Lancée en 1988, la Maserati 422 est une berline sportive quatre portes de la génération Biturbo. Elle remplace les dernières versions de la 420 tout en adoptant les évolutions esthétiques et techniques introduites à la fin des années 1980. Sous une carrosserie tricorps relativement discrète, elle associe un V6 2,0 litres à deux turbocompresseurs, 220 ch environ et une transmission aux roues arrière.
La 422 occupe une place particulière dans une gamme Maserati alors particulièrement complexe. Elle ne constitue ni une simple nouvelle appellation commerciale ni la version quatre portes de toutes les Biturbo contemporaines. Son moteur de 1 996 cm3 répond notamment au contexte fiscal italien, tandis que la marque propose parallèlement des modèles de cylindrée supérieure destinés en particulier aux marchés étrangers.
Une nouvelle étape pour les berlines Biturbo
La 422 apparaît six ans après le lancement de la famille Maserati Biturbo. Cette dernière avait profondément modifié la stratégie du constructeur de Modène en cherchant à produire des automobiles plus accessibles et en volumes supérieurs aux grandes GT qui avaient caractérisé les décennies précédentes. La gamme s’est rapidement étendue du coupé originel aux berlines quatre portes et à de multiples déclinaisons mécaniques.
En 1988, la 422 prend la relève de la Maserati 420 et de ses évolutions. Elle récupère en particulier les principes mécaniques de la 420 Si, mais accompagne une modernisation plus générale de la gamme. Maserati attribue la conception de cette berline à Pierangelo Andreani, designer étroitement associé au développement stylistique des premières Biturbo.
La dénomination permet de situer le modèle dans la gamme de la fin des années 1980. La 422 est contemporaine de la Maserati 222, coupé lancé lui aussi en 1988. Les deux voitures appartiennent à la même phase d’évolution de la famille, mais la 422 conserve quatre portes et cinq places, ce qui lui permet d’associer les performances d’une Maserati turbocompressée à une utilisation plus familiale.
La production s’étend de 1988 à 1992. Maserati indique un total de 978 exemplaires, un volume limité même à l’échelle de la famille Biturbo. Cette relative rareté s’explique aussi par la multiplication des versions au catalogue, qui partageaient une architecture générale tout en variant par leur cylindrée, leur nombre de soupapes, leur équipement ou leur marché de destination.
Un V6 biturbo 2,0 litres de 220 ch
Le coeur de la 422 est son V6 essence à 90 degrés de 1 996 cm3. Alimenté par injection électronique et suralimenté par deux turbocompresseurs, il utilise trois soupapes par cylindre, soit 18 soupapes au total. Cette architecture constitue l’une des particularités des Maserati Biturbo de cette période, avec deux soupapes d’admission et une soupape d’échappement par cylindre.
Maserati annonce 220 hp à 6 250 tr/min. Les conversions et conventions utilisées dans les documentations expliquent que certaines fiches indiquent environ 220 à 223 ch. Le couple est moins clairement établi dans la documentation disponible, avec des valeurs secondaires comprises autour de 253 à 262 Nm. La donnée la plus solide reste donc la puissance officielle publiée par Maserati.
Le moteur est implanté longitudinalement à l’avant et entraîne les roues arrière. Une boîte manuelle ZF à cinq rapports complète cette architecture classique de berline sportive. Avec un poids à sec annoncé de 1 257 kg, la 422 bénéficie d’un rapport poids-puissance favorable pour une quatre portes de la fin des années 1980.
La vitesse maximale officielle atteint 225 km/h. Certaines documentations techniques d’époque ou bases spécialisées donnent également un 0 à 100 km/h proche de 6,3 secondes, mais cette valeur n’est pas publiée sur la fiche patrimoniale actuelle du constructeur. Au-delà du chiffre d’accélération, la combinaison du faible poids, de la propulsion et du V6 biturbo situe clairement la 422 parmi les berlines performantes de son époque.
Fiche technique de la Maserati 422
| Caractéristique | Maserati 422 |
|---|---|
| Année de lancement | 1988 |
| Période de production | 1988-1992 |
| Type | Berline 4 portes, 5 places |
| Code modèle | Tipo AM332 |
| Structure | Monocoque en acier |
| Moteur | V6 essence à 90 degrés |
| Cylindrée | 1 996 cm3 |
| Alésage x course | 82 x 63 mm |
| Distribution | 18 soupapes, 3 par cylindre |
| Alimentation | Injection électronique |
| Suralimentation | Deux turbocompresseurs avec intercoolers |
| Puissance | 220 hp à 6 250 tr/min selon Maserati |
| Couple | Environ 253 à 262 Nm selon les documentations secondaires |
| Implantation | Moteur longitudinal avant |
| Transmission | Propulsion |
| Boîte de vitesses | Manuelle ZF à 5 rapports |
| Suspension | 4 roues indépendantes |
| Direction | À crémaillère assistée |
| Freins | Disques aux 4 roues, ventilés à l’avant |
| Pneus | 205/55 R14 selon les fiches techniques disponibles |
| Longueur | Environ 4 400 mm |
| Largeur | Environ 1 730 mm |
| Hauteur | Environ 1 360 mm |
| Empattement | 2 600 mm |
| Poids à sec | 1 257 kg |
| Vitesse maximale | 225 km/h |
| 0 à 100 km/h | Environ 6,3 s selon des données secondaires |
| Production | 978 exemplaires |
Une berline discrète mais profondément remaniée
Visuellement, la 422 reste immédiatement identifiable comme une berline issue de la première génération Biturbo. Ses proportions sont celles d’une tricorps compacte, avec un capot horizontal, une ceinture de caisse rectiligne, un habitacle relativement haut et une poupe courte. Maserati ne cherche pas à rompre avec la silhouette de la 420, mais à la remettre au goût du jour.
Les changements de 1988 concernent notamment la face avant, avec une calandre redessinée, ainsi que les rétroviseurs extérieurs et les roues. Les nouvelles jantes à cinq fixations constituent un indice intéressant pour différencier cette évolution des premières berlines Biturbo. La 422 abandonne également certains signes sportifs très démonstratifs rencontrés sur des variantes antérieures, ce qui contribue à son apparence relativement sobre.
Cette discrétion extérieure contraste avec la mécanique. Contrairement à une berline conventionnelle de deux litres, la 422 dispose de deux turbocompresseurs et d’un châssis à quatre roues indépendantes. À l’avant, les documentations techniques décrivent des jambes de force et des bras transversaux, tandis que l’essieu arrière utilise une architecture indépendante. Les quatre freins à disque accompagnent les performances du V6.
L’habitacle reste fidèle à la philosophie des Biturbo, qui associaient performances et présentation luxueuse dans un gabarit contenu. La 422 est homologuée pour cinq occupants. Sa vocation n’est donc pas celle d’un coupé transformé en berline, mais bien celle d’une quatre portes rapide destinée à conserver les attributs de confort et de présentation attendus d’une Maserati.
422, 430 et 4.24v : des modèles à ne pas confondre
La multiplication des appellations Maserati à cette époque peut facilement conduire à confondre la 422 avec des modèles très proches. La Maserati 430 partage le principe d’une berline quatre portes de la famille Biturbo, mais utilise un V6 de 2,8 litres. Cette cylindrée supérieure répond notamment aux besoins des marchés d’exportation, alors que le 1 996 cm3 de la 422 s’inscrit dans une logique particulièrement adaptée au marché italien.
La 4.18v constitue une autre source de confusion. Apparue après la 422, elle en reste très proche et conserve le V6 2,0 litres à 18 soupapes développant 220 hp. Maserati indique toutefois qu’elle reçoit l’ABS de série et n’en produit que 77 exemplaires. Elle doit donc être considérée comme une version distincte et non comme une autre appellation applicable indistinctement à toutes les 422.
La 4.24v marque une évolution mécanique beaucoup plus importante. Elle adopte un V6 2,0 litres à 24 soupapes développant 245 hp et se reconnaît également à une présentation plus sportive. Dans la nomenclature prévisionnelle de la gamme, elle est rattachée à la Maserati 424. La 422 reste ainsi la berline 2,0 litres 18 soupapes de 220 hp lancée en 1988, distinction essentielle pour éviter de mélanger les caractéristiques techniques.
La 422 dans la gamme Maserati de la fin des années 1980
La 422 illustre la stratégie très particulière de Maserati sous l’ère Alejandro de Tomaso. Plutôt que de développer quelques modèles produits en très petites séries, le constructeur décline une même famille en de nombreuses carrosseries et motorisations. Coupés, berlines et cabriolets partagent ainsi de nombreux composants, mais leurs caractéristiques peuvent varier fortement en fonction des marchés et des évolutions techniques.
Dans ce dispositif, la 422 offre une combinaison cohérente pour l’Italie : quatre portes, un moteur restant sous le seuil des deux litres et des performances dignes d’une sportive. La fiscalité italienne pénalisait alors fortement les voitures de cylindrée supérieure à 2 litres, ce qui explique l’importance des V6 1 996 cm3 très poussés dans l’histoire des Biturbo. Les deux turbocompresseurs permettaient à Maserati d’obtenir une puissance élevée sans franchir ce seuil.
Sa production de 978 unités souligne cependant les limites de cette politique de multiplication des variantes. La 422 n’est qu’un élément d’un catalogue où les évolutions se succèdent rapidement. Au début des années 1990, les moteurs à quatre soupapes par cylindre et d’autres modifications de châssis prennent progressivement le relais des solutions techniques utilisées lors de son lancement.
De la 422 à la nouvelle génération de berlines Maserati
La disparition de la 422 en 1992 intervient alors que la famille Biturbo approche de sa dernière phase. Les évolutions techniques développées pendant cette période se retrouvent sur plusieurs Maserati du début des années 1990, avec des moteurs plus puissants, des carrosseries progressivement modernisées et des liaisons au sol perfectionnées.
Cette longue évolution débouche finalement sur une nouvelle berline, la Maserati Quattroporte IV, présentée en 1994. Malgré son changement de nom et son style profondément renouvelé, celle-ci reste techniquement liée à l’univers développé pendant les années Biturbo. La 422 appartient ainsi à la génération de berlines qui a assuré la continuité entre les premières quatre portes Biturbo du début des années 1980 et les Maserati compactes et puissantes de la décennie suivante.




