Mitsubishi Galant 4

Mitsubishi Galant 4

Lancée en 1980, la Mitsubishi Galant 4 correspond à la quatrième génération de la grande familiale japonaise, généralement rattachée à la famille A160. Elle occupe une place particulière dans l’histoire de la Mitsubishi Galant : encore conçue autour d’un moteur longitudinal et de roues arrière motrices, elle précède le passage de la berline Galant à la traction avant. Sa carrière accompagne aussi une période de forte évolution technique chez Mitsubishi, avec l’arrivée du turbodiesel, de moteurs essence turbocompressés et d’équipements électroniques encore inhabituels dans cette catégorie.

Une quatrième génération lancée en 1980

Mitsubishi présente au Japon la nouvelle Galant Sigma en mai 1980, parallèlement à l’Eterna Sigma et aux coupés Galant Lambda et Eterna Lambda. Cette génération succède à la Galant de 1976 et conserve une architecture classique : moteur installé longitudinalement à l’avant et transmission aux roues arrière. Cette caractéristique est essentielle pour identifier correctement la Galant 4, la génération suivante marquant une rupture avec l’adoption d’une implantation mécanique transversale et de la traction avant.

La nomenclature peut facilement prêter à confusion. Sur son marché domestique, la berline est largement connue sous le nom Galant Sigma, alors que les bases européennes utilisent couramment les appellations Galant IV ou Galant 4. Il ne faut pas pour autant l’assimiler à la Mitsubishi Sigma plus tardive : Mitsubishi a réutilisé cette appellation pour d’autres modèles et générations.

La Galant 4 est principalement une berline quatre portes, mais la famille comprend également un break. Les coupés Galant Lambda appartiennent au même environnement historique sans constituer pour autant une simple Galant 4 deux portes. Sur plusieurs marchés européens, cette branche de la gamme est notamment associée à l’appellation Mitsubishi Sapporo.

Dans la gamme Mitsubishi du début des années 1980, la Galant occupe un rang supérieur à celui de la Mitsubishi Lancer 2. Elle vise davantage le marché des berlines familiales et routières, avec une attention accrue portée à l’espace intérieur, au confort et à l’équipement. Mitsubishi annonce notamment un gain de 50 mm pour l’espace aux jambes par rapport au modèle précédent.

Un style anguleux et une conception encore classique

La Galant 4 adopte les codes esthétiques qui s’imposent au tournant des années 1980. Les lignes deviennent nettement plus rectilignes que sur sa devancière, avec un capot presque horizontal, une calandre basse, des projecteurs rectangulaires et une poupe aux formes géométriques. La berline conserve trois volumes clairement séparés et une surface vitrée généreuse. Avec environ 4,47 m de longueur dans les spécifications européennes les mieux documentées, elle demeure une familiale relativement compacte au regard des standards actuels.

La structure est autoporteuse et l’empattement atteint 2,53 m. À l’avant, Mitsubishi emploie une suspension indépendante de type McPherson. L’essieu arrière dépend davantage des versions : les Galant courantes utilisent notamment un essieu rigide guidé, tandis que certaines variantes haut de gamme ou plus performantes reçoivent une solution arrière indépendante. La même distinction existe pour le freinage, généralement assuré par des disques à l’avant et des tambours à l’arrière sur les versions courantes, alors que la 2000 GSR japonaise bénéficie de quatre freins à disque.

Mitsubishi ne cherche pas seulement à moderniser l’apparence. Le constructeur travaille également sur l’isolation acoustique et le confort de conduite, notamment par l’emploi accru de matériaux absorbants et par des évolutions de la cloison séparant le moteur de l’habitacle. Selon les finitions et les marchés, la Galant peut recevoir des équipements sophistiqués pour son époque, dont la climatisation automatique, le régulateur de vitesse et le système d’information électronique VELNAS.

Des moteurs essence, diesel et turbo

La Galant 4 n’est pas associée à une mécanique unique. En Europe, l’offre comprend notamment un quatre cylindres essence 1,6 litre de 1 597 cm³ développant environ 75 ch, ainsi qu’un 2,0 litres Sirius 4G63 de 1 997 cm³. Dans une configuration européenne atmosphérique documentée, ce dernier fournit 102 ch et 152 Nm. Le marché japonais propose également un 1,8 litre et différentes configurations dont les caractéristiques varient suivant les années et les finitions.

Le moteur 4G63 constitue un élément important de cette période de l’histoire Mitsubishi. Sa présence dans la Galant illustre le développement de la famille Sirius, appelée à connaître une carrière particulièrement longue. Sur certaines Galant, l’injection électronique ECI s’accompagne d’un débitmètre utilisant le principe du vortex de Kármán, une technologie alors mise en avant par le constructeur.

La gamme européenne accueille aussi une 2.0 Turbo ECI particulièrement performante. Commercialisée sur certains marchés à partir de 1982, elle développe jusqu’à 170 ch et environ 245 Nm. Cette version reste une propulsion, ce qui la distingue nettement des futures Galant sportives à transmission intégrale. Elle témoigne cependant de l’essor rapide du moteur turbo chez Mitsubishi au moment où la marque développe également des sportives comme la Mitsubishi Starion.

L’autre innovation majeure vient du diesel. Le quatre cylindres 4D55 de 2 346 cm³ reçoit un turbocompresseur et atteint environ 84 ch dans sa configuration européenne. Mitsubishi présente ce moteur, développé en 1980, comme le premier diesel turbocompressé japonais destiné à une voiture particulière. Dans la Galant, il offre une alternative adaptée aux gros rouleurs à une époque où le turbodiesel commence seulement à gagner du terrain sur les berlines familiales.

Fiche technique de la Mitsubishi Galant 4

CaractéristiqueDonnées
Génération4e génération, famille A160
Lancement1980
CarrosseriesBerline 4 portes, break 5 portes
ArchitectureMoteur avant longitudinal, propulsion
Moteurs essence documentés4 cylindres 1,6 l, 1,8 l et 2,0 l selon marché et version
1.6 européen1 597 cm³, environ 75 ch
2.0 atmosphérique européen1 997 cm³, 4G63, environ 102 ch à 5 500 tr/min
Couple 2.0 atmosphériqueEnviron 152 Nm à 3 500 tr/min
2.0 Turbo ECI européen1 997 cm³, jusqu’à 170 ch et environ 245 Nm
Turbodiesel4 cylindres 4D55, 2 346 cm³, environ 84 ch et 170 Nm
BoîtesManuelles 4 ou 5 rapports selon version, automatique 3 rapports sur certaines variantes
Suspension avantIndépendante de type McPherson
Suspension arrièreEssieu rigide guidé sur plusieurs versions, suspension indépendante sur certaines variantes supérieures
FreinsDisques avant et tambours arrière sur versions courantes, quatre disques sur certaines versions
LongueurEnviron 4 470 mm pour les berlines européennes documentées
LargeurEnviron 1 680 mm
HauteurEnviron 1 370 mm
Empattement2 530 mm
PoidsEnviron 1 070 à 1 230 kg selon motorisation et équipement
Vitesse maximale 2.0 GLSEnviron 173 km/h
0 à 100 km/h 2.0 GLSEnviron 13,5 s
Vitesse maximale 2.3 Turbo DieselEnviron 155 km/h
0 à 100 km/h 2.3 Turbo DieselEnviron 14,5 s
Réservoir 2.0 GLS documentée60 litres

Des caractéristiques très variables selon les marchés

Les chiffres attribués à la Galant 4 doivent être rattachés à une motorisation et à un marché précis. La berline européenne 1600 GLX est donnée autour de 1 070 kg, contre environ 1 170 kg pour une 2000 GLS et 1 230 kg pour une 2300 Turbo Diesel GLX. De même, les dimensions de 4 470 x 1 680 x 1 370 mm correspondent à des berlines bien documentées, tandis que certaines références secondaires indiquent une longueur allant jusqu’à 4 570 mm pour d’autres configurations.

Les performances reflètent ces écarts. Une 2000 GLS à boîte manuelle atteint environ 173 km/h et réalise le 0 à 100 km/h en 13,5 secondes dans les données d’époque disponibles. Le turbodiesel de 84 ch atteint environ 155 km/h et demande 14,5 secondes pour le même exercice. La Turbo ECI de 170 ch se situe évidemment à un tout autre niveau, mais elle ne doit pas servir de référence pour décrire les performances de l’ensemble de la génération.

Cette diversité se retrouve dans les codes de modèles. Parmi les références européennes figurent notamment A161A pour certaines 1.6, A163 pour des 2.0, A164 pour la 2.0 Turbo ECI et A167 pour le turbodiesel. Ces codes constituent aujourd’hui un moyen plus fiable d’identifier une voiture précise que la seule appellation Galant IV, qui recouvre plusieurs moteurs, carrosseries et niveaux d’équipement.

Une génération à la frontière de deux époques

La quatrième Galant arrive au moment où Mitsubishi accélère son développement technologique. Le système VELNAS proposé sur certaines versions illustre cette orientation avec des fonctions d’information électronique, notamment l’affichage de la consommation instantanée. Associés à l’injection électronique, au turbocompresseur essence et au turbodiesel, ces équipements contrastent avec l’architecture traditionnelle de propulsion conservée par la voiture.

Cette combinaison ne dure pas. En septembre 1983, Mitsubishi lance au Japon une nouvelle Galant Sigma reposant sur une architecture à traction avant. La transition ne s’effectue toutefois pas simultanément partout : la génération A160 reste associée au millésime 1984 sur plusieurs marchés et certaines variantes dérivées connaissent une carrière différente. Il est donc plus pertinent de considérer 1980 comme son point de départ incontestable que de lui attribuer une date de fin universelle.

La transformation de la Galant se poursuit ensuite bien au-delà de ce changement d’architecture. Quelques années plus tard, la Mitsubishi Galant VR-4 associe moteur turbo et transmission intégrale dans une berline conçue pour répondre à de nouvelles ambitions sportives. La Galant 4 de 1980 appartient encore à l’époque précédente : celle d’une familiale japonaise à propulsion, mais déjà capable d’intégrer les technologies moteur et électroniques qui vont caractériser Mitsubishi durant les années 1980.