L’Aston Martin DB5 Vantage apparaît en 1964 comme la déclinaison la plus performante de la célèbre GT britannique. Elle conserve l’élégante carrosserie de la DB5 et son six cylindres de 3 995 cm3, mais reçoit une préparation moteur spécifique dominée par trois carburateurs Weber. Aston Martin annonçait alors 325 bhp, contre environ 282 bhp pour la version courante. Produite jusqu’en 1965 en très petit nombre, cette Vantage d’usine est aujourd’hui nettement plus rare qu’une DB5 standard.
Une DB5 destinée aux conducteurs les plus exigeants
Présentée en 1963, l’Aston Martin DB5 prolonge directement la formule de la DB4 avec plusieurs évolutions importantes. Son six cylindres en ligne passe notamment de 3,7 à 4,0 litres. La voiture reste une grande GT britannique capable d’associer performances, confort et finition luxueuse plutôt qu’une sportive dépouillée.
La Vantage pousse cette philosophie plus loin. Le nom n’est alors pas nouveau chez Aston Martin puisque des moteurs à hautes performances portant cette désignation avaient déjà existé. La DB5 occupe néanmoins une place particulière dans cette histoire : Vantage devient une identification beaucoup plus visible d’une déclinaison sportive, notamment grâce aux petits emblèmes placés sur les flancs.
Cette évolution s’inscrit dans une continuité remontant à l’Aston Martin DB4, dont la DB5 reprend les grandes proportions et le principe de construction Superleggera. La marque possédait également une expérience plus radicale avec l’Aston Martin DB4 GT. La DB5 Vantage ne cherche toutefois pas à devenir une nouvelle GT de compétition : elle reste avant tout une automobile de grand tourisme utilisable sur route.
La version apparaît en 1964 et fait ensuite l’objet d’une communication officielle au Salon de Genève 1965. Cette chronologie explique pourquoi 1964 et 1965 sont parfois tous deux associés à son lancement. Pour identifier la première apparition de la DB5 Vantage, 1964 reste l’année pertinente.
Un six cylindres de 4 litres porté à 325 bhp
Le moteur demeure le six cylindres en ligne à double arbre à cames en tête de la DB5, d’une cylindrée de 3 995 cm3. La différence essentielle se trouve dans sa préparation. Alors que la DB5 ordinaire utilise trois carburateurs SU, la Vantage adopte trois carburateurs Weber ainsi que des arbres à cames spécifiques. Des modifications de l’admission et des réglages adaptés accompagnent cette évolution.
Aston Martin annonçait une puissance de 325 bhp, soit une augmentation substantielle par rapport aux quelque 282 bhp de la DB5 standard. Certaines publications historiques ou spécialisées indiquent plutôt 314 ou 320 bhp, notamment en raison des méthodes de mesure et des données reprises au fil du temps. Pour caractériser la spécification d’usine, 325 bhp constitue la valeur de référence communiquée par Aston Martin.
Cette mécanique est installée longitudinalement à l’avant et entraîne les roues arrière. La boîte manuelle ZF à cinq rapports entièrement synchronisés constitue l’association caractéristique de cette version. La DB5 pouvait également être équipée d’une transmission automatique Borg-Warner, et quelques voitures à moteur Vantage sont signalées avec cette configuration, sans qu’il faille en faire la définition mécanique de la version.
L’augmentation de puissance ne transforme pas fondamentalement l’architecture de la DB5. À l’avant, la suspension indépendante repose sur des doubles triangles et des ressorts hélicoïdaux. L’arrière conserve un essieu rigide également suspendu par ressorts hélicoïdaux. Quatre freins à disque Girling assurent le freinage. Cette combinaison privilégie le compromis entre stabilité à haute vitesse et confort attendu d’une GT.
Fiche technique de l’Aston Martin Db5 Vantage
| Caractéristique | Aston Martin DB5 Vantage |
|---|---|
| Production | 1964-1965 |
| Type | GT 2 portes, 2+2 places |
| Moteur | 6 cylindres en ligne atmosphérique |
| Distribution | Double arbre à cames en tête, 12 soupapes |
| Cylindrée | 3 995 cm3 |
| Alésage x course | Environ 96 x 92 mm |
| Alimentation | 3 carburateurs Weber |
| Puissance constructeur | 325 bhp |
| Implantation | Moteur longitudinal avant |
| Transmission | Propulsion |
| Boîte caractéristique | Manuelle ZF à 5 rapports |
| Suspension avant | Indépendante, doubles triangles, ressorts hélicoïdaux |
| Suspension arrière | Essieu rigide, ressorts hélicoïdaux |
| Direction | À crémaillère |
| Freins | Disques Girling aux quatre roues avec assistance |
| Roues | 15 pouces, roues à rayons |
| Pneus | 6.70 x 15 selon les spécifications publiées |
| Longueur | Environ 4 570 mm |
| Largeur | Environ 1 676 à 1 680 mm |
| Hauteur | Environ 1 320 mm |
| Empattement | Environ 2 490 mm |
| Vitesse maximale publiée | Environ 233 km/h selon certaines références spécialisées |
Une carrosserie Superleggera presque identique à celle de la DB5
La Vantage ne reçoit pas une carrosserie spectaculaire destinée à afficher ses performances. Elle conserve les proportions caractéristiques de la DB5 : long capot, habitacle rejeté vers l’arrière, poupe fastback et calandre Aston Martin largement ouverte. La parenté avec la DB4 reste immédiatement perceptible, même si la DB5 introduit ses propres détails de finition et d’équipement.
La conception est liée à Carrozzeria Touring et à son principe Superleggera. Des panneaux d’aluminium habillent une ossature tubulaire associée à la structure de la voiture. Cette technique contribue aux formes fines et fluides qui caractérisent les Aston Martin de cette période, même si l’expression Superleggera ne signifie pas que la DB5 soit une voiture particulièrement légère au sens moderne.
Identifier une véritable Vantage uniquement sur une photographie peut être délicat. Les petits badges Vantage associés aux ouïes latérales constituent un indice, mais les différences décisives se trouvent sous le capot. Trois carburateurs Weber à la place des SU de la DB5 ordinaire et les spécifications particulières du moteur sont beaucoup plus significatifs. La documentation d’usine devient essentielle lorsqu’il s’agit d’établir l’authenticité d’un exemplaire.
Cette précaution est importante car des DB5 standard ont été transformées ultérieurement pour recevoir une mécanique proche de la spécification Vantage. Une voiture convertie peut offrir des caractéristiques mécaniques similaires sans être pour autant l’une des rares DB5 construites d’origine avec le moteur Vantage. Sur un exemplaire historique, la fiche de construction et la concordance des références de châssis et de moteur permettent donc d’aller bien au-delà de la simple présence des carburateurs Weber ou des badges.
Une production extrêmement limitée
Le nombre exact de DB5 Vantage mérite une distinction entre les différentes façons de comptabiliser les voitures. Aston Martin indique dans son historique consacré à Vantage que 68 DB5 Saloon sur 887 ont reçu le moteur Vantage. De nombreuses références du marché de la collection retiennent cependant le chiffre de 65 coupés ou saloons DB5 Vantage. Les différences proviennent notamment des critères utilisés pour définir la série et des archives historiques. Il est donc préférable de conserver ces deux chiffres plutôt que d’en présenter arbitrairement un comme incontestable.
À ces coupés s’ajoutent des DB5 Convertible équipées du moteur Vantage. Aston Martin en recense huit sur les 123 cabriolets DB5 construits. Elles ne doivent pas être ajoutées sans distinction au nombre de coupés lorsque l’on décrit la rareté de la DB5 Vantage Saloon.
La préparation Vantage représentait un supplément significatif. Aston Martin indique qu’en 1965 le moteur Vantage coûtait 158 livres supplémentaires avant Purchase Tax et que le prix de détail taxes comprises atteignait 4 439 livres, 15 shillings et 5 pence. La clientèle payait donc non seulement pour davantage de puissance, mais pour une spécification particulièrement exclusive au sein d’un modèle déjà coûteux.
Les numéros historiques permettent aussi de reconnaître les configurations. Les châssis DB5 utilisent des références du type DB5/xxxx accompagnées notamment d’un suffixe lié à la conduite à droite ou à gauche, tandis que des moteurs Vantage authentiques sont documentés avec des références de la famille 400/xxxx/V. Ces éléments doivent toujours être rapprochés des archives de construction de la voiture concernée plutôt qu’interprétés isolément.
De la DB5 Vantage à la DB6
La carrière de la DB5 est brève. Dès 1965, l’Aston Martin DB6 prend sa succession avec une carrosserie profondément remaniée, reconnaissable notamment à sa poupe de type Kamm. La philosophie Vantage ne disparaît pas pour autant : Aston Martin poursuit l’idée d’une déclinaison plus performante au sein de sa gamme de grand tourisme.
La DB5 Vantage occupe ainsi une position particulière dans la généalogie de la marque. Elle n’est ni une DB5 GT de compétition ni une carrosserie spéciale comparable aux réalisations les plus radicales issues de la génération précédente. Sa singularité vient au contraire de sa discrétion : une DB5 visuellement très proche du modèle normal, mais dotée de la configuration mécanique la plus poussée proposée par l’usine.
Le principe survivra bien au-delà des années 1960. L’appellation Vantage deviendra progressivement l’un des noms les plus importants d’Aston Martin, tantôt associée à une variante particulièrement puissante, tantôt à un modèle à part entière. Dans la famille DB elle-même, l’Aston Martin DB7 Vantage réutilisera plusieurs décennies plus tard cette désignation pour identifier une évolution majeure de la DB7. Sur la DB5 de 1964, cette logique se résumait encore à une recette remarquablement discrète : davantage de puissance sous une carrosserie presque inchangée.




