Présenté en 2005 puis commercialisé en Europe à partir de 2006, le Toyota RAV4 3 correspond à la troisième génération du SUV compact japonais, souvent désignée par le code de famille XA30. Il marque une évolution importante dans l’histoire du Toyota RAV4 : plus grand, plus large et plus routier que son prédécesseur, il abandonne la carrosserie trois portes en Europe et adopte une transmission intégrale pilotée électroniquement sur les versions 4×4.
Cette génération est aussi celle qui installe définitivement le RAV4 parmi les SUV familiaux polyvalents. Toyota l’a décliné avec plusieurs moteurs essence et diesel, différentes transmissions et des configurations variant sensiblement selon les marchés. En Europe, la gamme s’articule surtout autour d’un quatre cylindres essence 2,0 litres et de diesels 2,2 litres, alors que l’Amérique du Nord reçoit également des moteurs essence de plus forte cylindrée, dont un V6 3,5 litres.
Une troisième génération profondément remaniée
Le RAV4 3 est dévoilé en première mondiale au Salon de Francfort en septembre 2005. Son lancement japonais intervient en novembre de la même année, avant son arrivée commerciale en Europe au début de 2006. Il remplace le Toyota RAV4 2, dont il s’éloigne nettement par ses proportions, son architecture de gamme et son niveau d’équipement.
Le développement est dirigé par Kiyotaka Ise, alors Executive Chief Engineer du programme. Toyota applique au modèle sa philosophie de style dite Vibrant Clarity, avec un thème extérieur qualifié à l’époque de Modern & Rugged. Le constructeur cherche à conserver l’image de SUV compact initiée par le premier RAV4 tout en améliorant le confort, l’habitabilité, le comportement routier et la qualité perçue.
La carrosserie européenne repose sur un empattement de 2 560 mm. Le modèle gagne environ 145 mm en longueur par rapport à son prédécesseur européen, ainsi que 80 mm en largeur et 70 mm d’empattement. Cette croissance rapproche le RAV4 des SUV familiaux traditionnels sans l’amener au gabarit du Toyota Highlander, plus grand et destiné à un positionnement supérieur sur plusieurs marchés.
La troisième génération abandonne aussi le système quatre roues motrices permanent du RAV4 précédent. Toyota introduit à la place un système Active Torque Control 4WD utilisant un coupleur électromagnétique. En conduite normale, le véhicule peut privilégier très largement l’essieu avant, tandis que le couple est transféré vers l’arrière lorsque les conditions l’exigent. Un mode 4WD LOCK permet en outre d’imposer temporairement une répartition plus favorable à la motricité à basse vitesse.
Motorisations et transmission
Au lancement européen, Toyota propose trois motorisations principales. Le moteur essence 2.0 VVT-i développe 152 ch et peut être associé à une boîte manuelle à cinq rapports ou à une automatique à quatre rapports. L’offre diesel repose sur un quatre cylindres 2.2 D-4D décliné en 136 ch et en 177 ch. Cette dernière version, dotée du système de dépollution D-CAT, développe 400 Nm et représente alors le sommet de la gamme européenne.
Le RAV4 3 de 177 ch se distingue par des performances élevées pour un SUV compact diesel du milieu des années 2000. Avec une vitesse maximale annoncée à 200 km/h et un 0 à 100 km/h en 9,3 secondes, il dépasse nettement la version D-4D 136 ch en accélération. Toyota insiste alors sur le couple disponible à bas régime et sur la combinaison entre motricité intégrale, contrôle de stabilité et direction assistée électrique.
À partir de la mise à jour de 2010, la gamme européenne évolue fortement. Le 2.0 VVT-i laisse place à un 2.0 Valvematic de 158 ch, associé selon les versions à une boîte manuelle à six rapports ou à la transmission à variation continue Multidrive S. Le diesel 2.2 est proposé en 150 ch, avec transmission manuelle ou automatique suivant la configuration, tandis que le 177 ch reste disponible au sommet de l’offre diesel.
Les motorisations diffèrent sensiblement sur les autres continents. Le Japon a notamment reçu un quatre cylindres essence 2,4 litres, tandis que l’Amérique du Nord a proposé des moteurs 2,4 puis 2,5 litres ainsi qu’un V6 3,5 litres. Ces variantes ne correspondent pas à la gamme française courante et expliquent pourquoi certaines fiches techniques internationales présentent des puissances, dimensions ou masses différentes de celles des modèles européens.
Fiche technique de la Toyota RAV4 3
| Caractéristique | Données |
|---|---|
| Génération | Troisième génération, famille XA30 |
| Présentation | 2005 |
| Commercialisation européenne | À partir de 2006 |
| Carrosserie | SUV 5 portes, structure monocoque |
| Implantation moteur | Avant transversal |
| Moteur essence initial | 4 cylindres, 1 998 cm3, atmosphérique, VVT-i |
| Puissance 2.0 VVT-i | 152 ch à 6 000 tr/min |
| Couple 2.0 VVT-i | 195 Nm à 4 000 tr/min |
| Moteur diesel | 4 cylindres, 2 231 cm3, injection common rail |
| Puissance 2.2 D-4D | 136 ch ou 177 ch selon version |
| Couple 2.2 D-4D 136 | 310 Nm à 2 000-2 800 tr/min |
| Couple 2.2 D-4D 177 | 400 Nm à partir de 2 000 tr/min |
| Moteur essence 2010 | 4 cylindres, 1 987 cm3, Valvematic |
| Puissance 2.0 Valvematic | 158 ch à 6 200 tr/min |
| Couple 2.0 Valvematic | 198 Nm à 4 400 tr/min |
| Diesel 2010 | 2.2 D-4D 150 ch ou 177 ch |
| Boîtes initiales | Manuelle 5 rapports, manuelle 6 rapports ou automatique 4 rapports selon moteur |
| Boîtes après 2010 | Manuelle 6 rapports, automatique 6 rapports ou CVT Multidrive S selon version |
| Transmission | Traction ou transmission intégrale Active Torque Control selon version |
| Répartition 4×4 | Jusqu’à environ 55 % du couple vers l’arrière suivant les conditions |
| Suspension avant | Type McPherson |
| Suspension arrière | Double triangulation |
| Direction | À crémaillère avec assistance électrique |
| Freins avant | Disques ventilés, 296 x 28 mm sur les versions documentées au lancement |
| Freins arrière | Disques, 281 x 12 mm sur les versions documentées au lancement |
| Longueur européenne | 4 315 à 4 395 mm selon présence de la roue de secours extérieure |
| Largeur | 1 815 mm |
| Hauteur | Environ 1 685 mm |
| Empattement | 2 560 mm |
| Voies avant et arrière | Environ 1 560 mm |
| Poids indicatif | Environ 1 465 à 1 595 kg selon moteur et transmission |
| Pneumatiques | 215/70 R16, 225/65 R17 ou 235/55 R18 selon finition |
| Vitesse maximale 2.0 VVT-i 152 BVM | 185 km/h |
| 0 à 100 km/h 2.0 VVT-i 152 BVM | 10,6 s |
| Vitesse maximale 2.2 D-4D 136 | 180 km/h |
| 0 à 100 km/h 2.2 D-4D 136 | 10,5 s |
| Vitesse maximale 2.2 D-4D 177 | 200 km/h |
| 0 à 100 km/h 2.2 D-4D 177 | 9,3 s |
| Consommation mixte initiale | Environ 6,7 à 9,1 l/100 km selon moteur et transmission |
| Réservoir | 60 litres |
| Coefficient aérodynamique annoncé | Cx 0,31 |
| Banquette arrière | Fractionnable 60/40, coulissante et rabattable |
Un SUV plus routier et plus familial
Le changement de génération ne se limite pas aux dimensions. Toyota revoit profondément les trains roulants avec un essieu avant de type McPherson et une suspension arrière à double triangulation. La disposition diagonale des amortisseurs arrière permet de libérer de la largeur dans le coffre, tandis que la banquette arrière coulissante améliore la modularité entre espace aux jambes et volume de chargement.
L’habitacle adopte une présentation plus automobile que celle des premiers RAV4, avec une planche de bord plus enveloppante, une console centrale verticale et davantage d’équipements de confort. Selon les finitions et les marchés, le modèle peut recevoir une climatisation automatique, un système de navigation, un accès et démarrage sans clé ou encore des jantes de 18 pouces.
La sécurité constitue aussi un axe important du développement. Le RAV4 3 associe ABS, répartiteur électronique de freinage, assistance au freinage et contrôle de stabilité selon les versions. Toyota introduit également un système VSC+ combinant l’action du contrôle de stabilité et celle de la direction assistée électrique afin d’aider le conducteur à corriger sa trajectoire.
Dans la gamme Toyota de la fin des années 2000, le RAV4 se situe au-dessus du Toyota Urban Cruiser, plus compact et davantage orienté vers un usage urbain. Face à certains concurrents contemporains comme le Suzuki Grand Vitara, le RAV4 adopte une philosophie plus proche du crossover routier, avec une structure monocoque et une transmission intégrale pilotée plutôt qu’une orientation prioritairement tout-terrain.
Restylage de 2010 et évolution de la gamme
En 2010, Toyota présente une évolution importante du RAV4 3. La face avant est largement redessinée avec de nouveaux projecteurs, une calandre différente, un capot modifié, de nouvelles ailes et un nouveau bouclier. Cette mise à jour donne au modèle une apparence plus proche des Toyota contemporaines et accompagne une révision de l’offre mécanique.
Le nouveau moteur essence 2.0 Valvematic de 158 ch améliore le rendement du quatre cylindres atmosphérique et peut recevoir la transmission CVT Multidrive S. Le diesel 2.2 D-4D de 150 ch devient une proposition centrale de la gamme et peut, selon la version, être associé à une boîte automatique à six rapports. Toyota développe aussi davantage les variantes à deux roues motrices, signe de l’évolution du RAV4 vers une utilisation principalement routière.
Cette troisième génération reste cependant facile à identifier malgré le restylage. Elle conserve sa silhouette haute, ses passages de roues marqués, son empattement de 2,56 m et, sur une grande partie de sa carrière, un hayon s’ouvrant latéralement. Certaines versions perdent toutefois la roue de secours extérieure, ce qui modifie sensiblement l’apparence de la poupe et explique les différences de longueur relevées dans les fiches techniques.
Fin de carrière et remplacement
La carrière européenne du RAV4 3 s’étend essentiellement de 2006 à 2012, même si certaines bases commerciales recensent encore des véhicules vendus ou immatriculés en 2013. Toyota dévoile son remplaçant à la fin de 2012 : le Toyota RAV4 4, plus long, doté d’un empattement accru et d’une architecture de carrosserie modernisée.
Le RAV4 3 occupe ainsi une place précise dans l’évolution du modèle. Il est la génération qui fait disparaître le trois portes européen, remplace le 4×4 permanent par une transmission intégrale pilotée et élargit fortement l’offre diesel. Les générations suivantes prolongeront cette transformation vers le SUV familial routier, jusqu’au Toyota RAV4 5, dont la gamme met davantage l’accent sur les motorisations hybrides et électrifiées.




