Bugatti Galibier

Bugatti Galibier

Présentée en 2009 sous son nom complet Bugatti 16 C Galibier Concept, la Galibier explore une idée spectaculaire : transposer l’univers de Bugatti dans une grande automobile à quatre portes capable d’associer très hautes performances, confort et fabrication luxueuse. Dévoilée pendant l’année du centenaire de la marque, elle reste un concept et ne donnera finalement naissance à aucun modèle de série.

La Galibier se distingue nettement de la Veyron contemporaine. Son moteur W16 est installé à l’avant, sa carrosserie accueille quatre portes et son habitacle privilégie quatre occupants. Bugatti ne cherche donc pas simplement à allonger son hypersportive, mais étudie une architecture spécifique pour une automobile de prestige susceptible de constituer un second pilier de gamme.

Une grande Bugatti pour le centenaire de la marque

Bugatti révèle la 16 C Galibier à Molsheim en septembre 2009, dans le cadre des célébrations de son centenaire. Le constructeur la présente alors comme l’une des études destinées à explorer son avenir. Cette nuance est essentielle : contrairement à ce que certaines annonces ultérieures ont pu laisser penser, la Galibier de 2009 n’est pas une berline de série dont la commercialisation serait déjà arrêtée.

Le projet s’inscrit néanmoins dans une tradition ancienne. Bugatti a produit avant-guerre de grandes automobiles de prestige, dont la Bugatti Type 41 Royale. À la fin des années 1990, la marque avait également exploré le thème d’une berline moderne avec la Bugatti EB112. La Galibier reprend cette recherche d’une automobile quatre portes exclusive, mais avec les technologies et les codes stylistiques de l’ère Veyron.

Son nom crée parfois une confusion avec une Bugatti historique. Galibier avait déjà désigné une carrosserie quatre portes de la famille Bugatti Type 57 dans les années 1930. Le choix de cette appellation établit donc volontairement un lien entre le concept de 2009 et les grandes routières de la marque. Le nom évoque également le col du Galibier, dans les Alpes françaises.

Après sa présentation à Molsheim, la voiture est notamment montrée à Dubaï en décembre 2009 devant des clients et des personnalités invitées. Durant les années suivantes, l’hypothèse d’une industrialisation revient régulièrement et plusieurs orientations techniques sont évoquées. Elles ne doivent toutefois pas être confondues avec les caractéristiques du concept initial, dont certaines données définitives, notamment la puissance, n’ont jamais été publiées par Bugatti.

Un design entre berline, fastback et grand tourisme

La Galibier mesure visuellement sa différence avec une berline conventionnelle par ses proportions. Le capot est extrêmement long, l’habitacle reculé et le pavillon descend progressivement vers une poupe fastback. Malgré ses quatre portes, sa silhouette privilégie ainsi l’allure d’une grande GT. La calandre en fer à cheval conserve immédiatement l’identité Bugatti, tandis que les projecteurs ronds à LED donnent au concept une physionomie très différente de celle de la Veyron.

L’un des éléments les plus remarquables est la nervure qui parcourt longitudinalement la voiture. Elle rappelle les solutions esthétiques employées sur certaines Bugatti historiques et devient ici une véritable ligne directrice. Le spectaculaire capot s’ouvre en deux grands volets latéraux, mettant en scène le moteur comme un élément central de la voiture.

La carrosserie joue également sur le contraste des matériaux. Des éléments en fibre de carbone réalisés à la main et teintés en bleu foncé sont associés à des portes et ailes en aluminium poli. L’effet ne repose donc pas simplement sur deux couleurs de peinture : la finition expose la nature différente des matériaux et souligne les volumes de la carrosserie.

L’habitacle suit une logique plus dépouillée que démonstrative. Bugatti concentre les informations dans deux grands instruments centraux, conçus pour rester visibles depuis l’arrière. Une montre mécanique développée avec Parmigiani constitue l’un des détails les plus singuliers : elle peut être retirée de son emplacement dans la voiture puis montée sur un bracelet afin d’être portée au poignet.

Un W16 très différent de celui de la Veyron

Le lien mécanique avec la Bugatti Veyron existe bien, mais la Galibier adopte une configuration profondément différente. Son moteur seize cylindres de 8 litres est installé à l’avant et associé à une transmission intégrale. Cette disposition répond à la vocation de grande routière quatre portes et libère une architecture d’habitacle sans rapport avec celle d’une hypersportive à moteur central.

La différence la plus importante concerne la suralimentation. Alors que la Bugatti Veyron 16.4 utilise quatre turbocompresseurs, Bugatti annonce pour le concept Galibier une suralimentation par compresseur à deux étages. Le W16 est également prévu pour fonctionner avec du carburant FlexFuel, y compris de l’éthanol.

Bugatti n’a pas communiqué de puissance définitive dans la documentation de présentation du concept. Les chiffres de 800, 900 ou plus de 1 000 ch fréquemment associés à la Galibier proviennent de spécifications secondaires ou de scénarios envisagés au fil du développement. Il en va de même pour certaines performances publiées, notamment une vitesse maximale proche de 380 km/h. Elles ne correspondent pas à des performances homologuées d’une Galibier de série.

Le constructeur confirme en revanche le développement d’un nouveau système de suspension et l’utilisation de freins en céramique spécifiques. L’objectif affiché consiste à conserver agilité et sécurité malgré les dimensions d’une très grande automobile. La Galibier doit ainsi réunir le confort attendu d’une berline de prestige et les exigences dynamiques associées au nom Bugatti.

Fiche technique de la Bugatti Galibier

CaractéristiqueBugatti 16 C Galibier Concept
Année de présentation2009
TypeConcept quatre portes de grand luxe à silhouette fastback
Moteur16 cylindres en W
Cylindrée annoncée8 litres
SuralimentationCompresseur à deux étages
CarburantCompatible FlexFuel, dont éthanol
Implantation du moteurAvant
TransmissionIntégrale
FreinsSystème en céramique spécifiquement développé
SuspensionNouvelle conception développée pour le concept
CarrosserieFibre de carbone teintée bleu foncé, aluminium poli
Nombre de portes4
Production en sérieAucune

Pourquoi la Galibier n’est jamais devenue une voiture de série

La présentation de 2009 ouvre une période durant laquelle Bugatti étudie sérieusement l’avenir d’une grande quatre portes. La Galibier suscite suffisamment d’intérêt pour que des hypothèses d’industrialisation, de prix et de performances circulent pendant plusieurs années. Le projet évolue, ce qui explique une partie des contradictions entre les fiches techniques publiées à son sujet.

Ces évolutions ne constituent toutefois pas des versions commercialisées de la Galibier. Aucun tarif catalogue définitif, aucune série de production et aucune homologation commerciale ne découlent du concept présenté en 2009. Les estimations de prix parfois associées au modèle correspondent à ce qu’aurait pu coûter une éventuelle voiture de série, et non au prix neuf d’un véhicule effectivement proposé à la clientèle.

Bugatti choisit finalement une autre direction pour l’après-Veyron. Ses ressources se concentrent sur une nouvelle hypersportive, qui deviendra la Bugatti Chiron. La Galibier reste ainsi au stade de démonstrateur, malgré un projet suffisamment avancé pour avoir alimenté durablement l’hypothèse d’une production.

Ce qui distingue précisément la Galibier de 2009

Identifier correctement une Bugatti Galibier impose d’abord de retenir sa dénomination complète, 16 C Galibier Concept, et son année de présentation, 2009. Elle ne constitue ni une génération de la Type 57 Galibier historique, ni une Veyron quatre portes, ni une automobile produite au début des années 2010. C’est une étude autonome développée pendant l’ère Veyron.

Ses signes distinctifs sont particulièrement reconnaissables : quatre portes, très long capot avant, poupe fastback, calandre en fer à cheval, projecteurs circulaires à LED, nervure centrale et combinaison de carbone bleu foncé avec de l’aluminium poli. Le capot en deux parties et le W16 installé à l’avant la différencient immédiatement de l’architecture des hypersportives Bugatti contemporaines.

La Galibier demeure surtout l’une des expressions les plus abouties de l’idée d’une Bugatti moderne à quatre portes. Elle associait une architecture mécanique spécifique, des matériaux spectaculaires et un habitacle volontairement épuré à une carrosserie conçue pour évoquer les grandes routières historiques de Molsheim, sans jamais franchir l’étape séparant le concept d’une automobile commercialisée.