La Wiesmann GT MF4 est un coupé sportif allemand présenté dans sa version de série en 2005. Premier coupé de production du constructeur de Dülmen, elle associe une silhouette inspirée des grandes voitures de sport classiques à une structure monocoque en aluminium et à des motorisations V8 d’origine BMW. Avec son long capot, son habitacle reculé et sa propulsion, elle privilégie une conception traditionnelle du grand tourisme, tout en offrant des performances comparables à celles des sportives contemporaines.
Produite artisanalement en petite série, la GT MF4 se distingue des roadsters qui avaient fait connaître Wiesmann. Sa carrière comprend plusieurs évolutions mécaniques, depuis les premiers V8 atmosphériques jusqu’à l’adoption d’un V8 biturbo de 407 ch en 2011. Elle constitue également le point de départ d’une famille de coupés sportifs qui donnera naissance à des versions plus puissantes et plus spécialisées.
Origines et développement de la Wiesmann GT MF4
L’histoire de la Wiesmann GT MF4 commence avec les frères Martin et Friedhelm Wiesmann, fondateurs de la marque en 1988. Installée à Dülmen, en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, leur entreprise se spécialise initialement dans la fabrication de hard-tops avant de développer des automobiles sportives artisanales. Leur ambition consiste à retrouver les sensations et les proportions des roadsters britanniques traditionnels en utilisant des composants mécaniques modernes.
Le Wiesmann MF3, commercialisé à partir de 1993, contribue à établir cette identité. Ce roadster compact, animé par un six cylindres BMW, associe une carrosserie aux lignes rétro à une conception orientée vers le plaisir de conduite. Son développement permet au constructeur d’acquérir une expérience dans la réalisation de véhicules complets, fabriqués en petites séries et largement personnalisables.
Au début des années 2000, Wiesmann entreprend de développer un modèle plus ambitieux. Le projet consiste à créer un coupé deux places capable d’offrir davantage de rigidité, de puissance et de polyvalence qu’un roadster traditionnel. Il ne s’agit pas simplement d’ajouter un toit à une voiture existante : le constructeur conçoit une architecture spécifique, notamment autour d’une structure monocoque en aluminium.
Un prototype du coupé est présenté au Salon de Francfort en 2003. Après une nouvelle phase de développement, la version de série apparaît en 2005, notamment lors de Top Marques Monaco puis au Salon international de l’automobile de Francfort. 2005 constitue donc l’année de lancement à retenir pour la Wiesmann GT MF4 de série, même si le projet avait été dévoilé deux ans auparavant.
La fabrication reste fidèle aux méthodes de la marque. Les voitures sont assemblées à Dülmen, avec une intervention humaine importante dans la carrosserie, les finitions et l’aménagement intérieur. En 2008, Wiesmann inaugure une nouvelle manufacture reconnaissable à son architecture et à son emblème de gecko, symbole de l’adhérence et de l’agilité recherchées par le constructeur.
Design et architecture du premier coupé Wiesmann
La GT MF4 reprend les codes esthétiques caractéristiques de Wiesmann tout en adoptant une carrosserie fermée. Son capot particulièrement allongé, ses ailes fortement galbées et son habitacle placé vers l’arrière évoquent les coupés sportifs européens des années 1950 et 1960. La ligne de toit arrondie rejoint une poupe courte, créant une silhouette immédiatement reconnaissable.
La face avant conserve une calandre ovale encadrée par deux projecteurs ronds intégrés aux ailes. Les surfaces sont volontairement fluides, sans multiplication des prises d’air ou des éléments aérodynamiques apparents. Derrière les roues avant, de petites ouïes latérales participent à l’identité du modèle. Leur présentation évolue au cours des premières années de production, notamment au niveau des inserts chromés et des répétiteurs de clignotants.
Cette carrosserie est réalisée en matériau composite renforcé de fibres de verre. Elle repose sur une monocoque en aluminium assemblée par collage et rivetage, dont la masse est annoncée autour de 110 kg dans la documentation historique spécialisée. Cette structure constitue une différence fondamentale avec les premiers roadsters Wiesmann et contribue à la rigidité du coupé.
Le moteur est installé longitudinalement à l’avant, en position reculée, tandis que la transmission entraîne exclusivement les roues arrière. Cette disposition favorise une répartition des masses adaptée à une sportive et permet de conserver les proportions traditionnelles d’une GT à moteur avant. Les suspensions indépendantes et les éléments de liaison au sol en aluminium complètent une architecture conçue pour associer précision de conduite et confort routier.
L’habitacle poursuit la même philosophie. La planche de bord reçoit des instruments analogiques circulaires, associés à des commandes relativement simples et à une présentation largement habillée de cuir. Les sièges sont installés bas, dans un environnement étroit et enveloppant. Le constructeur propose de nombreuses possibilités de personnalisation concernant les couleurs extérieures, les selleries et les garnitures, si bien que deux exemplaires peuvent présenter des ambiances sensiblement différentes.
Contrairement aux automobiles sportives produites industriellement à grande échelle, la GT MF4 met ainsi l’accent sur la fabrication individualisée. Cette approche explique une partie de son positionnement tarifaire et de sa diffusion confidentielle.
Motorisations BMW V8 et évolutions de la gamme
La carrière de la Wiesmann GT MF4 se caractérise par trois principales configurations mécaniques. Toutes reposent sur des moteurs V8 BMW, mais leurs caractéristiques et leurs transmissions évoluent avec les années. Il est donc important de distinguer les premières voitures des versions atmosphériques les plus répandues et des modèles biturbo apparus en fin de carrière.
Les tout premiers exemplaires reçoivent un V8 atmosphérique de 4,4 litres développant 333 ch. Issu de la famille BMW N62, ce moteur dispose d’une distribution à quatre soupapes par cylindre et d’une gestion électronique moderne. Associé à une boîte manuelle à six rapports, il permet au nouveau coupé d’atteindre des performances déjà élevées. Cette configuration reste cependant peu représentée dans la production totale.
Wiesmann adopte ensuite le V8 BMW de 4,8 litres, également atmosphérique. Avec 367 ch et 490 Nm, cette motorisation devient la plus caractéristique de la première période commerciale du GT MF4. Elle conserve une réponse progressive à l’accélérateur et privilégie la disponibilité du couple plutôt qu’une puissance obtenue à très haut régime.
Initialement proposée avec une boîte mécanique à six rapports, la GT MF4 4,8 litres peut également recevoir une transmission automatique sport à six rapports à partir de la seconde moitié des années 2000. Cette évolution élargit son utilisation au grand tourisme, sans modifier son architecture de propulsion.
En 2011, Wiesmann remplace le V8 atmosphérique par un moteur BMW de 4,4 litres à double turbocompresseur. Sa puissance atteint 407 ch et son couple progresse à 600 Nm. Associé à une boîte automatique à six rapports, ce moteur apporte davantage de reprises à bas et moyen régimes. Malgré cette augmentation sensible du couple, la vitesse maximale reste proche de celle de la version précédente, autour de 290 km/h.
Parallèlement, Wiesmann développe des variantes plus sportives. Le GT MF4-S, présenté en 2010, utilise un V8 atmosphérique de 4,0 litres développant 420 ch et reçoit une présentation aérodynamique spécifique. Il ne doit pas être confondu avec le GT MF4 standard de 407 ch, dont le moteur est suralimenté. Une déclinaison GT MF4-CS, orientée vers une utilisation plus sportive, apparaît également à la fin de la carrière de la marque historique.
La famille Wiesmann s’enrichit aussi du Wiesmann MF4, un roadster V8 qui partage la philosophie mécanique du coupé mais conserve une carrosserie ouverte. Les deux automobiles répondent ainsi à des attentes différentes : le GT MF4 privilégie la rigidité d’une carrosserie fermée, tandis que le roadster met davantage en avant la conduite à ciel ouvert.
Plus haut dans la gamme, le Wiesmann GT MF5 adopte initialement un V10 BMW et des caractéristiques plus extrêmes. Il ne remplace pas directement le GT MF4, mais complète l’offre du constructeur avec un coupé encore plus puissant et exclusif.
Fiche technique de la Wiesmann GT MF4
| Caractéristique | Wiesmann GT MF4 |
|---|---|
| Constructeur | Wiesmann |
| Pays de fabrication | Allemagne |
| Site de production | Dülmen |
| Première présentation du prototype | 2003 |
| Lancement de la version de série | 2005 |
| Carrosserie | Coupé 2 portes |
| Nombre de places | 2 |
| Architecture | Moteur avant longitudinal, propulsion |
| Motorisations | V8 BMW essence atmosphérique ou biturbo |
| Cylindrée V8 initial | 4 398 cm³ |
| Cylindrée V8 atmosphérique principal | 4 799 cm³ |
| Cylindrée V8 biturbo | 4 395 cm³ |
| Puissance V8 4,4 l initial | 333 ch à 6 100 tr/min |
| Puissance V8 4,8 l | 367 ch à 6 300 tr/min |
| Puissance V8 biturbo | 407 ch (300 kW) |
| Couple V8 4,4 l initial | 450 Nm |
| Couple V8 4,8 l | 490 Nm |
| Couple V8 biturbo | 600 Nm |
| Alimentation | Injection électronique, double turbocompresseur sur la version 407 ch |
| Boîtes de vitesses | Manuelle 6 rapports ou automatique 6 rapports selon version et millésime |
| Transmission | Roues arrière motrices |
| Structure | Monocoque en aluminium collé et riveté |
| Carrosserie | Composite renforcé de fibres de verre |
| Suspension avant | Indépendante, bras transversaux en aluminium |
| Suspension arrière | Indépendante multibras |
| Direction | À crémaillère assistée |
| Freinage | Disques ventilés avant et arrière |
| Diamètre des disques, version 4,8 l | 348 mm avant, 334 mm arrière selon fiche technique |
| Pneumatiques documentés | 245/35 ZR20 avant, 275/30 ZR20 arrière |
| Longueur | Environ 4,22 à 4,23 m |
| Largeur | Environ 1,85 à 1,88 m |
| Hauteur | Environ 1,16 à 1,20 m |
| Empattement | Environ 2 500 mm |
| Poids publié | Environ 1 190 à 1 455 kg selon motorisation, équipement et méthode de mesure |
| Vitesse maximale V8 4,8 l | Environ 290 km/h |
| Vitesse maximale V8 biturbo | 291 km/h |
| 0 à 100 km/h V8 4,8 l | Environ 4,6 s |
| 0 à 100 km/h V8 biturbo | 4,6 s |
| Consommation mixte V8 4,8 l | Environ 11,1 à 11,7 l/100 km selon homologation publiée |
| Consommation mixte V8 biturbo | 12,3 l/100 km |
| Réservoir | Environ 70 litres |
| Volume de coffre | Environ 250 litres |
Performances et comportement routier
La Wiesmann GT MF4 se distingue par un rapport entre puissance et masse favorable. Sa structure légère et ses moteurs V8 lui permettent de rivaliser en accélération avec des sportives nettement plus répandues, tout en conservant une conception mécanique relativement traditionnelle.
Avec le moteur atmosphérique de 4,8 litres, le coupé atteint environ 100 km/h en 4,6 secondes. La vitesse maximale annoncée avoisine 290 km/h, une valeur remarquable pour une automobile dont le style s’inspire des GT classiques. Le caractère du moteur repose sur sa cylindrée généreuse et sa réponse directe, sans intervention d’une suralimentation.
La configuration à moteur avant reculé et propulsion influence directement le comportement de la voiture. Le long capot ne signifie pas que toute la masse mécanique repose sur le train avant : l’implantation du groupe motopropulseur contribue à limiter ce déséquilibre. La position de conduite basse, l’empattement relativement court et les voies larges participent également au caractère sportif du modèle.
Les suspensions indépendantes permettent de contrôler les mouvements de caisse tout en conservant une aptitude aux longs trajets. Les pneumatiques arrière plus larges que ceux de l’avant répondent aux contraintes de motricité imposées par le V8. Les freins à disques ventilés sont dimensionnés pour les performances élevées du coupé.
L’arrivée du moteur biturbo modifie principalement la disponibilité du couple. Les 600 Nm facilitent les accélérations et les reprises sans nécessiter de monter aussi haut dans les régimes. Cette évolution correspond à une orientation davantage tournée vers le grand tourisme rapide, alors que les versions atmosphériques mettent plus directement en valeur la montée en régime du V8.
La GT MF4 ne recherche toutefois pas le dépouillement d’une voiture de compétition. Son habitacle habillé de cuir, ses équipements personnalisables et son coffre lui permettent de conserver une dimension routière. Cette polyvalence explique son positionnement entre une sportive artisanale et un coupé de grand tourisme de prestige.
Production artisanale, prix et rareté
La Wiesmann GT MF4 a été produite en quantités limitées, avec un processus de fabrication très différent de celui des grands constructeurs. L’assemblage manuel, les nombreuses possibilités de personnalisation et la structure spécifique du véhicule imposaient des cadences réduites.
Le Wiesmann Club avance un total de 230 exemplaires pour le GT MF4 standard entre 2005 et 2013. Ce décompte distingue les GT MF4-S et GT MF4-CS, considérés comme des déclinaisons séparées. Il constitue une indication utile de la rareté du modèle, même si un registre constructeur exhaustif permettant de vérifier chaque exemplaire n’est pas publiquement établi.
Les premières voitures équipées du V8 4,4 litres de 333 ch sont particulièrement peu nombreuses. Des publications spécialisées évoquent sept ou huit exemplaires, un écart qui peut tenir au traitement des véhicules de présérie. Cette petite série initiale précède la diffusion plus importante du moteur 4,8 litres.
Le prix neuf dépendait sensiblement de la période et des équipements. Une référence allemande de 2007 indique un tarif de départ proche de 116 900 euros, tandis que certaines fiches françaises de la version 4,8 litres mentionnent des montants dépassant 150 000 euros. La documentation constructeur de la version biturbo fait également apparaître un prix hors taxes d’environ 109 160 euros. Ces valeurs correspondent à des dates et à des conditions fiscales différentes et ne constituent pas une grille tarifaire directement comparable.
La personnalisation pouvait influencer fortement le prix final. Les acheteurs choisissaient notamment les teintes de carrosserie, les cuirs, les garnitures intérieures et certains équipements. Cette diversité rend aujourd’hui l’examen individuel des voitures important, particulièrement pour identifier leur configuration mécanique d’origine.
Sur le marché de la collection, l’intérêt du GT MF4 tient notamment à son statut de premier coupé Wiesmann, à sa production limitée et à son association avec les motorisations BMW V8. L’état du châssis, l’entretien du moteur, le fonctionnement de la transmission et la disponibilité des éléments de carrosserie spécifiques sont des points importants lors de l’évaluation d’un exemplaire.
La marque ayant connu des difficultés financières puis l’arrêt de sa production historique en 2013, la traçabilité des pièces et des interventions mérite une attention particulière. Les composants mécaniques provenant de BMW peuvent faciliter certaines opérations, mais la carrosserie, les vitrages, les garnitures et plusieurs éléments structurels restent propres à Wiesmann.
Place du GT MF4 dans l’histoire de Wiesmann
Le GT MF4 marque l’élargissement de l’activité de Wiesmann au-delà des roadsters qui avaient construit sa réputation. Le développement d’une monocoque aluminium spécifique démontre la volonté de la marque de concevoir une véritable famille de voitures de sport, et non de se limiter à l’assemblage de carrosseries artisanales autour de mécaniques existantes.
Cette évolution accompagne l’apparition de modèles plus ambitieux. Le Wiesmann MF5 transpose notamment la recherche de performances élevées à un roadster de haut de gamme, tandis que les déclinaisons GT MF4-S et GT MF4-CS explorent une orientation plus radicale du coupé initial.
La GT MF4 n’a pas été conçue comme une voiture de compétition homologuée pour la route. Bien que son développement s’inscrive dans une démarche sportive et qu’elle bénéficie de l’expérience acquise par Wiesmann sur différents projets, aucun palmarès majeur en compétition automobile ne caractérise sa carrière commerciale. Sa singularité repose davantage sur sa construction, son style et ses performances routières.
Après les difficultés de la société historique, la marque Wiesmann fait l’objet d’une relance qui conduit à la présentation du Wiesmann Project Thunderball, un projet de roadster entièrement électrique. Cette nouvelle orientation technologique contraste avec les V8 atmosphériques et biturbo du GT MF4, tout en conservant certains principes stylistiques associés à la marque, notamment le long capot, les ailes sculptées et les proportions de voiture de sport à deux places.




