De La Chapelle Atalante

De La Chapelle Atalante

La De La Chapelle Atalante est une automobile française de grand tourisme apparue en 1992, sous la désignation Type 57S Atalante Série 5. Inspirée de la prestigieuse Bugatti Type 57S Atalante des années 1930, elle associe une carrosserie néoclassique, une fabrication artisanale et une mécanique six cylindres d’origine BMW. Proposée en coupé et en version découvrable, elle représente l’une des réalisations les plus ambitieuses du constructeur fondé par Xavier de La Chapelle.

Contrairement à une Bugatti ancienne restaurée, l’Atalante est une automobile conçue et fabriquée à l’époque moderne. Son architecture technique, ses équipements et ses matériaux répondent à une philosophie différente de celle du modèle historique. Elle cherche à retrouver les proportions et le raffinement des grandes carrosseries françaises d’avant-guerre, tout en offrant une utilisation plus adaptée aux conditions de circulation contemporaines.

Une automobile française inspirée de la Bugatti Type 57S

L’histoire de la De La Chapelle Atalante s’inscrit dans la renaissance d’une marque automobile française dont les origines remontent à l’activité de la famille De La Chapelle au début du XXe siècle. En 1975, Xavier de La Chapelle entreprend de relancer cette tradition en développant des automobiles exclusives inspirées des créations les plus prestigieuses de l’entre-deux-guerres.

Le constructeur se fait d’abord connaître avec la De La Chapelle Type 55, un modèle évoquant la célèbre Bugatti Type 55 Roadster. Cette première famille de voitures permet à l’entreprise de développer son savoir-faire dans la construction artisanale, l’adaptation de motorisations modernes et la réalisation de carrosseries au style historique.

Au fil des années 1980, la gamme s’enrichit de différentes interprétations de la Type 55, notamment des versions destinées à un usage plus routier. La marque développe également des relations techniques avec BMW, dont les moteurs six cylindres équipent plusieurs de ses réalisations.

Présentée en 1992, la Type 57S Atalante Série 5 marque une nouvelle étape. Elle abandonne l’esprit principalement sportif du roadster pour adopter celui d’un coupé de grand tourisme luxueux. Son inspiration est la Bugatti Type 57S Atalante, l’une des automobiles les plus emblématiques de la production française des années 1930, connue pour sa silhouette basse, son long capot et ses lignes particulièrement élégantes.

Le choix de cette référence historique n’est pas anodin. La Bugatti Atalante originale appartient à une catégorie d’automobiles où la carrosserie constitue une part essentielle de l’identité du véhicule. Xavier de La Chapelle reprend cette approche en proposant une voiture dont la présentation extérieure, les matériaux et les possibilités de personnalisation occupent une place aussi importante que les performances mécaniques.

L’Atalante apparaît également à une période durant laquelle l’entreprise explore plusieurs orientations. Le De La Chapelle Parcours, projet de monospace de très grand luxe, illustre cette volonté de dépasser le seul domaine des automobiles néoclassiques. L’Atalante demeure toutefois fidèle à l’univers des grandes voitures de prestige inspirées de l’histoire automobile française.

Un dessin néoclassique aux proportions caractéristiques

La De La Chapelle Atalante se distingue immédiatement par son long capot, son habitacle reculé et ses ailes fortement galbées. Sa silhouette reprend les grands principes esthétiques des coupés Bugatti d’avant-guerre, sans reproduire nécessairement chaque détail de leur construction. Le dessin privilégie des volumes fluides, une ligne de toit élégante et une carrosserie aux proportions allongées.

À l’avant, la calandre haute et étroite constitue l’un des principaux éléments d’identification. Elle s’inscrit dans une partie frontale dominée par les courbes des ailes et le prolongement du capot. Les surfaces arrondies, les éléments métalliques polis et le traitement classique des roues renforcent l’impression d’une automobile issue de la grande tradition des carrossiers français.

Le profil du coupé est particulièrement révélateur de cette inspiration. Le pavillon descend progressivement vers l’arrière, tandis que la ligne des ailes accompagne la longueur de la carrosserie. L’habitacle semble intégré entre les volumes généreux du capot et de la partie arrière. Cette disposition donne à l’Atalante une identité très différente de celle des coupés sportifs ordinaires des années 1990.

La marque propose également une carrosserie découvrable, qui permet de profiter d’une conduite à ciel ouvert tout en conservant les lignes générales du modèle. Cette variante ne doit pas être confondue avec les roadsters plus dépouillés du constructeur. La De La Chapelle Roadster appartient à une tradition de voitures ouvertes plus directement inspirées des sportives anciennes, tandis que l’Atalante privilégie une présentation de grand tourisme.

La fabrication artisanale favorise une attention particulière aux finitions. Les exemplaires documentés présentent des éléments de carrosserie réalisés en matériaux composites, associés à des accessoires métalliques et à des équipements adaptés aux choix du propriétaire. Les détails peuvent ainsi varier d’une voiture à l’autre, notamment pour les roues, les garnitures et certains éléments décoratifs.

Cette personnalisation constitue une caractéristique importante de l’Atalante. Il ne s’agit pas d’une automobile produite sur une chaîne industrielle classique, avec une gamme de finitions strictement standardisée. Chaque exemplaire peut présenter des particularités qui rendent nécessaire son identification individuelle.

Une conception moderne sous une carrosserie classique

Malgré son apparence inspirée des années 1930, la De La Chapelle Atalante repose sur des solutions techniques beaucoup plus récentes. Le constructeur ne se contente pas de reproduire les formes extérieures d’une Bugatti historique. Il développe une automobile utilisant une structure spécifique et des composants mécaniques contemporains.

Un exemplaire équipé d’un moteur BMW de 3,0 litres a notamment été décrit avec un châssis à poutre centrale et une structure tubulaire en treillis. Cette conception permet de dissocier les fonctions structurelles de la carrosserie, réalisée en matériaux composites. Elle correspond à une approche courante dans la construction automobile artisanale de faible série, où la rigidité et la maîtrise du poids constituent des préoccupations importantes.

La mécanique prend place à l’avant et entraîne les roues arrière. Cette architecture traditionnelle de propulsion convient au caractère de grand tourisme recherché. Elle permet également de préserver les proportions caractéristiques de l’Atalante, avec un compartiment moteur allongé et un habitacle situé relativement en arrière.

Les motorisations connues appartiennent à la famille des six cylindres BMW. Plusieurs cylindrées apparaissent dans les documentations commerciales, notamment 2,0 litres, 2,5 litres et 3,0 litres. Ces indications ne permettent cependant pas d’établir une gamme officielle exhaustive, car elles proviennent de fiches établies à des dates différentes et parfois sans identification précise du moteur.

La version de 3,0 litres décrite dans une annonce spécialisée dispose d’une boîte manuelle à cinq rapports. Elle bénéficie également d’une suspension indépendante aux quatre roues, avec doubles triangles superposés et barres antiroulis avant et arrière. Cette configuration souligne la différence fondamentale entre l’Atalante moderne et les automobiles dont elle reprend l’esthétique.

Le freinage de cet exemplaire fait appel à quatre disques ventilés. La direction assistée et l’ABS figurent également dans certaines fiches commerciales consacrées au modèle. Ces équipements illustrent la volonté de rendre la voiture plus facile à utiliser qu’une automobile historique, même si leur présence exacte doit être vérifiée sur chaque exemplaire.

L’Atalante n’a pas été conçue comme une voiture de compétition. Sa mécanique moderne et son architecture de propulsion servent avant tout une expérience de conduite associant souplesse, agrément routier et plaisir d’utiliser une automobile au style ancien. L’absence de mesures d’essais indépendants suffisamment établies ne permet pas de lui attribuer une vitesse maximale ou un temps d’accélération représentatif de toutes les configurations.

Fiche technique de la De La Chapelle Atalante

CaractéristiqueDe La Chapelle Type 57S Atalante Série 5
ConstructeurDe La Chapelle
Pays d’origineFrance
Première apparition1992
CatégorieGrand tourisme de prestige néoclassique
CarrosserieCoupé deux portes et découvrable
MotorisationEssence, six cylindres BMW
Architecture moteurSix cylindres en ligne pour la version 3,0 litres documentée
Cylindrées répertoriées1 990 cm³, 2 494 cm³ et 3,0 litres selon les fiches et exemplaires
Puissances répertoriées129 ch pour une fiche 2,0 litres ; 192 ch pour une fiche 2,5 litres
Position du moteurAvant, implantation longitudinale
Roues motricesArrière, propulsion
Boîte de vitessesManuelle à cinq rapports sur les configurations documentées
StructureChâssis à poutre centrale et treillis tubulaire sur l’exemplaire 3,0 litres décrit
Matériaux de carrosserieMatériaux composites
Suspension avantIndépendante à doubles triangles sur l’exemplaire documenté
Suspension arrièreIndépendante à doubles triangles sur l’exemplaire documenté
Barres antiroulisAvant et arrière sur l’exemplaire documenté
DirectionAssistée selon une fiche commerciale
FreinageQuatre disques ventilés sur l’exemplaire 3,0 litres décrit
ABSMentionné dans une fiche commerciale
Jantes15 pouces sur un exemplaire 3,0 litres documenté
ProductionTrès petite série artisanale, six exemplaires annoncés par une source professionnelle, total non confirmé officiellement

Un habitacle luxueux et une fabrication personnalisée

L’intérieur de la De La Chapelle Atalante prolonge l’ambiance de sa carrosserie. L’objectif n’est pas de reproduire exactement un poste de conduite des années 1930, mais de retrouver l’atmosphère des automobiles de prestige traditionnelles à travers le choix des matériaux et le dessin des équipements.

Les exemplaires décrits par les professionnels spécialisés peuvent recevoir une sellerie en cuir pleine fleur, des garnitures en bois précieux et un tableau de bord en loupe de noyer ou en aluminium bouchonné. Ces finitions participent à l’identité de l’Atalante, en mettant en valeur le travail artisanal plutôt qu’une présentation industrielle standardisée.

L’instrumentation peut notamment faire appel à des cadrans Jaeger. Le volant, avec ses éléments métalliques polis et ses parties en bois, rappelle les commandes des grandes automobiles classiques. L’ensemble associe ainsi des références esthétiques anciennes à une ergonomie plus récente.

Certains exemplaires sont également équipés de la climatisation, équipement particulièrement intéressant sur une automobile de grand tourisme à l’habitacle fermé. La présence de ces éléments varie selon les configurations et les éventuelles modifications réalisées au cours de la vie du véhicule.

Cette dimension personnalisée explique pourquoi deux Atalante peuvent présenter des différences visibles malgré une appellation identique. Le choix des garnitures, des accessoires et de certaines pièces de finition dépend du cahier des charges de fabrication et de l’histoire individuelle de chaque voiture.

La réalisation en petite série implique aussi un entretien particulier. Si l’origine BMW de la mécanique peut faciliter l’identification de certains composants, les éléments de carrosserie, les garnitures spécifiques et les pièces réalisées artisanalement ne disposent pas nécessairement d’un réseau d’approvisionnement comparable à celui d’un modèle de grande production.

Production limitée et valeur de collection

La De La Chapelle Atalante appartient à une catégorie particulièrement confidentielle de l’automobile française. Sa fabrication artisanale, son positionnement luxueux et son caractère très spécialisé limitent naturellement sa diffusion. Elle s’adresse davantage à une clientèle recherchant une automobile personnalisée qu’à des acheteurs de coupés sportifs produits en série.

Le chiffre de six exemplaires fabriqués est mentionné dans une annonce professionnelle consacrée au modèle. Cette même source évoque l’existence d’une voiture équipée d’un moteur Bugatti. Toutefois, aucun registre de production exhaustif accessible ne permet de confirmer indépendamment ce total, ni de préciser la répartition entre les carrosseries fermées et découvrables.

La période exacte de fabrication est également difficile à délimiter. La première apparition de la Série 5 est officiellement située en 1992, tandis que des bases commerciales répertorient des versions jusqu’en 2000. Une annonce spécialisée fait par ailleurs état d’une possibilité de fabrication à la commande évoquée après cette période. Ces éléments ne démontrent pas une production continue pendant toutes les années concernées.

Les prix neufs publiés dans certaines bases automobiles présentent des écarts importants et ne constituent pas des tarifs constructeur suffisamment établis. Pour une automobile réalisée sur commande, les possibilités de personnalisation pouvaient également influencer le montant final demandé à l’acheteur.

Sur le marché de la collection, une Atalante présentée comme un exemplaire de 1996 a été proposée à 298 000 euros dans une annonce professionnelle datée de 2025. Il s’agit d’un prix affiché et non d’un résultat de vente confirmé. La rareté des transactions publiques ne permet pas de définir une cote moyenne représentative.

Pour apprécier un exemplaire, l’identification de sa motorisation, l’authenticité de sa configuration et la qualité de sa documentation sont essentielles. Les factures d’origine, les éventuelles correspondances avec le constructeur, l’historique d’entretien et la traçabilité des modifications permettent de distinguer les caractéristiques de fabrication des interventions ultérieures.

La comparaison avec une véritable Bugatti Type 57S Atalante doit enfin rester limitée à l’inspiration stylistique. Les deux automobiles appartiennent à des périodes, des univers techniques et des marchés de collection profondément différents. La De La Chapelle possède sa propre identité de voiture française artisanale des années 1990.

De l’Atalante Série 5 à la nouvelle Atalante V8

L’histoire du nom Atalante chez De La Chapelle ne s’arrête pas à la voiture apparue en 1992. Plusieurs décennies plus tard, le constructeur entreprend une nouvelle interprétation de ce grand coupé néoclassique, avec des ambitions techniques et des proportions adaptées à une réalisation contemporaine.

Présentée en 2023, la De La Chapelle Atalante V8, également appelée Série 6, reprend l’idée d’une automobile de prestige inspirée des grandes Bugatti historiques. Elle se distingue toutefois de la Série 5 par une motorisation V8 de 6,2 litres et par une conception développée pour une nouvelle génération de véhicules.

Cette distinction est importante pour identifier correctement les différentes Atalante. Les caractéristiques publiées pour la Série 6, notamment sa puissance de 461 ch, ses dimensions et son poids annoncé, ne correspondent pas à la voiture à six cylindres BMW des années 1990.

La Série 6 illustre ainsi la continuité d’une démarche stylistique plutôt qu’une simple remise en production à l’identique. Elle conserve l’idée d’un grand tourisme français construit autour d’une silhouette classique, mais utilise une motorisation et des solutions techniques différentes.

Pour la Série 5, la documentation individuelle reste déterminante. Les exemplaires pouvant différer par leur moteur, leurs équipements et leurs finitions, les photographies anciennes, les dossiers de fabrication et les caractéristiques relevées sur chaque voiture constituent les éléments les plus utiles pour établir précisément son identité.

Marque De La Chapelle

Année de sortie 1992

Catégories

Découvrez d'autres modèles De La Chapelle