Commercialisée en 2011, la Citroën DS4 est une berline compacte cinq portes qui associe une silhouette de coupé à une position de conduite légèrement surélevée. Deuxième modèle de la ligne distinctive DS, elle se démarque par ses poignées arrière dissimulées, son pare-brise panoramique et sa présentation intérieure soignée. Produite à Mulhouse, elle partage une partie de sa base technique avec la Citroën C4 tout en proposant une carrosserie et un positionnement spécifiques.
Présentée en 2010, la DS4 arrive dans les concessions françaises au printemps 2011. Elle conserve l’identité Citroën jusqu’au restylage de 2015, qui accompagne l’émancipation de DS en marque automobile. La première génération poursuit ensuite sa carrière sous le nom DS 4 jusqu’en 2018.
Histoire et développement de la Citroën DS4
Au début des années 2010, Citroën développe sa ligne DS pour proposer des voitures plus distinctives que ses modèles traditionnels. Après la Citroën DS3, lancée en 2010, la DS4 transpose cette démarche au segment des compactes. Elle s’adresse aux automobilistes recherchant une voiture de dimensions raisonnables, mais dotée d’une présentation plus expressive et d’un équipement valorisant.
Le projet prend forme autour du concept DS High Rider, présenté au Salon de Genève en mars 2010. Ce coupé surélevé préfigure les proportions de la future DS4, avec un capot marqué, une ligne de toit descendante et des passages de roue prononcés. La voiture de série, révélée en août puis exposée au Mondial de Paris en octobre 2010, adopte finalement cinq portes afin de préserver une certaine polyvalence.
La DS4 repose sur une architecture apparentée à celle de la Citroën C4 de deuxième génération. Elle reprend notamment la disposition mécanique à moteur transversal et traction avant, ainsi que plusieurs motorisations du groupe PSA. Ses réglages de suspension, sa carrosserie et son aménagement intérieur répondent toutefois à un cahier des charges différent, privilégiant une présentation plus dynamique.
Fabriquée dans l’usine PSA de Mulhouse, en France, la DS4 est proposée au lancement avec trois finitions principales : Chic, So Chic et Sport Chic. La gamme comprend des moteurs essence atmosphériques ou turbocompressés, ainsi que des diesels HDi. Le THP 200 constitue alors la version essence la plus puissante.
La DS4 ne remplace pas la Citroën C4, qui poursuit sa carrière parallèlement. Elle occupe une place complémentaire dans le catalogue du constructeur, avant d’être rejointe par la Citroën DS5, troisième modèle de la ligne DS.
Un design entre berline compacte et coupé
La personnalité de la DS4 repose sur une silhouette inhabituelle pour une compacte cinq portes. Sa ligne de toit descend vers une lunette arrière inclinée, tandis que ses flancs sculptés et ses passages de roue marqués renforcent son allure dynamique. Les poignées arrière, intégrées aux montants, donnent l’impression d’une carrosserie trois portes lorsqu’on observe la voiture de profil.
La face avant conserve les doubles chevrons Citroën sur la calandre, accompagnés du monogramme DS sur le capot. Les projecteurs étirés, les éléments chromés et les feux diurnes à LED participent à une identité visuelle distincte de celle de la C4. Selon les finitions et les options, la voiture reçoit des jantes de 16 à 19 pouces.
À bord, la DS4 reprend l’architecture générale de la planche de bord de la C4, mais se distingue par ses matériaux, ses garnitures et ses possibilités de personnalisation. Certaines versions disposent d’une sellerie en cuir à confection dite « bracelet », dont les motifs évoquent les maillons d’un bracelet de montre. Le pare-brise panoramique remonte largement au-dessus des occupants avant et dispose de pare-soleil coulissants permettant de moduler la surface vitrée.
La DS4 conserve cinq places et une banquette arrière rabattable. Son coffre offre 359 litres dans certaines configurations avec roue de secours et jusqu’à 385 litres sans celle-ci. Le volume peut atteindre environ 1 021 litres une fois les sièges arrière rabattus.
Son apparence de coupé entraîne néanmoins plusieurs compromis pratiques. Les portes arrière possèdent des poignées discrètes, mais leur ouverture est moins commode que sur une berline classique. Surtout, les vitres latérales arrière sont fixes et ne peuvent pas descendre. La ligne de toit plongeante limite également l’espace disponible en hauteur pour les passagers arrière.
Fiche technique de la Citroën DS4
| Caractéristique | Données |
|---|---|
| Constructeur | Citroën, groupe PSA Peugeot Citroën |
| Modèle | DS4, première génération, phase originelle |
| Présentation | 2010, Mondial de l’automobile de Paris |
| Commercialisation | 2011 à 2015 sous l’identité Citroën |
| Production de la première génération | 2011 à 2018, restylage compris |
| Usine | Mulhouse, France |
| Segment | Berline compacte, segment C |
| Carrosserie | 5 portes, 5 places |
| Structure | Monocoque en acier, architecture PSA PF2 |
| Implantation | Moteur avant transversal |
| Transmission | Traction avant |
| Moteurs essence de lancement | 1.6 VTi 120, 1.6 THP 155/156, THP 160 et THP 200 |
| Cylindrée essence initiale | 1 598 cm³, 4 cylindres |
| Alimentation essence | Injection multipoint atmosphérique pour le VTi ; injection directe et turbocompresseur pour les THP |
| Moteurs diesel de lancement | 1.6 HDi/e-HDi 110/112 et 2.0 HDi 160/163 |
| Cylindrée diesel | 1 560 ou 1 997 cm³, 4 cylindres |
| Alimentation diesel | Injection directe common rail et turbocompresseur |
| Évolutions mécaniques | PureTech 130, BlueHDi 120 et 150, THP 165, BlueHDi 180 |
| Puissance | Environ 110 à 200 ch selon motorisation et millésime |
| Couple maximal | 160 Nm sur VTi 120 ; 275 Nm sur THP 200 ; 340 Nm sur HDi 160 |
| Boîtes de vitesses | Manuelle 5 ou 6 rapports, pilotée BMP6, automatique BVA6 ou EAT6 selon version |
| Suspension avant | Pseudo-MacPherson, ressorts hélicoïdaux et barre antiroulis |
| Suspension arrière | Essieu à traverse déformable |
| Direction | À crémaillère, assistance variable |
| Freins | Disques ventilés à l’avant, disques à l’arrière |
| Pneumatiques | Notamment 215/60 R16, 215/55 R17 et 225/45 R18 |
| Longueur | 4 275 mm |
| Largeur hors rétroviseurs | 1 810 mm |
| Largeur avec rétroviseurs | 2 052 mm |
| Hauteur | Environ 1 523 à 1 533 mm selon configuration |
| Empattement | 2 612 mm |
| Voie avant | 1 531 mm |
| Voie arrière | Environ 1 525 à 1 526 mm |
| Masse à vide | Environ 1 280 à 1 460 kg selon version et convention de mesure |
| Vitesse maximale | Jusqu’à 235 km/h pour le THP 200 |
| 0 à 100 km/h | 7,9 s pour le THP 200 |
| Consommation mixte homologuée | De 4,4 l/100 km pour l’e-HDi 110 BMP6 à environ 6,5 l/100 km pour certaines versions essence de lancement |
| Réservoir | 60 litres |
| Volume du coffre | 359 à 385 litres selon configuration |
| Sécurité | 5 étoiles Euro NCAP en 2011 |
Motorisations et comportement routier
La gamme mécanique de la DS4 couvre des usages différents. Le VTi 120 constitue l’offre essence atmosphérique de lancement. Dépourvu de turbocompresseur, il délivre sa puissance à un régime relativement élevé et convient davantage à une conduite souple qu’à la recherche de fortes accélérations.
Les moteurs THP apportent davantage de couple à bas régime. Le THP 155/156 est notamment proposé avec la boîte pilotée BMP6, tandis que le THP 160 existe avec une transmission automatique classique. Le THP 200, associé à une boîte manuelle à six rapports, développe 275 Nm dès 1 700 tr/min. Il permet à la DS4 d’atteindre 235 km/h et d’accélérer de 0 à 100 km/h en 7,9 secondes.
Les diesels occupent une place importante dans la gamme française de l’époque. Le 1.6 HDi privilégie la consommation, tandis que le 2.0 HDi 160 offre davantage de couple pour les longs trajets. La version e-HDi associe notamment le système Stop & Start à une boîte pilotée. Sa consommation mixte homologuée descend à 4,4 l/100 km selon la configuration de lancement.
La BMP6 mérite une distinction particulière : il s’agit d’une boîte manuelle robotisée, et non d’une transmission automatique à convertisseur de couple. Son fonctionnement peut entraîner des interruptions de motricité perceptibles pendant les changements de rapport. Les boîtes automatiques BVA6 et EAT6 reposent sur une conception différente.
La DS4 reçoit des suspensions classiques, sans système hydropneumatique. Ses réglages privilégient une conduite plus ferme que celle traditionnellement associée à certaines grandes Citroën. La monte pneumatique joue également sur le confort : les grandes jantes et les pneus à flancs plus bas peuvent accentuer la perception des irrégularités de la chaussée.
En matière de sécurité, la DS4 obtient cinq étoiles aux essais Euro NCAP de 2011, avec 90 % pour la protection des adultes, 80 % pour celle des enfants, 43 % pour les piétons et 97 % pour les aides à la sécurité. Ces résultats correspondent au protocole d’évaluation de 2011 et ne sont pas directement comparables aux notations actuelles.
Évolutions, restylage et fin de production
La DS4 évolue progressivement sans transformation majeure de sa carrosserie originelle. En 2012, Citroën propose notamment les séries limitées Just Mat et Just Pearl, qui mettent l’accent sur les teintes, les matériaux et la personnalisation. Les années suivantes apportent des ajustements d’équipement et de motorisations.
À partir de 2014, la gamme bénéficie de mécaniques répondant aux nouvelles exigences européennes en matière d’émissions. Le trois cylindres essence PureTech 130 et le diesel BlueHDi 120 apparaissent, suivis début 2015 par le THP 165 associé à la boîte EAT6, le BlueHDi 150 à boîte manuelle et le BlueHDi 180 automatique.
Le changement le plus visible intervient en septembre 2015 avec la présentation de la DS 4 restylée au Salon de Francfort. La voiture adopte une nouvelle face avant DS Wings et abandonne les chevrons Citroën sur sa calandre. Cette évolution accompagne la constitution de DS Automobiles en marque distincte. La commercialisation française des nouvelles versions commence en novembre.
Le restylage s’accompagne de l’apparition de la DS 4 Crossback, une variante à présentation plus aventurière. Elle se distingue notamment par une garde au sol relevée de 30 mm, des barres de toit et des protections de carrosserie spécifiques. Elle ne doit pas être confondue avec la Citroën DS4 originelle de 2011.
La première génération quitte finalement les chaînes de Mulhouse le 26 mai 2018. Environ 170 000 exemplaires ont été fabriqués sur l’ensemble de sa carrière, en incluant les versions commercialisées après le restylage. La production de la seule phase Citroën n’est pas établie séparément par ce chiffre. Une nouvelle génération de DS 4 apparaît en 2021, avec une architecture et une carrosserie entièrement renouvelées.
Prix de lancement et points à connaître en occasion
Lors de son lancement français en 2011, la DS4 VTi 120 Chic est annoncée à partir de 21 300 euros. Le THP 155 So Chic atteint 25 850 euros et le THP 200 Sport Chic 29 550 euros. Côté diesel, les prix annoncés s’échelonnent notamment de 23 800 euros pour le HDi 110 Chic à 29 800 euros pour le HDi 160 Sport Chic. Les tarifs évoluent ensuite avec les millésimes, les équipements et les nouvelles motorisations.
Sur le marché de l’occasion, l’identification précise du moteur et de la boîte est essentielle. Deux DS4 d’apparence similaire peuvent disposer de mécaniques très différentes, notamment entre un VTi atmosphérique, un THP turbo, un HDi classique et un BlueHDi plus récent.
Les moteurs essence THP de première génération appellent une attention particulière sur l’historique d’entretien, notamment concernant la distribution, la lubrification et le circuit de refroidissement. Les moteurs VTi peuvent également présenter des problématiques de consommation d’huile ou de distribution selon leur état et leur historique. Il convient de distinguer les motorisations et les années plutôt que d’attribuer systématiquement les mêmes défauts à toutes les DS4.
Sur les diesels, l’état du filtre à particules, de la vanne EGR et du système d’injection mérite une vérification, particulièrement sur les véhicules ayant principalement effectué de courts trajets. Les BlueHDi ajoutent un dispositif de dépollution SCR utilisant de l’AdBlue, dont le fonctionnement doit également être contrôlé.
La transmission constitue un autre critère de choix. Sur une BMP6, un essai permet d’apprécier la progressivité des changements de rapport et le comportement de l’embrayage. Pour les versions manuelles ou automatiques, l’historique des interventions et le bon fonctionnement à froid comme à chaud restent déterminants.
Enfin, l’examen de l’habitacle doit tenir compte des particularités de la carrosserie : fonctionnement des portes arrière, état des joints, sellerie, pare-brise panoramique et équipements électriques. La vérification du numéro VIN et des campagnes de rappel éventuellement applicables permet de compléter l’historique du véhicule avant l’achat.




