Commercialisé au Japon en janvier 2013 après une première mondiale au Mondial de l’Automobile de Paris en 2012, le Mitsubishi Outlander Phev occupe une place particulière dans l’histoire de l’hybridation rechargeable. Mitsubishi transpose alors cette technologie à un SUV familial à transmission intégrale, avec une architecture privilégiant la propulsion électrique plutôt qu’une simple assistance du moteur essence. Cette formule contribue à faire de l’Outlander PHEV l’un des hybrides rechargeables les plus diffusés de sa génération.
Le modèle apparaît sur la base du Mitsubishi Outlander 3. Il conserve donc le format pratique et la silhouette générale du SUV, mais reçoit une chaîne de traction profondément différente associant un moteur essence, deux moteurs électriques et une batterie lithium-ion implantée sous le plancher. Cette disposition permet également de proposer quatre roues motrices sans transmission mécanique conventionnelle permanente vers l’essieu arrière.
Un SUV né de l’expérience électrique de Mitsubishi
L’Outlander PHEV n’est pas le premier projet électrifié de Mitsubishi. Le constructeur japonais travaille depuis plusieurs décennies sur les véhicules électriques et avait déjà franchi une étape commerciale importante avec la Mitsubishi i-MiEV, lancée à la fin des années 2000. L’enjeu devient ensuite de conserver les avantages de la propulsion électrique tout en répondant aux besoins d’autonomie et de polyvalence d’un véhicule familial.
Présenté sous sa forme de série à Paris en septembre 2012, l’Outlander PHEV est lancé au Japon le 24 janvier 2013. Sa commercialisation européenne débute la même année sur certains marchés, tandis que son arrivée effective en France intervient en 2014. Cette différence explique que le modèle soit parfois associé à 2013 et parfois à 2014 dans les documents européens. Pour son histoire globale, 2013 reste bien l’année de lancement commercial.
Le principe technique tranche avec celui de nombreux hybrides traditionnels. À basse et moyenne vitesse, l’Outlander PHEV peut fonctionner comme un véhicule électrique. Lorsque la charge disponible diminue ou que la puissance demandée augmente, le moteur thermique peut alimenter un générateur tandis que les roues restent entraînées électriquement. À vitesse élevée, un embrayage permet également au moteur essence de participer directement à l’entraînement de l’essieu avant.
Deux moteurs électriques et quatre roues motrices
La première version associe un quatre cylindres essence atmosphérique de 1 998 cm3 développant 121 ch à deux machines électriques d’environ 60 kW chacune. L’une entraîne les roues avant, l’autre les roues arrière. La batterie lithium-ion possède une capacité nominale de 12 kWh. Additionner directement les puissances maximales des trois machines donnerait toutefois une valeur trompeuse, car leurs pics respectifs ne sont pas disponibles simultanément dans toutes les conditions de fonctionnement.
Cette architecture permet à Mitsubishi d’utiliser sa logique de contrôle S-AWC avec une transmission Twin Motor 4WD. Contrairement à un 4×4 classique, aucun arbre longitudinal n’est nécessaire pour entraîner mécaniquement les roues arrière depuis le moteur thermique. Le moteur électrique arrière fournit directement son couple à cet essieu, tandis que l’électronique répartit la motricité selon les conditions.
Le conducteur dispose aussi de plusieurs niveaux de récupération d’énergie à la décélération. La batterie peut être rechargée sur secteur et, selon les versions et marchés, au moyen d’une borne rapide compatible CHAdeMO. Cette possibilité de recharge rapide constitue une particularité notable parmi les hybrides rechargeables de cette période.
Dans sa configuration européenne initiale, l’autonomie électrique homologuée atteint 52 km sur l’ancien cycle utilisé à l’époque, pour une consommation normalisée de 1,9 l/100 km et des émissions de CO2 de 44 g/km. Ces chiffres correspondent à une procédure d’homologation antérieure au WLTP et ne peuvent donc pas être comparés directement aux valeurs annoncées pour les hybrides rechargeables récents.
Fiche technique de la Mitsubishi Outlander Phev
| Caractéristique | Mitsubishi Outlander PHEV première version européenne |
|---|---|
| Lancement commercial | 2013 au Japon, puis 2013-2014 en Europe selon les marchés |
| Carrosserie | SUV 5 portes, 5 places |
| Moteur thermique | 4 cylindres essence atmosphérique, 1 998 cm3, 16 soupapes, injection multipoint |
| Puissance moteur thermique | 121 ch, 89 kW à 4 500 tr/min |
| Couple moteur thermique | 190 Nm |
| Moteur électrique avant | Environ 60 kW, 82 ch |
| Moteur électrique arrière | Environ 60 kW, 82 ch |
| Batterie | Lithium-ion, 12 kWh, environ 300 V |
| Implantation | Moteur thermique transversal avant, un moteur électrique sur chaque essieu |
| Transmission | Twin Motor 4WD, S-AWC |
| Fonctionnement | EV, hybride série, hybride parallèle |
| Structure | Monocoque en acier, batterie sous le plancher entre les essieux |
| Suspension avant | Jambes MacPherson |
| Suspension arrière | Multibras |
| Direction | Crémaillère à assistance électrique |
| Freins avant | Disques ventilés |
| Freins arrière | Disques |
| Pneumatiques | Notamment 225/55 R18 selon finition, autres dimensions disponibles |
| Longueur | Environ 4 655 à 4 665 mm sur les premières versions européennes |
| Largeur | 1 800 mm |
| Hauteur | Environ 1 680 mm |
| Empattement | 2 670 mm |
| Voies avant / arrière | Environ 1 540 / 1 540 mm |
| Poids | Environ 1 810 à 1 885 kg selon finition et méthode de mesure |
| Vitesse maximale | 170 km/h |
| 0 à 100 km/h | Environ 11 s |
| Autonomie électrique homologuée | 52 km selon l’ancien cycle européen |
| Consommation homologuée | 1,9 l/100 km selon l’ancien cycle européen |
| Émissions de CO2 | 44 g/km selon l’ancien cycle européen |
| Réservoir | 45 litres |
| Capacité de remorquage freinée | Jusqu’à 1 500 kg |
| Volume de coffre | Environ 463 litres |
Restylage et évolution technique de 2019
La carrière de l’Outlander PHEV ne se limite pas à sa configuration de lancement. Mitsubishi fait évoluer progressivement son SUV, notamment avec un restylage qui affirme la face avant Dynamic Shield. L’apparence devient plus anguleuse et plus proche des codes stylistiques modernes de la marque, avec une calandre encadrée d’éléments chromés et des optiques retravaillées.
L’évolution technique la plus importante intervient pour le millésime 2019. Le quatre cylindres 2,0 litres cède sa place à un moteur essence de 2,4 litres fonctionnant selon un cycle Atkinson. La batterie passe de 12 à 13,8 kWh et la puissance de la machine électrique arrière augmente. Mitsubishi ajoute également des modes de conduite Sport et Snow. Il ne s’agit donc pas seulement d’un restylage : la chaîne de traction elle-même connaît une évolution significative.
Les dimensions changent légèrement au fil des évolutions de carrosserie. Le modèle 2019 atteint notamment environ 4 695 mm de longueur. Les valeurs de masse, les pneumatiques, l’autonomie électrique et les performances diffèrent également selon le millésime et la finition, ce qui explique les écarts entre les fiches techniques consacrées à l’Outlander PHEV.
Un modèle important dans la diffusion du PHEV
Le succès commercial donne rapidement au modèle une importance dépassant celle d’une simple déclinaison de l’Mitsubishi Outlander. Mitsubishi annonce 100 000 Outlander PHEV vendus en Europe au début de 2018, puis 200 000 exemplaires dans le monde en avril 2019. Le constructeur le présente également comme le PHEV le plus vendu en Europe pendant quatre années consécutives, de 2015 à 2018.
Ce résultat s’explique notamment par un positionnement encore peu courant au début des années 2010. L’Outlander PHEV associe une carrosserie de SUV familial, une transmission intégrale, une autonomie électrique permettant de couvrir de nombreux trajets quotidiens et la possibilité de poursuivre un long déplacement avec le moteur essence. Mitsubishi le présente comme le premier SUV hybride rechargeable au monde, une formule qui sera largement reprise par l’industrie automobile au cours de la décennie suivante.
Son architecture sert aussi de référence à d’autres modèles électrifiés de la marque. Le Mitsubishi Eclipse Cross Phev reprend ainsi le principe associant moteur essence, deux moteurs électriques et transmission intégrale pilotée, illustrant la manière dont l’expérience acquise avec l’Outlander est étendue à un SUV plus compact.
Une deuxième génération à partir de 2021
Le nom Outlander PHEV couvre deux générations qu’il convient de distinguer. Le modèle lancé en 2013 correspond à l’Outlander de troisième génération. En décembre 2021, Mitsubishi commercialise au Japon un Outlander PHEV entièrement renouvelé, désormais dérivé du Mitsubishi Outlander 4. Il conserve le principe général du système hybride rechargeable à deux moteurs électriques, mais bénéficie d’une batterie plus importante, de performances supérieures et d’une gestion S-AWC modernisée.
La chronologie varie ensuite fortement selon les régions. Alors que cette nouvelle génération est commercialisée dès 2021 au Japon puis sur d’autres marchés, l’Outlander disparaît temporairement de plusieurs catalogues européens. Mitsubishi prépare finalement son retour en Europe avec une version adaptée à ce marché, commercialisée en 2025.
Cette déclinaison européenne récente reçoit une batterie de 22,7 kWh et une chaîne de traction dont la puissance système est annoncée à 306 ch. Ces valeurs ne doivent pas être attribuées au véhicule de 2013 : elles appartiennent à la seconde génération du PHEV, malgré la conservation du même nom commercial.
Comment reconnaître un Outlander PHEV
Sur les premiers exemplaires, la différenciation extérieure avec un Outlander thermique reste relativement discrète. La carrosserie générale est identique, tandis que les badges PHEV et la présence d’une trappe dédiée à la recharge permettent d’identifier la version électrifiée. À bord, l’instrumentation et les commandes liées aux flux d’énergie constituent d’autres signes distinctifs.
La disposition mécanique a également des conséquences pratiques. La batterie installée sous le plancher permet de préserver un habitacle familial, mais le premier PHEV est configuré avec cinq places alors que certaines versions thermiques de l’Outlander proposent sept sièges. L’intégration de la batterie et du moteur électrique arrière distingue donc structurellement cette version au-delà de ses emblèmes extérieurs.
Les modèles restylés sont plus faciles à différencier chronologiquement grâce à leur face avant Dynamic Shield. À partir du millésime 2019, les évolutions de calandre, d’optiques, de boucliers et de jantes accompagnent surtout la transformation mécanique vers le moteur 2,4 litres et la batterie de 13,8 kWh. La génération apparue en 2021 marque une rupture beaucoup plus nette : carrosserie, habitacle et proportions sont ceux du nouvel Outlander, même si le principe Twin Motor 4WD qui a fait l’originalité du PHEV est conservé.




