La Ginetta G50 est une voiture de sport britannique développée pour la compétition et lancée officiellement en 2008, à l’occasion du cinquantième anniversaire de Ginetta. Avec son moteur V6 atmosphérique, son châssis tubulaire et sa carrosserie légère en matériaux composites, elle incarne le renouveau du constructeur anglais sous la direction de Lawrence Tomlinson. Conçue pour les championnats monotypes et la catégorie GT4, elle se distingue par une architecture relativement simple, une conception orientée vers la course et plusieurs évolutions mécaniques au cours de sa carrière.
La G50 occupe une place particulière dans l’histoire de la marque. Elle marque le passage de Ginetta vers des programmes GT plus ambitieux, tout en conservant une philosophie fondée sur la légèreté et l’efficacité mécanique. Sa carrière sportive débute dès 2007, avant son lancement officiel en 2008, et conduit au développement de versions plus puissantes ainsi qu’à de nouveaux modèles.
Fiche technique de la Ginetta G50
| Caractéristique | Ginetta G50 V6, configuration initiale de compétition |
|---|---|
| Constructeur | Ginetta Cars |
| Origine | Royaume-Uni |
| Lancement officiel | 2008 |
| Premiers engagements | 2007 |
| Catégorie | GT de compétition, coupe monotype et GT4 |
| Carrosserie | Coupé deux portes, deux places |
| Structure | Châssis spatial tubulaire en acier |
| Matériaux de carrosserie | Composites à base de fibre de verre |
| Architecture moteur | V6 atmosphérique Ford Duratec/Cyclone |
| Cylindrée | 3 496 cm³ |
| Distribution | Double arbre à cames en tête, 24 soupapes |
| Alimentation | Injection électronique |
| Puissance | 300 bhp, environ 304 ch |
| Implantation | Avant longitudinale, moteur reculé |
| Roues motrices | Arrière |
| Boîte de vitesses | Séquentielle Quaife à six rapports sur les configurations 2008 documentées |
| Différentiel | Autobloquant |
| Suspension avant | Doubles triangles superposés |
| Suspension arrière | Doubles triangles superposés |
| Amortisseurs | Réglables, Öhlins selon configuration |
| Direction | À crémaillère |
| Freinage | Disques ventilés avant et arrière |
| Longueur | Environ 4 100 mm |
| Largeur | Environ 1 890 mm |
| Hauteur | Environ 1 130 mm |
| Empattement | Environ 2 450 mm |
| Masse | Environ 950 kg selon les fiches de compétition |
| Rapport poids-puissance calculé | Environ 320 ch par tonne à 950 kg |
| Évolution moteur GT4 en 2012 | V6 Ginetta 3,7 litres, jusqu’à 370 bhp |
Une GT conçue pour les cinquante ans de Ginetta
Fondée en 1958 par les frères Walklett, Ginetta s’est spécialisée dans les voitures de sport légères, souvent destinées à la compétition ou aux amateurs de conduite sportive. Des modèles comme la Ginetta G12, développée dans les années 1960, avaient déjà démontré la capacité du constructeur à produire des automobiles compactes et performantes grâce à une conception privilégiant le rapport poids-puissance.
Après le rachat de l’entreprise par Lawrence Tomlinson en 2005, Ginetta entreprend une nouvelle phase de développement. L’objectif est de renforcer ses activités industrielles et sportives, notamment en proposant des voitures adaptées à des championnats structurés. La G50 devient l’un des projets les plus importants de cette stratégie.
Son nom fait directement référence au cinquantième anniversaire de la marque. Le projet prend forme en 2007, avec une carrosserie dessinée par Marcos Lameirão et une architecture mécanique spécifiquement pensée pour la compétition. Contrairement à une sportive routière transformée en voiture de course, la G50 est développée dès l’origine autour des contraintes des circuits.
Cette orientation influence plusieurs choix fondamentaux : structure tubulaire en acier, carrosserie composite, moteur installé longitudinalement à l’avant et transmission aux roues arrière. L’ensemble doit offrir des performances élevées tout en restant exploitable par des équipes privées, avec des coûts d’entretien et de réparation compatibles avec une utilisation régulière en compétition.
Les premières G50 apparaissent en course dès 2007. Une voiture engagée par Team LNT participe notamment à une épreuve GT4 à Nogaro, en septembre de cette année. Cette apparition précède le lancement officiel retenu en 2008, année durant laquelle le modèle prend une place beaucoup plus importante dans les programmes sportifs de Ginetta.
La distinction entre 2007 et 2008 est donc essentielle : la première année correspond à la présentation et aux premiers engagements documentés, tandis que la seconde marque le véritable lancement du programme G50 et son déploiement dans les championnats.
Un châssis de compétition et un V6 Ford atmosphérique
La Ginetta G50 repose sur un châssis spatial tubulaire en acier, recouvert de panneaux de carrosserie en matériaux composites. Cette architecture permet d’obtenir une structure rigide sans recourir à une monocoque en carbone, beaucoup plus coûteuse à développer et à réparer. Elle facilite également les interventions mécaniques et le remplacement de certains éléments après un incident en piste.
Le moteur est installé longitudinalement à l’avant, en retrait de l’essieu, afin de favoriser la répartition des masses. Cette disposition contribue à limiter la concentration du poids sur le train avant, tout en conservant une transmission classique aux roues arrière. Le pilote bénéficie ainsi d’une architecture familière en compétition GT, avec une séparation nette entre les fonctions de direction et de motricité.
La première G50 reçoit un V6 Ford atmosphérique de 3,5 litres, issu de la famille Duratec/Cyclone. Sa puissance annoncée atteint environ 300 bhp, soit 304 chevaux métriques. Le choix d’un moteur atmosphérique évite les contraintes thermiques et la complexité d’une suralimentation, tout en privilégiant une réponse directe à l’accélérateur.
La transmission est assurée, sur les configurations de compétition documentées en 2008, par une boîte séquentielle Quaife à six rapports associée à un différentiel autobloquant. Cette combinaison permet des changements de vitesse rapides et une meilleure gestion de la motricité en sortie de virage. Certaines annonces préliminaires évoquaient une boîte à cinq rapports, mais cette indication ne doit pas être confondue avec les spécifications des voitures de course ultérieures.
Les suspensions à doubles triangles superposés aux quatre roues permettent de régler précisément la géométrie des trains roulants. Les amortisseurs réglables, notamment de marque Öhlins sur certaines configurations, offrent des possibilités d’adaptation aux circuits et aux conditions d’adhérence. Le freinage repose sur des disques ventilés, dimensionnés pour supporter des sollicitations répétées.
La masse constitue l’un des aspects les plus intéressants de la G50. Les premières communications évoquaient un objectif de 800 kg, alors que des fiches techniques de voitures de compétition indiquent environ 950 kg. Ces valeurs ne correspondent pas nécessairement au même état de développement ni aux mêmes conditions de pesée. Avec 304 chevaux et 950 kg, le rapport poids-puissance théorique atteint environ 320 ch par tonne, un niveau élevé pour une GT de cette période.
Cette légèreté influence directement le comportement attendu sur circuit. À puissance comparable, une masse réduite diminue l’énergie à dissiper au freinage, les efforts imposés aux pneumatiques et l’inertie lors des changements de direction. Elle contribue ainsi à la performance sans nécessiter une augmentation importante de la cylindrée ou de la puissance moteur.
G50 Cup, GT4 et G50Z : des versions aux objectifs différents
La Ginetta G50 est principalement connue à travers deux configurations de compétition : la G50 Cup et la G50 GT4. Bien qu’elles reposent sur une architecture commune, elles répondent à des règlements et à des usages distincts.
La G50 Cup est destinée à une coupe monotype. Dans ce type de championnat, les voitures utilisent une base technique largement standardisée afin de limiter les différences de matériel entre concurrents. L’intérêt est de privilégier le pilotage, les réglages autorisés et la préparation de l’équipe plutôt qu’une course permanente à la puissance.
La G50 GT4 est adaptée à une catégorie réunissant des voitures de différents constructeurs. Elle doit respecter des prescriptions techniques et sportives propres à cette classe, notamment en matière de poids, de puissance et d’équipements. Ses performances dépendent donc autant de sa conception que des règles d’équilibrage appliquées dans les compétitions auxquelles elle participe.
Au fil des saisons, la G50 GT4 reçoit plusieurs évolutions. Les premières voitures peuvent notamment être dépourvues d’aileron arrière, alors que des configurations ultérieures adoptent un dispositif aérodynamique plus développé. L’ajout d’un aileron permet de modifier l’appui sur le train arrière, mais s’accompagne également d’une résistance aérodynamique supplémentaire. Son intérêt dépend du circuit et de la configuration réglementaire.
Une évolution mécanique importante intervient en 2012 avec l’annonce d’un V6 Ginetta de 3,7 litres développant jusqu’à 370 bhp. Cette puissance supérieure ne doit pas être attribuée aux premières G50 de 2008. Elle correspond à une étape ultérieure du développement, dans un environnement sportif où les performances autorisées peuvent également dépendre du règlement.
La G50Z constitue une déclinaison beaucoup plus radicale. Destinée à la catégorie GT3, elle reçoit un V8 Zytek de 4,5 litres, dont la puissance dépasse largement celle du V6 d’origine. Les chiffres publiés pour ce dérivé atteignent plusieurs centaines de chevaux supplémentaires, mais ils ne décrivent pas la G50 Cup ou GT4 standard.
Ginetta a également étudié une version routière plus puissante, annoncée à la fin des années 2000 avec un moteur V8, ainsi qu’un prototype électrique baptisé G50 EV. Ces projets témoignent des possibilités d’adaptation de la plateforme, sans constituer des variantes directement comparables aux G50 de compétition commercialisées.
La distinction entre ces versions est particulièrement importante pour comprendre les performances et les prix d’époque. Une G50 Cup à V6, une GT4 évoluée et une G50Z à V8 ne possèdent ni la même motorisation, ni les mêmes contraintes réglementaires, ni nécessairement les mêmes équipements.
Une carrière sportive marquée par les succès en GT4
La compétition constitue la raison d’être de la Ginetta G50. Dès ses premières apparitions, le modèle est engagé dans des épreuves GT, notamment par Team LNT, structure étroitement associée au développement sportif de la marque. Sa participation à Nogaro en septembre 2007 illustre la rapidité avec laquelle le projet passe de la présentation à la piste.
En 2008, la G50 Cup devient un élément central de l’activité sportive du constructeur. Le championnat permet à Ginetta de proposer une voiture identique dans ses grandes caractéristiques à plusieurs équipes et pilotes. Cette formule contribue à structurer une filière de compétition dans laquelle les coûts d’exploitation et l’accès aux pièces jouent un rôle aussi important que les performances pures.
La G50 reçoit également une reconnaissance importante lorsqu’elle est distinguée comme voiture de course de l’année 2008 par le magazine Autosport. Cette récompense intervient dans une période où Ginetta cherche à renforcer sa visibilité au-delà des championnats britanniques.
L’année 2009 confirme le potentiel de la voiture en GT4. La G50 obtient des succès majeurs en British GT et en Coupe d’Europe GT4, démontrant sa capacité à rivaliser avec d’autres voitures de grand tourisme dans une catégorie réglementée. Ces résultats doivent être compris comme des performances de classe GT4, et non comme des victoires systématiques au classement général face à des GT plus puissantes.
La G50 participe ensuite à plusieurs championnats nationaux et internationaux. Des compétitions monotypes sont notamment organisées au Royaume-Uni, en Italie et en Australie, tandis que différentes équipes poursuivent l’exploitation de versions GT4 dans des courses de sprint ou d’endurance.
Cette polyvalence repose sur une conception adaptée à la vie d’une équipe de course. La structure tubulaire, l’accès aux composants mécaniques et la standardisation de certaines pièces facilitent les opérations de maintenance. Pour une voiture engagée régulièrement, la possibilité de remplacer rapidement un élément endommagé représente un avantage concret, particulièrement lorsque les délais entre deux séances sont courts.
La G50 ne se limite donc pas à une recherche de performances maximales. Son développement associe la vitesse à des considérations pratiques : fiabilité, réparabilité, disponibilité des composants et adaptation à différents règlements. Cette approche contribue à expliquer sa présence dans plusieurs disciplines au cours de sa carrière.
Design, production et évolution vers la G60
La silhouette de la Ginetta G50 se distingue par son capot plongeant, ses projecteurs allongés et son habitacle compact implanté relativement loin derrière le train avant. Les ailes marquées et la faible hauteur de carrosserie renforcent son identité de voiture de course, sans nécessiter une accumulation d’appendices aérodynamiques sur les premières versions.
Le dessin de Marcos Lameirão associe des surfaces arrondies à des proportions fonctionnelles. La partie avant accueille le moteur et les équipements de refroidissement, tandis que le pavillon bas et l’arrière compact cherchent à limiter l’encombrement de la voiture. Les prises d’air, les éléments de carrosserie et les dispositifs aérodynamiques évoluent ensuite avec les différentes configurations sportives.
Les dimensions relativement contenues de la G50 facilitent son positionnement dans les catégories GT. Sa largeur importante au regard de sa longueur permet d’accueillir des voies généreuses et des pneumatiques adaptés à la compétition. La carrosserie composite contribue pour sa part à limiter la masse et à rendre possible le remplacement de panneaux sans intervention lourde sur la structure principale.
Le prix de la G50 fait l’objet de plusieurs annonces lors de son développement. Les premières communications évoquent des montants proches de 50 000 à 60 000 euros, selon les projets et les configurations. Ces chiffres ne représentent toutefois pas un tarif unique applicable à toutes les versions, notamment parce que les équipements de course, les évolutions mécaniques et les marchés de commercialisation diffèrent.
Le nombre total de G50 produites n’est pas établi de manière suffisamment précise pour être présenté comme un chiffre définitif. La production comprend plusieurs configurations de compétition et des évolutions réalisées au fil des saisons. La rareté d’un exemplaire dépend donc de sa version, de son historique sportif, de son état et de la présence éventuelle de modifications techniques.
L’arrivée de la Ginetta G55 en 2011 marque une nouvelle étape dans le développement des GT de compétition de la marque. Plus puissante et conçue pour prolonger les ambitions sportives du constructeur, elle reprend certains principes établis par la G50 tout en développant sa propre identité technique.
La plateforme de la G50 contribue également à la naissance de la Ginetta G60, coupé sportif routier présenté en 2011. Cette évolution illustre la possibilité de transposer une partie de l’architecture et de l’expérience acquise en compétition vers une automobile destinée à la route, avec des exigences différentes en matière d’équipement et d’utilisation.
Plus récemment, la Ginetta Akula prolonge l’intérêt du constructeur pour les GT à moteur avant, dans un registre routier nettement plus ambitieux. Elle ne constitue pas une remplaçante directe de la G50, mais s’inscrit dans la diversification des voitures de sport développées par la marque après ses programmes de compétition.
Sur le marché des voitures de course historiques, les G50 peuvent présenter des configurations sensiblement différentes selon leur parcours. Certaines conservent leur moteur et leurs équipements d’origine, tandis que d’autres ont reçu des évolutions destinées à prolonger leur utilisation en championnat. L’identification précise d’un exemplaire nécessite donc de confronter son numéro de châssis, son historique de compétition et sa configuration mécanique actuelle, plutôt que de se fier uniquement à sa carrosserie ou à sa livrée.
