Le Toyota RAV4 2 désigne la deuxième génération du SUV compact japonais, connue sous le code de famille XA20 et lancée en 2000. Elle succède au premier Toyota RAV4, qui avait contribué dès les années 1990 à populariser une formule alors encore inhabituelle : une carrosserie de tout-terrain associée à une structure monocoque, des dimensions compactes et un comportement davantage tourné vers la route que vers le franchissement pur.
Présenté en première mondiale au Salon de Genève en février 2000, le RAV4 2 arrive au Japon au mois de mai puis en Europe durant l’été. Il conserve les carrosseries trois et cinq portes, mais grandit, gagne en habitabilité et soigne nettement plus son confort. Toyota cherche alors à transformer le concept original en un véhicule familial plus mature, sans lui faire perdre son gabarit relativement contenu.
Une deuxième génération plus ambitieuse
Le changement de génération est profond. Toyota développe une nouvelle plate-forme et indique à l’époque qu’environ 70 % des composants sont spécifiques au nouveau modèle. La rigidité de la caisse progresse, l’empattement augmente et l’aménagement intérieur devient plus flexible. La banquette arrière peut notamment coulisser, se rabattre, basculer ou être retirée selon les configurations.
Le RAV4 2 reste très différent des véritables 4×4 de la marque. Sa structure monocoque et ses quatre roues indépendantes l’éloignent de la conception plus robuste d’un Toyota Land Cruiser. Il vise d’abord la polyvalence routière, la facilité d’utilisation et un encombrement compatible avec un usage quotidien.
Deux silhouettes sont proposées. Le trois portes, avec son empattement court, conserve une image ludique proche du RAV4 originel. Le cinq portes devient cependant la variante la plus importante commercialement grâce à son habitabilité supérieure et à son empattement porté à 2,49 m. Sur les versions les plus typées, des élargisseurs d’ailes, des pneus plus larges et la roue de secours fixée sur la porte arrière renforcent l’apparence de SUV.
Le style conserve les grandes lignes qui rendent cette génération immédiatement identifiable : ailes fortement galbées, garde au sol élevée, grands projecteurs avant et roue extérieure à l’arrière. Le diesel D-4D se distingue également par une prise d’air aménagée sur le capot pour alimenter l’intercooler.
Moteurs essence et arrivée du premier RAV4 diesel
La gamme européenne débute avec deux quatre cylindres essence à distribution variable VVT-i. Le 1,8 litre développe environ 123 ch DIN et se trouve associé à la traction avant sur les versions européennes documentées. Le 2,0 litres 1AZ-FE délivre 150 ch DIN et 192 Nm, avec une transmission intégrale permanente. Il peut recevoir une boîte manuelle à cinq rapports ou une automatique à quatre rapports.
L’évolution la plus importante intervient en 2001 avec l’arrivée du 2.0 D-4D. C’est le premier moteur diesel proposé sur un RAV4. Ce quatre cylindres de 1 995 cm3 adopte une injection directe common rail, un turbocompresseur à géométrie variable et un intercooler. Il développe 85 kW, soit 116 ch DIN dans la documentation française, pour 250 Nm disponibles entre 1 800 et 3 000 tr/min. Certains documents britanniques l’annoncent à 114 bhp, différence qui correspond essentiellement aux unités et méthodes de présentation.
Le D-4D est associé à une boîte manuelle à cinq rapports et à la transmission intégrale permanente. Son couple nettement supérieur à celui des versions essence répond bien aux attentes du marché européen du début des années 2000, où le diesel progresse rapidement jusque dans les SUV compacts.
Le système à quatre roues motrices du 2,0 essence et du D-4D repose sur une architecture permanente avec différentiel central et dispositif à glissement limité. Sur certains marchés et certaines versions, un différentiel arrière Torsen pouvait également être proposé. Cette conception distingue nettement le RAV4 2 de générations ultérieures qui adopteront des systèmes de transmission intégrale gérés de manière plus électronique.
Fiche technique de la Toyota RAV4 2
| Caractéristique | Données |
|---|---|
| Génération | Deuxième génération, famille XA20 |
| Période | 2000 à 2006 selon les marchés |
| Carrosseries | 3 portes et 5 portes |
| Structure | Monocoque |
| Implantation moteur | Avant transversal |
| Moteur 1.8 VVT-i | 4 cylindres en ligne, 1 794 cm3, 16 soupapes, DOHC, VVT-i, 92 kW, environ 123 ch DIN, 161 Nm à 4 200 tr/min |
| Moteur 2.0 VVT-i | 4 cylindres en ligne, 1 998 cm3, 16 soupapes, DOHC, VVT-i, 110 kW, 150 ch DIN à 6 000 tr/min, 192 Nm à 4 000 tr/min |
| Moteur 2.0 D-4D | 4 cylindres en ligne, 1 995 cm3, turbo à géométrie variable, intercooler, injection directe common rail, 85 kW, 116 ch DIN, 250 Nm de 1 800 à 3 000 tr/min |
| Transmission | Traction avant sur certaines versions 1.8 européennes, transmission intégrale permanente sur 2.0 essence et D-4D |
| Boîtes | Manuelle 5 rapports, automatique 4 rapports disponible avec le 2.0 essence |
| Suspension avant | Jambes MacPherson indépendantes |
| Suspension arrière | Indépendante à doubles triangles avec bras tirés |
| Direction | Crémaillère assistée |
| Freinage | Disques avant ventilés, ABS et EBD selon version et marché |
| Pneumatiques | 215/70 R16 courants, 235/60 R16 sur certaines versions élargies |
| Longueur 3 portes | Environ 3 850 mm au lancement, avec variations selon version |
| Longueur 5 portes | Environ 4 245 mm au lancement, avec variations selon version |
| Largeur | Environ 1 735 mm, jusqu’à environ 1 785 mm avec élargisseurs |
| Hauteur | Environ 1 695 à 1 710 mm selon version |
| Empattement 3 portes | 2 280 mm |
| Empattement 5 portes | 2 490 mm |
| Voies | Environ 1 505 mm avant et 1 495 mm arrière avec pneus 215, jusqu’à environ 1 525 et 1 520 mm avec pneus 235 |
| Poids | Environ 1 220 à 1 485 kg selon carrosserie, moteur et équipement |
| Vitesse maximale 1.8 | Environ 175 km/h |
| 0 à 100 km/h 1.8 | Environ 12,2 s |
| Vitesse maximale 2.0 essence | Environ 185 km/h en boîte manuelle, 175 km/h en automatique |
| 0 à 100 km/h 2.0 essence | Environ 10,6 à 11,2 s selon version et année |
| Vitesse maximale D-4D | Environ 170 km/h |
| 0 à 100 km/h D-4D | Environ 12,1 s |
| Consommation mixte 1.8 | Environ 7,4 l/100 km selon cycle d’homologation d’époque |
| Consommation mixte 2.0 essence | Environ 8,8 l/100 km en boîte manuelle et 9,3 l/100 km en automatique |
| Consommation mixte D-4D | Environ 7,1 à 7,2 l/100 km selon carrosserie |
| Réservoir | 57 litres |
| Coefficient aérodynamique | Environ 0,35 au lancement |
Le restylage de 2003
À mi-carrière, Toyota fait évoluer le RAV4 pour l’année-modèle 2004. Les modifications extérieures concernent la calandre, le bouclier avant, les projecteurs, les antibrouillards et les feux arrière. Le cache de roue de secours est également redessiné. La silhouette générale reste pourtant suffisamment proche pour que les phases 1 et 2 appartiennent clairement à la même génération.
L’intérieur reçoit lui aussi plusieurs retouches de présentation et d’équipement. Toyota travaille parallèlement l’insonorisation, les réglages de suspension et certains paramètres de direction. L’objectif est moins de transformer le comportement du véhicule que d’améliorer son raffinement face à une concurrence devenue beaucoup plus dense qu’au lancement du premier RAV4.
La sécurité progresse également. L’ABS avec répartition électronique du freinage se généralise sur plusieurs marchés, tandis que les versions restylées les mieux équipées reçoivent davantage d’airbags, notamment des airbags rideaux. Le RAV4 reste ainsi compétitif dans une catégorie désormais stratégique pour les constructeurs généralistes.
Un SUV compact devenu véritablement mondial
Le RAV4 2 marque une étape importante dans l’expansion internationale du modèle. Toyota France évoque environ 1,15 million d’exemplaires produits sur l’ensemble de cette génération. Moins d’un an après son lancement, plus de 30 000 unités avaient déjà été vendues en Europe, avec une nette majorité de carrosseries cinq portes.
Le marché des SUV se structure en parallèle autour de plusieurs tailles de véhicules. Toyota élargit notamment son offre avec le Toyota Highlander, plus grand et davantage orienté vers un usage familial, tandis que le RAV4 conserve son rôle de SUV compact international.
Les codes de châssis varient selon les moteurs, carrosseries et marchés. Les versions européennes 2.0 essence sont notamment associées aux désignations ACA20 et ACA21, tandis que les diesels D-4D apparaissent sous les codes CLA20 et CLA21. XA20 reste donc avant tout la désignation générale de la famille technique plutôt qu’un code unique applicable à chaque RAV4 de deuxième génération.
La fin du RAV4 2 et le changement de génération
La deuxième génération quitte progressivement les catalogues entre la fin de 2005 et 2006 selon les pays. En France, sa commercialisation est généralement répertoriée jusqu’à la fin de 2005. Le Toyota RAV4 3 prend alors le relais avec une rupture importante : la carrosserie trois portes disparaît, les dimensions augmentent et la transmission intégrale évolue vers un système davantage piloté électroniquement.
Le RAV4 2 reste ainsi la dernière génération à réunir plusieurs caractéristiques directement héritées du modèle originel : une variante courte à trois portes, une roue de secours extérieure et, sur les principales versions 2,0 litres européennes, une transmission intégrale permanente. Les générations suivantes poursuivront l’agrandissement et la montée en gamme du modèle, jusqu’aux Toyota RAV4 4 et RAV4 ultérieurs, beaucoup plus proches par leur gabarit et leur positionnement des SUV familiaux contemporains.




