Subaru Forester

Subaru Forester

Lancé au Japon en février 1997, le Subaru Forester occupe dès ses débuts une position singulière entre le break familial et le véhicule tout-terrain. Sa carrosserie cinq portes relativement basse, sa structure monocoque, son moteur boxer et sa transmission intégrale permanente lui donnent un profil très différent des 4×4 traditionnels de l’époque. Cette formule va progressivement évoluer vers celle d’un SUV compact plus conventionnel, sans abandonner les principaux choix techniques associés à Subaru.

La première génération, connue sous le code SF, constitue le point de départ de cette lignée. Sa production débute au Japon en décembre 1996, quelques semaines avant son lancement commercial. Le Forester arrive ensuite aux États-Unis en juillet 1997 puis en Europe à partir de septembre. Subaru en produira 520 515 exemplaires avant l’arrivée de la deuxième génération en 2002.

Du concept Streega au premier Forester

Les origines du Forester remontent au Subaru Streega dévoilé au Tokyo Motor Show de 1995. Le projet cherche à associer l’agrément routier d’une automobile à une garde au sol élevée, une position de conduite rehaussée et les capacités de motricité attendues d’un véhicule à quatre roues motrices. Le résultat est encore éloigné, par ses proportions, des SUV qui domineront le marché une décennie plus tard.

Techniquement, le Forester entretient une proximité importante avec la Subaru Impreza. Il en reprend des principes fondamentaux, notamment une architecture à moteur boxer longitudinal et une structure de voiture particulière. Subaru adapte cependant l’ensemble à une carrosserie plus haute et plus fonctionnelle, avec cinq portes, un hayon et une garde au sol adaptée à une utilisation plus polyvalente.

Cette démarche complète celle inaugurée avec la Subaru Legacy Outback. L’Outback reste étroitement dérivée d’un break Legacy rehaussé, tandis que le Forester reçoit une carrosserie spécifique et des dimensions plus compactes. Cette distinction explique pourquoi les deux modèles ont pu cohabiter durablement dans la gamme.

Avant même sa commercialisation, Subaru utilise le Forester pour démontrer que cette polyvalence ne doit pas se faire au détriment des performances routières. Le 30 octobre 1996, un Forester parcourt pendant 24 heures l’Indianapolis Motor Speedway à une vitesse moyenne de 180,082 km/h. La performance est homologuée dans la catégorie FIA Group T-1 des véhicules tout-terrain de série et vaut à Subaru le Hulman Trophy.

Une architecture typiquement Subaru

Le Forester SF adopte une carrosserie monocoque en acier plutôt qu’un châssis séparé de 4×4 traditionnel. Son moteur est installé longitudinalement à l’avant et associé à une transmission aux quatre roues. Cette disposition place les principaux organes mécaniques suivant l’axe longitudinal du véhicule, une architecture qui deviendra l’un des arguments techniques récurrents de Subaru.

La gamme de lancement ne peut toutefois pas être résumée par une seule motorisation. Les spécifications diffèrent fortement entre le Japon, l’Europe et l’Amérique du Nord. En Europe, le Forester est notamment proposé avec un quatre cylindres à plat EJ20 de 1 994 cm3 développant environ 125 ch dans sa configuration atmosphérique de lancement. Des variantes 2,0 litres turbocompressées sont également commercialisées, tandis que l’Amérique du Nord privilégie un 2,5 litres atmosphérique.

La transmission dépend elle aussi de la configuration choisie. Les versions à boîte manuelle cinq rapports utilisent notamment un différentiel central associé à un coupleur visqueux. Une boîte automatique à quatre rapports est également disponible, avec une gestion de la transmission intégrale différente. Certains Forester manuels bénéficient en outre, selon les marchés, d’une gamme de rapports courts destinée à renforcer leur polyvalence hors des routes goudronnées.

Avec environ 20 cm de garde au sol sur certaines versions, le Forester peut s’aventurer sur des chemins tout en conservant des suspensions indépendantes et un comportement plus proche d’une automobile que d’un tout-terrain à châssis séparé. Cette combinaison constitue l’un de ses traits distinctifs au moment où le marché des SUV compacts commence seulement à se structurer.

Fiche technique de la Subaru Forester

CaractéristiqueSubaru Forester première génération
Code de générationSF
LancementFévrier 1997 au Japon
Carrosserie5 portes, 5 places
StructureMonocoque autoporteuse en acier
Moteurs4 cylindres à plat essence Subaru EJ, cylindrées et versions variables selon marché
Moteur européen de lancement documentéEJ20 atmosphérique, 1 994 cm3, environ 125 ch
ImplantationMoteur longitudinal avant
TransmissionIntégrale
BoîtesManuelle 5 rapports ou automatique 4 rapports selon version
Suspension avantIndépendante de type McPherson
DirectionÀ crémaillère assistée
FreinageDisques avant, configuration arrière variable selon version
LongueurEnviron 4 450 mm au lancement
LargeurEnviron 1 735 mm
HauteurEnviron 1 580 à 1 595 mm selon configuration
Empattement2 525 mm
Garde au solEnviron 200 mm sur certaines versions
PoidsEnviron 1 335 à 1 365 kg pour plusieurs versions 2.0 documentées de 1997
Pneumatiques205/70 R15 sur certaines versions 2.0 de 1997
Production de la première génération520 515 exemplaires

Une gamme très différente selon les marchés

La diversité des Forester commercialisés dès la première génération explique les écarts importants entre les fiches techniques disponibles. Un Forester européen atmosphérique d’environ 125 ch ne correspond ni au modèle nord-américain équipé d’un 2,5 litres ni aux versions turbo japonaises beaucoup plus puissantes. Les performances, le poids, les pneumatiques et même certains éléments de transmission doivent donc toujours être rattachés au marché et au millésime concernés.

Les versions turbocompressées donnent rapidement au Forester une dimension sportive inhabituelle pour un véhicule de cette catégorie. Elles exploitent la proximité mécanique avec les automobiles performantes de Subaru tout en conservant une carrosserie familiale et une garde au sol élevée. Cette branche de la gamme sera ensuite particulièrement incarnée par le Subaru Forester XT, proposé sous différentes formes au fil des générations.

La silhouette du SF permet de reconnaître immédiatement le Forester originel. Le pavillon est presque horizontal, les surfaces vitrées sont généreuses et la caisse reste relativement basse par rapport aux SUV modernes. Les premières versions se distinguent également par leurs projecteurs horizontaux et leurs formes simples typiques de la seconde moitié des années 1990. Visuellement, le modèle évoque davantage un break compact fortement surélevé qu’un 4×4 classique.

De la première génération au SUV compact

En février 2002, le Subaru Forester 2 remplace le SF. Subaru conserve la recette générale tout en modernisant la structure, les moteurs, la sécurité et la présentation. Cette continuité commerciale est rapidement récompensée : le 17 février 2006, la production cumulée du Forester franchit le seuil du million d’exemplaires.

La transformation devient plus visible avec le Subaru Forester 3, lancé à la fin de 2007 au Japon. Plus haut et plus volumineux, il adopte des proportions beaucoup plus proches de celles d’un SUV compact conventionnel. La silhouette de break surélevé caractéristique des premières générations s’efface alors progressivement.

Le Subaru Forester 4 poursuit cette évolution durant les années 2010 avec davantage d’espace intérieur et des technologies modernisées, tout en maintenant le moteur boxer et la transmission intégrale au coeur de son identité. Selon les marchés, la gamme Forester accueille au cours de son histoire des moteurs atmosphériques ou turbo, puis un diesel boxer et des solutions électrifiées.

Avec le Subaru Forester 5, présenté en 2018, le modèle entre dans une nouvelle phase technique tout en conservant une silhouette immédiatement identifiable comme celle d’un SUV familial. L’Europe voit notamment apparaître la technologie e-BOXER, qui associe un moteur essence boxer à une assistance électrique intégrée à la chaîne de traction.

Un modèle devenu central dans la gamme Subaru

Le Forester doit une partie de sa longévité à une formule restée cohérente malgré l’évolution profonde de son apparence. Le SF de 1997 mettait déjà en avant une structure automobile, une transmission intégrale, un moteur boxer, une garde au sol généreuse et une carrosserie familiale. Les générations suivantes ont fait évoluer ces principes vers les attentes contemporaines en matière de sécurité, d’habitabilité et d’électrification plutôt que de rompre avec eux.

Son positionnement s’est également clarifié avec l’expansion de la gamme Subaru. Le Forester occupe le coeur de l’offre SUV familiale, tandis que des modèles plus compacts ont progressivement complété la gamme et que l’Outback a conservé son identité de grand véhicule dérivé du break. Cette organisation éloigne le Forester moderne de l’ambiguïté initiale entre break et tout-terrain qui faisait précisément l’originalité du SF.

La diffusion mondiale témoigne de cette évolution. Alors que 520 515 exemplaires de la première génération avaient été produits, Subaru franchissait déjà le million de Forester en 2006. Lors du lancement européen de la nouvelle génération en 2024, la marque annonçait plus de cinq millions d’exemplaires vendus dans le monde depuis 1997, dont environ 369 000 en Europe.