Citroën Ln

Citroën Ln

Présentée en 1976, la Citroën LN est une petite voiture française née du rapprochement entre Peugeot et Citroën. Elle associe la carrosserie de la Peugeot 104 Coupé à un moteur bicylindre Citroën de 602 cm³ développant 32 ch DIN. Cette formule permet au constructeur de proposer rapidement une citadine économique, sans engager le développement d’une plateforme entièrement nouvelle.

Longue de seulement 3,38 mètres, dotée de trois portes et de quatre places, la LN se distingue par sa simplicité mécanique et son format adapté à la circulation urbaine. Elle constitue l’une des premières réalisations industrielles communes aux deux marques du groupe PSA, tout en conservant une motorisation caractéristique des petites Citroën de son époque.

Une petite Citroën née du rapprochement avec Peugeot

L’histoire de la Citroën LN commence dans un contexte de profonde réorganisation industrielle. En 1974, Peugeot et Michelin organisent le rapprochement entre Peugeot et Citroën, alors confronté à d’importantes difficultés financières. La constitution du groupe PSA Peugeot Citroën en 1976 ouvre la voie à une mutualisation des plateformes, des organes mécaniques et des moyens de production.

Citroën doit notamment renouveler son offre de petites voitures à un coût maîtrisé. La crise énergétique des années 1970 renforce l’intérêt commercial des automobiles compactes, légères et peu gourmandes en carburant. Développer un modèle entièrement inédit demanderait cependant des investissements et des délais importants.

La solution retenue consiste à reprendre la carrosserie de la Peugeot 104 Coupé, apparue en 1974, et à l’adapter à une mécanique Citroën existante. La LN conserve ainsi les proportions générales de la petite Peugeot, mais reçoit une face avant spécifique, une présentation simplifiée et un groupe motopropulseur bicylindre.

Le développement est particulièrement rapide. Dès juillet 1976, la presse présente cette nouvelle Citroën, réalisée en un peu plus d’un an. La voiture est ensuite dévoilée au public lors du Salon de Paris d’octobre 1976, avant le début de sa commercialisation en novembre.

La LN ne remplace pas directement la Citroën 2CV, qui poursuit sa carrière. Elle complète l’offre économique du constructeur avec une carrosserie plus contemporaine, un hayon et une architecture de petite berline à traction avant.

Elle cohabite également avec la Dyane et la Citroën Ami 8. Malgré leur parenté mécanique, ces automobiles répondent à des conceptions différentes de la voiture populaire. La LN se distingue notamment par sa structure autoporteuse issue de Peugeot et ses suspensions à ressorts hélicoïdaux.

Un design de Peugeot 104 adapté à l’identité Citroën

La silhouette de la LN reprend les principales caractéristiques de la Peugeot 104 Coupé : un capot court, un pavillon relativement haut, un arrière presque vertical et un hayon facilitant l’accès au coffre. Son empattement de 2,23 mètres contribue à limiter son encombrement, tout en préservant quatre places dans l’habitacle.

La face avant constitue son signe distinctif le plus évident. Les deux projecteurs ronds et la calandre spécifique portant les chevrons permettent de reconnaître immédiatement la Citroën. Cette présentation tranche avec celle de la Peugeot 104, sans nécessiter une transformation complète de la structure.

Le profil conserve les proportions de la carrosserie d’origine. La LN ne reprend toutefois pas les extracteurs d’air latéraux arrière caractéristiques de certaines Peugeot 104 Coupé. À l’arrière, le hayon donne accès à un coffre dont la capacité peut être augmentée grâce à une banquette rabattable séparément.

L’habitacle privilégie la fonctionnalité. La planche de bord reste largement apparentée à celle de la Peugeot 104, tandis que les équipements et les garnitures correspondent au positionnement économique de la LN. La présentation est volontairement dépouillée, sans recherche de sophistication particulière.

La voiture peut néanmoins recevoir plusieurs équipements optionnels, notamment une lunette arrière chauffante, des ceintures à enrouleur, une peinture métallisée ou un siège conducteur à inclinaison réglable. La disponibilité de ces équipements évolue selon les millésimes.

La carrosserie est une structure autoporteuse, contrairement à celle des petites Citroën traditionnelles construites autour d’une plateforme séparée. Le partage de nombreux éléments avec la Peugeot 104 permet de limiter les investissements industriels tout en donnant à Citroën une petite berline de conception plus récente.

Fiche technique de la Citroën Ln

CaractéristiqueCitroën LN 602 cm³
ConstructeurCitroën
Année de lancement1976
Période de production1976-1978
CarrosserieBerline bicorps, 3 portes, hayon arrière
Nombre de places4
StructureCaisse autoporteuse dérivée de la Peugeot 104 Coupé
MotorisationEssence, bicylindre à plat, 4 temps
ImplantationLongitudinale avant
Cylindrée602 cm³
Alésage x course74 x 70 mm
RefroidissementPar air
DistributionArbre à cames central, 2 soupapes par cylindre
AlimentationCarburateur double corps Solex
Rapport volumétrique9:1
Puissance maximale32 ch DIN à 5 750 tr/min
Puissance fiscale3 CV
Couple maximalEnviron 41 Nm à 3 500 tr/min
TransmissionTraction avant
Boîte de vitessesManuelle à 4 rapports
EmbrayageMonodisque à sec, centrifuge en option
Suspension avantRoues indépendantes, jambes de force type MacPherson, ressorts hélicoïdaux, amortisseurs télescopiques et barre antiroulis
Suspension arrièreRoues indépendantes, bras tirés, ressorts hélicoïdaux et amortisseurs télescopiques
DirectionÀ crémaillère, non assistée
Freins avantDisques
Freins arrièreTambours
Pneumatiques135 x 13
Longueur3 380 mm
Largeur1 520 mm
Hauteur1 370 mm
Empattement2 230 mm
Voie avant1 290 mm
Voie arrière1 240 mm
Poids à vide indicatif706 kg
Vitesse maximale120 km/h
Consommation à 90 km/h5,9 l/100 km
Consommation moyenne indicative6,6 l/100 km
Réservoir40 litres
Volume du coffre118 litres
Coefficient de traînée annoncéCx de 0,39
Site principal de productionAulnay-sous-Bois, France

Un bicylindre Citroën dans une carrosserie Peugeot

La particularité mécanique de la LN réside dans l’association de deux familles techniques. Son moteur appartient à la lignée des bicylindres Citroën refroidis par air, tandis que sa structure et une grande partie de ses liaisons au sol proviennent de la Peugeot 104.

Le moteur de 602 cm³ est apparenté à celui de la Citroën Dyane 6. Sa puissance de 32 ch DIN est obtenue grâce à une alimentation par carburateur double corps et à une mise au point adaptée. Le refroidissement par air évite l’emploi d’un circuit de refroidissement liquide, conformément à la tradition des bicylindres de la marque.

La transmission constitue une autre adaptation importante. La boîte manuelle à quatre rapports dérive de celle de la Citroën GS, modifiée pour fonctionner avec le petit moteur de la LN. L’ensemble entraîne les roues avant, selon une architecture de traction avant.

Un embrayage centrifuge peut être commandé en option. Ce dispositif facilite les arrêts et les redémarrages en permettant notamment de s’immobiliser sans débrayer manuellement, tout en conservant une boîte de vitesses classique.

Les suspensions proviennent de l’architecture de la Peugeot 104, avec des adaptations propres à la LN. Elles utilisent des ressorts hélicoïdaux et des amortisseurs télescopiques, et non les longs ressorts horizontaux caractéristiques des 2 CV et Dyane.

La direction à crémaillère et le freinage associant disques avant et tambours arrière complètent cet ensemble. La LN ne reçoit ni suspension hydropneumatique ni direction assistée.

Avec sa puissance modeste, elle privilégie les déplacements quotidiens plutôt que les performances. Sa vitesse maximale annoncée de 120 km/h permet néanmoins d’envisager des trajets routiers au-delà du seul environnement urbain. Sa consommation contenue correspond à la vocation économique recherchée lors de sa conception.

Production, commercialisation et évolutions

La fabrication de la LN débute en 1976, avec un assemblage principalement assuré dans l’usine Citroën d’Aulnay-sous-Bois. Sa production repose sur une organisation industrielle faisant intervenir les moyens des deux constructeurs et les outillages associés à la Peugeot 104.

Le modèle est proposé en berline quatre places, mais une déclinaison utilitaire Entreprise existe également. Cette dernière répond aux besoins des professionnels recherchant une petite voiture économique pour leurs déplacements et le transport de marchandises légères.

La LN connaît quelques modifications techniques pendant sa courte carrière. En 1977, Citroën fait notamment évoluer certains éléments de suspension arrière, des raccordements électriques et la fixation de la commande de boîte. Ces changements relèvent de l’amélioration de la fabrication et de l’utilisation, sans transformer fondamentalement le modèle.

À son lancement, son prix français est annoncé autour de 17 500 francs. Ce tarif la positionne parmi les automobiles économiques, avec une carrosserie plus moderne que celle des bicylindres historiques de Citroën.

La production totale est estimée à environ 130 000 exemplaires entre 1976 et 1978, chiffre repris par Citroën. Des décomptes spécialisés mentionnent 127 932 ou 129 611 unités, sans qu’un relevé officiel détaillé permette de réconcilier ces deux valeurs. Le total arrondi reste donc le plus approprié pour décrire la diffusion de la LN originale.

La fin de sa carrière intervient avec l’arrivée de la Citroën LNA en 1978. Cette évolution reprend la carrosserie et le principe général de la LN, mais adopte un bicylindre de 652 cm³ à allumage électronique. Les deux appellations désignent ainsi des configurations mécaniques distinctes, même si leur apparence extérieure demeure très proche.

La nouvelle motorisation est issue de la Citroën Visa, également présentée en 1978. La LNA recevra ensuite des moteurs Peugeot à quatre cylindres, poursuivant la logique de mutualisation industrielle engagée avec la LN.

La Citroën LN aujourd’hui : identification et collection

La Citroën LN occupe une place particulière dans l’histoire de la marque. Elle ne doit pas sa singularité à une innovation spectaculaire, mais à son rôle dans la transition industrielle de Citroën vers une gamme progressivement développée avec Peugeot.

Pour identifier un exemplaire authentique, la présence du moteur bicylindre de 602 cm³ constitue un critère essentiel. Une carrosserie portant les chevrons et ressemblant à une LN peut en réalité appartenir à une LNA, dont les versions successives ont reçu plusieurs motorisations différentes.

Les éléments de carrosserie, les badges et les équipements intérieurs peuvent avoir été remplacés au cours de la vie d’une voiture. L’examen du type constructeur, des documents d’immatriculation et de la configuration mécanique permet donc une identification plus fiable qu’une simple observation extérieure.

La LN intéresse aujourd’hui les collectionneurs attachés aux petites Citroën et aux premières réalisations du groupe PSA. Le Club Citroën France a notamment présenté un exemplaire à Rétromobile 2024, témoignant de la place du modèle dans la préservation du patrimoine automobile de la marque.

Pour un achat de collection, l’originalité mécanique et la conformité des équipements méritent une attention particulière. La parenté avec la Peugeot 104 et la LNA facilite l’identification de certaines pièces communes, mais ne signifie pas que tous les organes soient interchangeables. Les éléments propres au moteur, à la transmission et aux adaptations Citroën doivent être vérifiés selon le type et le millésime de l’exemplaire.