Nissan Elgrand

Nissan Elgrand

Le Nissan Elgrand apparaît au Japon en 1997 avec une ambition claire : transposer dans un grand monospace le confort et la présentation jusque-là associés aux modèles haut de gamme. Sa première génération E50 conserve des racines proches de l’univers des grands véhicules utilitaires et familiaux de Nissan, mais elle s’en éloigne par son équipement, son aménagement intérieur et ses motorisations. Au fil des générations E51, E52 puis E53, l’Elgrand devient l’un des porte-drapeaux de Nissan sur le marché japonais du monospace de luxe.

Peu connu officiellement en Europe, où il n’a pas occupé la même place commerciale qu’au Japon, l’Elgrand est surtout visible par l’intermédiaire des importations. Cette diffusion particulière explique aussi pourquoi plusieurs générations, motorisations et appellations sont parfois confondues. L’Elgrand de 1997 désigne bien le début d’une lignée qui a profondément évolué depuis son premier E50.

De Caravan Elgrand au monospace haut de gamme

La première génération est lancée en mai 1997. Selon le réseau japonais dans lequel il est vendu, le véhicule porte initialement les appellations Caravan Elgrand ou Homy Elgrand. Ce lien avec le Nissan Caravan permet de comprendre ses origines, mais l’Elgrand ne se résume pas à un simple utilitaire vitré : Nissan le développe comme un grand véhicule familial de nouvelle génération, avec un habitacle beaucoup plus soigné et une forte priorité donnée au confort des passagers.

Le résultat est un monospace imposant, haut et presque cubique, dont la silhouette privilégie le volume intérieur. Son architecture semi-cab-over conserve un capot très court et une position de conduite élevée. Dans l’habitacle, Nissan mise sur l’espace, la modularité et la possibilité de circuler plus facilement entre les sièges. Selon les configurations, sept ou huit occupants peuvent prendre place à bord.

L’Elgrand se positionne ainsi au-dessus du Nissan Serena, plus compact et davantage tourné vers les besoins familiaux généralistes. Le choix est également révélateur de l’évolution du marché japonais des années 1990, où les grands monospaces deviennent des véhicules de prestige à part entière. Dans un autre registre, les grandes berlines comme la Nissan Cima incarnent alors elles aussi la montée en gamme du constructeur.

Le succès arrive rapidement. Nissan annonce que la production cumulée des Caravan Elgrand et Homy Elgrand dépasse 100 000 unités dès novembre 1998. Avant le remplacement de l’E50 en 2002, les ventes cumulées de cette première génération franchissent les 200 000 exemplaires. Ces deux chiffres correspondent à des indicateurs différents, production d’un côté et ventes de l’autre, mais ils illustrent tous deux l’importance prise par le modèle sur son marché domestique.

Une première génération E50 à essence ou diesel

L’E50 est proposé avec plusieurs moteurs au cours de sa carrière. Au lancement, l’offre comprend notamment le V6 essence VG33E de 3,3 litres et le quatre cylindres turbodiesel QD32ETi de 3,2 litres. Ce dernier développe 150 ch et fournit un couple important à bas régime, une caractéristique adaptée à un véhicule dont la masse approche ou dépasse deux tonnes selon les versions.

La gamme diesel évolue ensuite avec le ZD30DDTi de 3,0 litres à injection directe, donné pour environ 170 ch. Mais l’évolution mécanique la plus marquante intervient lors du remaniement de 2000. Nissan installe alors le VQ35DE, un V6 de 3 498 cm3 développant 240 ch sur l’Elgrand. Cette famille de moteurs connaîtra une diffusion considérable chez Nissan, jusque dans des véhicules aussi différents que le Nissan Murano ou, avec une définition sportive, la Nissan 350z.

Sur l’E50, le moteur est placé à l’avant et associé à une boîte automatique à quatre rapports. Des configurations à propulsion et à quatre roues motrices sont proposées suivant les versions. Cette disposition longitudinale contribue à distinguer techniquement les premières générations de l’Elgrand de la troisième, qui adoptera une architecture différente.

Le remaniement de 2000 ne concerne pas seulement le moteur. Nissan modifie sensiblement la face avant, renforce la rigidité de la caisse et fait évoluer la présentation. Les différentes finitions contribuent également à donner plusieurs personnalités au véhicule. Highway Star accentue son apparence dynamique, tandis que les déclinaisons Rider préparées par Autech adoptent une présentation spécifique. Ces variantes expliquent pourquoi deux E50 contemporains peuvent présenter des différences visuelles assez importantes.

Fiche technique de la Nissan Elgrand

CaractéristiqueNissan Elgrand E50
LancementMai 1997
TypeGrand monospace premium
Configuration7 ou 8 places selon version
ArchitectureMoteur avant longitudinal, propulsion ou 4 roues motrices selon version
Moteur VG33EV6 essence, 3 275 cm3, environ 170 ch
Moteur QD32ETi4 cylindres turbodiesel, 3 153 cm3, 150 ch à 3 600 tr/min, environ 333 Nm à 2 000 tr/min
Moteur ZD30DDTi4 cylindres turbodiesel à injection directe, 2 953 cm3, environ 170 ch, 353 Nm
Moteur VQ35DEV6 essence DOHC, 3 498 cm3, 240 ch à 6 000 tr/min, 353 Nm à 3 200 tr/min
Boîte de vitessesAutomatique à 4 rapports
Suspension avantJambes de force sur l’E50 4WD V 2001 documenté par Nissan
Suspension arrièreSystème à cinq bras avec ressorts hélicoïdaux sur l’E50 4WD V 2001
FreinsDisques ventilés avant, tambours arrière sur l’E50 4WD V 2001
LongueurEnviron 4 740 à 4 775 mm selon version
LargeurEnviron 1 775 à 1 800 mm selon version
HauteurEnviron 1 940 à 1 955 mm selon version
Empattement2 900 mm
Voies1 510 mm avant, 1 515 mm arrière sur l’E50 4WD V 2001
PoidsEnviron 1 940 à plus de 2 100 kg selon version
Pneumatiques215/65 R15 96S sur l’E50 4WD V 2001

L’E51 transforme profondément l’Elgrand en 2002

La deuxième génération E51 arrive en 2002 et pousse beaucoup plus loin la spécialisation de l’Elgrand comme monospace premium. Le dessin devient plus spectaculaire, avec une face avant inclinée, de grands ensembles optiques et une calandre occupant une place majeure dans l’identité visuelle. Les portes latérales coulissantes des deux côtés renforcent parallèlement sa vocation familiale.

Nissan travaille aussi sur l’exploitation de l’espace. Lors du lancement, le constructeur annonce un plancher abaissé de 40 mm et une hauteur intérieure accrue de 35 mm, alors même que la hauteur extérieure diminue. Cette recherche montre que l’évolution de l’Elgrand ne consiste pas simplement à augmenter son gabarit : l’objectif est d’améliorer l’accessibilité et le volume réellement utilisable.

L’E51 conserve une architecture à propulsion pour ses versions deux roues motrices et peut également recevoir une transmission intégrale. Une boîte automatique à cinq rapports avec mode manuel remplace l’ancienne quatre rapports. Le VQ35DE demeure au coeur de l’offre et confirme le choix d’une mécanique généreuse pour déplacer ce grand monospace.

C’est également l’E51 qui apporte l’une des innovations les plus importantes de l’histoire du modèle. En octobre 2007, Nissan introduit sur l’Elgrand son Around View Monitor. Quatre caméras grand-angle permettent de générer sur l’écran une représentation donnant l’impression d’observer la voiture depuis le dessus, afin de faciliter le stationnement et les manoeuvres. Nissan présente alors cette application comme une première mondiale pour un véhicule de série.

L’E52 abandonne la propulsion en 2010

La troisième génération E52, lancée en 2010, marque une rupture mécanique majeure. Les deux premières générations reposaient sur une implantation longitudinale avec propulsion en configuration deux roues motrices. L’E52 adopte une architecture à traction avant, tout en conservant des variantes à quatre roues motrices, et utilise une transmission à variation continue CVT.

Cette transformation rapproche davantage l’Elgrand du fonctionnement d’un monospace moderne. Elle permet aussi d’optimiser l’espace disponible et de réduire certaines contraintes imposées par la transmission aux roues arrière. Le modèle conserve néanmoins les éléments qui ont construit son identité : carrosserie volumineuse, portes coulissantes, habitacle pouvant accueillir plusieurs rangées de sièges et présentation particulièrement travaillée.

La notion de luxe reste centrale. L’Elgrand occupe au Japon un rôle très différent de celui des utilitaires transformés en véhicules de transport de personnes. Son positionnement peut être rapproché de celui de la Nissan President dans l’univers des voitures de représentation, sans qu’il existe pour autant de parenté technique entre les deux modèles. Dans l’Elgrand, le prestige passe avant tout par l’espace réservé aux passagers et le confort des places arrière.

L’E52 connaît une carrière exceptionnellement longue, ponctuée de mises à jour esthétiques et d’équipements. Cette longévité explique l’écart technologique important entre les premiers exemplaires de 2010 et les dernières évolutions, mais aussi l’attente entourant son remplacement après plus d’une décennie de présence au catalogue japonais.

Un Elgrand immédiatement reconnaissable

L’E50 reste visuellement le plus proche des grands vans japonais des années 1990. Ses flancs verticaux, son pavillon élevé, son capot court et ses vastes surfaces vitrées lui donnent une silhouette fonctionnelle. Le restylage de 2000 modernise sensiblement l’avant, ce qui constitue un repère utile pour distinguer les premiers modèles des E50 équipés du V6 VQ35DE.

L’E51 change radicalement de registre avec une face avant plus expressive et une carrosserie qui cherche davantage à masquer son volume. L’E52 poursuit cette évolution : les lignes deviennent plus fluides et la grande calandre acquiert une importance croissante. Cette progression stylistique accompagne celle du marché japonais, où le monospace premium n’est plus présenté comme un simple véhicule pratique mais comme un véritable objet statutaire.

Il faut donc éviter de considérer « Nissan Elgrand » comme la désignation d’un véhicule techniquement inchangé depuis 1997. L’E50 et l’E51 partagent notamment le principe d’une propulsion sur leurs variantes deux roues motrices, tandis que l’E52 passe à la traction. Motorisations, transmissions, proportions et technologies diffèrent considérablement entre les générations, même si leur vocation demeure similaire.

La quatrième génération ouvre l’ère e-POWER

Après la très longue carrière de l’E52, Nissan présente la quatrième génération de l’Elgrand au Japan Mobility Show 2025. Sa commercialisation japonaise débute en 2026. Cette nouvelle étape ne constitue pas un simple restylage : elle introduit une chaîne de traction électrifiée e-POWER de troisième génération et inscrit le grand monospace dans la stratégie d’électrification contemporaine de Nissan.

Le principe e-POWER repose sur une propulsion assurée électriquement, le moteur thermique servant à produire l’énergie nécessaire au système plutôt qu’à entraîner directement les roues comme dans une chaîne cinématique conventionnelle. L’Elgrand peut également recevoir l’e-4ORCE, qui exploite la commande électrique des quatre roues pour gérer plus finement la motricité et les mouvements du véhicule.

Cette quatrième génération reçoit aussi une suspension pilotée Intelligent Dynamic Suspension. Près de trois décennies après le Caravan Elgrand de 1997, le modèle conserve ainsi la même mission générale, transporter plusieurs occupants dans un environnement haut de gamme, mais avec une architecture et des technologies qui n’ont pratiquement plus rien en commun avec celles de l’E50 originel.