La Venturi 260 LM est une voiture de sport française produite en série limitée à 33 exemplaires au milieu des années 1990. Développée pour célébrer la participation de Venturi aux 24 Heures du Mans 1993, elle associe un moteur V6 turbo de 260 chevaux, une architecture à moteur central arrière et une présentation directement inspirée de l’univers de la compétition. Apparue à la fin de 1993 et commercialisée principalement à partir de 1994, elle représente l’une des dernières évolutions du coupé Venturi de première génération.
Contrairement à ce que pourrait suggérer son appellation, la 260 LM n’est pas une voiture de course adaptée à la circulation routière. Elle constitue une version spécifique de la Venturi 260, dont elle conserve les principales caractéristiques mécaniques tout en bénéficiant de modifications de châssis, d’équipements particuliers et d’une identité visuelle exclusive. Sa production extrêmement réduite en fait aujourd’hui l’une des versions les plus recherchées de la première famille de coupés Venturi.
Une série limitée née des 24 Heures du Mans 1993
Au début des années 1990, Venturi cherche à renforcer son image de constructeur de voitures sportives de haut niveau. La marque française, fondée dans les années 1980 par Claude Poiraud et Gérard Godfroy, développe parallèlement sa gamme de voitures de route et ses activités en compétition. Cette stratégie intervient dans un contexte financier délicat, alors que les volumes de production restent modestes et que le développement de nouveaux modèles nécessite des investissements importants.
L’engagement en compétition constitue un élément central de cette période. Le championnat monomarque organisé autour de la Venturi 400 Trophy contribue à développer l’expérience sportive du constructeur et à préparer son implication dans les courses d’endurance. En 1993, Venturi participe aux 24 Heures du Mans avec plusieurs voitures de compétition, donnant à la marque une visibilité internationale inhabituelle pour un constructeur aussi confidentiel.
Pour prolonger cet événement, Venturi décide de proposer une édition spéciale de son coupé 260. La première 260 LM est présentée à la presse en octobre 1993 dans une spectaculaire livrée rose, inspirée de celle d’une voiture engagée au Mans. Le lancement commercial de la série est généralement associé à l’année 1994.
Le nom LM renvoie directement au Mans, mais il ne faut pas confondre cette version routière avec la Venturi 500 LM. Cette dernière est une véritable voiture de compétition, conçue pour les épreuves d’endurance et dotée de caractéristiques très différentes. La 260 LM conserve pour sa part une mécanique routière de 260 chevaux, un habitacle aménagé et une homologation permettant son utilisation quotidienne.
Cette distinction explique la philosophie du modèle. Venturi ne cherche pas à commercialiser une réplique de course, mais à proposer une GT plus exclusive, bénéficiant de l’image acquise en compétition. Les références au Mans concernent principalement la présentation, l’identité de la série et certains choix de mise au point.
Design et différences avec les autres Venturi 260
La Venturi 260 LM reprend la silhouette caractéristique dessinée par Gérard Godfroy pour les premiers coupés de la marque. Sa carrosserie basse et effilée se distingue par un capot plongeant, des phares escamotables, un pare-brise fortement incliné et un habitacle avancé. Le moteur placé derrière les occupants permet de conserver un avant relativement court, tandis que les ailes arrière soulignent la largeur de la voiture.
La carrosserie utilise des matériaux composites montés sur une structure en acier. Cette conception correspond à l’architecture développée pour les Venturi de première génération. Elle permet de réaliser une voiture sportive en petite série sans recourir aux lourds investissements industriels nécessaires à une carrosserie monocoque métallique produite en grande quantité.
L’un des signes distinctifs les plus visibles de la 260 LM réside dans ses jantes OZ Racing de 17 pouces, généralement peintes en blanc. Leur dessin à cinq branches rappelle les équipements utilisés en compétition. Associées aux pneus arrière particulièrement larges, elles donnent au coupé une allure plus affirmée que celle des versions routières classiques.
Les inscriptions 260 LM, les teintes spécifiques et certains détails de finition complètent cette présentation. Le bleu Jacadi est devenu l’une des couleurs les plus associées au modèle, mais la série a également existé dans d’autres livrées, notamment en rose et en jaune. Ces couleurs participent à l’identité de la voiture sans constituer, à elles seules, une preuve de son authenticité.
Dans l’habitacle, la 260 LM conserve une présentation de grand tourisme plutôt qu’un environnement de compétition dépouillé. Elle reçoit notamment des sièges Recaro, une sellerie soignée et, sur certaines configurations, des éléments décoratifs en carbone. L’instrumentation reste conventionnelle, avec des cadrans analogiques et une planche de bord représentative des voitures sportives françaises de cette époque.
La comparaison avec la Venturi 260 Atlantique permet de mieux comprendre le positionnement de la LM. L’Atlantique constituait déjà une évolution allégée du coupé 260, produite en quantité limitée. La LM poursuit cette recherche d’exclusivité, mais se différencie surtout par sa présentation commémorative, ses équipements et sa mise au point spécifique des trains roulants.
La 260 LM ne correspond donc pas à une nouvelle génération de Venturi. Elle représente une évolution de la même plateforme, avec une mécanique largement conservée et des adaptations destinées à modifier son comportement et son caractère.
Fiche technique de la Venturi 260 LM
| Caractéristique | Venturi 260 LM |
|---|---|
| Constructeur | Venturi |
| Origine | France |
| Première présentation | 1993 |
| Lancement commercial | 1994 |
| Période de commercialisation | 1994 à 1996 |
| Production | 33 exemplaires généralement recensés |
| Carrosserie | Coupé GT, 2 portes |
| Nombre de places | 2 |
| Architecture | Moteur central arrière longitudinal |
| Motorisation | V6 PRV essence turbocompressé |
| Cylindrée | 2 849 cm³ |
| Alésage x course | 91 x 73 mm |
| Distribution | 12 soupapes |
| Alimentation | Injection électronique |
| Suralimentation | 1 turbocompresseur Garrett T3 |
| Puissance maximale | 260 ch, environ 191 kW |
| Régime de puissance | Environ 5 500 tr/min |
| Couple maximal publié | 432 à 440 Nm suivant les fiches |
| Transmission | Propulsion |
| Boîte de vitesses | Manuelle à 5 rapports, famille Renault UN1 |
| Structure | Châssis en acier mécanosoudé |
| Carrosserie | Matériaux composites |
| Suspension avant | Roues indépendantes, doubles triangles |
| Suspension arrière | Roues indépendantes, guidage multibras |
| Direction | À crémaillère |
| Freins | Disques ventilés avant et arrière |
| Jantes | OZ Racing, 17 pouces |
| Pneumatiques avant | 205/50 ZR17 |
| Pneumatiques arrière | 255/40 ZR17 |
| Longueur | 4 070 mm |
| Largeur | 1 700 mm |
| Hauteur | 1 160 mm |
| Empattement | 2 400 mm |
| Poids à vide publié | 1 200 à 1 255 kg suivant les fiches |
| Vitesse maximale annoncée | 270 km/h |
| 0 à 100 km/h publié | 5,3 à 5,6 secondes |
| Rapport poids/puissance calculé | Environ 4,6 à 4,8 kg/ch |
| Capacité du réservoir | 86 litres |
| Consommation mixte publiée | 9,5 l/100 km |
Moteur V6 turbo et comportement routier
La Venturi 260 LM utilise le V6 PRV de 2,8 litres qui équipe plusieurs versions sportives de la marque. Ce moteur, issu d’une famille mécanique développée conjointement par Peugeot, Renault et Volvo, reçoit une suralimentation par turbocompresseur pour atteindre 260 chevaux. Son implantation longitudinale en position centrale arrière constitue l’une des particularités techniques majeures des coupés Venturi.
Le choix de conserver ce moteur permet à Venturi de bénéficier d’une mécanique déjà développée et connue de ses équipes. Il évite également de transformer la 260 LM en projet industriel entièrement nouveau, ce qui aurait été difficile à justifier pour une série de quelques dizaines de voitures.
Le couple élevé du V6 turbo constitue un élément important de son caractère. Contrairement à un moteur atmosphérique de puissance équivalente qui pourrait nécessiter des régimes plus élevés, le PRV suralimenté délivre une poussée importante à régime relativement modéré. Cette caractéristique favorise les reprises et correspond à la vocation de grand tourisme rapide du modèle.
La boîte manuelle à cinq rapports transmet la puissance aux roues arrière. L’absence de transmission intégrale et l’implantation centrale du moteur placent la motricité et l’équilibre du châssis au cœur du comportement de la voiture. Les pneus arrière plus larges que ceux de l’avant participent à cette recherche de motricité, particulièrement importante avec un moteur turbo développant un couple conséquent.
La mise au point des suspensions distingue également la 260 LM des versions précédentes. Venturi conserve le principe des roues indépendantes, mais adapte les réglages des trains roulants afin de renforcer la précision de conduite. Le travail effectué sur la géométrie et les liaisons au sol accompagne l’adoption des roues de 17 pouces.
Les performances publiées situent la 260 LM parmi les GT rapides du milieu des années 1990. La vitesse maximale annoncée atteint 270 km/h, tandis que l’accélération de 0 à 100 km/h est généralement située entre 5,3 et 5,6 secondes. Les écarts entre les fiches historiques concernent également le poids et le couple moteur. En l’absence d’une même méthode de mesure clairement identifiée, ces chiffres doivent être considérés comme des valeurs publiées plutôt que comme des résultats directement comparables.
Le rapport poids/puissance aide néanmoins à comprendre le potentiel du modèle. Avec environ 260 chevaux pour une masse proche de 1,2 tonne, la 260 LM bénéficie d’une puissance importante au regard de son gabarit. Ce rapport ne suffit toutefois pas à déterminer l’accélération : les rapports de transmission, l’adhérence des pneumatiques et la manière dont le turbocompresseur délivre le couple influencent également les performances.
Sur le plan pratique, la 260 LM conserve les contraintes propres à une GT artisanale des années 1990. Son moteur central arrière limite l’accessibilité de certains organes mécaniques, tandis que les pneumatiques larges et les équipements spécifiques nécessitent une attention particulière lors de l’entretien. La présence d’une mécanique PRV relativement connue ne signifie pas que toutes les pièces propres à Venturi soient faciles à remplacer.
Production limitée, prix neuf et fin de commercialisation
La Venturi 260 LM est généralement recensée à 33 exemplaires, ce qui en fait l’une des séries les plus confidentielles de l’histoire du constructeur. Sa fabrication s’étend sur une période relativement longue au regard du faible volume produit, avec des voitures réalisées entre la fin de 1993 et le milieu des années 1990, puis commercialisées jusqu’en 1996.
Cette durée ne traduit pas une production industrielle continue à grande cadence. Venturi fonctionne alors selon une logique de fabrication artisanale, avec des volumes très réduits et des configurations pouvant varier d’un client à l’autre. La série LM apparaît également à une période où les difficultés financières du constructeur compliquent la commercialisation de ses modèles.
Le prix neuf de la 260 LM est généralement rapporté à 440 000 francs TTC, soit environ 67 077 euros en simple conversion monétaire, sans tenir compte de l’inflation. Ce tarif la plaçait parmi les voitures sportives coûteuses de son époque, sur un marché où Venturi devait convaincre face à des marques bénéficiant d’une notoriété et de réseaux commerciaux beaucoup plus importants.
La commercialisation a connu des ajustements. Une offre historique d’un distributeur monégasque mentionne notamment un prix de 325 000 francs TTC, sensiblement inférieur au tarif initial. Cet exemple illustre les difficultés rencontrées pour écouler une production pourtant très limitée. Il ne correspond pas à une modification générale et officiellement établie du prix catalogue.
La numérotation des voitures constitue une autre particularité. Certains historiques mentionnent une exécution portant le numéro 34 alors que la production communément admise reste de 33 exemplaires. Cette différence ne permet pas de conclure à l’existence d’une trente-quatrième voiture commercialisée. Elle souligne surtout l’intérêt des documents d’origine pour établir l’historique précis de chaque châssis.
La fin de carrière de la 260 LM intervient alors que Venturi réorganise sa gamme. La Venturi Atlantique 300, présentée en 1994, incarne la nouvelle génération de coupés du constructeur. Son développement marque progressivement l’abandon de la première famille 260, dont la LM constitue l’une des dernières expressions.
Une Venturi de collection à l’authenticité déterminante
La rareté de la 260 LM lui donne une place particulière parmi les voitures de collection françaises des années 1990. Son intérêt repose sur une combinaison de facteurs précis : une série de 33 voitures, une mécanique V6 turbo, un lien historique avec les engagements de Venturi au Mans et une présentation différente de celle des coupés 260 ordinaires.
Cette rareté rend toutefois l’identification des exemplaires particulièrement importante. Une Venturi 260 classique équipée de jantes blanches ou repeinte dans une couleur associée à la LM ne devient pas pour autant une véritable 260 LM. L’authenticité doit être établie à partir de l’identification du châssis, des documents de livraison et, lorsque ceux-ci existent, des archives retraçant la configuration initiale de la voiture.
Les jantes OZ Racing, les sièges Recaro, les inscriptions spécifiques et les éléments de finition font partie des caractéristiques à examiner. Leur présence peut conforter une identification, mais ne remplace pas les documents historiques. À l’inverse, une voiture ayant reçu de nouvelles jantes ou une restauration différente de sa présentation d’origine peut rester authentique si son identité est correctement documentée.
La mécanique impose également des vérifications adaptées à l’âge et à la faible diffusion du modèle. L’état du circuit de refroidissement, du système de suralimentation, de l’injection, de l’embrayage et de la boîte de vitesses mérite une attention particulière. Les éléments de suspension, les freins et la structure doivent être examinés avec le même soin, notamment lorsque la voiture est restée immobilisée pendant une longue période.
La disponibilité des pièces constitue une distinction essentielle entre le moteur et le reste du véhicule. Certaines pièces mécaniques peuvent appartenir à des familles techniques connues, alors que des composants de carrosserie, d’habitacle ou de liaison au sol spécifiques à Venturi peuvent demander une recherche auprès de spécialistes. Une restauration complète ne présente donc pas les mêmes contraintes qu’une intervention mécanique courante.
Enfin, la documentation accompagnant chaque exemplaire joue un rôle important dans son suivi historique. Factures d’entretien, photographies anciennes, documents d’immatriculation, correspondances avec le constructeur et justificatifs de restauration permettent de retracer les transformations éventuelles et de vérifier la conformité de la voiture à sa configuration d’origine.
