Présenté en 2002 et lancé en Amérique du Nord à la fin de la même année comme modèle 2003, le Nissan Murano inaugure une nouvelle approche du SUV chez Nissan. Avec sa carrosserie monocoque, son moteur transversal, sa transmission à variation continue et son style particulièrement travaillé, il privilégie la route et le confort plutôt que les capacités de franchissement. Cette première génération, connue sous le code Z50, arrive plus tard en Europe et n’est commercialisée en France qu’à partir de 2005.
Le Murano se distingue aussi par son positionnement. Plus grand et plus haut de gamme que les SUV compacts de Nissan, il associe cinq places, un puissant V6 essence et une présentation ambitieuse. Son développement initial vise principalement l’Amérique du Nord, ce qui explique une gamme internationale plus complexe que celle connue en France.
Un crossover Nissan pensé pour l’Amérique du Nord
Au début des années 2000, le marché américain des SUV évolue rapidement. Une clientèle croissante recherche la position de conduite et l’espace d’un SUV sans nécessairement vouloir un véhicule construit autour des contraintes du tout-terrain. Nissan répond avec le Murano, qu’il présente comme son premier crossover SUV destiné au marché nord-américain.
La différence est importante face à un Nissan Pathfinder de la même époque. Le Murano n’est pas conçu comme un tout-terrain traditionnel adapté ensuite à la route. Sa coque autoporteuse, son moteur transversal et ses quatre roues indépendantes suivent au contraire une logique proche de celle d’une grande voiture particulière.
Son architecture appartient à la famille FF-L de Nissan, également associée à la Nissan Altima. Ce choix permet notamment de combiner un empattement généreux de 2 825 mm avec un habitacle spacieux, tout en conservant un comportement routier plus proche d’une berline que d’un 4×4 classique.
Le Murano est dévoilé au salon de New York en 2002 avant son lancement commercial nord-américain en décembre. Nissan l’expose ensuite au Tokyo Motor Show de 2003. L’Europe le découvre au Salon de Genève 2004, tandis que sa commercialisation japonaise débute en septembre de cette année-là. En France, il faut attendre 2005 pour le voir rejoindre officiellement le catalogue.
Un dessin atypique pour un SUV du début des années 2000
L’identité visuelle constitue l’un des principaux arguments du Murano. Le projet est étroitement lié aux équipes de Nissan Design America et s’inscrit dans la période où Shiro Nakamura dirige la stratégie stylistique mondiale de Nissan. Le constructeur décrit alors son approche par l’expression « sculpture in motion », cherchant à combiner la présence d’un SUV avec une partie supérieure visuellement plus légère.
Le résultat tranche avec les formes généralement verticales des 4×4 contemporains. Le Murano adopte un pare-brise fortement incliné, une ligne de toit dynamique, des ailes marquées et de grandes roues repoussées vers les extrémités de la carrosserie. Ses projecteurs verticaux, sa calandre géométrique et le dessin très particulier de la custode permettent d’identifier immédiatement la génération Z50.
Le nom participe à cette volonté de différenciation. Nissan fait référence à Murano, l’archipel de la lagune de Venise célèbre pour son travail du verre. Cette association avec un artisanat fondé sur les formes et la matière correspond au positionnement plus esthétique et haut de gamme recherché pour le crossover.
Cette stratégie consistant à donner à un crossover une personnalité visuelle très forte sera reprise sous des formes différentes dans la gamme Nissan. Le Nissan Juke poussera notamment beaucoup plus loin cette logique quelques années plus tard.
Le V6 VQ35DE associé à la transmission Xtronic CVT
Sous le capot des versions 3.5 se trouve le VQ35DE, un V6 atmosphérique de 3 498 cm3 à 24 soupapes. Ce moteur appartient à l’une des familles mécaniques les plus importantes de Nissan au début des années 2000. On le retrouve sous des réglages différents dans plusieurs modèles, dont la Nissan 350Z, même si son utilisation dans le Murano répond naturellement à des objectifs très différents.
La puissance dépend du marché et de l’homologation. Le Murano nord-américain est annoncé à 245 hp SAE lors de son lancement, avec 333 Nm. Au Japon, le 350XV développe 170 kW, soit 231 PS. La version européenne commercialisée en France délivre 172 kW, soit 234 ch, pour un couple de 318 Nm. Ces valeurs correspondent donc à des configurations distinctes et ne doivent pas être utilisées indifféremment.
La particularité mécanique du Murano réside surtout dans l’association du V6 à la Xtronic CVT. Au lieu d’enchaîner des rapports fixes comme une boîte automatique conventionnelle, cette transmission à variation continue peut modifier progressivement son rapport de démultiplication. Nissan réalise ainsi avec le Murano la première application nord-américaine de série de sa Xtronic CVT, une solution encore inhabituelle pour un véhicule de cette puissance et de ce gabarit.
Les configurations diffèrent également selon les pays. L’Amérique du Nord reçoit des Murano à traction avant ou transmission intégrale suivant les versions et millésimes. Le Japon propose notamment des 2.5 et 3.5, en deux ou quatre roues motrices. La gamme française est beaucoup plus simple et se concentre sur le V6 3.5, la CVT et la transmission intégrale.
Fiche technique de la Nissan Murano
| Caractéristique | Nissan Murano Z50 3.5 V6 Europe / France |
|---|---|
| Génération | Z50 |
| Lancement mondial | 2002, commercialisation nord-américaine fin 2002 comme modèle 2003 |
| Commercialisation en France | À partir de 2005 |
| Carrosserie | Crossover SUV, 5 portes, 5 places |
| Structure | Coque autoporteuse, architecture Nissan FF-L |
| Moteur | VQ35DE, V6 essence atmosphérique à 60 degrés |
| Cylindrée | 3 498 cm3 |
| Distribution | Double arbre à cames en tête, 24 soupapes |
| Alimentation | Injection électronique |
| Puissance Europe / France | 172 kW, 234 ch |
| Couple Europe / France | 318 Nm |
| Implantation | Moteur avant transversal |
| Boîte de vitesses | Xtronic CVT à variation continue |
| Transmission française | Intégrale pilotée électroniquement |
| Suspension avant | Indépendante, jambes de force |
| Suspension arrière | Indépendante, multibras |
| Direction | À crémaillère assistée |
| Freins | Disques ventilés aux quatre roues, ABS, EBD et assistance au freinage |
| Longueur | 4 770 mm |
| Largeur | 1 880 mm |
| Hauteur | Environ 1 685 à 1 710 mm selon marché et configuration |
| Empattement | 2 825 mm |
| Voies | 1 620 mm à l’avant et à l’arrière sur la spécification japonaise documentée |
| Poids à vide | Environ 1 870 kg pour la version française documentée |
| Vitesse maximale | 200 km/h pour le 3.5 V6 234 ch européen |
| 0 à 100 km/h | Environ 8,9 s pour la configuration européenne documentée |
| Consommation urbaine | 17,2 l/100 km, ancien cycle européen |
| Consommation extra-urbaine | 9,5 l/100 km, ancien cycle européen |
| Consommation mixte | 12,3 l/100 km, ancien cycle européen |
| Émissions de CO2 | 295 g/km, ancien cycle européen |
| Roues | 18 pouces selon les principales spécifications documentées, dimensions de pneus variables selon marché |
Un Murano différent selon les marchés
La carrière internationale du Z50 explique une partie des contradictions que l’on rencontre dans les fiches techniques. Un Murano américain de 245 hp, un 350XV japonais de 231 PS et le 234 ch vendu en France appartiennent bien à la même génération, mais pas à une spécification identique. Les différences concernent aussi la transmission, les équipements, le poids et parfois les dimensions annoncées.
Au Japon, Nissan élargit par exemple l’offre avec un quatre cylindres 2.5 QR25DE en complément du V6 3.5. En Amérique du Nord, les finitions et la disponibilité de la traction ou de la transmission intégrale évoluent au cours de la carrière. En Europe, et particulièrement en France, le Murano reste au contraire associé à une configuration haut de gamme très richement motorisée.
Ce positionnement se reflète dans son tarif. En France, le 3.5 V6 234 ch est affiché à 47 300 euros TTC au 1er février 2005 dans la documentation tarifaire recensée. Le Murano se situe donc nettement au-dessus du Nissan X-Trail, plus compact et davantage tourné vers une clientèle recherchant un SUV polyvalent.
Le lancement est particulièrement bien accueilli en Amérique du Nord. Nissan fait état d’environ 80 000 exemplaires vendus sur ce marché entre le lancement de la fin 2002 et septembre 2004. Au Canada, le Murano reçoit également le titre de Canadian Truck of the Year 2003, signe de l’intérêt suscité par cette formule encore relativement nouvelle.
Une approche routière qui annonce l’essor des crossovers Nissan
Le comportement et la conception du Murano reposent sur des choix très différents de ceux d’un tout-terrain classique. Les quatre roues indépendantes, l’empattement de 2,825 m, la structure monocoque et la transmission pilotée privilégient la stabilité et le confort sur route. Les systèmes ABS, EBD, assistance au freinage et contrôle de stabilité disponibles selon les marchés complètent cette orientation.
Cette philosophie explique également pourquoi le Murano ne doit pas être considéré comme un simple grand 4×4 Nissan. Sa garde au sol, sa transmission intégrale et son gabarit lui donnent les attributs visuels d’un SUV, mais sa conception recherche surtout l’agrément d’une voiture particulière. C’est précisément cette combinaison qui deviendra progressivement dominante sur le marché.
Le Murano apparaît ainsi plusieurs années avant le Nissan Qashqai, qui popularisera à une échelle bien plus importante le crossover Nissan en Europe. Les deux modèles n’occupent toutefois pas la même catégorie : le Z50 reste un véhicule plus grand, plus puissant et nettement plus haut de gamme.
Les évolutions du Z50 et son remplacement
La première génération évolue au fil des millésimes sans abandonner ses principes fondamentaux. Des modifications de présentation touchent notamment la calandre et certains détails d’équipement, tandis que les gammes continuent de varier fortement d’un pays à l’autre. Le V6 VQ35DE et la CVT restent les éléments caractéristiques des versions 3.5.
La fin de carrière intervient progressivement entre 2007 et 2008 selon les marchés. Nissan remplace alors le Z50 par une deuxième génération connue sous le code Z51. Celle-ci conserve le principe d’un grand crossover cinq places à moteur V6 et CVT, mais adopte une carrosserie entièrement renouvelée et une évolution technique de la formule initiale.
Cette succession explique aussi une confusion fréquente dans les annonces et les fiches consacrées au Murano. Le modèle lancé en 2002 est bien le Z50, reconnaissable notamment à ses grands projecteurs verticaux, à son profil très fluide et à sa première interprétation du style Murano. Les véhicules apparus à partir de 2007-2008 appartiennent à la génération Z51 et ne doivent pas servir de référence pour les caractéristiques techniques du modèle originel.




