Mitsubishi L300

Mitsubishi L300

Le Mitsubishi L300 désigne une famille d’utilitaires légers, de fourgons et de minibus étroitement liée au Mitsubishi Delica. Son histoire ne commence pas en 1986, comme le laisse parfois penser la présence massive des L300 de cette génération sur le marché européen. Mitsubishi fait remonter la première série L300 à 1979, lors du lancement de la deuxième génération du Delica. Cette distinction est essentielle pour comprendre un modèle dont le nom, les carrosseries et les périodes de commercialisation ont beaucoup varié d’un pays à l’autre.

Avec sa cabine avancée et son moteur placé sous ou à proximité des sièges avant, le L300 privilégie avant tout le volume utile. Il existe en fourgon tôlé, véhicule vitré, minibus et, selon les marchés, en variantes utilitaires à plateau. Sa carrière prend une dimension supplémentaire au début des années 1980 avec l’apparition d’une transmission intégrale, qui associe les qualités pratiques d’un van à de réelles aptitudes sur mauvais terrain.

Du Delica au premier Mitsubishi L300 de 1979

Les origines du L300 remontent au premier Delica, produit par Mitsubishi à partir de 1968. Le changement déterminant intervient en juin 1979 avec une nouvelle génération plus large et nettement plus anguleuse. C’est cette deuxième génération de Delica que la chronologie du constructeur identifie comme la première série L300. Sa largeur d’environ 1,69 m correspond alors aux contraintes de gabarit de la catégorie compacte japonaise.

Le dessin est entièrement dicté par l’exploitation de l’espace. Le pare-brise presque vertical, le très faible porte-à-faux avant et la cabine installée au-dessus de la mécanique permettent de consacrer une part importante de la longueur au chargement ou aux passagers. Mitsubishi décline cette base en de nombreuses configurations afin de répondre aussi bien aux besoins professionnels qu’au transport familial et aux loisirs.

L’appellation demande néanmoins une précision. L300 est largement employé à l’exportation, tandis que Delica reste le nom historique de la famille au Japon et sur plusieurs autres marchés. Le Mitsubishi Delica L300 ne doit donc pas être considéré comme un modèle totalement indépendant du L300, mais comme une autre manière d’identifier une branche de cette même lignée suivant le pays et la génération.

Une gamme de moteurs et de carrosseries très étendue

Le L300 de 1979 n’est pas associé à une motorisation unique. Les premières années voient notamment l’emploi de quatre cylindres essence de la famille Mitsubishi, avec des cylindrées de 1,4 et 1,6 litre. En mai 1980 apparaît le Sirius 1,8 litre 4G62, tandis que le 2,0 litres 4G63 rejoint ensuite certaines versions. Cette diversité reflète la vocation internationale du véhicule, les offres étant adaptées à la fiscalité, aux normes et aux usages propres à chaque marché.

Le diesel devient particulièrement important pour la carrière utilitaire du modèle. Un 2,3 litres 4D55 est proposé au début des années 1980, puis le 4D56 de 2 476 cm3 apparaît en 1986. Ce dernier moteur sera durablement associé aux utilitaires Mitsubishi et aux L300 commercialisés dans de nombreux pays. Les puissances varient avec l’année, le marché et la configuration mécanique, ce qui rend trompeuse l’attribution d’une puissance unique au L300 pris dans son ensemble.

La même diversité existe pour les carrosseries. À côté du fourgon destiné au transport de marchandises se trouvent des versions vitrées et des minibus, ainsi que des déclinaisons orientées vers les loisirs. Des configurations utilitaires ouvertes ont également été proposées suivant les pays. Le L300 se distingue ainsi du Mitsubishi L200, conçu avant tout comme un pick-up, même si les deux modèles occupent une place importante dans l’offre professionnelle de Mitsubishi.

Le L300 4×4, une évolution déterminante

L’année 1982 marque l’une des évolutions les plus caractéristiques de la lignée avec l’arrivée du L300 à quatre roues motrices. À une époque où la transmission intégrale reste inhabituelle sur un van de ce type, Mitsubishi combine une carrosserie offrant un important volume intérieur avec une garde au sol accrue et une transmission adaptée à une utilisation hors des routes goudronnées. Le L300 4×4 acquiert ainsi une personnalité très différente de celle d’un simple fourgon urbain.

Cette évolution intervient alors que Mitsubishi développe fortement son savoir-faire dans les véhicules tout-terrain, notamment avec le Mitsubishi Pajero. Les deux modèles ne doivent cependant pas être présentés comme techniquement identiques. Le L300 conserve sa propre architecture de van à cabine avancée et ses impératifs de transport, tandis que le Pajero est conçu comme un véritable véhicule tout-terrain.

Sur la génération de 1979, le train avant repose sur des roues indépendantes à doubles triangles, alors que l’arrière utilise un essieu associé à des ressorts à lames. Cette solution répond aux contraintes de charge d’un utilitaire. Les versions 4×4 ajoutent à cette base une transmission spécifique et une assiette plus haute, caractéristiques qui expliquent leur intérêt ultérieur pour les transformations de voyage et de camping.

Fiche technique de la Mitsubishi L300

CaractéristiqueDonnées
Lancement de la première série L3001979
ArchitectureUtilitaire à cabine avancée, moteur sous ou à proximité des sièges avant
CarrosseriesFourgon, van vitré, minibus et variantes utilitaires selon marché
Moteurs essence4 cylindres, notamment 4G33 1 439 cm3, 4G32 1,6 litre, 4G62 1,8 litre et 4G63 2,0 litres selon année et marché
Moteurs diesel4D55 2,3 litres, puis 4D56 2 476 cm3 à partir de 1986
TransmissionPropulsion, puis versions à quatre roues motrices à partir de 1982
Boîtes de vitessesManuelles à 4 ou 5 rapports selon version et marché, transmissions automatiques sur certaines variantes
Suspension avantIndépendante à doubles triangles sur la génération lancée en 1979
Suspension arrièreEssieu avec ressorts à lames sur la génération lancée en 1979
LargeurEnviron 1 690 mm pour la génération de 1979
EmpattementEnviron 2 200 mm pour la génération de 1979
LongueurEnviron 3 990 à 4 015 mm selon carrosserie pour la génération de 1979

Le renouvellement de 1986 et la longue carrière du L300

En 1986, Mitsubishi renouvelle profondément son van avec la troisième génération du Delica, également commercialisée sous le nom L300 sur de nombreux marchés. C’est cette génération à la silhouette plus moderne qui va rendre le nom particulièrement familier en Europe. Elle conserve le principe de la cabine avancée tout en faisant évoluer l’habitacle, les dimensions, les équipements et les motorisations.

Cette seconde grande phase de l’histoire du L300 explique une grande partie des confusions entourant sa date de naissance. Un L300 européen des années 1990 et le premier L300 de 1979 appartiennent à la même lignée commerciale, mais pas à la même génération. Les dimensions, les moteurs et les caractéristiques d’un modèle de 1986 ne doivent donc pas être attribués rétrospectivement au véhicule lancé sept ans auparavant.

Les noms commerciaux compliquent encore la lecture de la gamme mondiale. Selon les territoires et les périodes, des utilitaires de cette famille ou de lignées apparentées ont notamment porté l’appellation Mitsubishi Express. À cela s’ajoutent des productions locales et des carrières industrielles prolongées en Asie. Il n’existe donc pas une seule date mondiale permettant de fixer proprement la disparition de tous les véhicules commercialisés sous le nom L300.

Cette longévité s’accompagne d’une multiplication des configurations. Empattement, hauteur de toit, nombre de places, charge utile, moteur, boîte et transmission peuvent différer fortement. Les performances suivent la même logique : un fourgon diesel destiné au travail, un minibus essence et un L300 4×4 ne répondent pas aux mêmes contraintes. Pour cette raison, les chiffres de vitesse, de consommation ou de poids parfois attribués au « Mitsubishi L300 » sans précision de version ont peu de valeur historique.

Du L300 au L400

La famille évolue de nouveau dans les années 1990 avec l’arrivée du Mitsubishi L400 sur plusieurs marchés. Celui-ci adopte une conception plus moderne et accompagne le renouvellement des versions de transport de personnes, sans provoquer partout une disparition immédiate du L300. Les calendriers diffèrent en effet selon les pays, les utilitaires traditionnels poursuivant parfois leur carrière alors que les versions plus orientées vers les passagers passent à une nouvelle génération.

La branche Delica suit parallèlement cette évolution avec le Mitsubishi Delica L400, également connu sous le nom Space Gear sur certains marchés. Son architecture et son style permettent de le distinguer facilement du L300 à cabine avancée classique. Cette succession illustre surtout la séparation progressive entre le fourgon utilitaire simple et les variantes de plus en plus orientées vers le confort des passagers.

Comment reconnaître un Mitsubishi L300

Le L300 lancé en 1979 se reconnaît à ses proportions très compactes et cubiques. La face avant est presque verticale, le conducteur prend place très près de l’extrémité du véhicule et le porte-à-faux avant est réduit au minimum. Les flancs droits et le grand volume arrière témoignent d’une conception où chaque centimètre doit profiter à l’espace disponible. Les évolutions de calandre et d’optiques permettent ensuite de différencier les millésimes, mais l’architecture générale reste immédiatement identifiable.

Les modèles 4×4 ajoutent une garde au sol plus importante et une présentation plus robuste. Ils constituent aujourd’hui la facette la plus singulière de la famille, mais ne représentent qu’une partie de la production : le L300 a d’abord été conçu comme un véhicule de travail polyvalent. Fourgon de livraison, transport de passagers, utilitaire 4×4 ou base de véhicule de loisirs, ses multiples usages expliquent à la fois sa diffusion internationale et l’extrême diversité des exemplaires encore existants.