La Ginetta Akula est une supercar britannique à moteur V8 atmosphérique, présentée dans sa version définitive en septembre 2024. Développée par le constructeur de Leeds, elle associe une monocoque en fibre de carbone, une propulsion et une mécanique de 6,4 litres développant 600 bhp, soit environ 608 ch. Sa particularité tient autant à son architecture inspirée de la compétition qu’à sa volonté de rester utilisable sur route, avec une boîte manuelle disponible et un véritable coffre.
Limitée à 20 exemplaires annoncés, l’Akula représente l’un des projets routiers les plus ambitieux de Ginetta. Elle se distingue des supercars hybrides contemporaines par une conception entièrement thermique, une masse contenue de 1 190 kg et une recherche de sensations mécaniques directes. Son développement s’étend toutefois sur plusieurs années, entre un premier prototype dévoilé en 2019 et la voiture de production de 2024.
Fiche technique de la Ginetta Akula
| Caractéristique | Ginetta Akula de production (2024) |
|---|---|
| Constructeur | Ginetta |
| Pays d’origine | Royaume-Uni |
| Présentation de la version définitive | 6 septembre 2024 |
| Carrosserie | Coupé deux portes, deux places |
| Architecture | Moteur central avant longitudinal, propulsion |
| Motorisation | V8 essence atmosphérique |
| Cylindrée | 6,4 litres |
| Bloc moteur | Aluminium usiné dans la masse |
| Puissance maximale | 600 bhp à 7 200 tr/min, environ 608 ch |
| Couple maximal | 670 Nm à 5 100 tr/min |
| Boîte manuelle | 6 rapports, embrayage triple disque |
| Boîte automatique proposée | Double embrayage à 7 rapports |
| Transmission | Roues arrière motrices |
| Différentiel | Autobloquant |
| Structure | Monocoque et sous-châssis en fibre de carbone |
| Renfort structurel | Arceau en acier |
| Suspensions avant et arrière | Doubles triangles superposés, système à poussoirs |
| Amortisseurs | Tractive à réglage électronique |
| Direction | Assistée électriquement |
| Freins standard | Disques ventilés en acier de 360 mm, étriers quatre pistons |
| Freins optionnels | Carbone-céramique avec Race Pack |
| Jantes avant | 9,5 x 20 pouces |
| Jantes arrière | 11 x 20 pouces |
| Pneumatiques avant | 265/35 R20 |
| Pneumatiques arrière | 305/35 R20 |
| Pneumatiques de référence | Pirelli P Zero |
| Longueur | 4 320 mm |
| Largeur | 2 030 mm |
| Masse à vide annoncée | 1 190 kg |
| Répartition des masses | 50 % avant, 50 % arrière |
| Rapport poids/puissance calculé | Environ 511 ch par tonne |
| 0 à 100 km/h | 2,9 secondes annoncées |
| Vitesse maximale | Plus de 180 mph, soit environ 290 km/h |
| Réservoir | 100 litres ou légèrement davantage selon la documentation |
| Autonomie estimée | 450 miles, environ 724 km |
| Volume du coffre | 473 litres |
| Production annoncée | 20 exemplaires maximum |
| Prix de départ annoncé en 2024 | 275 000 livres sterling hors taxes et livraison |
Une supercar née de l’expérience de Ginetta en compétition
Fondé en 1958, Ginetta s’est construit une réputation autour de voitures sportives légères et de modèles destinés à la compétition. Cette philosophie apparaît dès les années 1960 avec la Ginetta G12, une sportive à moteur central arrière conçue dans une logique de performance et de réduction du poids. L’Akula reprend cet intérêt pour les structures légères, mais dans une catégorie nettement plus puissante et exclusive.
La marque possède également une histoire dans les petites voitures routières, illustrée notamment par la Ginetta G15. Plusieurs décennies plus tard, la Ginetta G60 témoigne d’une ambition comparable : proposer une sportive britannique originale, produite en petite série, plutôt que rechercher les volumes des grands constructeurs.
L’Akula pousse cette démarche beaucoup plus loin. Son développement intervient sous la direction de Lawrence Tomlinson, propriétaire de Ginetta, qui participe personnellement aux essais. Le projet mobilise les compétences acquises dans les programmes de course de la marque, notamment en matière de châssis, d’aérodynamique et de motorisation.
La Ginetta G50, voiture de compétition équipée d’un V8, illustre cette expérience mécanique. Mais l’influence technique la plus directe sur l’Akula provient du prototype d’endurance G61-LT-P1, dont certaines solutions aérodynamiques ont inspiré la nouvelle supercar.
Le nom Akula signifie « requin » en russe. Il correspond au dessin très effilé de la carrosserie, caractérisé par un long capot, une partie avant plongeante et de nombreuses ouvertures destinées à guider l’air autour et sous la voiture.
Du prototype de Genève 2019 à la version définitive de 2024
La première Ginetta Akula apparaît au Salon de Genève en mars 2019. Le constructeur présente alors une supercar à moteur V8 atmosphérique de 6,0 litres, avec une puissance supérieure à 600 ch, un couple annoncé de 700 Nm et une boîte séquentielle à six rapports. La masse visée avoisine 1 150 kg et la vitesse maximale envisagée dépasse 200 mph, soit environ 322 km/h.
À cette époque, Ginetta annonce une production limitée et envisage les premières livraisons dès 2020. Ce calendrier n’est finalement pas respecté. Le programme se poursuit avec des modifications mécaniques et une mise au point prolongée, avant la présentation de la configuration de production le 6 septembre 2024.
L’Akula de 2024 n’est donc pas simplement le prototype de 2019 mis en vente. Le V8 passe à 6,4 litres, le couple maximal annoncé devient 670 Nm et les transmissions changent profondément. Une boîte manuelle à six rapports est désormais proposée, accompagnée d’une alternative automatique à double embrayage et sept rapports. La masse officielle atteint 1 190 kg.
Cette évolution modifie également la manière d’interpréter les performances. La vitesse maximale de la version définitive est annoncée au-delà de 180 mph, soit environ 290 km/h. Il serait incorrect de lui attribuer automatiquement les plus de 320 km/h évoqués en 2019, puisque cette dernière valeur concernait une configuration antérieure.
Le choix de proposer une transmission manuelle constitue une caractéristique importante de la version commercialisée. Il donne à l’Akula une orientation différente de nombreuses supercars contemporaines exclusivement équipées de boîtes automatiques. La boîte à double embrayage reste néanmoins disponible pour les conducteurs privilégiant la rapidité et la continuité des changements de rapport.
Un V8 atmosphérique de 6,4 litres dans une structure en carbone
Le moteur de l’Akula est un V8 atmosphérique développé par Ginetta, avec un bloc en aluminium usiné dans la masse. Il délivre 600 bhp à 7 200 tr/min et un couple maximal de 670 Nm à 5 100 tr/min. L’absence de suralimentation distingue cette mécanique des V8 turbocompressés utilisés par plusieurs constructeurs de supercars.
La puissance exprimée en unités britanniques mérite une précision : 600 bhp correspondent à environ 608 chevaux métriques. Les deux chiffres peuvent donc apparaître dans les présentations du modèle sans désigner des versions différentes.
Le V8 est installé longitudinalement en position centrale avant, derrière l’essieu antérieur. Cette disposition permet de reculer une partie importante de la masse mécanique vers le centre de la voiture. Ginetta annonce une répartition des masses de 50 % sur chaque essieu, malgré le long capot qui pourrait faire penser à une sportive classique à moteur avant.
La structure repose sur une monocoque en fibre de carbone, complétée par des sous-châssis avant et arrière également réalisés en carbone. Un arceau en acier renforce l’ensemble. Cette architecture permet de combiner une cellule rigide, une masse relativement faible et des solutions de suspension proches de celles utilisées en compétition.
Avec 1 190 kg à vide et environ 608 ch métriques, l’Akula affiche un rapport poids/puissance calculé d’environ 511 ch par tonne. Cette valeur explique en partie les accélérations annoncées, sans constituer à elle seule une garantie de performances mesurées : la motricité, les pneumatiques et les conditions d’essai jouent également un rôle déterminant.
Les suspensions utilisent des doubles triangles superposés aux quatre roues et des amortisseurs actionnés par poussoirs. Les amortisseurs Tractive à commande électronique permettent de modifier les caractéristiques d’amortissement. La direction bénéficie d’une assistance électrique, tandis que le différentiel autobloquant contribue à transmettre la puissance aux roues arrière.
Le freinage standard repose sur des disques ventilés en acier de 360 mm, associés à des étriers à quatre pistons. Un Race Pack propose notamment des disques carbone-céramique et des harnais à six points. Ces équipements répondent à un usage plus intensif sur circuit, sans transformer l’Akula en voiture de compétition homologuée pour un championnat.
Aérodynamique, comportement et utilisation sur route
La silhouette de l’Akula résulte d’une recherche aérodynamique poussée. Son capot plongeant, ses ouvertures d’extraction d’air et ses prises d’air latérales participent à la gestion des flux. Le splitter avant, le fond plat et le diffuseur arrière travaillent avec l’aileron pour produire de l’appui et maîtriser les mouvements de la carrosserie à vitesse élevée.
Ces éléments rappellent l’expérience acquise par Ginetta dans les prototypes d’endurance. Leur présence ne signifie cependant pas que l’Akula possède les mêmes caractéristiques aérodynamiques que la G61-LT-P1. Les contraintes d’une voiture homologuée pour la route imposent un compromis différent entre appui, traînée, refroidissement et garde au sol.
La largeur de 2,03 mètres constitue une conséquence concrète de cette conception. Si elle favorise l’installation de voies larges et de pneumatiques généreux, elle rend aussi la voiture particulièrement encombrante dans certaines rues, entrées de parking ou places de stationnement européennes. Sa longueur de 4,32 mètres reste en revanche relativement contenue pour une supercar à long capot.
Ginetta a également travaillé sur la possibilité de parcourir de longues distances. Le coffre de 473 litres représente un volume inhabituellement important dans cette catégorie. Les sièges sont intégrés à la monocoque et adaptés à la morphologie des occupants, tandis que le pédalier et la colonne de direction disposent de réglages électriques. Cette solution conserve la rigidité de la structure tout en permettant d’ajuster la position de conduite.
L’habitacle comprend une instrumentation numérique, un écran tactile, un pare-brise chauffant et un dispositif de recharge sans fil pour téléphone. Ces équipements montrent que le constructeur n’a pas conçu l’Akula exclusivement pour les journées de circuit.
Le réservoir d’environ 100 litres participe à cette polyvalence. L’autonomie annoncée de 450 miles, soit près de 724 km, reste une estimation constructeur et non une valeur homologuée WLTP. À titre indicatif, parcourir cette distance avec exactement 100 litres correspondrait à une moyenne d’environ 13,8 l/100 km. Ce calcul ne représente pas une consommation mesurée et ne tient pas compte d’une éventuelle réserve de carburant.
En pratique, l’autonomie dépendra fortement du rythme de conduite. Les accélérations répétées, les hauts régimes et l’utilisation sur circuit peuvent modifier considérablement la consommation d’un V8 atmosphérique de cette cylindrée. La capacité du réservoir offre surtout la possibilité d’espacer les ravitaillements lors de trajets routiers adaptés.
Prix, production limitée et disponibilité de la Ginetta Akula
Lors de la présentation de septembre 2024, Ginetta annonce un tarif de départ de 275 000 livres sterling, hors taxes et frais de livraison. Le montant final dépend donc du pays d’immatriculation, de la fiscalité applicable et des équipements choisis. Ce prix doit être distingué des quelque 340 000 livres évoquées lors de la présentation du prototype en 2019.
La production est annoncée à seulement 20 exemplaires. Cette limitation place l’Akula dans une catégorie de supercars à diffusion particulièrement confidentielle, où la disponibilité dépend davantage du calendrier de fabrication et des commandes que d’un réseau de concessionnaires traditionnel.
Le modèle demeure présenté dans la gamme routière officielle de Ginetta, avec un dispositif de prise de contact commerciale. Sa commercialisation ne doit donc pas être considérée comme terminée au seul motif que sa présentation remonte à 2024. En revanche, le nombre précis d’exemplaires construits, livrés ou encore disponibles à la commande n’est pas établi publiquement.
La rareté annoncée ne suffit pas non plus à déterminer une cote de collection. Sans historique suffisamment représentatif de transactions vérifiées, il serait prématuré de lui attribuer une valeur de revente stable ou une appréciation future.
Enfin, l’Akula n’a pas de palmarès sportif propre comparable à celui des voitures de course de Ginetta. Elle exploite des technologies développées dans cet environnement, mais sa vocation reste celle d’une supercar routière capable de participer à des journées de roulage sur circuit. Cette distinction explique notamment la coexistence d’équipements de confort, d’une boîte manuelle et d’options plus spécialisées comme les freins carbone-céramique et les harnais du Race Pack.
