Présenté en première mondiale au Salon de Genève en mars 2018, le Renault EZ-GO est un concept de robot-taxi électrique, autonome et partagé. Renault ne l’a pas conçu comme une automobile traditionnelle adaptée à la conduite autonome, mais comme un véhicule pensé dès l’origine pour transporter jusqu’à six personnes en ville sans conducteur ni poste de conduite classique.
Le projet s’inscrit dans la stratégie de Renault autour d’une mobilité à la fois électrique, connectée, autonome et partagée. À cette époque, la marque commercialise déjà des véhicules électriques comme la Renault Zoe, tandis qu’EZ-GO explore un usage très différent, celui d’un service de transport urbain à la demande exploitable par des opérateurs publics ou privés.
Un robot-taxi conçu autour des passagers
L’architecture de l’EZ-GO découle directement de sa fonction. L’absence de conducteur permet de supprimer volant, pédalier et planche de bord conventionnelle. Les six occupants prennent place sur une large banquette en U, autour d’un espace central dégagé. Le plancher plat facilite les déplacements à bord et l’accès des personnes à mobilité réduite, des poussettes ou des voyageurs avec bagages.
L’accès constitue l’un de ses éléments les plus spectaculaires. Une large partie frontale de la carrosserie et du toit se soulève afin d’ouvrir l’habitacle sur une plateforme basse. Cette disposition évite les portes latérales classiques et permet une montée presque de plain-pied. Une suspension active contribue aussi à maintenir une hauteur réduite lors des arrêts, puis à relever légèrement le véhicule lorsqu’il circule.
Renault imaginait EZ-GO comme l’élément mobile d’un service complet. Le véhicule devait pouvoir être commandé depuis une application ou rejoint dans des stations dédiées. Il se situait ainsi entre le taxi individuel et le transport collectif, avec la possibilité de partager un trajet entre plusieurs passagers allant dans la même direction.
Une conduite autonome de niveau 4
Renault annonçait pour EZ-GO une automatisation de niveau 4. Dans le cadre d’utilisation prévu, le véhicule devait donc être capable de gérer lui-même la conduite sans intervention humaine permanente. Le constructeur mentionnait notamment le maintien des distances, le positionnement dans la voie, les changements de file, les intersections et la capacité à se mettre en sécurité en cas d’incident.
Les capteurs nécessaires à cette conduite sont regroupés en grande partie dans une structure installée au sommet de l’arrière du véhicule. Elle intègre différents moyens de perception, dont des radars, lidars, caméras et capteurs ultrasoniques. Le positionnement élevé améliore leur champ de vision tout en libérant la carrosserie de nombreux appendices visibles.
La vitesse maximale est volontairement limitée à 50 km/h, cohérente avec une utilisation essentiellement urbaine. Contrairement à certaines présentations secondaires qui l’ont qualifié de véhicule autonome de niveau 5, Renault le décrivait officiellement comme un concept de niveau 4.
Design et architecture du Renault EZ-GO
Sous la direction de Laurens van den Acker, alors responsable du design du Groupe Renault, EZ-GO pousse très loin l’idée d’un habitacle vitré. Son profil bas et presque trapézoïdal repose sur de vastes surfaces transparentes qui offrent aux occupants une vision très large de l’environnement urbain. Marc Devauzes et Andrey Basmanov sont associés au design extérieur, Marc Devauzes à l’intérieur et Miguel Iranzo-Sanchez au travail sur les couleurs et matières.
Cette recherche s’inscrit dans une succession de concept-cars ayant renouvelé l’identité de Renault au cours des années 2010. La Renault DeZir avait ouvert cette période avec une approche très émotionnelle du design, tandis que le Renault Trezor avait ensuite associé cette recherche formelle à la propulsion électrique et aux technologies de conduite automatisée.
Sur EZ-GO, les roues sont largement carénées afin de participer à l’aérodynamique et de protéger les éléments mécaniques des projections. Les répétiteurs de direction sont intégrés à ces carénages. Des signatures lumineuses à l’avant et à l’arrière peuvent également contribuer à la communication avec les autres usagers de la route.
L’habitacle privilégie une ambiance de salon roulant. Le toit vitré peut modifier sa transparence, tandis que le sol associe un traitement décoratif à un éclairage intégré. Un écran placé à proximité de l’ouverture fournit les informations relatives au trajet, remplaçant la logique d’instrumentation orientée vers un conducteur.
Fiche technique de la Renault EZ-GO
| Caractéristique | Donnée |
|---|---|
| Type | Concept de robot-taxi électrique autonome |
| Présentation | Salon de Genève 2018 |
| Nombre de places | 6 |
| Motorisation | Électrique |
| Implantation du moteur | Essieu arrière |
| Transmission | Propulsion |
| Batteries | Sous le plancher |
| Recharge | Recharge sans fil par induction prévue dans le concept |
| Conduite autonome | Niveau 4 |
| Direction | 4CONTROL à quatre roues directrices |
| Suspension | Suspension active à hauteur variable |
| Longueur | 5,20 m |
| Largeur | 2,20 m |
| Hauteur | 1,60 m avec l’accès fermé |
| Hauteur accès ouvert | 1,80 m |
| Empattement | 3,80 m |
| Masse | 1 700 kg |
| Masse des batteries | 300 kg |
| Vitesse maximale | 50 km/h |
| Capteurs | Radars, lidars, caméras et capteurs ultrasoniques |
| Connectivité | Wi-Fi, fonctions connectées et communication avec l’infrastructure envisagées |
Un concept sans production en série
EZ-GO n’a jamais été commercialisé et Renault n’a pas communiqué de prix catalogue. Sa fonction était celle d’un démonstrateur technologique et de design, pas celle d’un véhicule annonçant directement une mise en production. Les caractéristiques que Renault n’a pas rendues publiques, notamment la puissance du moteur, le couple, la capacité de la batterie ou l’autonomie, ne permettent donc pas d’établir une fiche de performances comparable à celle d’un modèle de série.
Une divergence existe également dans certaines publications concernant la longueur du véhicule. La documentation Renault donne 5,20 m, valeur à retenir pour identifier correctement le concept, tandis que quelques sources secondaires ont indiqué 4,80 m.
EZ-GO inaugure en 2018 une série de trois concepts baptisés EZ. EZ-PRO applique la même réflexion technologique au transport de marchandises et à la livraison urbaine, tandis que le Renault EZ-ULTIMO transpose le principe du véhicule autonome partagé dans un univers plus luxueux. Ces modèles utilisent une base technologique commune, mais ne constituent pas des versions ou des finitions de l’EZ-GO.
La place d’EZ-GO dans les concept-cars Renault
EZ-GO intervient après plusieurs démonstrateurs consacrés à l’électrification et à la conduite automatisée. Il se distingue toutefois par son abandon presque complet des codes de l’automobile particulière. Sa carrosserie, son accès frontal, sa banquette en U et sa vitesse limitée montrent que Renault cherchait davantage à concevoir un moyen de transport urbain qu’une voiture autonome classique.
Le concept anticipe aussi une évolution du rôle de l’automobile dans les grandes villes, avec des véhicules capables d’être exploités comme une flotte plutôt que possédés individuellement. Plusieurs années plus tard, d’autres constructeurs ont repris cette logique de véhicule spécifiquement conçu pour le transport autonome, comme le Tesla Cybercab, même si les projets diffèrent fortement par leur architecture et leur contexte industriel.
Renault a poursuivi ses recherches autour de l’automobile électrique et adaptable avec d’autres prototypes, notamment le Renault Morphoz. EZ-GO reste néanmoins l’une des propositions les plus radicales de la marque pour la mobilité urbaine, précisément parce qu’il ne cherche pas à conserver un poste de conduite ou une architecture automobile traditionnelle.





