Lancé en 2004, le Smart Roadster Brabus représente la déclinaison la plus performante du petit roadster de série développé par Smart. Son trois cylindres turbo de 698 cm³ atteint 101 ch, une puissance modeste dans l’absolu mais associée à une masse d’environ 830 kg et à une architecture à moteur arrière et propulsion. Cette préparation ne se résume pas au moteur : roues de 17 pouces, châssis sport, présentation extérieure spécifique et habitacle enrichi distinguent clairement cette version.
Le modèle doit être différencié du Roadster-Coupé Brabus, doté de la partie arrière vitrée caractéristique de la carrosserie coupé, ainsi que du spectaculaire prototype V6 biturbo construit à quelques exemplaires. Le Smart Roadster Brabus présenté ici est bien le roadster 101 ch commercialisé en série à partir de 2004.
Du Smart Roadster à la version Brabus
Le programme Roadster prend forme à la fin des années 1990. Smart présente un premier concept à Francfort en 1999, puis développe l’idée jusqu’aux modèles de série dévoilés en 2002 et commercialisés à partir de 2003. Avec sa cellule Tridion, ses panneaux de carrosserie rapportés et son moteur installé derrière les occupants, le Smart Roadster transpose les principes techniques de la marque dans une petite sportive biplace particulièrement basse.
Cette architecture s’inscrit dans l’univers technique construit autour des premières Smart, notamment la Smart Fortwo 450, elle aussi caractérisée par une cellule Tridion, un moteur arrière et des dimensions très contenues. Le Roadster pousse cependant la formule dans une direction différente : centre de gravité bas, position de conduite proche du sol, empattement relativement long par rapport à sa longueur et priorité donnée au comportement plutôt qu’à la vocation urbaine.
La coopération avec Brabus permet à Smart d’en proposer une interprétation plus musclée. Présenté en 2004, le Roadster Brabus prend place au sommet de la gamme avec 74 kW, soit 101 ch. Cette démarche rappelle celle appliquée à la Smart Fortwo Brabus, mais elle bénéficie ici d’une base conçue dès l’origine comme une voiture de loisir sportive.
Un trois cylindres turbo poussé à 101 ch
Le Roadster Brabus conserve le trois cylindres essence turbo de 698 cm³ de la famille 452, mais sa préparation porte la puissance à 101 ch et le couple à 130 Nm. Le moteur reste transversal, placé derrière l’habitacle, et entraîne les roues arrière. Avec plus de 144 ch par litre, la puissance spécifique est élevée pour une petite voiture de série du début des années 2000.
La transmission est assurée par la boîte robotisée Softouch à six rapports. Elle peut fonctionner automatiquement ou être commandée manuellement, notamment depuis les palettes au volant. Cette boîte constitue un élément déterminant du caractère du Roadster Brabus : elle dispense de pédale d’embrayage mais conserve une architecture mécanique robotisée, avec des changements de rapport sensiblement différents de ceux d’une boîte automatique conventionnelle.
Le rapport poids-puissance explique davantage la personnalité du modèle que sa puissance brute. Le constructeur annonçait 9,8 secondes pour passer de 0 à 100 km/h et 190 km/h en vitesse maximale. Ces valeurs placent le Brabus au-dessus des autres Roadster de série sans modifier la philosophie initiale : exploiter une mécanique compacte dans une automobile légère plutôt que rechercher une puissance très élevée.
Châssis, roues et présentation spécifiques
La préparation Brabus s’accompagne de roues nettement plus imposantes que celles des versions ordinaires. Les jantes Brabus de 17 pouces reçoivent des pneus de 205/40 R17 à l’avant et 225/35 R17 à l’arrière. Cette monte très large pour une automobile aussi légère contribue fortement à l’allure du modèle et permet de reconnaître rapidement une véritable version Brabus.
Le châssis conserve le principe général du Roadster, avec suspension avant de type McPherson et essieu De Dion à l’arrière, mais bénéficie d’une définition sportive. La direction à crémaillère, le moteur arrière et la propulsion s’intègrent dans une voiture longue de seulement 3,43 m environ. Le freinage repose sur des disques avant et des tambours arrière, associés à l’ABS et aux aides électroniques de la voiture.
Extérieurement, les grandes roues sont accompagnées d’éléments de carrosserie spécifiques, d’une présentation plus agressive et d’un échappement Brabus central. Dans l’habitacle, la version reçoit notamment des sièges sport en cuir et un volant sport trois branches avec palettes. L’objectif n’est donc pas seulement d’augmenter la puissance : Smart et Brabus créent une finition cohérente, identifiable aussi bien par sa mécanique que par son équipement.
Cette recherche d’une Smart inhabituelle s’inscrit dans une période particulièrement expérimentale pour la marque. La Smart Crossblade, commercialisée peu auparavant, avait déjà montré jusqu’où Smart pouvait pousser le concept d’une petite voiture légère et ludique, même si son approche radicalement ouverte et sa vocation étaient très différentes de celles du Roadster Brabus.
Roadster Brabus, Roadster-Coupé Brabus et V6 biturbo
La dénomination peut facilement prêter à confusion car Smart proposait simultanément deux silhouettes. Le Roadster traité ici possède la carrosserie ouverte classique avec son arrière court. Le Smart Roadster Coupé ajoute une partie arrière vitrée qui modifie la silhouette et augmente sensiblement la capacité de chargement. Les deux carrosseries ont reçu la mécanique Brabus de 101 ch.
Leurs performances officielles ne sont toutefois pas parfaitement identiques. Smart annonçait 190 km/h pour le Roadster Brabus et 195 km/h pour le Roadster-Coupé Brabus. Leur masse diffère également, la documentation d’époque indiquant environ 832 kg pour le premier et 852 kg pour le second. Employer systématiquement les chiffres du Coupé pour décrire le Roadster conduit donc à des erreurs.
Une autre confusion concerne le Brabus V6 biturbo développé en 2003. Ce projet expérimental réunissait deux petits moteurs trois cylindres afin de former un V6 biturbo d’environ 1,4 litre, installé dans un Roadster-Coupé profondément modifié. Avec environ 170 à 177 ch selon la définition retenue, il se situait très au-delà du modèle de série. Seule une dizaine d’exemplaires expérimentaux a été construite : ce V6 n’est pas une motorisation proposée au catalogue du Roadster Brabus 101 ch.
Fiche technique de la Smart Roadster Brabus
| Caractéristique | Smart Roadster Brabus |
|---|---|
| Année de lancement | 2004 |
| Type | Roadster 2 places |
| Architecture | Moteur arrière transversal, propulsion |
| Moteur | 3 cylindres en ligne essence turbo |
| Cylindrée | 698 cm³ |
| Distribution | 6 soupapes, simple arbre à cames en tête |
| Alésage x course | 66,5 x 67,0 mm |
| Taux de compression | 9,0:1 |
| Alimentation | Injection électronique multipoint, turbocompresseur |
| Puissance | 74 kW, 101 ch à 5 250 tr/min |
| Couple | 130 Nm de 2 500 à 4 500 tr/min |
| Boîte de vitesses | Robotisée Softouch à 6 rapports |
| Embrayage | Monodisque à sec, commande robotisée |
| Suspension avant | Type McPherson avec barre stabilisatrice |
| Suspension arrière | Essieu De Dion, ressorts hélicoïdaux et barre antiroulis |
| Direction | À crémaillère |
| Freins | Disques avant, tambours arrière, ABS |
| Jantes | Brabus 17 pouces |
| Pneus avant | 205/40 R17 |
| Pneus arrière | 225/35 R17 |
| Longueur | 3 427 mm |
| Largeur | 1 615 mm |
| Hauteur | 1 190 mm |
| Empattement | 2 360 mm |
| Voie avant | 1 365 mm |
| Voie arrière | 1 382 mm |
| Masse | 832 kg selon la documentation Smart d’époque |
| 0 à 100 km/h | 9,8 s |
| Vitesse maximale | 190 km/h |
| Consommation mixte | 5,3 l/100 km |
| Consommation urbaine | 6,6 l/100 km |
| Consommation extra-urbaine | 4,6 l/100 km |
| Réservoir | 35 litres |
| Carburant préconisé | Essence Super sans plomb 98 RON |
Une carrière courte au sommet de la gamme Roadster
Le Roadster Brabus arrive alors que la carrière de la famille 452 est déjà engagée. Malgré une proposition technique singulière, Smart ne maintient pas longtemps cette lignée. La production du Roadster est arrêtée en 2005, les véhicules restant en stock continuant à être commercialisés ensuite. La période 2004-2006 est ainsi généralement retenue pour la présence commerciale du Brabus.
En France, son prix neuf atteignait environ 25 750 euros en 2004. Ce positionnement était élevé pour une Smart, mais le modèle associait une production relativement confidentielle à une préparation mécanique et esthétique complète. Le nombre exact de Roadster Brabus 101 ch produits séparément des Roadster-Coupé Brabus n’est pas établi de manière suffisamment fiable pour avancer un volume précis.
La brièveté de sa carrière a aussi empêché l’apparition d’une seconde génération. Après l’abandon de la famille 452, Smart recentre son offre sur ses citadines et aucun nouveau petit roadster à moteur arrière ne vient directement remplacer le modèle. Le Roadster Brabus reste ainsi lié à une période très particulière de l’histoire de Smart, lorsque la marque appliquait son architecture compacte à une véritable biplace sportive.




