Commercialisé en Europe à partir d’avril 2003, le Smart Roadster Coupé transpose la recette technique de Smart dans une petite sportive biplace particulièrement basse et légère. Avec son trois-cylindres turbo installé à l’arrière, sa propulsion et sa cellule Tridion, il conserve plusieurs principes développés pour les premières Smart tout en adoptant des proportions radicalement différentes. Sa production reste brève : elle s’achève en 2005, après seulement quelques années de carrière.
Du concept de 2000 au modèle de série
Le projet prend forme alors que Smart cherche à élargir une gamme initialement construite autour de la Smart City Coupé. Plutôt que de simplement décliner sa citadine, la marque imagine une voiture de sport très compacte reprenant certains de ses fondamentaux, notamment le moteur arrière et la cellule de sécurité Tridion. Un premier concept Roadster est présenté au Salon de Francfort en 1999.
L’idée évolue rapidement vers deux carrosseries. Au Mondial de Paris 2000 apparaît un concept Roadster Coupé caractérisé par son volume arrière vitré. Les versions destinées à la production sont dévoilées deux ans plus tard, également à Paris, avant leur arrivée sur le marché européen au printemps 2003. La fabrication est assurée à Hambach, en Moselle, sur le site Smartville.
Le dessin initial du projet est notamment associé à Volker Leutz pour l’extérieur et Christoph Machinek pour l’habitacle, tandis que Michael Mauer intervient dans son développement et dans la définition de la variante Coupé. Le résultat s’éloigne fortement de la silhouette verticale des premières Smart : la carrosserie ne mesure que 3,43 m environ, mais elle est très basse et repose sur un empattement de 2,36 m.
Cette diversification de la gamme se déroule à une période particulièrement ambitieuse pour Smart. La marque explore aussi des propositions atypiques comme la Smart Crossblade, avant de s’attaquer au segment des petites berlines avec la Smart Forfour. Le Roadster Coupé appartient ainsi à une courte période durant laquelle Smart tente d’étendre rapidement son concept bien au-delà de la citadine originelle.
Une carrosserie Coupé bien distincte du Roadster
Malgré leurs noms très proches, Roadster et Roadster Coupé ne présentent pas exactement la même poupe. Le Smart Roadster possède une partie arrière basse conforme à l’image traditionnelle d’un petit roadster, tandis que le Coupé prolonge son pavillon par un volume surélevé largement vitré. Ce hayon donne à la voiture une silhouette de petit fastback, parfois rapprochée de celle d’un shooting brake.
Cette différence ne correspond cependant ni à une nouvelle génération ni à une architecture particulière. Les deux modèles appartiennent à la famille 452 et partagent leur cellule centrale, leur empattement, leur implantation mécanique et l’essentiel de leurs composants. Le Roadster Coupé reste par ailleurs une voiture découvrable : il pouvait recevoir un toit rigide démontable ou, selon la configuration, un système de toit souple.
Visuellement, la voiture se reconnaît aussi à son capot très bas, à ses ailes fortement marquées et à ses roues placées près des extrémités de la carrosserie. La cellule Tridion participe directement au style, comme sur les autres Smart de cette époque. Le porte-à-faux réduit et la hauteur voisine de 1,20 m produisent des proportions sans équivalent dans le reste de la gamme.
Trois cylindres turbo, propulsion et faible masse
Le Roadster Coupé de lancement utilise un trois-cylindres essence turbo de 698 cm³ développant 60 kW, soit 82 ch, pour un couple maximal de 110 Nm. Installé transversalement à l’arrière, il entraîne les roues arrière. La puissance paraît modeste pour une sportive, mais elle doit être replacée dans le contexte d’une voiture dont la masse à vide se situe autour de 815 à 865 kg suivant la définition et l’équipement retenus.
La transmission constitue l’une des particularités les plus marquées du modèle. Smart utilise une boîte mécanique robotisée à six rapports, et non une boîte automatique conventionnelle. L’embrayage et les changements de rapport sont commandés par des actionneurs, avec possibilité de fonctionnement automatique ou de sélection séquentielle. Cette solution permet de se passer d’une pédale d’embrayage tout en conservant une architecture de boîte mécanique.
Le châssis repose sur la cellule de sécurité Tridion en acier complétée par des panneaux de carrosserie rapportés. L’ESP et l’ABS font partie de l’équipement de sécurité, tandis que le freinage associe des disques avant à des tambours arrière. La monte de lancement du Coupé comprend notamment des pneus 205/50 R15, avec des roues de 16 pouces disponibles dans certaines configurations.
La combinaison d’une position de conduite basse, d’un empattement relativement long par rapport à la longueur totale et d’une mécanique placée derrière les occupants définit davantage le caractère de la voiture que sa puissance brute. Avec 82 ch, le 0 à 100 km/h est annoncé en 10,9 secondes. Les documentations donnent une vitesse maximale de 175 à 180 km/h suivant les références.
Fiche technique de la Smart Roadster Coupé
| Caractéristique | Smart Roadster Coupé 82 ch |
|---|---|
| Période de commercialisation | 2003 à 2005, avec ventes de stocks ultérieures selon les marchés |
| Carrosserie | Coupé biplace 2 portes à hayon vitré |
| Architecture moteur | 3 cylindres en ligne essence turbo, 6 soupapes |
| Cylindrée | 698 cm³ |
| Alimentation | Injection électronique multipoint, turbocompresseur |
| Puissance maximale | 60 kW / 82 ch à 5 250 tr/min |
| Couple maximal | 110 Nm |
| Implantation | Moteur arrière transversal |
| Transmission | Propulsion |
| Boîte de vitesses | Mécanique robotisée séquentielle à 6 rapports |
| Structure | Cellule de sécurité Tridion en acier, panneaux de carrosserie rapportés |
| Suspension avant | Type McPherson |
| Suspension arrière | Essieu De Dion |
| Direction | À crémaillère |
| Freins avant | Disques |
| Freins arrière | Tambours |
| Aides électroniques | ABS, ESP |
| Pneumatiques de référence | 205/50 R15 |
| Longueur | 3 427 mm |
| Largeur | 1 615 mm |
| Hauteur | Environ 1 190 à 1 207 mm selon les références |
| Empattement | 2 360 mm |
| Voie avant | Environ 1 357 mm |
| Voie arrière | Environ 1 392 mm |
| Poids à vide | Environ 815 à 865 kg selon définition et équipement |
| 0 à 100 km/h | 10,9 s |
| Vitesse maximale | 175 à 180 km/h selon les références |
| Consommation mixte homologuée | Environ 5,1 l/100 km |
| Consommation urbaine | Environ 6,4 l/100 km |
| Consommation extra-urbaine | Environ 4,3 l/100 km |
| Réservoir | 35 litres |
| Émissions de CO2 | Environ 121 g/km |
| Norme antipollution | Euro 4 |
| Production | Hambach, France |
Brabus et les variantes les plus sportives
Smart enrichit rapidement la famille avec des finitions et séries particulières, dont Bluewave et Xclusive selon les marchés. L’évolution la plus importante concerne toutefois Brabus. Le préparateur associé à Smart porte le trois-cylindres à 74 kW, soit 101 ch, donnant naissance à une déclinaison nettement plus performante et placée au sommet de la gamme. Cette évolution est également associée au Smart Roadster Brabus.
Il faut distinguer cette version commercialisée d’une réalisation beaucoup plus spectaculaire : le Roadster Coupé V6 biturbo. Ce prototype reçoit un moteur de 1 396 cm³ élaboré à partir de deux blocs trois-cylindres et développe environ 170 ch. Produit à très peu d’exemplaires comme démonstrateur technique, il n’a jamais constitué une motorisation régulière du catalogue Roadster Coupé.
Une carrière arrêtée dès 2005
La famille Roadster arrive au moment où Smart multiplie les projets. Après les dérivés de sa petite deux-places, la marque lance notamment la Smart Forfour 454, qui l’entraîne sur un terrain beaucoup plus conventionnel. Cette expansion rapide ne produit toutefois pas les résultats économiques attendus et DaimlerChrysler engage une profonde restructuration de Smart.
La production du Roadster et du Roadster Coupé est ainsi arrêtée en 2005, environ deux ans et demi après leur lancement commercial. Des voitures neuves restant en stock ont encore été vendues et immatriculées par la suite, ce qui explique que certaines bases de données prolongent leur période de commercialisation jusqu’en 2006 ou 2007.
Le chiffre d’environ 43 000 exemplaires, souvent précisé à 43 091 unités, concerne l’ensemble de la famille Smart Roadster type 452 plutôt que le seul Coupé. Une ventilation suffisamment solide entre Roadster et Roadster Coupé n’est pas établie. Le Coupé 82 ch était affiché autour de 20 850 euros en France au printemps 2003, avec des tarifs supérieurs pour certaines séries et finitions.
Smart ne donnera pas de successeur direct au type 452. Après cette période d’expansion, la marque recentre son activité autour de sa petite deux-places, dont la deuxième génération apparaît en 2007. Le Roadster Coupé demeure ainsi une branche isolée dans l’histoire de Smart : une sportive à moteur arrière produite en France pendant une période particulièrement courte, avec une carrosserie vitrée qui la distingue immédiatement du Roadster dont elle partage pourtant presque toute la base technique.




