Lancée au Japon en août 1985, la Nissan Skyline R31 constitue la septième génération de la lignée Skyline. Elle succède à la Nissan Skyline R30 avec une orientation initialement plus bourgeoise, mais introduit deux innovations qui vont devenir indissociables des Skyline suivantes : la famille de moteurs six cylindres RB et le système de roues arrière directrices HICAS. D’abord proposée essentiellement sous des carrosseries quatre portes, elle retrouve rapidement une dimension plus sportive avec l’arrivée du coupé GTS, puis de la rare GTS-R destinée à l’homologation en compétition.
Une Skyline profondément renouvelée en 1985
La R31 apparaît le 19 août 1985 dans un contexte où Nissan souhaite élargir le positionnement de la Skyline. La nouvelle génération met davantage l’accent sur le confort, l’équipement et la sophistication technologique. Cette évolution tranche avec l’image très sportive attachée à certaines versions des générations antérieures et explique en partie l’accueil mitigé réservé au modèle par les passionnés lors de ses débuts.
Au lancement japonais, la gamme repose en effet sur des berlines et des hardtops quatre portes. L’absence d’un coupé est notable pour une Nissan Skyline, dont l’histoire est étroitement liée aux modèles sportifs à deux portes. Nissan propose néanmoins une gamme particulièrement étendue, avec différentes finitions et des moteurs quatre cylindres, six cylindres essence et diesel. La R31 n’est donc pas un modèle sportif unique, mais une famille couvrant plusieurs usages.
Son architecture reste classique pour la lignée : moteur longitudinal à l’avant et roues arrière motrices. La carrosserie conserve les formes rectilignes caractéristiques du milieu des années 1980, avec des surfaces assez planes, une ceinture de caisse marquée et une face avant géométrique. Selon les marchés, la famille R31 existe également sous d’autres formes, notamment en break. Les Skyline assemblées hors du Japon peuvent recevoir des mécaniques et des équipements différents de ceux des versions japonaises.
Les moteurs RB font leur entrée dans la Skyline
L’un des changements déterminants de la R31 se trouve sous le capot. Nissan inaugure dans la Skyline sa nouvelle famille de six cylindres en ligne RB. Plusieurs déclinaisons du 2,0 litres sont proposées au Japon : RB20E, RB20ET, RB20DE et RB20DET. Les versions les plus sophistiquées utilisent une culasse à double arbre à cames et 24 soupapes, tandis que le RB20DET ajoute un turbocompresseur.
Cette architecture technique dépasse largement le cadre de la R31. Les moteurs RB seront perfectionnés sur les générations suivantes et deviendront une composante majeure de l’identité des Skyline sportives. La Nissan Skyline R32, qui prend la relève en 1989, prolongera cette évolution avec des versions beaucoup plus radicales.
La gamme R31 ne se limite toutefois pas au RB20. Au Japon, Nissan propose également le quatre cylindres CA18S et le six cylindres diesel RD28. Sur certains marchés d’exportation, les configurations divergent davantage encore. L’Australie reçoit notamment des Skyline équipées du RB30E de 3,0 litres, ce qui explique les importantes différences rencontrées entre les fiches techniques d’une R31 japonaise et celles d’une voiture assemblée localement.
La génération introduit aussi le HICAS dans la gamme Skyline. Ce système agit sur les roues arrière afin d’améliorer la réponse du châssis lors des changements de direction. Sur la R31, le braquage arrière reste faible, mais cette technologie ouvre une voie que Nissan continuera d’exploiter sur ses modèles sportifs ultérieurs.
Du coupé GTS à la GTS-R d’homologation
Nissan répond en mai 1986 aux attentes d’une clientèle sportive en lançant le coupé deux portes GTS. Plus bas et visuellement plus dynamique que les quatre portes initiales, il redonne à la Skyline une silhouette sportive traditionnelle. Les GTS et GTS-X turbo deviennent rapidement les versions les plus représentatives de la R31 auprès des amateurs.
La gamme évolue encore en 1987. La GTS-R constitue alors le sommet de la R31 de route. Conçue dans une logique d’homologation pour le Groupe A, elle reçoit le RB20DET-R de 1 998 cm3. Ce six cylindres turbo développe officiellement 210 PS à 6 400 tr/min et 245 Nm à 4 800 tr/min. Nissan annonce une série limitée à 800 unités, ce qui en fait une variante nettement plus rare que les Skyline R31 ordinaires.
Le moteur de la GTS-R bénéficie notamment d’un turbocompresseur de plus grande capacité et d’une configuration adaptée aux besoins de l’homologation. Il ne faut cependant pas confondre les caractéristiques de la voiture routière avec celles des machines de compétition : la GTS-R engagée par Nissan Motorsports Europe en 1988 atteignait environ 400 PS après préparation.
La R31 n’a par ailleurs jamais donné naissance à une GT-R de série. La confusion est fréquente en raison de la proximité historique entre GTS-R et GT-R, mais les deux appellations ne désignent pas la même voiture. Le nom Nissan Skyline GT-R, absent depuis les années 1970, ne revient qu’avec la R32 en 1989.
Fiche technique de la Nissan Skyline R31
| Caractéristique | Données |
|---|---|
| Période de la génération japonaise | 1985-1989 |
| Architecture | Moteur avant longitudinal, propulsion |
| Carrosseries | Berline 4 portes, hardtop 4 portes, coupé 2 portes, break selon marché |
| Moteurs japonais | CA18S, RD28, RB20E, RB20ET, RB20DE, RB20DET, RB20DET-R selon version |
| RB20DET | 6 cylindres en ligne, 1 998 cm3, DOHC 24 soupapes, turbo |
| RB20DET Passage GT Turbo documenté | 210 PS à 6 400 tr/min, 245 Nm à 3 600 tr/min |
| RB20DET-R GTS-R | 6 cylindres en ligne, 1 998 cm3, turbo, 210 PS à 6 400 tr/min, 245 Nm à 4 800 tr/min |
| Transmission | Boîtes manuelles ou automatiques selon version, boîte manuelle 5 rapports sur GTS-R |
| Suspension avant | Jambes de force sur les versions documentées |
| Suspension arrière | Indépendante à bras semi-tirés sur les versions documentées |
| Direction arrière | HICAS sur les versions concernées |
| Freins GTS-R | Disques ventilés avant et arrière |
| Pneus GTS-R | 205/60 R15 |
| Longueur GTS-R | 4 660 mm |
| Largeur GTS-R | 1 690 mm |
| Hauteur GTS-R | 1 365 mm |
| Empattement GTS-R | 2 615 mm |
| Voies GTS-R | 1 425 mm avant, 1 420 mm arrière |
| Poids GTS-R | 1 345 kg |
Un dessin typique des années 1980
La R31 appartient pleinement à l’esthétique automobile japonaise du milieu des années 1980. Sa carrosserie privilégie les lignes droites, les angles marqués et une présentation relativement sobre. Les premières berlines et hardtops reflètent particulièrement le positionnement plus statutaire recherché par Nissan, tandis que le coupé apparu en 1986 adopte des proportions plus basses et une présentation plus agressive.
Les évolutions de gamme et le restylage intervenu durant la carrière du modèle modifient certains détails de face avant et d’équipement. Il est donc risqué d’identifier une R31 uniquement par une calandre ou un ensemble optique sans tenir compte de l’année, de la carrosserie et du marché. Les codes de châssis apportent une indication plus précise : HR31 apparaît notamment sur plusieurs versions à moteur RB20, tandis que la GTS-R conservée par Nissan porte le code KHR31.
Cette diversité est encore plus importante hors du Japon. Les Skyline australiennes équipées du RB30E, par exemple, ne doivent pas être utilisées comme référence mécanique pour une GTS japonaise. La R31 partage également son époque avec la Nissan 300ZX Z31, autre propulsion Nissan à moteur longitudinal, mais les deux voitures appartiennent à des lignées distinctes et répondent à des positionnements différents.
La R31 en compétition
La GTS-R donne à la R31 une véritable carrière internationale en voitures de tourisme. Sa production limitée permet à Nissan de disposer d’une base homologuée pour le Groupe A, catégorie dans laquelle les constructeurs doivent dériver leurs voitures de course d’un modèle routier produit en série.
En Europe, Nissan Motorsports Europe engage en 1988 une Skyline GTS-R préparée pour le championnat européen des voitures de tourisme. Son RB porté à 2 029 cm3 développe environ 400 PS à 7 200 tr/min et 412 Nm à 6 000 tr/min. Allan Grice, Win Percy et Anders Olofsson conduisent notamment une GTS-R à la sixième place des 24 Heures de Spa 1988.
Au Japon, la R31 poursuit sa carrière en tourisme et la GTS-R décroche le titre du Japan Touring Car Championship en 1989. Ce programme sportif sert de transition vers la génération suivante, développée avec des ambitions encore supérieures en Groupe A.
La transition vers les Skyline modernes
Lorsque la R31 quitte le marché japonais en 1989, la Skyline a considérablement évolué par rapport au modèle présenté quatre ans auparavant. Une génération initialement orientée vers le confort a finalement fourni le coupé GTS, la GTS-R d’homologation, les moteurs RB et une première application du HICAS. Ces éléments techniques forment une partie des fondations utilisées par Nissan pour ses Skyline des années 1990.
La R32 qui lui succède pousse cette orientation beaucoup plus loin, avant que les Nissan Skyline R33 et Nissan Skyline R34 ne poursuivent le développement de la lignée. La R31 conserve néanmoins une identité propre : celle de la première Skyline à moteur RB, mais aussi celle qui a préparé le retour de Nissan au premier plan des compétitions de voitures de tourisme avec la GTS-R.




