserve l’identité mécanique de Salmson tout en proposant davantage de cylindrée, des carrosseries plus spacieuses et un équipement adapté aux attentes d’une clientèle recherchant une automobile confortable et techniquement élaborée.
Fiche technique de la Salmson S4C
| Caractéristique | Salmson S4C |
|---|---|
| Constructeur | Salmson, France |
| Présentation | Salon de Paris 1932 |
| Production | Principalement de 1932 à 1934 |
| Catégorie | Automobile de tourisme, 8 CV fiscaux |
| Motorisation | Quatre cylindres en ligne, essence |
| Cylindrée | 1 465 cm³ |
| Alésage et course | 69 × 98 mm, valeurs historiques publiées |
| Distribution | Deux arbres à cames en tête |
| Soupapes | Deux par cylindre |
| Alimentation | Carburateur |
| Puissance maximale | Environ 41 ch |
| Régime de puissance | 3 500 à 3 800 tr/min suivant les fiches historiques |
| Puissance fiscale | 8 CV |
| Implantation moteur | Avant, longitudinale |
| Transmission | Propulsion |
| Boîte de vitesses | Mécanique à quatre rapports |
| Transmission optionnelle | Boîte électromagnétique Cotal sur les dernières versions |
| Châssis | Structure séparée |
| Suspension avant | Essieu rigide et ressorts à lames |
| Suspension arrière | Essieu rigide et ressorts à lames |
| Freinage | Freins à tambour, commande mécanique |
| Longueur | Environ 4,37 m suivant les fiches historiques |
| Largeur | Environ 1,60 m |
| Empattement | Environ 2,80 à 2,89 m selon les données publiées |
| Voies avant et arrière | Environ 1,28 m |
| Poids | Environ 1 080 kg pour une configuration historique répertoriée |
| Vitesse maximale | Environ 100 à 110 km/h suivant les sources et configurations |
| Carrosseries | Conduite intérieure, familiale, coach, faux-cabriolet, cabriolet et roadster |
| Site de fabrication français | Boulogne-Billancourt |
Une nouvelle étape dans l’histoire de Salmson
Au début des années 1930, Salmson possède une réputation particulière dans l’industrie automobile française. Initialement spécialisé dans les moteurs d’aviation, le constructeur s’est également illustré dans la compétition automobile avec des voitures légères et des mécaniques performantes. Cette expérience explique son attachement à des solutions techniques relativement ambitieuses, notamment la distribution à deux arbres à cames en tête.
La première Salmson S4 apparaît en 1929 avec un moteur d’environ 1,3 litre et une puissance fiscale de 7 CV. Elle accompagne une évolution de la marque vers les voitures de tourisme, moins exclusivement tournées vers les performances sportives. La S4C, dévoilée trois ans plus tard, poursuit cette orientation en augmentant la cylindrée et en élargissant les possibilités de carrosserie.
La nouvelle venue conserve une architecture classique, avec un moteur placé longitudinalement à l’avant et une transmission aux roues arrière. Son intérêt réside surtout dans l’association de cette disposition éprouvée avec une distribution moteur plus perfectionnée que celle de nombreuses automobiles de tourisme de cylindrée comparable.
La S4C s’inscrit également dans une période de transformation du marché français. La crise économique impose aux constructeurs de mieux répondre aux attentes d’une clientèle attentive au prix, à la durabilité et au confort. Salmson cherche à préserver son positionnement technique sans abandonner les qualités pratiques nécessaires à une utilisation régulière.
La production française de la S4C s’étend principalement de 1932 à 1934. Son remplacement intervient avec la S4D, présentée à l’automne 1934. Cette dernière ne constitue pas une simple évolution esthétique : elle inaugure des modifications mécaniques et structurelles importantes qui permettent de distinguer clairement les deux modèles.
Un moteur quatre cylindres à double arbre à cames en tête
La principale singularité technique de la Salmson S4C se trouve sous son long capot. Son moteur de 1 465 cm³ possède quatre cylindres en ligne et deux arbres à cames en tête commandant les soupapes. Cette architecture permet de disposer les organes de distribution directement dans la partie supérieure du moteur, contrairement aux systèmes à soupapes latérales encore répandus à cette époque.
Le double arbre à cames n’est pas une invention propre à la S4C. Salmson utilise déjà cette technologie sur plusieurs de ses moteurs antérieurs, notamment dans ses activités sportives. Sur la S4C, elle devient un élément de continuité entre les automobiles de compétition de la marque et ses modèles de tourisme.
La puissance généralement indiquée est d’environ 41 chevaux. Les documents historiques ne concordent pas entièrement sur le régime auquel elle est obtenue, certaines fiches mentionnant 3 500 tr/min et d’autres 3 800 tr/min. Cette puissance reste néanmoins cohérente avec la vocation de la voiture : offrir une mécanique relativement vive pour sa catégorie sans rechercher les performances d’une automobile de compétition.
L’alimentation est assurée par carburateur. La conception du moteur privilégie une mécanique compacte et élaborée pour son époque, mais elle suppose aussi un entretien attentif. Le réglage de la distribution, la lubrification et l’état des organes d’alimentation jouent un rôle important dans le fonctionnement d’un moteur ancien de ce type.
La transmission est assurée par une boîte mécanique à quatre rapports sur les versions classiques. Une boîte électromagnétique Cotal devient disponible en option sur les dernières S4C, en 1934. Cette transmission permet de sélectionner les rapports au moyen d’une commande électrique associée à un mécanisme électromagnétique.
La présence d’une boîte Cotal ne doit donc pas être considérée comme systématique. Pour identifier correctement une S4C, il faut tenir compte de son année de fabrication et de son équipement réel. Cette distinction est également importante lors d’une restauration, puisque les commandes, les composants et les opérations d’entretien diffèrent entre les deux transmissions.
Châssis, comportement routier et confort
La Salmson S4C repose sur un châssis séparé, une solution habituelle pour les automobiles de son époque. Cette architecture permet de recevoir plusieurs types de carrosseries sans modifier fondamentalement l’organisation mécanique du véhicule. Elle explique en partie la diversité des silhouettes proposées par le constructeur.
Les suspensions utilisent des essieux rigides et des ressorts à lames. Cette conception robuste convient aux conditions routières des années 1930, mais elle ne procure pas le même niveau d’indépendance des mouvements de roues qu’une suspension avant moderne. Sur les chaussées irrégulières, les réactions d’une roue peuvent se transmettre à l’ensemble de l’essieu.
La S4C doit ici être distinguée de la S4D. Cette dernière adopte des roues avant indépendantes et une direction à crémaillère, deux évolutions qui modifient sensiblement l’architecture du train avant. Attribuer ces équipements à toutes les S4 reviendrait à confondre des générations techniquement différentes.
Avec une vitesse maximale généralement située autour de 100 à 110 km/h, la S4C appartient aux voitures de tourisme capables de parcourir de longues distances sur les routes de leur époque. Cette valeur représente une performance maximale annoncée dans la documentation historique, et non une vitesse de croisière recommandée pour un exemplaire conservé aujourd’hui.
Le poids, proche de 1,1 tonne dans certaines descriptions, doit être interprété en fonction de la carrosserie. Une conduite intérieure familiale, un coach et un roadster ne possèdent pas nécessairement la même masse. Les performances et les réactions du véhicule peuvent donc varier d’un exemplaire à l’autre, même lorsque le moteur et le châssis appartiennent à la même série.
Le freinage à tambour et les pneumatiques étroits imposent également de replacer les performances dans leur contexte historique. La capacité à atteindre une certaine vitesse ne signifie pas que les distances d’arrêt, l’adhérence ou la stabilité soient comparables à celles d’une automobile contemporaine.
Carrosseries et évolutions esthétiques de 1932 à 1934
La Salmson S4C se reconnaît à sa silhouette caractéristique de l’entre-deux-guerres. Son long capot, sa calandre verticale, ses deux phares circulaires séparés et ses ailes avant enveloppantes composent une présentation classique. Les marchepieds relient visuellement les ailes avant et arrière, tandis que les roues à rayons renforcent son identité d’automobile des années 1930.
La gamme comprend plusieurs carrosseries répondant à des usages distincts. La conduite intérieure privilégie la protection des occupants et l’utilisation quotidienne. La familiale six places offre davantage de capacité d’accueil, tandis que les coaches proposent une silhouette plus compacte et généralement plus élégante.
Le faux-cabriolet occupe une place particulière dans cette diversité. Malgré son appellation, il s’agit d’une carrosserie fermée dont la ligne reprend certains codes esthétiques des découvrables. Il ne doit pas être confondu avec un véritable cabriolet, dont la capote permet de rouler à ciel ouvert.
Les cabriolets et roadsters répondent davantage à une clientèle recherchant une automobile de loisirs. Leurs carrosseries ouvertes se distinguent nettement des versions fermées, notamment par le dessin du pare-brise, la configuration des portières et l’organisation de la partie arrière.
Une évolution visible intervient entre les millésimes 1933 et 1934. Les premières S4C possèdent une calandre intégrant des volets de radiateur à commande thermostatique. Ces volets participent à la régulation de la température de fonctionnement du moteur en modulant le passage de l’air à travers le radiateur.
En 1934, une grille fixe remplace ce dispositif visible. Cette modification constitue un indice intéressant pour dater une automobile, mais elle ne suffit pas à identifier définitivement son millésime. Une restauration ancienne, le remplacement d’une calandre ou une modification effectuée au cours de la vie du véhicule peuvent modifier son apparence.
La S4D, apparue ensuite, se différencie notamment par une calandre davantage inclinée et par des transformations mécaniques importantes. La distinction entre S4C et S4D ne doit donc pas reposer uniquement sur une ressemblance générale de carrosserie.
Production, diffusion et place dans la gamme Salmson
La fabrication française de la S4C est assurée dans les installations Salmson de Boulogne-Billancourt. Un total de 1 649 exemplaires est régulièrement mentionné dans les publications historiques consacrées au modèle, sans qu’un registre de production constructeur intégralement vérifié permette ici de confirmer définitivement ce chiffre.
La diffusion du modèle dépasse également la France. En Grande-Bretagne, British Salmson Aero Engines développe des automobiles dérivées de la famille S4C, notamment les 12/50 et 12/70. Ces voitures présentent des caractéristiques propres et ne doivent pas être automatiquement intégrées aux statistiques de fabrication française.
Le prix d’un châssis nu est mentionné à 21 950 francs au Salon de Paris 1933 dans certaines documentations historiques. Cette indication ne représente pas le tarif d’une automobile complète. Le choix d’une carrosserie, des équipements et de la finition pouvait sensiblement modifier le montant payé par l’acheteur.
La S4C apparaît également dans l’histoire des compétitions de régularité. Une performance de catégorie au Rallye Monte-Carlo 1933 lui est attribuée dans plusieurs récits historiques. Elle ne doit toutefois pas être confondue avec une victoire au classement général de l’épreuve. Ces engagements correspondent à une époque où les rallyes valorisent autant la fiabilité et la régularité que la vitesse pure.
Le remplacement de la S4C par la S4D en 1934 marque une nouvelle étape dans le développement de la gamme. Le moteur gagne en cylindrée, le train avant évolue et la boîte Cotal devient un équipement central de la nouvelle génération. La S4C conserve ainsi une identité technique distincte, associant le moteur à double arbre à cames à une conception de châssis encore traditionnelle.
À la fin des années 1930, Salmson poursuit le développement de ses automobiles de tourisme avec des modèles plus évolués. La Salmson S4-61, apparue en 1938, prolonge cette lignée et connaît une carrière qui se poursuit après la Seconde Guerre mondiale. Elle n’est cependant pas la remplaçante directe de la S4C, puisque cette transition avait déjà été assurée par la S4D.
La marque développe parallèlement des voitures de catégorie supérieure, dont la Salmson S4E, également apparue en 1938. Son moteur de plus forte cylindrée et son positionnement plus haut de gamme illustrent l’élargissement progressif des ambitions de Salmson sur le marché des automobiles de tourisme.
La Salmson S4C comme automobile de collection
Aujourd’hui, la Salmson S4C intéresse les amateurs d’automobiles françaises d’avant-guerre pour son architecture mécanique et la diversité de ses carrosseries. Son moteur à double arbre à cames en tête constitue un élément particulièrement caractéristique, mais il exige une connaissance précise des procédures d’entretien et des réglages propres aux mécaniques anciennes.
L’identification d’un exemplaire commence par l’examen de ses numéros de châssis, de moteur et, lorsque cette information existe, de carrosserie. Ces éléments permettent de confronter le véhicule à sa documentation historique et de vérifier la cohérence de ses caractéristiques. Une automobile immatriculée en 1935 peut notamment appartenir à une série fabriquée antérieurement.
La boîte de vitesses représente un autre point important. Une S4C équipée de la transmission mécanique traditionnelle ne présente pas les mêmes particularités qu’un exemplaire doté d’une boîte Cotal. L’identification du système installé est nécessaire avant toute intervention sur la transmission ou ses commandes.
La diversité des carrosseries complique également la restauration. Les éléments de tôlerie, les encadrements de vitres, les mécanismes de capote et certaines garnitures peuvent différer fortement d’une version à l’autre. La disponibilité d’une pièce destinée à une conduite intérieure ne garantit donc pas son adaptation à un cabriolet ou à un roadster.
La vérification de l’authenticité doit aussi prendre en compte les transformations effectuées au fil des décennies. Les calandres, les roues, les équipements électriques et les accessoires ont parfois été remplacés. Une restauration fidèle suppose de confronter ces éléments à la configuration exacte du véhicule plutôt qu’à l’apparence d’une autre Salmson de la même période.
Dans les années 1950, la Salmson Randonnée représente l’une des dernières tentatives du constructeur pour maintenir une offre de grandes automobiles françaises de tourisme. Sa conception et sa présentation sont très différentes de celles de la S4C, mais elle appartient à la même histoire industrielle, celle d’un fabricant ayant conservé une forte identité mécanique jusqu’aux dernières années de sa production automobile.
