La Hommell RS2 est une berlinette sportive française apparue en 2000, développée à Lohéac, en Bretagne, sous l’impulsion de Michel Hommell. Ultime évolution routière de la petite sportive artisanale, elle reçoit un moteur Peugeot de 2,0 litres préparé par Danielson Engineering, développant 195 ch. Avec son moteur central arrière, sa transmission aux roues arrière et son poids contenu autour de 950 kg, elle privilégie les sensations de conduite et l’efficacité mécanique plutôt que les équipements de confort.
Produite à seulement 46 exemplaires selon les chiffres historiques disponibles, la RS2 représente la version la plus puissante de la Hommell Berlinette destinée à la route. Elle conserve l’architecture originale du modèle tout en bénéficiant d’une mécanique plus performante. Sa conception sans assistance de direction, sans ABS et sans contrôle électronique de stabilité témoigne d’une philosophie devenue rare au tournant des années 2000.
Histoire de la Hommell RS2 : l’aboutissement d’une berlinette française
L’histoire de la Hommell RS2 commence bien avant son apparition. Au début des années 1990, Michel Hommell, entrepreneur breton et passionné de sport automobile, souhaite créer une voiture française légère, simple et entièrement consacrée au plaisir de conduire. Son projet prend forme avec Gilles Dupré, alors rédacteur en chef du magazine Échappement.
En 1991, une consultation organisée auprès des lecteurs du magazine permet de définir les grandes caractéristiques de cette future sportive. Environ 2 000 réponses contribuent à établir un cahier des charges précis : une carrosserie de berlinette à deux places, un moteur central, des roues arrière motrices, un poids limité et une mécanique atmosphérique. L’objectif est de retrouver les sensations des sportives françaises traditionnelles dans une automobile contemporaine.
Un premier prototype est présenté au Mondial de l’automobile de Paris en octobre 1992. Après une période de développement, la fabrication débute en 1994 dans les ateliers de Lohéac. La Hommell Berlinette Échappement inaugure la production avec un quatre cylindres Peugeot développant 155 ch. Sa carrosserie en polyester repose sur une structure métallique spécialement conçue pour cette petite série.
Le développement se poursuit avec la Hommell Berlinette RS, apparue dans la seconde moitié des années 1990. Cette évolution reçoit un moteur de 167 ch et une carrosserie remaniée, notamment au niveau de la face avant. Les quatre projecteurs ronds remplacent les optiques carénées du modèle initial, tandis que les performances progressent sensiblement.
La RS2 apparaît en 2000 comme une évolution mécanique supplémentaire. Hommell fait appel à Danielson Engineering pour développer une version plus puissante du moteur Peugeot XU10J4RS. Cette préparation permet de porter la puissance à 195 ch sans recourir à la suralimentation. La voiture conserve les principales caractéristiques de la RS, mais bénéficie d’un moteur plus expressif à haut régime.
Cette évolution intervient alors que la production Hommell demeure artisanale et que les moyens financiers du constructeur sont limités. L’entreprise ne dispose ni du réseau commercial ni des volumes nécessaires pour rivaliser avec les grands fabricants de voitures sportives. L’activité automobile s’achève au début des années 2000, généralement située en 2003 dans les chronologies de la marque. La RS2 ne connaîtra aucun successeur direct de série.
Un moteur Peugeot préparé par Danielson Engineering
La principale particularité technique de la Hommell RS2 réside dans son moteur. Il s’agit d’un quatre cylindres en ligne atmosphérique de 1 998 cm³ appartenant à la famille Peugeot XU10. Cette mécanique, connue notamment sur la Peugeot 306 S16, possède un bloc en fonte, une culasse à seize soupapes et deux arbres à cames en tête.
Pour la RS2, Danielson Engineering intervient sur la préparation du moteur afin d’améliorer son rendement et sa puissance spécifique. Les collecteurs d’admission et d’échappement sont notamment retravaillés. La puissance maximale atteint 195 ch à 6 750 tr/min, contre 167 ch pour la Berlinette RS précédente. Le gain de 28 ch représente une augmentation d’environ 17 %.
Cette préparation conserve une alimentation atmosphérique. Le moteur doit donc produire sa puissance grâce à son remplissage, à sa distribution et à sa capacité à prendre des tours, plutôt qu’à la pression d’un turbocompresseur. Son caractère mécanique favorise une conduite active, dans laquelle le choix du rapport et le maintien du régime jouent un rôle important.
Le moteur est installé transversalement derrière les sièges, en position centrale arrière. Cette implantation rapproche les masses principales du centre de la voiture et contribue à son agilité. La puissance est transmise aux roues arrière par une boîte manuelle à six rapports. Contrairement à certaines indications présentes dans des bases de données commerciales, la RS2 n’est pas équipée d’une transmission automatique.
La transmission ne comporte pas de différentiel autobloquant. Le conducteur doit donc gérer la motricité à l’accélération, particulièrement en sortie de virage. Cette configuration correspond à la philosophie générale du modèle, qui repose davantage sur son équilibre mécanique et sa légèreté que sur des dispositifs électroniques d’assistance.
La vitesse maximale annoncée atteint environ 230 km/h. Sur le kilomètre départ arrêté, la RS2 est créditée de 26,1 secondes, contre 26,9 secondes pour la RS de 167 ch. L’amélioration est significative pour une voiture dont la structure et les dimensions évoluent relativement peu. Le rapport poids-puissance théorique, proche de 4,9 kg/ch, contribue également à expliquer ses performances.
Châssis, comportement routier et conception mécanique
La Hommell RS2 conserve une conception particulièrement originale pour une sportive française de cette période. Sa structure repose sur un châssis tubulaire métallique renforcé par des tôles d’aluminium. La carrosserie en polyester est non porteuse : elle assure principalement l’habillage extérieur, tandis que la rigidité structurelle dépend du châssis.
Cette architecture permet de maîtriser la masse et d’adapter les dimensions de la voiture à sa vocation sportive. Avec une longueur d’environ 4,12 mètres et une hauteur limitée à 1,15 mètre, la RS2 présente une silhouette basse et ramassée. Son empattement de 2,45 mètres et sa largeur de 1,78 mètre participent à ses proportions caractéristiques.
Le train avant utilise une suspension indépendante à double triangulation, tandis que le train arrière reprend une architecture indépendante de type McPherson. Cette combinaison vise à préserver la précision du guidage et le contact des pneumatiques avec la chaussée. Les réglages privilégient l’efficacité sur route, sans transformer la voiture en prototype exclusivement destiné aux circuits.
La direction mécanique ne bénéficie d’aucune assistance. Elle demande davantage d’effort lors des manœuvres, mais permet de conserver une liaison directe entre le volant et les roues avant. Le freinage repose sur quatre disques ventilés, sans système antiblocage. L’absence d’ABS, d’antipatinage et de contrôle de stabilité impose une conduite attentive, particulièrement sur chaussée humide.
Les pneumatiques présentent des dimensions différenciées entre les deux essieux, avec des montes de 205/50 R16 à l’avant et de 245/45 R16 à l’arrière. Cette différence accompagne la répartition des fonctions entre le guidage à l’avant et la transmission de la puissance à l’arrière.
Le comportement de la RS2 dépend ainsi directement de l’association entre son moteur central, son faible poids, ses suspensions indépendantes et ses pneumatiques larges. Elle ne recherche pas l’isolation du conducteur, mais une lecture immédiate des réactions de la voiture. Cette approche exige une certaine expérience pour exploiter pleinement ses capacités.
Fiche technique de la Hommell RS2
| Caractéristique | Hommell RS2 |
|---|---|
| Marque | Hommell |
| Modèle | Berlinette RS2 |
| Année d’apparition | 2000 |
| Période de production | Environ 2000 à 2003 |
| Pays de fabrication | France |
| Site de production | Lohéac, Ille-et-Vilaine |
| Carrosserie | Coupé berlinette, 2 portes |
| Nombre de places | 2 |
| Architecture | Moteur central arrière, propulsion |
| Moteur | Peugeot XU10J4RS préparé par Danielson Engineering |
| Type de moteur | 4 cylindres en ligne atmosphérique |
| Cylindrée | 1 998 cm³ |
| Alésage x course | 86 x 86 mm |
| Distribution | Double arbre à cames en tête, 16 soupapes |
| Alimentation | Injection électronique multipoint |
| Puissance maximale | 195 ch (143 kW) à 6 750 tr/min |
| Couple maximal | Environ 220 Nm à 5 500 tr/min |
| Régime maximal référencé | 7 300 tr/min |
| Boîte de vitesses | Manuelle à 6 rapports |
| Roues motrices | Arrière |
| Différentiel autobloquant | Non |
| Châssis | Structure tubulaire métallique renforcée par des tôles d’aluminium |
| Carrosserie | Polyester non porteur |
| Suspension avant | Indépendante à double triangulation |
| Suspension arrière | Indépendante, type McPherson |
| Direction | Mécanique non assistée |
| Freinage | 4 disques ventilés |
| ABS | Non |
| Contrôle électronique de stabilité | Non |
| Pneumatiques avant | 205/50 R16 |
| Pneumatiques arrière | 245/45 R16 |
| Longueur | 4 120 mm |
| Largeur | 1 780 mm |
| Hauteur | 1 150 mm |
| Empattement | 2 450 mm |
| Poids à vide référencé | Environ 950 kg |
| Rapport poids-puissance | Environ 4,87 kg/ch |
| Vitesse maximale | Environ 230 km/h |
| 1 000 mètres départ arrêté | 26,1 secondes |
| Consommation référencée | 11,7 à 13 l/100 km selon les fiches |
| Capacité de carburant | 64 litres |
| Production RS2 | 46 exemplaires selon les données historiques publiées |
Design extérieur et habitacle : une sportive sans artifices
La Hommell RS2 reprend les grandes lignes de la Berlinette RS, dont le dessin avait été revu avec l’intervention de Sylvain Crosnier, de la SERA. La carrosserie conserve une silhouette caractéristique, avec un avant très bas, un pare-brise incliné et un habitacle compact installé en avant du compartiment moteur.
La face avant se reconnaît à ses quatre projecteurs circulaires encastrés, qui donnent à la voiture une identité visuelle différente de celle de la première Berlinette. Le capot plongeant et les volumes arrondis traduisent une recherche d’efficacité aérodynamique, sans adopter les appendices spectaculaires des voitures de compétition.
De profil, les prises d’air latérales rappellent la présence du moteur derrière les occupants. La partie arrière accueille le groupe motopropulseur et les éléments nécessaires à son refroidissement. Les roues relativement larges, les porte-à-faux contenus et la faible hauteur de caisse renforcent l’impression d’une voiture conçue autour de sa mécanique.
Les différences extérieures entre une RS de 167 ch et une RS2 de 195 ch restent limitées. Les quatre phares ronds ne constituent donc pas une preuve suffisante pour identifier une RS2. La vérification de la motorisation, des documents d’origine et de l’historique du véhicule est nécessaire pour distinguer avec certitude les deux versions.
À bord, l’ambiance est volontairement dépouillée. L’habitacle accueille deux occupants dans des sièges à maintien latéral marqué. L’instrumentation est tournée vers les informations utiles à la conduite, tandis que la commande de boîte manuelle et le pédalier participent au caractère mécanique de l’ensemble.
La présentation ne cherche pas à reproduire le niveau de finition des coupés de grande série. L’espace disponible, l’accès à bord, l’insonorisation et les équipements de confort passent au second plan. Le conducteur se trouve dans une voiture dont les dimensions, la position de conduite et les commandes ont été déterminées avant tout par les exigences du pilotage.
Production limitée, rareté et marché de collection
La Hommell RS2 appartient à une catégorie particulièrement confidentielle de l’automobile française. Selon les chiffres historiques publiés, sa production aurait atteint 46 exemplaires, contre 63 Berlinette RS. La production totale des automobiles Hommell est généralement évaluée à 242 véhicules, en incluant les différentes Berlinette et Barquette. Ces chiffres illustrent l’échelle artisanale du constructeur, très éloignée des volumes de fabrication des grandes marques.
La production à Lohéac reposait sur des opérations d’assemblage réalisées en petite série, avec une part importante de travail manuel. Cette organisation permettait de fabriquer une sportive originale, mais entraînait des coûts élevés et une capacité de production limitée. Les contraintes d’homologation, de commercialisation et de développement pesaient également sur la viabilité économique de l’entreprise.
Le prix neuf de la RS2 est parfois référencé autour de 43 000 euros dans les bases de données automobiles. Toutefois, les millésimes associés à ce montant ne correspondent pas toujours à la chronologie historique de la version. Il ne peut donc pas être considéré comme un tarif catalogue de lancement définitivement établi.
Sur le marché de la collection, la rareté de la RS2 constitue un élément important de son intérêt. Les annonces concernant les Hommell restent peu nombreuses, et les prix peuvent varier fortement en fonction de la version, de l’état mécanique, du kilométrage et de la qualité du dossier historique. Les valeurs parfois publiées pour l’ensemble des Berlinette ne représentent pas nécessairement celles d’une RS2 authentifiée.
L’achat d’un exemplaire nécessite une attention particulière à la structure, aux éléments de carrosserie spécifiques et à l’historique d’entretien. Le moteur possède des origines Peugeot connues, mais sa préparation Danielson et certaines pièces propres à Hommell imposent de vérifier la conformité mécanique du véhicule. La disponibilité des composants spécifiques peut être plus contraignante que celle des pièces automobiles courantes.
L’authenticité représente également un critère essentiel. Une Berlinette RS transformée ou modifiée ne doit pas être automatiquement considérée comme une RS2 d’origine. Les documents de fabrication, les caractéristiques de la motorisation et la traçabilité du véhicule permettent de confirmer son appartenance à cette série particulièrement limitée.
La conservation des Hommell bénéficie enfin de l’intérêt d’une communauté de passionnés attachés à l’histoire de la marque et à son implantation bretonne. Des rassemblements organisés à Lohéac permettent de réunir plusieurs générations de Berlinette. En 2024, un essai publié par L’Argus mettait notamment en scène la RS2 personnelle de Gilles Dupré, affichant près de 300 000 kilomètres, un exemple documenté d’utilisation prolongée de cette sportive artisanale.
