Mitsubishi Lancer 2

Mitsubishi Lancer 2

Apparue en 1979, la Mitsubishi Lancer 2 correspond à la deuxième génération de la berline compacte japonaise, connue sur son marché d’origine sous le nom de Lancer EX. Avec sa carrosserie tricorps aux lignes très droites, son moteur longitudinal et ses roues arrière motrices, elle conserve une architecture classique tout en modernisant profondément la formule de la première génération de Mitsubishi Lancer. Sa carrière est également marquée par l’arrivée de versions turbocompressées particulièrement ambitieuses, dont la Lancer 2000 Turbo engagée en rallye international.

Une nouvelle Lancer EX en 1979

Mitsubishi lance la Lancer EX au Japon au printemps 1979. Le constructeur présente alors une voiture développée autour d’une idée de dimensions optimisées et de qualité accrue. Le suffixe EX, associé au terme « Exceed », traduit cette volonté de faire progresser la Lancer sans la faire basculer dans une catégorie supérieure. Elle s’insère dans une gamme où la Mitsubishi Galant occupe un positionnement plus élevé.

La rupture esthétique avec la génération précédente est nette. Les formes arrondies des années 1970 cèdent la place à une carrosserie à trois volumes composée de surfaces planes et de lignes tendues. Mitsubishi travaille aussi sur l’espace intérieur et la surface vitrée. La Lancer EX mesure environ 4,22 m de long pour un empattement de 2,44 m, des dimensions encore compactes malgré une habitabilité en progrès.

La gamme japonaise débute notamment avec des quatre cylindres de 1,4 et 1,6 litre. Les marchés d’exportation reçoivent des configurations différentes, dont un 1,2 litre et des variantes de puissance adaptées aux réglementations locales. Cette diversité explique pourquoi une puissance unique ne peut pas être attribuée à la Lancer 2. En Europe, on rencontre notamment des 1.2 d’environ 55 ch, des 1.4 proches de 68 ch et des 1.6 autour de 82 à 84 ch.

La durée de carrière dépend également de la définition retenue. Les catalogues européens circonscrivent souvent la Lancer II A17 à la période 1979-1983, tandis que la famille Lancer EX poursuit son existence plus longtemps sur certains marchés. Une datation mondiale limitée à 1983 serait donc trop restrictive.

Une propulsion à la conception classique

Sous sa silhouette moderne pour l’époque, la Lancer 2 reste fidèle à une architecture traditionnelle. Son quatre cylindres est installé longitudinalement à l’avant et entraîne les roues arrière. Selon les versions, Mitsubishi propose des boîtes manuelles à quatre ou cinq rapports ainsi qu’une transmission automatique à trois rapports.

Le train avant repose sur des jambes de force de type MacPherson. À l’arrière, Mitsubishi adopte un essieu rigide guidé par quatre bras, une évolution importante par rapport à la précédente Lancer. Cette combinaison privilégie une construction relativement simple tout en améliorant le guidage du train arrière. La structure est une coque autoporteuse en acier.

Les moteurs essence de cette génération illustrent aussi les efforts entrepris par Mitsubishi sur la consommation et les émissions. Plusieurs utilisent le dispositif MCA-JET, qui agit sur la combustion grâce à une admission secondaire. Certaines mécaniques bénéficient également de la technologie Silent Shaft à arbres d’équilibrage, développée pour diminuer les vibrations des quatre cylindres de forte cylindrée.

Le poids dépend fortement du moteur et de l’équipement. Les petites versions restent sous la tonne, avec environ 895 kg pour certaines Lancer EX 1400, alors que les variantes les plus puissantes dépassent les 1 000 kg. Les performances suivent la même amplitude : les versions courantes privilégient l’économie et l’usage familial, tandis que les Turbo placent la même berline dans un registre très différent.

Fiche technique de la Mitsubishi Lancer 2

CaractéristiqueDonnées
GénérationDeuxième génération, Lancer EX, famille A17
Lancement1979
CarrosserieBerline tricorps 4 portes
StructureCoque autoporteuse en acier
ImplantationMoteur avant longitudinal
TransmissionPropulsion
Moteurs essence4 cylindres, notamment 1.2, 1.4, 1.6, 1.8, 1.8 Turbo et 2.0 Turbo selon marchés
Cylindrée 2.0 Turbo1 997 cm3
Moteur 2.0 Turbo4G63, 4 cylindres turbocompressé à injection
Puissance 2.0 Turbo européenneEnviron 170 ch
Boîtes de vitessesManuelles 4 ou 5 rapports, automatique 3 rapports selon version
Suspension avantType MacPherson
Suspension arrièreEssieu rigide guidé par quatre bras
FreinsConfiguration variable selon version, quatre disques sur la 2000 Turbo homologuée en compétition
LongueurEnviron 4 225 mm selon version
LargeurEnviron 1 620 mm
HauteurEnviron 1 395 mm selon version
Empattement2 440 mm
PoidsEnviron 895 kg pour certaines 1400, plus de 1 000 kg pour les versions supérieures
Vitesse maximaleEnviron 145 à 160 km/h pour plusieurs versions atmosphériques européennes, autour de 200 km/h pour la 2000 Turbo

Des versions Turbo qui changent son image

La Lancer EX prend une nouvelle dimension au début des années 1980 avec la suralimentation. Mitsubishi introduit notamment au Japon une 1.8 Turbo à injection électronique. Lancée en 1981 avec une puissance annoncée de 135 PS dans sa première configuration, elle associe le moteur avant longitudinal et la propulsion à un turbocompresseur Mitsubishi Heavy Industries. Des évolutions ultérieures portent la puissance plus haut, notamment avec l’adoption d’un échangeur sur certaines versions japonaises.

Pour l’Europe, la spectaculaire Lancer 2000 Turbo utilise le quatre cylindres 4G63 de 1 997 cm3. Dans sa configuration routière européenne la plus connue, il développe environ 170 ch. Avec une vitesse maximale voisine de 200 km/h, cette berline carrée change radicalement de registre par rapport aux modestes Lancer 1200 ou 1400.

Son style souligne cette orientation sportive avec des éléments aérodynamiques plus visibles. Sur certaines Lancer Turbo japonaises, le marquage « TURBO » du spoiler avant est même inscrit en miroir afin d’être lisible dans le rétroviseur du véhicule qui précède. Cette mise en scène très typique du début des années 1980 accompagne l’essor des Mitsubishi turbocompressées, dont la Mitsubishi Starion deviendra peu après l’une des représentantes les plus emblématiques.

La Lancer 2000 Turbo en rallye

Mitsubishi ne se contente pas d’utiliser le turbo comme argument commercial. La Lancer 2000 Turbo A176A est homologuée en Groupe 4 par la FIA à compter d’avril 1981. Sa fiche d’homologation confirme l’essentiel de son architecture : moteur longitudinal avant, roues arrière motrices, boîte manuelle à cinq rapports et freins à disque aux quatre roues. La voiture sera ensuite intégrée au cadre du Groupe B.

La Lancer Turbo participe à plusieurs manches internationales avec Ralliart. Elle apparaît notamment au Rallye des 1000 Lacs et au RAC Rally. Anders Kulläng termine neuvième du RAC 1981 au volant d’une Lancer 2000 Turbo, tandis que la campagne finlandaise de 1982 apporte un résultat encore plus marquant avec une troisième place aux 1000 Lacs et plusieurs meilleurs temps en spéciale.

Cette période reste relativement courte face à l’histoire sportive que Mitsubishi construira ensuite, mais elle établit un lien important entre la première époque des Lancer de rallye et les machines beaucoup plus sophistiquées des décennies suivantes. La 2000 Turbo constitue ainsi un ancêtre sportif de la Mitsubishi Lancer Evolution, sans pour autant appartenir à la famille Evolution apparue bien plus tard.

Lancer EX et Lancer Fiore, deux modèles à ne pas confondre

Le début des années 1980 rend la généalogie de la Lancer particulièrement délicate. Alors que la Lancer EX poursuit sa carrière avec son moteur longitudinal et sa propulsion, Mitsubishi développe parallèlement une autre branche reposant sur une architecture à traction avant. Cette nouvelle orientation est étroitement liée à la Mitsubishi Mirage et donne naissance à la Lancer Fiore sur le marché japonais.

La Lancer Fiore ne doit donc pas être considérée comme une simple évolution mécanique de la Lancer EX. Les deux automobiles peuvent porter le nom Lancer, mais leurs bases techniques sont profondément différentes. Cette coexistence explique une partie des divergences rencontrées dans les chronologies de la gamme, particulièrement lorsque les appellations japonaises et les noms d’exportation sont mélangés.

La deuxième génération conserve en outre des identifiants techniques propres à la famille A17. Parmi les codes rencontrés figurent notamment A171, A172, A174, A175 et A176 selon les moteurs et les marchés, l’A176A étant particulièrement associée à la 2000 Turbo. Ces références sont plus fiables que la seule appellation commerciale lorsqu’il faut distinguer précisément une version.

Une silhouette immédiatement reconnaissable

La Lancer 2 appartient pleinement à la transition stylistique de la fin des années 1970. Son capot horizontal, sa ceinture de caisse rectiligne, ses montants fins et son coffre nettement séparé composent une berline aux proportions simples. Mitsubishi décrivait notamment une section de carrosserie de forme hexagonale, pensée pour favoriser l’espace intérieur et la visibilité.

Ce dessin permet surtout de la distinguer rapidement de la première Lancer et des modèles à traction avant qui lui succèdent progressivement. La Lancer EX conserve les proportions caractéristiques d’une propulsion à moteur longitudinal, avec un capot relativement long et un habitacle bien séparé du compartiment moteur et du coffre.

À mesure que Mitsubishi réorganise sa gamme dans les années 1980, cette architecture disparaît des Lancer familiales. La transition vers les générations suivantes aboutit à des modèles techniquement très différents, dont la Mitsubishi Lancer 3. La Lancer 2 demeure ainsi l’une des dernières représentantes de la période où une Lancer de grande diffusion pouvait associer une carrosserie tricorps compacte, un moteur longitudinal et une propulsion arrière.