La Bolloré Bluesummer est un cabriolet électrique français à quatre places, présenté en 2013 et commercialisé à partir de 2015. Conçue par le groupe Bolloré comme une voiture de loisirs destinée notamment aux régions touristiques, elle associe une carrosserie entièrement découvrable à une batterie lithium-métal-polymère de 30 kWh. Avec ses dimensions compactes, son habitacle lavable et son autonomie annoncée pouvant atteindre 200 km en ville, elle propose une interprétation électrique de la voiture de plage.
Produite en France dans le cadre d’un partenariat industriel avec PSA Peugeot Citroën, la Bluesummer occupe une place particulière dans l’histoire de l’automobile électrique française. Peu diffusée, elle a surtout servi de base technique à la Citroën E-Méhari, commercialisée peu après. Son originalité tient autant à sa conception volontairement simple qu’à la technologie de batterie développée par Bolloré.
Histoire de la Bolloré Bluesummer : de la présentation de 2013 à la commercialisation
Au début des années 2010, le groupe Bolloré cherche à développer de nouveaux débouchés pour sa technologie de stockage électrique. Après le déploiement de véhicules destinés notamment à l’autopartage, l’entreprise française imagine une automobile plus récréative, capable de séduire les particuliers, les professionnels du tourisme et les sociétés de location.
La Bluesummer apparaît ainsi en 2013, avec une philosophie différente de celle de la Bolloré Bluecar. Cette dernière est une citadine fermée, particulièrement associée au service parisien Autolib’, tandis que la Bluesummer privilégie la conduite à ciel ouvert et les déplacements estivaux. Les deux modèles partagent néanmoins une partie de leur architecture électrique et la technologie de batterie lithium-métal-polymère développée par le groupe.
Initialement envisagée pour une commercialisation dès 2014, la Bluesummer connaît un lancement plus progressif. En avril 2015, elle est notamment présentée lors de l’événement EVER Monaco, consacré aux véhicules écologiques et aux nouvelles mobilités. Cette apparition permet de découvrir un modèle proche de sa configuration définitive, avec une carrosserie ouverte, quatre places et des équipements volontairement limités à l’essentiel.
Le 17 juin 2015 marque une étape décisive. PSA Peugeot Citroën et Bolloré annoncent un accord de coopération industrielle portant notamment sur l’assemblage de la Bluesummer. La production est confiée à l’usine de Rennes-La Janais, en Bretagne, avec un démarrage prévu en septembre de la même année. Cette collaboration permet à Bolloré de bénéficier du savoir-faire industriel d’un constructeur automobile établi.
Le 10 juillet 2015, Citroën annonce également son intention de distribuer la Bluesummer en France. L’accord donne au véhicule une visibilité commerciale supplémentaire, alors que Bolloré ne dispose pas d’un réseau de vente automobile comparable à celui des grands constructeurs.
La capacité industrielle annoncée atteint 15 véhicules par jour, soit environ 3 500 unités par an dans les conditions envisagées. Il s’agit toutefois d’un objectif de capacité, et non d’un bilan de production. Le nombre total de Bluesummer effectivement assemblées n’est pas établi avec certitude.
La période de commercialisation reste relativement courte. Les catalogues automobiles répertorient principalement des versions des millésimes 2015 et 2016, avec des dates de fin de diffusion variables suivant les bases documentaires. La Bluesummer demeure donc une proposition ponctuelle dans la stratégie automobile de Bolloré, plutôt qu’une gamme développée sur plusieurs générations.
Un cabriolet électrique inspiré des voitures de plage
Le dessin de la Bolloré Bluesummer repose sur une idée simple : proposer une automobile ouverte, facile à utiliser et adaptée aux environnements côtiers. Sa silhouette courte et haute, ses formes arrondies et son pare-brise relativement vertical rappellent l’esprit des voitures de loisirs françaises des années 1960 et 1970.
La carrosserie mesure 3,69 mètres de long pour 1,71 mètre de large. Malgré ce gabarit réduit, elle accueille quatre occupants répartis sur deux rangées de sièges. Ses deux portes latérales et son habitacle largement ouvert privilégient l’accès et la convivialité plutôt que l’isolation acoustique ou le confort d’une berline traditionnelle.
La face avant se distingue par ses projecteurs arrondis, son capot court et son dessin dépouillé. Les panneaux de carrosserie en matière synthétique ABS-PMMA, teintés dans la masse, répondent à la recherche de simplicité et de résistance aux petits dommages du quotidien. Le bleu turquoise utilisé sur les véhicules de présentation renforce l’identité estivale du modèle.
L’habitacle suit la même logique fonctionnelle. Les matériaux sont choisis pour faciliter le nettoyage, tandis que des évacuations permettent à l’eau de s’écouler sous le plancher. Cette conception rend le véhicule particulièrement adapté aux trajets de plage, aux activités nautiques et aux utilisations répétées dans le cadre d’une location touristique.
Des protections souples peuvent être installées pour limiter l’exposition des occupants aux intempéries. Elles ne transforment cependant pas la Bluesummer en cabriolet conventionnel doté d’une capote sophistiquée. Le véhicule reste pensé avant tout pour les beaux jours et les déplacements relativement courts.
Le coffre offre un volume annoncé de 200 litres, pouvant atteindre environ 800 litres lorsque les sièges arrière sont rabattus. Cette modularité permet de transporter des bagages ou des équipements de loisirs, même si les possibilités de chargement demeurent celles d’une petite automobile.
La Bluesummer évoque naturellement la Citroën Méhari historique, mais les deux véhicules sont techniquement très différents. La Méhari des années 1960 repose sur une mécanique thermique dérivée de la 2CV, alors que la Bluesummer utilise une chaîne de traction entièrement électrique. Leur proximité concerne essentiellement l’esprit de liberté, la carrosserie simplifiée et la vocation balnéaire.
Motorisation électrique et technologie de batterie LMP
La Bolloré Bluesummer utilise un moteur électrique dont la puissance nominale est généralement annoncée à 35 kW, soit environ 48 ch. Sa puissance maximale atteint 50 kW, équivalant à environ 68 ch. Ces deux valeurs correspondent à des définitions différentes de la puissance du système et ne désignent pas nécessairement deux versions distinctes.
Le couple annoncé de 140 Nm favorise les démarrages et les déplacements à faible vitesse. La transmission à rapport unique dispense le conducteur de changer les vitesses, tandis que les commandes de sélection de marche sont regroupées sur la planche de bord. L’ensemble privilégie la facilité d’utilisation, particulièrement intéressante pour un véhicule susceptible d’être confié à des conducteurs occasionnels.
La vitesse maximale est limitée à 110 km/h. La Bluesummer peut ainsi emprunter des routes ordinaires et certaines voies rapides, mais elle n’a pas été développée pour les longs trajets autoroutiers. Son comportement et ses performances correspondent davantage à une automobile de promenade qu’à un cabriolet sportif.
La principale particularité technique réside dans sa batterie lithium-métal-polymère, généralement désignée par l’abréviation LMP. Contrairement aux batteries lithium-ion conventionnelles utilisées par de nombreux constructeurs, cette technologie repose sur un électrolyte polymère solide fonctionnant à température élevée.
Cette solution, développée par Bolloré, nécessite une gestion thermique spécifique pour maintenir la batterie dans ses conditions normales de fonctionnement. Elle présente donc une contrainte particulière : une consommation d’énergie peut subsister lorsque le véhicule est immobilisé afin de conserver la température nécessaire au fonctionnement du système.
Cette caractéristique influence directement l’utilisation quotidienne. Pour un véhicule régulièrement branché et utilisé, notamment dans une flotte de location, la gestion énergétique peut être organisée autour de cycles d’exploitation prévisibles. Pour un particulier laissant sa voiture stationnée plusieurs jours sans recharge, les contraintes sont différentes de celles d’une automobile électrique équipée d’une batterie lithium-ion classique.
La capacité annoncée de 30 kWh permet une autonomie pouvant atteindre 200 km en circulation urbaine. En usage extra-urbain, Bolloré communique sur une distance plus proche de 100 km. Cet écart illustre l’importance des conditions de conduite : la vitesse, les besoins énergétiques et la gestion thermique influencent sensiblement la distance parcourue.
La recharge s’effectue sur une alimentation électrique en courant alternatif. Les fiches techniques d’époque mentionnent notamment une recharge sous 16 ampères, avec une durée complète d’environ huit heures. La Bluesummer ne bénéficie pas des solutions de recharge rapide en courant continu devenues courantes sur les voitures électriques plus récentes.
Fiche technique de la Bolloré Bluesummer
| Caractéristique | Bolloré Bluesummer |
|---|---|
| Constructeur | Bolloré |
| Modèle | Bluesummer |
| Première présentation | 2013 |
| Lancement commercial | 2015 |
| Assemblage | Rennes-La Janais, France, à partir de 2015 |
| Carrosserie | Cabriolet électrique de loisirs |
| Nombre de places | 4 |
| Nombre de portes latérales | 2 |
| Motorisation | Un moteur électrique |
| Puissance nominale | 35 kW, environ 48 ch |
| Puissance maximale | 50 kW, environ 68 ch |
| Couple maximal | 140 Nm selon les fiches techniques |
| Transmission | Réducteur à rapport unique |
| Roues motrices | Traction avant dans plusieurs fiches, information contradictoire dans certaines publications |
| Structure | Châssis en acier traité par cataphorèse |
| Carrosserie | Matériau synthétique ABS-PMMA teinté dans la masse |
| Technologie de batterie | Lithium-métal-polymère (LMP) |
| Capacité de batterie annoncée | 30 kWh |
| Autonomie urbaine annoncée | Jusqu’à 200 km |
| Autonomie extra-urbaine annoncée | Environ 100 km |
| Consommation normalisée publiée | 14 kWh/100 km selon certaines fiches |
| Recharge | Courant alternatif, 16 A mentionnés |
| Puissance de recharge AC publiée | Jusqu’à environ 4 kW |
| Durée de recharge complète | Environ 8 heures |
| Connecteur de recharge répertorié | Type 1 |
| Vitesse maximale | 110 km/h |
| Longueur | 3 690 mm |
| Largeur | 1 710 mm |
| Hauteur | 1 650 mm généralement annoncés, 1 610 mm dans une autre fiche |
| Masse à vide publiée | 1 285 à 1 360 kg suivant les fiches et définitions |
| Volume du coffre | 200 litres |
| Volume maximal avec sièges rabattus | Environ 800 litres |
| Catégorie d’homologation | M1, voiture particulière |
| Émissions directes de CO2 | 0 g/km à l’échappement |
Prix neuf, distribution et production de la Bluesummer
Lors de son lancement commercial en 2015, la Bolloré Bluesummer est annoncée à environ 24 000 euros avant déduction des aides publiques. Avec le bonus écologique de 6 300 euros alors applicable, son prix d’acquisition peut descendre à 17 700 euros, sous réserve des conditions réglementaires.
La batterie fait toutefois l’objet d’une formule de location séparée, annoncée à 79 euros par mois. Cette organisation commerciale, également utilisée sur d’autres véhicules électriques de l’époque, permet de distinguer le coût d’achat de l’automobile de celui de son système de stockage énergétique.
Dans certaines situations, le superbonus écologique lié au remplacement d’un ancien véhicule diesel permettait d’abaisser davantage le prix d’achat. Un tarif théorique d’environ 14 000 euros après déduction de 10 000 euros d’aides a ainsi été évoqué, mais il ne concernait que les acheteurs remplissant les conditions exigées.
La commercialisation s’appuie sur deux clientèles principales. La première rassemble les particuliers attirés par un cabriolet électrique original pour des trajets de proximité. La seconde comprend les entreprises de location, les professionnels du tourisme et les exploitants de flottes dans les stations balnéaires.
Des projets de mise à disposition sont notamment annoncés dans le sud de la France, autour de destinations comme Nice, Antibes, Saint-Tropez et Sainte-Maxime. La Bluesummer se prête à cet usage grâce à ses commandes simples, son habitacle lavable et son autonomie adaptée aux déplacements locaux.
La fabrication à Rennes-La Janais constitue un aspect important de son développement. Pour PSA, l’accord avec Bolloré représente une activité industrielle complémentaire sur un site historique de production automobile. Pour Bolloré, il permet de s’appuyer sur des installations, des méthodes d’assemblage et des compétences déjà éprouvées.
La Bluesummer reste néanmoins un modèle de diffusion limitée. Les capacités de production annoncées lors de l’accord industriel ne permettent pas de déterminer le nombre d’exemplaires effectivement vendus. Aucun total de fabrication suffisamment documenté ne permet d’établir une série de production précise.
Cette diffusion restreinte explique sa faible présence sur le marché de l’occasion. Sa valeur dépend notamment de son état général, du fonctionnement de la batterie, des conditions contractuelles liées à celle-ci et de la disponibilité des pièces spécifiques. L’existence d’annonces ponctuelles ne suffit pas à établir une cote de collection représentative.
De la Bolloré Bluesummer à la Citroën E-Méhari
Le développement de la Bluesummer débouche rapidement sur une collaboration plus visible avec Citroën. À la fin de l’année 2015, la marque française présente l’E-Méhari, un nouveau cabriolet électrique directement inspiré de la philosophie de la voiture de plage.
La Citroën E-Méhari reprend une grande partie de la base technique de la Bluesummer, notamment sa batterie lithium-métal-polymère et son architecture électrique. Elle bénéficie toutefois d’une carrosserie redessinée et d’une identité esthétique propre à Citroën, avec une face avant et des éléments de style différents.
Il ne s’agit donc pas d’une Bluesummer simplement rebadgée. L’E-Méhari constitue un modèle distinct, intégré à la gamme Citroën et présenté avec une communication faisant explicitement référence à la Méhari historique. La Bluesummer conserve pour sa part son identité Bolloré et son rôle de véhicule de loisirs développé autour des technologies du groupe.
Cette coopération s’inscrit dans une stratégie plus large de diversification des applications automobiles de Bolloré. À côté de la citadine Bluecar et du cabriolet Bluesummer, le groupe développe également le Bolloré Blueutility, une déclinaison utilitaire électrique destinée à des usages professionnels. Ces véhicules illustrent différentes applications d’une même famille de technologies de mobilité électrique.
La Bluesummer se distingue également de l’E-Méhari par sa diffusion plus confidentielle et par son statut de modèle directement commercialisé sous l’identité Bolloré. Les deux voitures partagent une orientation vers les déplacements de proximité, mais leurs réseaux commerciaux et leurs présentations extérieures ne sont pas identiques.
Pour identifier correctement une Bluesummer, la face avant arrondie avec ses projecteurs caractéristiques, les proportions de la carrosserie et l’absence des éléments stylistiques propres à Citroën constituent des repères essentiels. Ces différences permettent notamment d’éviter les confusions dans les photographies, les annonces d’occasion et les catalogues consacrés aux cabriolets électriques français des années 2010.
